Une seule santé, 2024-2026
Ce bloc-notes apporte des nouvelles scientifiques peu répandues. Son écriture a commencé en 2000, avec le séminaire Stanislas Noria à Hong Kong, bien avant l'existence de ce qu'on appelle aujourd'hui maladroitement « blog ». Bien sûr, le savoir présenté ici n'entre pas en compétition avec les nouvelles d'agences de presse comme l'Agence France Presse ou Reuters. Il sélectionne une information souvent absente des media habituels et, pour la Chine, provenant d'informateurs avertis. Cependant on notera que depuis quelque temps un changement politique majeur dans l'ouverture de la Chine au monde ne permet plus d'y avoir un accès fiable à l'information. Ce bloc-notes apporte aussi des connaissances sur l'Histoire des Sciences et la création des concepts utilisés par la biologie moderne, souvent sous la forme d'une mise à jour de la génomique. Un aspect important de ce qu'est la Science a été discuté au cours d'une conférence donnée à l'Université Zhong Shan (中山大學) de Guangzhou (广州) au début des années 1990.
Pour comprendre la biologie, savoir écrire à son propos ou en parler, quelques lectures sont utiles. Nous donnons des liens pour retrouver des informations importantes, y compris à nos propres publications lorsqu'elles sont destinées à un public éclairé non spécialisé. Une page est consacrée à la génomique, mais une information plus étoffée peut être trouvée dans La Barque de Delphes (Odile Jacob, mai 1998). La version anglaise du texte a été mise à jour en 2003 et réorganisée, The Delphic Boat (Harvard University Press, Cambridge, USA). Elle donne une vue plus anglo-américaine du même savoir.
Les sources les plus visibles sont supposées accessibles au lecteur. Le bloc-notes de Crawford Kilian s'est désormais étendu à toutes sortes d'autres maladies et surveille la Toile avec soin. Le Center for Infectious Disease Research Policy (CIDRAP) de l'Université du Minnesota, et le site de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont des sources d'information prioritaires. Plusieurs sites donnent des nouvelles à propos de la grippe saisonnière A (H3N2) et de la grippe aviaire (H5N1, H7N7, H9N2). L'information circule aujourd'hui très rapidement, et nous n'apportons donc ici que des compléments. Parmi les épisodes possibles qui créeraient des ravages, il y a les épidémies liées au sérotype H2, H2N2 en particulier, qui pourraient être très meurtrières. Pour les grippes H7N9, H9N2, H5N1 et désormais aussi H3N8 les données sont accessibles directement à notre page en anglais (lorsqu'il y a lieu d'en parler) et au centre de surveillance de Hong Kong. Pour les pandémies, espérons sans trop y croire malheureusement que, contrairement au SRAS, l'épidémie de COVID-19 aura servi de leçon.
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Publications à usage du public général
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2026
| 3 Octobre 2026. Depuis deux ans, une épidémie de rage se propage parmi les mammifères marins en Afrique du Sud. La rage se transmet entre mammifères par la salive, généralement à la suite d’une morsure ou d’une griffure infligée par un animal infecté. Cette maladie virale a longtemps été un fléau courant en Europe et la mise au point d’un vaccin par Pasteur a contribué à sa notoriété. Jusqu’à cet épisode, on ignorait que les mammifères marins pouvaient transmettre la maladie. Les animaux infectés deviennent agressifs et ont tendance à mordre leurs congénères, de sorte que l’on ignore si l’épidémie pourra être enrayée. | ||
| 19 Septembre 2026. Le rendement des cultures de riz devrait augmenter dans les années à venir. Le riz est une culture nourricière majeure. Il est issu de nombreuses variétés qui ont un rendement, une résistance aux maladies ou une adaptation au changement climatique variables. Le genre Oryza comprend deux espèces principales, l’une originaire d’Asie (O. sativa) et l’autre d’Afrique (O. glaberrima). Le riz africain tolère les températures élevées, la sécheresse et les sols pauvres, et il est résistant aux ravageurs et aux maladies. Son rendement est toutefois faible. L’espèce asiatique peut être cultivée avec un rendement élevé, mais elle est très fragile. Il serait utile de pouvoir créer des hybrides combinant ces deux caractéristiques générales. Malheureusement, ces tentatives se sont systématiquement soldées par des plantes stériles. Une équipe dirigée par Wan Jianmin, au Laboratoire national clé pour la génétique des cultures et l’amélioration et l’utilisation du matériel génétique de l’Université agricole de Nanjing, a réussi à identifier les gènes responsables de la stérilité chez les hybrides. Cette découverte permettra de surmonter cet obstacle et, espérons-le, de produire une nouvelle variété combinant les caractéristiques positives des variétés de riz asiatiques et africaines. | ||
| 19 Mai 2026. Alors que la peur des hantavirus s'éloigne, une épidémie causée par le virus Ebola se répand en Afrique centrale et c'est plutôt le virus Nipah qu'il convient de craindre pour le moment. Une nouvelle souche du virus Ebola a suscité un avertissement sérieux de l'OMS. La contagion par ce virus demande cependant un contact direct avec les patients infectés, ce qui limite heureusement la probabilité d'une épidémie sérieuse, nonobstant les comportements traditionnels qui recherchent le contact physique pour réconforter les patients. De façon répétée des infections par le virus Nipah sont identifiées en Inde et cela déclenche systématiquement des contrôles dans les aéroports chinois. Ce virus, célèbre par le film d'épouvante Contagion, se transmet par les déjections de chauves-souris frugivores, mais le porc en est aussi un hôte possible. Le risque sanitaire général reste très faible, mais une surveillance appropriée est nécessaire. | ||
| 11 Mai 2026. La forme pulmonaire d'un hantavirus est bien plus dangereuse que la forme hémorragique. Les premiers cas ayant permis l'identification d'un hantavirus, durant la guerre de Corée dans le bassin de la rivière Hantan (avec un "h" aspiré en français), étaient marqués par une fièvre hémorragique. Les souches virale apparentées à cette famille particulière sont répandues en Extrême Orient et en Europe depuis la Grèce jusqu'à la Finlande. Plus récemment une famille à tropisme respiratoire a été identifié dans les Amériques. Chaque année des cas sporadiques apparaissent du nord au sud du continent américain. Un cas exemplaire est celui du virus Sin Nombre ("Sans Nom"), fréquemment rencontré depuis le Canada jusqu'à la Californie où son hôte, la souris Peromyscus maniculatus est très répandue. Comme souvent le tropisme des virus peut changer, il existe ainsi une forme du virus Sin Nombre qui a causé une pneumonie fulminante en 1999 aux États-Unis. Les infections par des hantavirus sont rares, mais une épidémie en France en 1996 a conduit à 230 cas d'infection. Dans ce bloc notes nous avons régulièrement noté les épidémies causées par les hantavirus, en particulier plusieurs foyers en Europe de l'Ouest en 2005 ayant causé plus de 500 infections. Dans presque tous les cas on a pu identifier une contamination par contact direct ou indirect (inhalation de poussière) avec des déjections de rongeurs infectés, chez qui le virus reste asymptomatique mais reste persistant. Cependant une souche particulière (Andes) apparue au Chili a semblé s'être communiquée entre personnes. La démonstration explicite d'une contagion interhumaine a été apportée en Argentine où un foyer de 29 cas, dont 11 mortels a été identifié dans le village d'Epuyén en Patagonie. Il va de soi que l'atmosphère par construction confinée d'un navire de croisière est particulièrement propice à la contagion, ce qui semble démontré dans le foyer d'infection du Hondius. Tant que le nombre total des infections reste limité, on peut penser que l'épidémie restera locale. Cependant la probabilité d'un changement du mécanisme de contagion augmente avec la population concernée, particulièrement dans le cas des infections respiratoires. Cela impose aux autorités sanitaires de prendre des mesures drastiques pour confiner les patients le temps qu'il faut. | ||
| 6 Mai 2026. La population mondiale est submergée d'informations concernant une infection par le hantavirus à bord d'un bateau de croisière. Bien que nous n'ayons pas prévu de rendre compte de l'infection par un virus Hanta à bord du bateau de croisière Hondius de retour d'Argentine (où le virus est connu pour être endémique), actuellement ancré au large du Cap-Vert, la peur qui se répand dans le monde entier mérite un commentaire. La raison en est que cette souche particulière du virus est connue pour se transmettre d'une personne à l'autre (P2P) et que cela semble s'être produit dans le cas présent, avec au moins huit personnes infectées. De plus, le virus est particulièrement dangereux car sa période d'incubation est longue, pouvant parfois atteindre deux mois, de sorte qu'une personne asymptomatique pourrait, longtemps après avoir débarqué, transmettre la maladie. | ||
| 2 Mai 2026. En dépit d'une opinion largement répandue, mais certainement discutable, sur l'origine du COVID-19, la question reviendra probablement sur le devant de la scène. L'existence d'un programme de recherche controversé sur les coronavirus, fruit d'une collaboration entre les États-Unis et la Chine, a été mise en lumière lorsque le COVID-19 a commencé à se propager, notamment parce qu'il est apparu à Wuhan, précisément la ville où ce programme devait être développé. Aujourd'hui, David Morens, ancien haut responsable de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), est mis en examen pour avoir dissimulé des documents fédéraux pendant la pandémie de COVID-19. Ces documents concernent une subvention du NIH, Comprendre le risque d'émergence d'un coronavirus de chauve-souris (subvention sur les coronavirus de chauves-souris), fondée l'idée que la COVID-19 serait apparue à l'Institut de virologie de Wuhan (WIV) à Wuhan, en Chine. En effet, si les travaux prévus, impliquant Peter Daszak, avaient été menés à bien, cela concernerait la mise au point d’une expérience potentiellement dangereuse de « gain de fonction » impliquant des coronavirus. L'acte d'accusation précise également que le NIAID a attribué la subvention à une « Société n° 1 » et à un « co-conspirateur n° 1 » non identifiés, qui ont ensuite accordé une sous-subvention à l'Institut de virologie de Wuhan. Cela survient à un moment où les choix de l'administration Trump en matière de santé sont très controversés et il faut s'attendre à ce que cela ne règle pas la question de l'origine du virus. | ||
| 30 Avril 2026. Craig Venter, pionnier de la génomique, est mort. Craig Venter était un personnage controversé, mais sa contribution à l'analyse des génomes est considérable. Son laboratoire a été le premier à transplanter un génome entier isolé in vitro dans une cellule receveuse étrangère, ouvrant ainsi la voie au développement de la biologie synthétique. Bien sûr, on reste bien loin de la synthèse de la vie, malgré les affirmations contraires. En raison de sa soif inextinguible de notoriété – et il n'est pas le seul dans ce cas –, ses travaux ont donné lieu à un nombre considérable d’affirmations fallacieuses et dangereuses, comme récemment l'idée erronée et profondément irrationnelle qu'il serait dangereux de créer une forme de vie dont tous les composants seraient en symétrie miroir par rapport à ceux de la vie existante. Ce « mirrorgate » est un pendant très malheureux du tristement célèbre « projet Stargate » de la CIA, fondé sur la parapsychologie, qui a sévi aux États-Unis à la fin des années 70. | ||
| 20 Avril 2026. Une observation vieille de cent ans revient comme apportant la clé pour comprendre la reproduction des mitochondries. En 2025, les épidémies touchant l'homme et les animaux n’ont cessé de se multiplier. Cela a été largement relayé par les media, ce qui superflues les information que nous pourrions rapporter à ce sujet. Cela nous offre l’occasion de nous tourner à nouveau vers la science et certaines découvertes inattendues et passionnantes. Parmi les maladies qui ne sont pas causées par des agents pathogènes, beaucoup sont associées à un minuscule organite de nos cellules, la mitochondrie. Ces organites essentiels ont été découverts à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ils contrôlent la respiration des cellules animales et la production d'énergie qui y est associée. Comme ils possèdent leur propre génome autonome, une question cruciale se pose : comment ce génome est-il transmis aux cellules filles lors de la division cellulaire ? Dans un autre exemple de recherche menée par un couple, Margaret Reed Lewis, qui fut l’une des toutes premières personnes à réussir la culture de cellules animales in vitro, et son mari Warren Lewis, tout en confirmant l’existence d’organites de type microbien dans les cellules, ont observé à plusieurs reprises qu’ils formaient des perles à l’intérieur de la cellule hôte avant de se diviser. Ce processus de « perlage » vient d'être trouvé par des scientifiques de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse, comme étant causé par une transition de phase hautement organisée, essentielle pour assurer la bonne distribution du génome mitochondrial lors de la division cellulaire. |
COVID-19 en avril 2020
COVID-19 en mars 2020
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