NOUVELLES 2005 - 2006

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We may state that there is a broad analogy between breeding selection in the widest sense of the word, including variety testing, race improvement and the trial of the breeding ability on one side, and natural selection on the other. This analogy however, points to the importance of the selection between elementary species, and the very subordinate role of intraspecific selection in nature. It strongly supports our view of the origin of species by mutation instead of continuous selection. Or, to put it in the terms chosen lately by Mr. Arthur Harris in a friendly criticism of my views: "Natural selection may explain the survival [826] of the fittest, but it cannot explain the arrival of the fittest."

Hugo de VRIES

Table des Matières

Septembre 2004 - août 2005
Septembre 2003 - août 2004
L'épidémie de SRAS 2003
Années précédentes (en anglais)

Brève description de microbes intéressants (en anglais)

Special SARS web links (in English)

Faits significatifs des années 2005- 2006

Veuillez noter que la page de référence de celle-ci est écrite en anglais. Les liens perdus sont le plus possible mis à jour, ou supprimés.

30 aοût 2006. Le journal Cell rapporte une étude où les chercheurs ont réussi à restaurer la mémorisation des événements récents chez des souris atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ces travaux indiquent que stimuler l'activité de l'enzyme "ubiquitin C-terminal hydrolase L1", pourrait donner lieu à une stratégie prometteuse pour contrebalancer les effets de la maladie. Nous sommes loin cependant d'une application à l'Homme, mais il s'agit d'un pas en avant considérable dans la compréhension de la maladie. Un foyer de choléra affecte toujours Abidjan (Côte d'Ivoire).
29 août 2006. L'épidémie de chikungunya s'étend en Inde du Sud. Elle est désormais clairement présente dans le district de Coimbatore dans le Tamil Nadu.
26 août 2006. Associated Press rapporte que le Vietnam, qui s'était libéré de la grippe aviaire depuis plusieurs mois, vient de détecter le virus chez des canards pour la deuxième fois ce mois-ci. La FAO remarque que le commerce incontrôlé de la volaille dans la région est une cause majeure de l'extension de la maladie. La peste continue à se répandre de façon inquiétante dans la région d'Ituri au Congo.
24 août 2006. Une stratégie complètement nouvelle pourrait aider à combattre le virus du SIDA. Nature Medicine (DOI: 10.1038/nm1482) rapporte que des chercheurs de l'Université de Montréal et du Centre hospitalier de l'Université de Montréal ont observé que les cellules immunocompétentes agissant contre le VIH (cellules T tueuses) fabriquent plus d'une protéine appelée PD-1 au moment où elles perdent leur capacité de tuer, et que celle protéine agit en contrôlant le comportement des cellules. On pourrait donc construire des médicament qui agiraient contre l'effet ou la synthèse de cette protéine de façon à activer la réponse immune. Il faudra toutefois attendre de longues années avant que cela puisse se traduire en médicament car PD-1 se trouve dans un grand nombre de cellules, et qu'interférer avec son action pourrait être nuisible.
23 août 2006. Les tiques sont le vecteur de nombreuses maladies en plus de la fièvre de Crimée-Congo. En particulier elles transmettent des bactéries du genre Borrelia, causes de la borréliose, dont l'exemple est la maladie de Lyme désormais bien connue dans les pays développés. De récentes études menées au Sénégal ont montré une prévalence élevée de borrélioses (plus de 10% en incidence annuelle), souvent prises pour des accès palustres car la maladie se manifeste par un retour cyclique de la fièvre. La question de l'incidence en Afrique se pose donc, comme le rapporte allAfrica.com et cela montre que les tiques jouent probablement un rôle sous-estimé dans la morbidité de ce continent.
22 août 2006. Une épidémie de fièvre de Crimée-Congo en Turquie y a tué 24 personnes depuis le début de l'année.
20 août 2006. Le Kathmandu Post rapport qu'une maladie causant de fortes fièvres et des saignements a tué au moins 14 personnes dans le district de Nuwakot au Nepal. La maladie a d'abord été découverte chez des chiens et des poulets. Les symptômes ressemblent à ceux de la fièvre Crimée-Congo.
18 août 2006. Plusieurs sources affirment que de nombreuses personne du District de Garut District à l'Ouest de Java manifestent des symptômes de grippe sévère. Deux décès sont en cours d'analyse. Il n'y a pas d'indication qu'il s'agisse de transmission interhumaine, mais cette concentration, si elle se confirme, est préoccupante.
14 août 2006. La grippe aviaire reste présente en Sibérie de l'Ouest, désormais dans le district de Tomsk, où des pigeons domestiques ont été infectés. Bangalore continue à subir le chikungunya propagé par les moustiques du genre Aedes qui continuent à s'y reproduire. Il est probable qu'un milllion de personnes a été infecté depuis le début de l'année au sud de l'Inde.
12 août 2006. The Scientist rapporte une découverte exceptionnelle en cancérologie. Au moins chez le chien, certaines cellules tumorales peuvent se transmettre sexuellement, et propager des tumeurs de génération en génération. La tumeur vénérienne canine existe chez le chien dans le monde entier, et elle correspond à des cellules qui diffèrent de celles de l'hôte qui les abrite et dont l'origine semble remonter avant la date de domestication du chien. Le chien fait aussi la Une en Chine, en raison d'une épidémide de rage qui se propage, et des milliers d'animaux ont dû être abattus (d'habitude par pendaison) dans la province du Yunnan.
27 juillet 2006. Il semble que onze cas possibles de grippe aviaire humaine soient recensés dans la province de Phichit en Thaïlande où 44 personnes sont sous surveillance. De la volaille meurt en masse au Laos, et l'on suspecte la grippe aviaire. Si tous ces événements sont confirmés ils feront la une des journaux, et nous n'en parlerons plus ici.
25 juillet 2006. Selon l'agence Xinhua quatre provinces de Thaïlande ont été déclarées "zones rouges " pour la dengue. Cette situation est très préoccupante car dans l'une d'elles, la province de Phichit, trois cas au moins de ce qui semble être la grippe H5N1 (dont les symptômes sont superficiellement semblables à ceux de la dengue) ont été identifiés. Un cas énigmatique de fièvre hémorrhagique de Lassa a été diagnostiqué chez un patient déjà malade qui a voyagé de Sierra Leone en Belgique et en Alllemague. Toutes les personnes qui ont pu être en contact avec lui ont été contactées.
22 juillet 2006. Le nombre des cas de fièvre hémorrhagique Crimée-Congo augmente en Turquie. On conseille aux voyageurs de prendre garde aux tiques.
21 juillet 2006. Selon l'agence Reuters la Bulgarie a détecté la grippe aviaire dans trois fermes. L'identification du virus est en cours.
19 juillet 2006. D'abord identifié en Décember 2005 dans l'état d'Andhra Pradesh, le chikungunya, transmis par des moustiques du genre Aedes, a commencé par se développer dans les villes pour maintenant affecter 1,408 villages dans le sud de l'Inde. Le nombre des cas de la maladie est inconnu, mais probablement très élevé.
14 juillet 2006.En Thailande, depuis une semaine des centaines d'oiseaux, et de volaille sont morts pour des raisons inconnues dans la province de Chachoengsao. Une analyse est en cours.
13 juillet 2006.La séquence partielle du gène de l'hémaglutinine du virus H5N1 récemment apparu au Nigeria est maintenant accessible à l'INSDC. Les mutations présentes dans le gène vont aider à en découvrir l'origiçne, dans un contexte où le doute persiste entre la contribution d'oiseaux migrateurs et celle d'importation de volaille. Au moins deux origines indépendantes sont déjà repérables, comme indiqué la semaine dernière. Le magazine Nature, dans une nouvelle qui rapporte des données de séquence confidentielles — une pratique très inhabituelle, et en contradiction avec toutes les règles de publication scientifique — montre que le virus H5N1 a muté de nombreuses fois au cours de sa diffusion dans une famille indonésienne en mai dernier. Ce type d'évolution est semblable à ce qui a été observé pour le coronavirus du SRAS, mais il n'est pas possible à ce stade de voir si cela favoriserait la contamination interhumaine. Un foyer de légionellose affecte Amsterdam.
8 juillet 2006. Un foyer de peste porcine Africaine s'étend de l'Ouest au Nord-Ouest du Cameroun. Cette maladie est causée par un virus à ADN, non encore identifié correctement, mais qui paraît voisin des Iridovirus ou des Poxvirus. Il cause une forte mortalité chez le porc. D'une façon générale il serait bon de surveiller soigneusement les maladies porcines, car elles peuvent être sources de maladies humaines émergentes. Dans ce cas particulier, la ressemblance avec les Poxvirus est préoccupante car le virus de la variole appartient à cette famille. Le réservoir du virus pourrait être le phacochère ou d'autres espèces de porcs sauvages. Le virus peut survivre très longtemps dans un environnement contaminé et il peut être transmis par des tiques. Une grèbe a été trouvée porteuse du virus H5N1 en Espagne.
<7 juillet 2006.La grippe H5N1 a été introduite plusieurs fois au Nigeria. Bien que cette observation soit compatible avec les routes de migration de certains oiseaux, l'origine des foyers via la contrebande de volaille reste possible. Deux travaux intéressants publiées dans la revue Neuron ont probablement démontré que la Trisomie 21 est due à l'effet d'un seul locus génétique. Dans le modèle souris de la maladie, l'impact de la triplication de ce locus serait que le transport rétrograde ou la signalisation liés aux neurotrophines NGF ou BDNF conduit à la dégénérescence d'une classe de neurones cholinergiques.
4 juillet 2006. Un foyer de fièvre hémorrhagique Crimée-Congo affecte la région de Volgograd en Russie. Cette dangereuse maladie est endémique dans cette partie du monde et elle a récemment été trouvée au Pakistan.
2 juillet 2006. Après la réunion de la Première Conférence Internationale sur la Grippe Aviaire chez l'Homme à l'Institut Pasteur de Paris, la troisième réunion ministérielle de la Coopération Econimique stratégique Ayeyawady (Irrawaddy)-Chao Phraya-Mekong (Acmecs) commence au Laos demain. On y discutera de la situation de la grippe aviaire dans cette partie du continent où le Laos n'a rapporté aucun foyer, alors qu'il y en a eu dans tous les pays voisins. L'Institut Pasteur de Paris est partie de la réflexion à ce sujet. Une étude en cours pourrait écarter la menace : des furets immunisés contre une forme du virus de 2003 ont été protégés contre les variants les plus récents du virus. Si cette observation peut s'étendre à l'Homme il devrait être possible de prévenir une pandémie. Le virus se trouve désormais dans l'état du Taraba à l'est du Nigeria où 14 des 36 états sont affectés.
1 juillet 2006.Un nouveau foyer de grippe aviaire H5N1 affecte une ville au nord-ouest du Ningxia en Chine.
28 juin 2006. La grippe aviaire s'étend en Sibérie , elle se trouve désormais dans la république de Tyva.
24 juin 2006. Les autorités sanitaires de Hong Kong ont accru le niveau de leur programme de surveillance des infections depuis qu'un cas humain de grippe aviaire H5N1 a été identifié à Shenzhen. Les autorités avaient hier enregistré 102 cas (61 hommes, 41 femmes, agés de 2 mois à 89 ans) un accroissement de 12 cas sur la veille. Ces patients revenaient du Guangdong, Hunan, Hubei, Fujian ou du Zhejiang. Des groupes isolés de cas de transmission interhumaine de grippe aviaire ont été constatés dans le passé et récemment en Indonésie, mais heureusement le virus ne s'est pas encore transformé en une forme préoccupante. La vaccination des oiseaux a peut-être contribué à contrôler la maladie, comme au Vietnam, mais cela fait perdre un indicateur majeur de sa propagation, puisque les morts massives suspectes disparaissent. En Europe, la maladie tansmise par les tiques et causée par la bactérie Borrelia burgdorferi (borréliose ou maladie de Lyme, une infection qui se manifeste par des symptômes assez semblables à ceux de la syphilis) est peut-être en phase d'expansion. Malheureusement de nombreux pays européens n'ont pas encore un suivi dans le temps qui puisse permettre une analyse sérieuse de la situation.
14 juin 2006. Depuis la mi-mai une infection pulmonaire qui paraît être la peste a tué plus de 100 personnes dans la province d'Ituri, au Nord Est de la République du Congo. Le bacille de la peste est endémique dans la région et se manifeste au moins depuis le mois de février. Mais des observations fiables sont difficiles à collecter en raison de l'extrême insécurité dans la région. La peste, qui est présente dans de nombreuses régions du monde dans des réservoirs rongeus tue entre 1000 et 3000 personnes chaque année.
13 juin 2006. Un nouveau cas humain probable de grippe aviaire est en cours d'analyse dans la province du Guangdong en Chine, tandis qu'un foyer affectant le nord de l'Ukraine conduit à l'abattage massif de volaille. Le nombre des cas d'infection par le virus hanta aux USA est inhabituellement élevé, suggérant l'existence de foyers animaux plus nombreux que d'habitude.
9 juin 2006. Depuis plusieurs semaines une souche d'Escherichia coli O157H7 affecte la Grande Bretagne, où elle a causé plusieurs foyers d'infections sévères (en Angleterre et en Ecosse). Cette souche, isolée en Allemagne pour la premère fois en 1988, fermente le sorbitol, mais ne s'isole pas sur les milieux sélectifs habituels pour l'isolement de ces bactéries productrices de toxines. Elle pourrait donc être plus répandue que ce qu'on a constaté jusqu'à présent.
5 juin 2006. Un virus inconnu affecte la Namibie, où cinq personnes sont mortes et 17 ont été hospitalisées avec des symptômes grippaux et une faiblesse des membres inférieurs. Une épidémie de légionellose affecte la région de Pampelune en Espagne.
1 juin 2006. Le virus du chikungunya semble avoir atteint Chennai (Madras) en Inde du Sud.
28 mai 2006. La manière dont la grippe aviaire se répand et tend à devenir endémique reflète de façon exemplaire la situation politique locale, ainsi que l'écologie des régions concernées. La Roumanie a dû abattre plus d'un million d'oiseaux ces dernières semaines, et elle n'arrive pas à arrêter la maladie. De même la grippe aviaire continue à se répandre au sud ouest de la Sibérie, désormais dans l'Altai. Ces épidémies sont peut-être répandues par la migration d'oiseaux, mais sont surtout dues à l'absence de contrôle du comportement humain dans ces régions. C'est tout à l'opposé de la situation au Vietnam, où les autorités, malgré le grand nombre des foyers, sont parvenues à enrayer l'épidémine. En Afrique, où aucun oiseau sauvage n'a été infecté, il est clair que la cause majeure de l'extension de la maladie est la contrebande. La grippe est désormais installée au Nigéria en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso (elle se trouve probablement ailleurs aussi). En Indonésie, la situation est particulièrement préoccupante en raison des foyers qui apparaissent de façon répétée , mais aussi en raison de la présence, peut-être d'une susceptibilité génétique en certains endroits (reflétée par la présence de foyers de contamination au sein d'une même famille).
21 mai 2006. Sept personnes d'une même famille ont été atteintes par le dangereux virus de la fièvre hémorragique Crimée-Congo, transmis par des tiques, dans un village de montagne au Pakistan. L'une en est morte. Le virus H5N1 virus est à nouveau au Danemark et la présence d'un foyer dans une même famille indonésienne indique une susceptibilité génétique. Le virus est aussi présent en Moravie et en République Tchèque.
20 mai 2006. Un groupe de dix-sept cas de trichinose, cause pour l'un d'entre eux de lésions neurologiques, vient d'être identifié chez les membres d'une même famille étendue, dans l'état du Mecklembourg-Vorpommern, en Allemagne de l'Est. Cela doit nous remettre à l'espris que les parasites restent une cause précoccupante de maladies graves, en particulier dans les pays où l'élevage du porc est important, comme la Chine. Le parasite, Trichinella spiralis traverse la barrière de l'estomac pour se développer d'abord dans le tissu musculaire, chez les carnovores et les omnivores, causant des douleurs qui s'étendent aux articulations. Le parasite envahit ensuite d'autres tissus, rendant les patients peu à peu invalides (en particulier attaques cérébrales et oculaires).
14 mai 2006. A la différence de ce que montre l'analyse des mutations du virus H5N1 au Vietnam et dans les pays voisins, qui montre que le virus est résistant aux adamantanes, une nouvelle étude de l'Université de Hong Kong montre que la plupart des virus originaires de Chine et d'Indonésie sont sensibles à ces médicaments, améliorant notre arsenal en cas de pandémie. Une certaine amélioration de la qualité du vaccin contre le virus (addition d'adjuvants) vient d'être publiée dans le Lancet. Un travai de l'ICDDRB au Bangladesh, publié l'an dernier montre que les épidémies de choléra sont sans doute dues à la dynamique de la multiplication de bactéries, suivies par leur destruction massive par des bactériophages. C'était justement la base du traitement des maladies au moyen de bactériophages proposé par Félix d'Hérelle.
12 mai 2006. Un tiers de la population des Comores semble avoir été infectée par le virus du chikunguya. L'archipel est au nord-ouest de Madagascar et au nord-est du Mozambique. Il semble donc probable que le virus est présent à Madagascar, située entre les Comores et la Réunion. L'extension de ce virus pourrait avoir masqué l'identification de la grippe aviaire à Djibouti, où la contamination d'une fillette vient d'être confirmée.
8 mai 2006. La grippe aviaire continue à sévir au sud ouest de la Russie, où plus de 30 millions d'oiseaux ont dû être abattus. Le variant en cause semble être celui qui est apparu l'an dernier dans le district du lac Qinghai en Chine. russie

La controverse à propos de sa présdence en Afrique point de plus en plus vers des poussins contaminés en provenance de Chine. Le choléra a désormais tué plus de 1000 personnes en Angola.
29 avril 2006. Des maladies terrifiantes comme les fièvres hémorrhagiques causées par les virus Ebola ou Marburg n'ont pas un impact considérable sur la population humaine en général. Cela implique l'absence de pression pour développer un vaccin qui soit viable commercialement. Pourtant, à chaque épidémie, le personnel médical se trouve gravement exposé, et peut lui-même devenir un facteur de contagion, et il est donc primordial de protéger médecins et personnel infirmier contre l'infection. Il y a un an la démonstration était faite d'un vaccin capable de protéger des singes à 100%. Aujourd'hui, The Lancet publie un étude montrant qu'un vaccin a pu protéger des singes alors qu'il a été injecté 30 minutes après l'infection. Ce résultat est remarquable, puisqu'il pourrait servir à protéger après une contamination accidentelle. Le mode d'action du vaccin n'est pas encore compris, et les singes ne sont pas des hommes, si bien qu'il reste encore beaucoup de recherche à développer, mais cette observation est fort intéressante pour contrôler à l'avenir les maladies de cette terrible famille.
28 avril 2006. La maladie appelée huang long bing (maladie du dragon jaune) a détruit une grande partie des plantations d'agrumes en plusieurs endroits en Asie. Cette maladie, causée par une bactérie non cultivée provisoirement nommée Liberibacter asiaticus, cause la chlorose des agrumes en latérant considérablement le développement des arbres. La maladie commence à se propager sérieusement en Amérique, où elle ajoute aux destructions dues à Xanthomonas campestris pv citri (cause du chancre des agrumes) ou à Xylella fastidiosa.
27 avril 2006. Deux foyers du virus H5N1 de la grippe aviaire, ont été découverts dans la banlieue d'Abidjan en Côte d'Ivoire. Par ailleurs la maladie semble désormais présente au Mozambique, en Afrique de l'Est.
26 avril 2006. Après les fameuses "enveloppes" contenant des spores de la bactérie du charbon (dont la provenance, américaine, n'a toujours pas été révélée publiquement), il devenait particulièrement important de trouver un antidote à la toxine la plus sérieuse (la toxine "léthale") de la bactérie. La revue Nature Biotechnology, publie des résultats intéressants qui montrent que des vésicules lipidiques, des liposomes, contenant des peptides bien choisis pour interagir et neutraliser la toxine, peuvent être actifs in vivo dans un modèle animal. Cette même étude a été étendue à la toxine du choléra, et là encore, elle paraît fonctionner.
20 avril 2006. Depuis la mi-mars, une sérieuse épidémie de choléra se répand en Angola, et plusieurs cas ont été identifiés au Cameroun. Un Cours International sur la réponse d'urgence aux épidémies de Choléra et de Shigellose se termine au Sasakawa International Training Centre, ICDDR,B, Dhaka, Bangladesh. L'objet du cours est de renforcer la capacité des organisations internationales et des ONG à gérer les épidémies de choléra et d'autres maladies diarrhéiques qui suivent les catastrophes. La grippe aviaire a atteint le Soudan.
16 avril 2006. La maladie qui a tué plusieurs centaines de poulets près de Bondoukou, Côte d'Ivoire, n'est probablement pas la grippe aviaire. Un nouveau foyer affecte le Pakistan.
15 avril 2006. La grippe du poulet a peut-être atteint le nord-est de la Côte d'Ivoire, dans la région de Bondoukou. Un cas humain suspect est examiné au Danemark. La façon dont le virus se propage n'est pas claire, et beaucoup discutent du rôle relatif de la contrebande de volaille et de celui des oiseaux migrateurs. Des mesures limitant très strictement la destruction des régions humides et des marais, limiterait certainement le contact entre les Anatidés (canards, oies, sarcelles...), qui sont les oiseaux les plus affectés, et la volaille. Une nouvelle épidémie de fièvre affecte l'Ile Maurice, elle ressemble au chikungunya par ses symptômes mais dure moins longtemps.
13 avril 2006. L'épidémie de dengue, qui avait un peu régressé au Vietnam les années passées est à nouveau en augmentation avec 20% de cas en plus par rapport à l'année dernière. La capacité du parasite du paludisme à diminuer les défenses immunitaires de l'hôte contre le parasite a longtemps intrigué les chercheurs. Une étude publiée dans The Journal of Biology, montre que le pigment hémozoïne inhibe les cellules sentinelles les plus importantes de la réponse immune, les cellules dendritiques. L'hémozoïne est une substance cristalline produite dans la vacuole digestive du parasite quand il infecte les globules rouges. Ce pigment dérive de l'hème, qui donne sa couleur rouge à l'hémoglobine qui remplit les globules rouges. Une maladie apparemment contagieuse mais non identifiée vient d'affecter plusieurs dizaines de lycéens de la province du Shanxi en Chine. L'un d'entre eux en est mort. Les autorités affirment qu'il ne s'agit ni du SRAS ni de la grippe, mais le seul symtôme noté, une fièvre élevée ne permet d'écarter aucune hypothèse.
10 avril 2006. L'épidémie annuelle de méningite bactérienne est en cours au Burkina Faso et au Niger où une compagne de vaccination tente de l'enrayer.
7 avril 2006. L'épidémie de chikungunya s'étend en Inde du sud,où une dizaine de foyers ont affecté près de 40 000 personnes. Il est assez probable que l'épidémie va atteindre des proportions considérables, étant donnée l'importance de la population indienne. Une remarquable découverte publiée hier dans Nature a mis au jour chez la mouche drosophile un gène codant une forme de protéine contractile (un type particulier de myosine) qui contrôle la symétrie chez l'animal. Nous nous souvenons tous que Pasteur, quand il était encore chimiste, a découvert que la vie est fortement liée à la dissymétrie ("la dissymétrie, c'est la vie !") et que cela en signe la présence ; de fait, au niveau moléculaire il y a un nombre disproportionné d'une forme moléculaire pour les molécules asymétriques par rapport à la même forme en miroir. Et nous ne sommes pas des sphères. Les animaux sont construits selon deux axes majeurs, l'axe antéro-postérieur, qui définit la tête et la queue, et l'axe dorso-ventral qui définit le dos et le devant de l'organisme. Il y a aussi un troisième axe, qui définit la répartition des organes dans le corps. La plupart d'entre nous ont le foie à droite et le cœur à gauche. Dans un situation rare, appelée situs inversus viscerum, la place des organes est inversée. On ne sait pas encore si cette découverte chez les insectes sera extrapolable aux vertébrés, mais la découverte d'éléments de contrôle du troisième axe de développement de l'embryon n'en reste pas moins fascinante.
6 avril 2006. Le chikungunya a contaminé plusieurs centaines de personnes dans un village côtier de Malaysie. Il est aussi présent en Inde. La grippe H5N1 continue de s'étendre lentement dans le monde entier, y compris en Europe. Après l'Afrique de l'Ouest, de nouveaux cas sont détectés en Egypte, au Cambodge et en Indonésie (où elle est maintenant bien implantée et où malheureusement les autorités brûlent systématiquement tous les oiseaux vivants autour des régions contaminées, y compris les espèces rares ou en voie de disparition, sans discrimination et sans évaluation du risque). Jusqu'à présent, la voie normale de l'"humanisation" du virus de la grippe était du canard au cochon à l'Homme. Il nous faut désormais considérer une autre voie, qu'il convient de surveiller avec beaucoup de soin, du poulet, au chat domestique à l'Homme, car le nombre de chats infectés est en augmentation partout (on sait que les félins sont sensibles au virus depuis assez longtemps déjà).
4 avril 2006. Un foyer de grippe aviaire vient d'atteindre Gampèla, 15 km à l'est de la capitale, Ougadougou, Burkina Faso.
2 avril 2006. Un homme revenant de l'île Maurice a été découvert à l'Hôpital Prince de Galles à Hong Kong, malade du chikungunya. Hong Kong est régulièrement affectée par des épisodes de dengue, dont le virus esst transmis par des moustiques de la même famille (Aedes) que ceux qui transmettent le virus du chikungunya.
1 avril 2006. Une intéressante étude publiée par le magazine à la mode Nature va réactiver le débat sur le sens qu'on peu donner au fameux Quotient Intellectuel (QI) et à sa relation avec l'intelligence. Ce que le QI mesure est certainement discutable (la meilleure définition de l'intelligence est le nombre des étapes antérieures qu'une personne peut spontanément reconstituer pour inférer les causes d'un observable, comme l'a proposé Jean Piaget, une propriété qu'on ne peut que relier indirectement au QI), il est d'un intérêt considérable d'avoir mis en évidence une corrélation entre la valeur du QI et le développement physique de zones cérébrales d'importance cruciale chez l'Homme. Un point important de ce travail est qu'il montre que le QI est en rapport avec le développement cérébral de l'enfance à l'adolescence, montrant une forte corrélation avec le moment où l'aptitude au langage et à l'écriture est acquise et développée, établissant ainsi une corrélation entre le développement cérébral, les capacités mises en évidence par la mesure du QI, et, par exemple, le vocabulaire actif dont dispose un individu (c'est à dire, le nombre des mots qui se présentent spontanément à l'esprit au moment de parler de quelque chose). Comme on peut le comprendre, cela met l'accent non pas sur le terrain génétique d'un individu, mais sur son développement épigénétique, propriété, malheureusement, qui est loin d'être universellement comprise par ceux qui mettent l'accent sur le rôle des gènes, ou au contraire le rôle de l'environnement dans le devenir de la personne. Le rôle de l'éducation apparaît ainsi - comme on le pense généralement, mais dont on tient bien peu compte - central dans le développement du cerveau.
30 mars 2006. La première étude de vaccination contre le virus H5N1 utilisant un vaccin semblable au vaccin annuel est un peu décevante. Elle montre en effet qu'un peu plus de 50% des personnes ayant reçu une dose élevée du vaccin seraient protégées. Cependant ce résultat est prometteur puisqu'il démontre que la protection est possible par ce moyen. Cela suggère que des protocoles plus compliqués, comme l'addition d'un composant H5 dans le vaccin annuel habituel pourrait être efficace.
29 mars 2006. La création d'Organismes Génétiquement Modifiés pourrait avoir des conséquences inattendues: un groupe de chercheurs Americains vient de créer des porcs capables de transformer en partie leurs acides gras omega-6 en la forme omega-3. L'objectif est d'étudier ces animaux pour comprendre mieux l'action de ces lipides à la mode dans la bonne santé des animaux (et des hommes). On peut facilement prédire que si le résultat de l'étude est positif nous retrouverons bientôt ces animaux dans nos assiettes ! La grippe aviaire continue à faire des ravages : elle se trouve maintenant dans un kibboutz en Israël et en Jordanie, alors que la situation en Afrique subsaharienne reste difficile à contrôler. La tuberculose explose au Kenya où elle a infecté plus de 100 000 personnes en un an.
23 mars 2006. Comme dans le cas du tristement célèbre coronavirus du SRAS, dont une forme a infecté les porcs au cours des années 1983-1984 tout en changeant de tropisme de l'intestin au poumon, le virus H5N1de la grippe modifie son tropisme de l'intestin des oiseaux vers le poumon humain au cours de l'infection. Cela explique la voie de contamination qui passe par des oiseaux migrateurs, puisque le virus est assez stable dans les déjections aviaires pendant quelque temps. Il est donc important de surveiller la façon dont le virus s'attache aux cellules épithéliales. Les hémaglutinines virales (le marqueur "H" dans H5N1) s'attachent à des récepteurs des cellules de l'hôte via des sucres complexes ayant une extrémité acide, l'acide sialique associé aux sucres par des liens de types variés. Les virus aviaires s'attachent aux récepteurs des cellules intestinales via un sialoglycanne formé à partir d'un lien-2,3, alors que les virus humains sont habituellement spécifiques de récepteurs pulmonaires décorés par des sialoglycannes ayant un lien 2-6. On peut donc s'attendre à ce qu'un changement des propriétés de liaison aux récepteurs du virus aviaire puisse conduire à un virus qui se communiquerait entre les hommes au niveau de leur tractus respiratoire. Un hôte intermédiaire est possible, comme c'est souvent le cas avec la grippe, et les porcs sont des cibles importantes en raison de leur interaction fréquente à la fois avec les oiseaux de basse-cour et les hommes dans les petites exploitations. L'analyse du changement de tropisme entre le tube digestif et le système respiratoire est donc, comme au moment du SRAS, d'une grande importance. Deux collaborations internationales ont trouvé indépendamment la cible du virus H5N1 chez l'Homme en profondeur dans les poumons, ce qui explique pourquoi les patients ne répandent pas le virus dans leur environnement.
21 mars 2006. Le foyer de grippe H5N1qui a récemment affecté le sud d'Israël où deux nouveaux foyers ont été découverts dans le désert du Negev) a été probablement importé par un voyageur venant d'Egypte (le vecteur probable étant ses chaussures ou ses vêtements).La grippe est confirmée au Myanmar, au Pakistan, en Afghanistan et au Danemark. Cinq personnes sont mortes de la maladie en Azerbaijan et une en Egypte.
18 mars 2006. Comme on devait le craindre, la grippe aviaire s'étend probablement en Afrique : la République Démocratique du Congo dénombre plus de 200 cas de mort suspecte d'oiseaux à Tshikapa, dans la province du Kasaï (centre) et à Kinshasa-Kingabwa six pigeons et un chat qui a dévoré l'un des pigeons ont été trouvés morts. Le Congo est par aileurs le siège d'une épidémie de choléra dans la région de Uvira (South Kivu). Les cas familiaux de grippe découverts en Azerbaijan étaient bien dus au virus H5N1. Heureusement il ne s'agit pas de contamination interhumaine. Au Danemark, une buse variable (Buteo buteo) infectée a été découverte morte sur la plage de Svinø sur la côte sud de l'île de Zealand. La question d'une possible pandémie reste ouverte si l'on considère que, malgré le fait qu'il n'y ait jamais eu de grippe humaine causée par un virus H5 (les seuls cas proviennent d'une contamination directe par les oiseaux), la généalogie du virus regroupe le marqueur H5 avec les marqueurs H1 et H2 qui, tous les deux ont été à l'origine d'une pandémie (1918 et 1957).
12 mars 2006. La poliomyélite, presque éradiquée en 2001 grâce au programme d'éradication de l'OMS, avec moins de 500 cas dans le monde, est en recrudescence, en raison d'une couverture vaccinale insuffisante. Plusieurs foyers importants ont récemment vu le jour au Yemen, en Somalie et en Indonésie (près de 2000 cas ont été rapportés en 2005). Comme on le constate, cela recouvre les zones où le virus H5N1 commence à s'installer et risque de devenir endémique (l'Afrique a désormais des cas dans 11 des 37 états du Nigéria et au nord du Cameroun), montrant qu'il sera impossible de contrôler les réservoirs de ces dangereuses maladies dans le futur proche même si la vaccination est disponible, en raison de la pauvreté et de l'instabilité politique. Le cas de la poliomyélite est particulièrement exemplaire puisque le réservoir est l'Homme lui-même. Comme chaque année en cette saison caniculaire, une épidémie de méningite bactérienne a tué plusieurs centaines de personnes au Burkina Faso.
10 mars 2006. "Vacciner" les moustiques contre les maladies qu'ils transmettent a longtemps été un rêve. C'est maintenant réalité avec un type de virus de la dengue. Des chercheurs Americains ont réussi à reprogrammer le génome de moustiques Aedes aegypti de façon à ce qu'ils détruisent le virus quand il se réplique. L'idée a été d'utiliser un mécanisme préexistant dans les cellules animales qui contrôle le niveau des ARN quand ils forment une double hélice (ce qui n'est pas la forme fonctionnelle la plus habituelle pour un ARN) en le coupant en petits morceaux. Or le virus de la dengue a un génome fait d'ARN, pas d'ADN, et pour le répliquer il doit donc passer transitoirement par une forme en double hélice d'ARN. Mais comme les moustiques génétiquement modifiés ont déjà vu une fraction de cette double hélice (c'est ce qui est reprogrammé pour s'exprimer à partir de leur génome), ils détruisent la forme réplicative du virus. L'objectif à long terme est, maintenant, de remplacer la population de moustiques contaminés par les nouveaux, stratégie qui a déjà été utilisée avec succès (de manière différente cependant) pour contrôler la transmission de la Lucilie bouchère Cochliomyia hominivorax lorsqu'elle a commencé à envahir l'Afrique du Nord.
9 mars 2006. Un certain nombre d'indications expérimentales suggèrent que les moustiques du gene Aedes pourraient non seulement être les vecteurs du virus du chikungunya, mais aussiun de leurs réservoirs. Si cela se confirme cela élargit nos perspectives pour comprendre comment les maladies à vecteurs peuvent réapparaître après un temps de silence.
6 mars 2006. Alors que la dengue y sévit, la présence du virus du chikungunya est confirmée à Madagascar. Il sera difficile à contrôler en raison de la grande surface de' l'île.
4 mars 2006. Les Autorités de Santé Publique de Hong Kong ont informé l'OMS qu'un homme de 32 ans est très probablement mort de la grippe aviaire le 3 mars à Guangzhou (Canton). Un homme est mort de cette même maladie récemment en Irak, et un nouveau foyer affecte l'Azerbaijan, où le gouvernement a dû abattre 500 000 oiseaux. Au Burkina Faso, on rapporte la mort massive de volaille à l'ouest de Ouagadougou. Il ne semble pas cependant qu'il s'agisse de grippe aviaire. L'OMS réunit le 6 mars une conférence internationale pour discuter des stratégies destinées à enrayer une possible pandémie de grippe H5N1.
28 février 2006. Pour la première fois, une étude expérimentale a démontré un effet génétique direct sur le dimorphisme sexuel du cerveau, non causé par le seul effet des hormones sexuelles, comme on le pensait jusqu'à présent. Le produit du gène SRY, spécifique du chromosome Y, est exprimé dans le cerveau et contrôle la synthèse de l'important neuromédiateur dopamine. Présente en Europe en Suède et probablement chez un chat trouvé mort dans une île au Nord de l'Allemagne, il est probable que la grippe aviaire a atteint en Afrique le Niger et l'Ethiopie.
26 février 2006. L'épidémie de Chikungunya, causée par un virus de la famille des Togaviridae a affecté au moins une personne sur six à La Réunion. Probablement partie des Comores au début de l'année 2005, l'épidémie s'est aussi étendue à l'Ile Maurice et à Mayotte et elle est la cause d'une fièvre mystérieuse récemment constatée dans l'état d' Andrah Pradesh en Inde. On ne sait pas si elle est présente à Madagascar, mais cela semble inévitable: on a retrouvé des cas jusqu'en France, de personnes infectées à La Réunion. La maladie a été identifiée pour la première fois en Afrique de l'Est en 1953 et elle est transmise par des moustiques (typiquement du genre Aedes). Son réservoir n'est pas connu (en dehors de l'Homme) mais il pourrait s'agir de primates de la forêt tropicale Africaine. Les raisons de l'épidémie actuelle ne sont pas bien identifiées, mais il semble que la réticence de beaucoup de personnes à voir l'épandage systématique d'insecticides affecter leurs lieux de vie ait pu jouer un rôle. Le virus est régulièrement la cause de foyers épidémiques en Asie, aussi loin qu'en Thailande et en Indonésie. Comme souvent, on ne comprend pas vraiment comment le virus réapparaît après de longs temps de silence. Il faut probablement ajouter la Suisse à la liste des pays européens affectés par la grippe aviaire... Une intéressante étude Germano-Américaine vient de montrer que la vitamine D est importante pour stimuler la réponse immunitaire innée contre le bacille de la tuberculose. Cette étude est non seulement intéressante parce qu'elle explique au moins en partie la plus grande sensibilité des Américains d'origine Africaine à la maladie (ils ont moins de vitamine D dans le sang), mais aussi parce qu'elle rappelle que la souris n'est pas un bon modèle pour décrire certains aspects de l'immunité innée chez l'Homme.
25 février 2006. L'accent considérable placé par les media sur la grippe aviaire pourrait déclencher des réponses inappropriées, ou masquer d'autres épidémies (comme celle du Chikungunya à la Réunion, ou, en février 2003, l'épidémie de SRAS au moment de son extension brutale). Nous saurons bien construire un vaccin contre la grippe si, et quand, un variant transmissible de personne à personne apparaîtra, mais il nous faut considérer avec le plus grand sérieux le type de vaccin que nous aurons à construire. Notre expérience la meilleure, pour la grippe, est avec les vaccins construits par multiplication de virus sur des œufs embryonnés. Mais le nombre énorme des doses à considérer posera dans ce cas des problèmes logistiques très sérieux. C'est pourquoi beaucoup proposent la fabrication de vaccins à partir de cultures de cellules animale s: nous devrions considérer cette option avec beaucoup de précaution, car les cultures cellulaires peuvent véhiculer de nombreux virus, connus et inconnus, et bien sûr des prions (causes des Encéphalites Spongiformes, comme la maladie de la Vache Folle). Il s'agit d'une contrainte particulièrement sévère car les Encéphalites Spongiformes ont un temps d'incubation qui est souvent de plusieurs décennies, ce qui fait qu'une erreur aujourd'hui ne pourrait être perçue que dans vingt ans. Dans le même temps la surveillance mise en place peut avoir des effets bénéfiques et révéler des situations insoupçonnées : par exemple le Centre pour le Contrôle des Maladies à Taiwan, après avoir mis en place des mesures de contrôle en continu des personnes entrant sur le territoire avec la fièvre (via la mesure de la température par caméras infrarouges) dans l'espoir de contrôler l'arrivée possible de la grippe H5N1, a détecté plusieurs cas de dengue, démontrant ainsi que cette maladie devrait faire l'objet d'une surveillance accrue.
20 février 2006. Corrélation n'est pas cause, on ne cessera jamais de le répéter assez. Le fait que les oiseaux migrateurs soient repérés comme porteurs du virus H5N1 ne peut en aucune manière dire qu'ils sont la cause de l'extension de la maladie, ce ne sont que des sentinelles qui en indiquent la présence. De fait, on observe surtout la maladie là où il y a des élevages aviaires intensifs (et c'est le cas aussi d'autres grippes, comme H7N7 par exemple) et les oiseaux migrateurs, forcés souvent de se déplacer parce qu'ils ne trouvent plus de nourriture, s'approchent des élevages contaminés et se font infecter. Il est remarquable que les pays qui ont contrôlé très strictement le commerce de la volaille, sont exempts de la grippe aviaire, alors que les pays sans mesure de ce type sont sévèrement frappés. Les grands élevages sont souvent très consanguins, ce qui crée des conditions particulièrement propices au développement de maladies émergentes.
19 février 2006. La grippe humaine ne se répand pas considérablement en Europe cette année, mais ce n'est pas un phénomène exceptionnel (l'ampleur de la vaccination des personnes effrayées par le virus H5N1 et qui ont cru pouvoir se protéger par un vaccin contre un virus de la même famille pourrait avoir apporté une protection de groupe, mais les statistiques ne peuvent confirmer cette hypothèse). Ce faible niveau de la grippe est à prendre en compte au moment où le virus H5N1 se répand dans toute l'Europe, accroissant le risque qu'il infecte une personne déjà porteuse du virus de la grippe humaine, permettant ainsi la recombinaison sous la forme d'un nouveau virus (voir l'analyse du virus H5N1 en 2001). La grippe de cette année correspond en Europe à deux types présents à égalité, A et B, A étant lui-même de deux type en rapports à peu près égaux, H1N1 et H3N2, avec de nombreux variants. La répartition des virus aux USA est complètement différente, avec une très petite proportion, cette année, de virus du type B. Rappelons quelques faits sur le virus de la grippe, commensal habituel des oiseaux, avec une certaine préférence pour les Anatidés (canards et oies). Cet orthomyxovirus cythopathique est fait de huit fragments d'ARN simple brin (7 for influenza C), formant des virions encapsidés de 80-120nm de diamètre. L'ARN est associé à la protéine de la nucléocapside (NP) en une structure hélicoïdale. Les NP sont clasées au moyen de technique immunochimiques en trois types, A, B et C, qui sont la base de la classification des virus de la grippe humaine. Quatre antigènes majeurs sont reconnus par les cellules hôtes, l'hémaglutinine, faite de deux sous-unités qui permettent l'attachment du virus aux cellules hôtes (le symbole "H" dans le nom H3N2 ou H5N1), la neuraminidase (N), la protéine de la nucléocapside (NP), et la protéine de la matrice (M). D'autres composants sont moins intéressants du point de vue immunologique, mais sont très importants pour la multiplication (et donc la virulence) du virus. C'est le cas des sous-unités de la polymérase. Les virus de type B and C sont spécifiques à l'Homme : ils ont probablement évoluté à partir d'un virus aviaire, mais se sont adaptés à l'Homme et infectent maintenant les gens de façon régulière. La grippe A est encore probablement dans sa phase d'adaptation, régulièrement transmise des oiseaux aux mammifères, le plus souvent via la chaîne alimentaire (pour l'Homme cela signifie les pratiques de l'élevage, avec une voie classique du canard au cochon à l'Homme, au moins à l'époque des petites exploitations familiales). Le cycle habituel a été : une grande épidémie sévère suivie par plusieurs décennies d'adaptation du virusavec des épidémies moins graves, en parallèle avec une évolution des antigènes majeurs du virus, puis une nouvelle grande épidémie etc. ll semble qu'à toute pandémie soit associée un changement de l'antigène H : la grippe espagnole de 1918-1919 était due à un virus H1N1 (dont la descendance circule probablement toujours après avoir disparu durant plusieurs décennies), la grippe de 1957 était due à un virus H2N2 et la grippe de Hong Kong de 1968 était due à un virus H3N2, dont la descendance sévit encore dans le monde entier. La cause de ce mode de variation n'est pas encore bien comprise : elle peut résulter d'un réassort/recombinaison de deux virus chez un même hôte (animal ou humain), de la réapparition d'un virus circulant à bas bruit quelque part dans la population et saisissant l'occasion du retour à la sensibilité de la population après quelques décennies (la protection immunitaire à une mémoire qui se perd avec le temps), ou par la transmission directe de l'animal à l'Homme d'un virus partiellement adapté. Cette dernière hypothèse est compatible avec l'apparition de maladies émergentes comme le SRAS par exemple. Si c'était le cas, le fait que nous ne connaissions pas encore d'épidémie de grippe causée par un virus du type H5 ne pourrait pas signifier que ce virus ne se communiquera pas à l'Homme sous la forme d'une maladie contagieuse. Tout cela justifie que, même en l'absence actuelle de contagion interhumaine, ce qui est tout de même rassurant, de grandes précautions soient prises à propos du virus H5N1. Le virus est sans doute présent en plusieurs points d'Afrique, non seulement au Nigéria, mais en Egypte et peut-être au Niger. Le virus a aussi atteint l'Iran, et désormais l'Inde.
17 février 2006. La dengue se développe fortement en Asie du Sud-Est et à Yogjakarta en Indonésie, et l'épidémie est parfois parallèle à celle de la grippe aviaire. De même la maladie de Newcastle tue de nombreux oiseaux en Turquie et en Ukraine, en parallèle avec la grippe. Un patient en est probablement mort en Irak. De nombreux oiseaux ont été infectés un peu partout en Europe (souvent repérés par la mort des cygnes, faciles à reconnaître en raison de leur grande taille). Une analyse rétrospective et la veille un peu partout dans le monde indiquent que le virus est endémique en Asie du Sud Est et en Chine, où il évolue lentement et infecte des prédateurs mammifères. Il n'y a pas encore eu de cas de transmission interhumaine. La France va vacciner dans les régions à risque sa volaille avec un vaccin H5N2 fourni par la compagnie Intervet, et supposé protéger contre les virus de type H5. Les chercheurs commencent à analyser les cas familiaux qui pourraient indiquer une susceptibilité génétique à la maladie, mais les chiffres sont sans doute encore trop faibles pour être significatifs.
13 février 2006. Il n'est pas utile d'écrire de longs développements à propos de la grippe aviaire car le sujet est largement traité dans le monde entier : le virus continue son extension vers l'ouest et se trouve maintenant en Grèce et en Italie. Le plus préoccupant est sa présence en Afrique sub-saharienne, où le virus sera probablement endémique. Pour l'instant les conséquences majeures de la maladie sont économiques, affectant gravement l'industrie de la volaille, et comme le poulet est peut-être la source majeure de protéines en Afrique sub-saharienne, il est vraisemblable que la maladie aura d'importantes conséquences sur la santé des populations. Depuis quelques années la méningite bactérienne se répand en Grande-Bretagne chez les adolescents et, comme on peut s'y attendre, une étude épidémiologique montre que son extension est due à la multiplication des individus à multiples partenaires amoureux. On sait depuis longtemps que c'est aussi le cas pour une part significative de la transmission du virus d'Epstein-Barr, qui cause une angine virale, la mononucléose infectieuse ou "maladie du baiser". Cependant la méningite à méningocoque est surtout une maladie affectant chanque année massivement les régions sahéliennes, au moment des grandes chaleurs du début du printemps. La maladie est déjà affecte déjà l'Ethiopie cette année.
9 février 2006. Le virus du Chikungunya continue à se répandre à la Réunion, Maurice et les Seychelles. ll pourrait avoir atteint Madagascar, où de nombreux patients souffrant de fièvre envahissent l'hôpital de Toamasina. La Grèce a peut-être ses premiers cas de grippe aviaire, en cours d'identification chez des cygnes.
8 février 2006. La bataille contre le virus de la grippe H5N1semble sur le point d'être gagnée en Turquie où près de 10 millions d'oiseaux domestiques ont été abattus. Malheureusement de nouveaux cas d'infection ont été repérés à Hong Kong (où les élevages individules de volaille ont été interdits), et plus grave, l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) signale un foyer au Nigéria à Jaji, Igabi, Etat de Kaduna dans un élevage qui élève aussi des oies et des autruches. La position géographique du Nigéria est telle que si cela est confirmé cela indique que le virus est déjà largement présent sur le Continent Africain. Il serait alors malheureusement clair que la maladie va rester hors de contrôle pour longtemps, comme c'est déjà le cas en Indonésie. La seule note positive est qu'il n'a jamais pour l'instant été trouvé d'épidémies humaines importantes causées par des virus du groupe H5.
2 février 2006. On a retrouvé récemment à plusieurs reprises à Hong Kong des oiseaux infectés par le virus H5N1,mais ce n'est qu'après la découverte d'un poulet arrivé en contrebande et porteur du virus que la situation a été prise très au sérieux. Les personnes qui ont été en contact avec l'animal sont sous surveillance, et les réserves naturelles d'oiseaux ont été fermées.
1 février 2006. L'aire du virus H5N1 s'étend lentement, et le virus est maintenant présent dans les régions frontalières de la Turquie : le Kurdistan irakien, où une petite fille en est morte, et Chypre où des oiseaux morts ont été découverts infectés par le virus. La Chine du Centre subit une épidémie dans la province du Sichuan, et plusieurs foyers existent encore au Nord. Il n'y a toujours aucune indication qu'il existe une transmission interhumaine, et il faut insister à nouveau sur le fait que nous ne connaissons jusqu'à présent aucune épidémie humaine qui ait été causée par un virus du type H5. Au moment où plusieurs foyers de choléra se développent en Afrique et en Asie, le Centre Internationalde Recherche sur les Maladies Diarrhéiques, Dacca, Bangladesh (ICDDR,B), connu sur place comme l'Hôpital du choléra, accueille une conférence sur "Combating Malnutrition and Intestinal Diseases in Children: Are We Doing Enough?”,la semaine prochaine (6-8 février). En Côte d'Ivoire déchirée par la guerre civile, une enquête par le Programme national de lutte contre les ulcères à mycobactéries, PNUM, a montré qu'il y a eu 22,000 cas d'ulcères de Buruli au cours de l'année dernière, en augmentation sensible sur le nombre connu en 1997 (4 642). L'ulcère de Buruli, qui conduit souvent à l'amputation des zones affectées est causée par la bactérie Mycobacterium ulcerans,voisine de celle qui cause la tuberculose et la lèpre.
26 janvier 2006. Les virus existent sous des formes très variées. En particulier ce sont de petits programmes génétiques enveloppés, formés ou bien d'ARN ou bien d'ADN : est-ce que ces deux variétés de supports chimiques du programme sont reconnus de la même manière par le premier niveau de la réponse immune (l'immunité innée) ? Une étude publiée dans le journal Immunity, et utilisant la bactérie pathogène Legionella pneumophila (cause de la légionellose, et produisant une grande quantité d'ADN – son chromosome – au sein de la cellule hôte au moment où celle-ci détruit la bactérie pour se défendre) a montré que l'ADN produit une première ligne de défense tout à fait différente de celle qui est causée par l'ARN. L'ADN des pathogènes est reconnu parce que, au contraire de celui de l'hôte, il est habituellement dépourvu de modification chimiques dans les séquences de dinucléotides CG. L'étude de cette nouvelle voie de défense qui tend à élliminer les pathogènes qui se multiplient par voie intracellulaire et ont un génome fait d'ADN, nous aidera à imaginer des moyens artificiels pour la rendre plus efficace.
22 janvier 2006. De nombreuses maladies virales comme la dengue, qui sévit dans l'ensemble des régions subtropicales, sont transmises par les moustiques. Plusieurs épisodes épidémiques d'infection par le virus Chikungunya (en swahili "marcher courbé", en raison des fortes douleurs articulaires qu’il provoque), transmis par des moustiques du genre Aedes, ont été recensés par le système de surveillance à la Réunion. Plus de 7000 cas ont été confirmés depuis un an. Depuis la fin du mois de décembre, on assiste à une augmentation importante du nombre de nouveaux cas, les conditions climatiques étant favorables à la prolifération des moustiques vecteurs. Comme toujours, le contrôle de ces épidémies dépend de l’élimination des gîtes larvaires en particulier en milieu péri-urbain (canettes vides, vieux pneus, soucoupes de pots de fleur, seaux, etc...). Vingt formes graves (13 nouveaux nés et 7 adultes) ayant conduit à une hospitalisation dans un service de réanimation ont été recensées. Sur le front de la grippe, la situation continue à évoluer, mais il faut noter qu'aucune expérience d'épidémie humaine de grippe porteuse du marqueur H5 n'a encore jamais été recensée, ce qui rend tout pronostic quant à l'évolution d'une possible pandémie extrêmement hasardeux.
20 janvier 2006. Hong Kong, où l'on rapporte régulièrement la présence du virus H5N1 chez des oiseaux morts, mais n'a pas eu de cas de ce genre récemment, vient de retrouver le virus chez un merle pie (Copsychus saularis) près de la réserve ornithologique de Tai Po. Les authoritéssont préoccupées plus que d'ordinaire en raison de l'approche du Nouvel An Chinois, parce que les habitants de la région préfèrent acheter la volaille vivante, ce qui maintient une forte activité dans les marchés aux oiseaux.
17 janvier 2006. The Lancet publie une étude faite à Zanzibar en 2003 qui montre que, contrairement à l'opinion commune, ajouter un supplément systématique en fer et en acide folic aux jeunes enfants dans les régions impaludées augmente légèrement la probabilité de voir ces enfants admis à l'hôpital pour maladie. Le paludisme cause une anémie sévère, et il était admis que pour améliorer la situation des patients il serait utile de les alimenter en fer et en acide folique. Il apparaît maintenant que le remède pourrait statistiquement se révéler pire que le mal, peut-être parce que l'anémie protège contre la multiplication du parasite. Cependant une étude du même type menée au Népal n'a trouvé aucune augmentation de la morbidité ou de la mortalité. Les éditeurs du Lancet en concluent qu'à ce point des études il est probable que le bénéfice de la supplémentation dans les régions en forte carence est probablement suffisant pour en justifier le développement.
15 janvier 2006. Une image de l'évolution du virus de la grippe aviaire H5N1 se fait jour. Comme nous l'avons remarqué récemment, en dehors de l'hémagglutinine (H) et de la neuraminidase (N), plusieurs autres caractères du virus sont importants pour établir sa virulence. En particulier, le géne B2 de la polymérase (PB2), impliqué dans la réplication virale, paraît crucial. Au cours du foyer apparu l'an dernier dans la région de Qinhai en Chine on a remarqué que le gène PB2 portait une mutation G–>A, au codon 627, changeant un amino acide glutamate de la protéine en une lysine. Ce type de changement (de G ou C vers A ou T) est fréquent chez les parasites, y compris les virus, en raison de contraintes du métabolisme de la cellule hôte. Cette même mutation a déjà été retrouvée dans l'infection de mammifères (tigres en Thaïlande en 2004), et elle semble bien être présente dans les cas observés en Turquie. C'est en ligne à la fois avec les données épidémiologiques (venant des oiseaux migrateurs provenant de la région de Qinhai) et avec le phénotype plus virulent du virus, qui, outre une augmentation de son efficacité de réplication, semble avoir acquis avec cette mutation un tropisme pour les cellules nerveuses. Il est peut-être significatif que cette même mutation était déjà présente dans le virus H1N1 qui a causé la pandémie de 1918. En ligne avec cette observation, une étude hollandaise parue dans The American Journal of Pathology, montre que chez le chat le virus peut se communiquer d'animal à animal, et que la voie de l'infection est bien plus variée que la simple infection pulmonaire.
10 janvier 2006. Au moment où la grippe aviaire semble s'étendre en Turquie, jusqu'à la région d'Istamboul, et où de nouveaux décès ont été déplorés en Chine, une étude rétrospective au Vietnam par un groupe d'épidémiologistes Suédois est "compatible avec la transmission d'un virus très pathogène, dont la transmission pourrait être plus fréquente que ce qu'on pensait jusqu'à présent, demandant cependant un contact étroit avec la volaille. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations." Cela indique que le nombre des personnes infectées pourrait être bien plus élevé que ce qu'on pense, mais qu'elles n'auraient manifesté que des symptômes limités. On doit cependant s'interroger sur les formes sévères, qui semblent groupées, et particulièrement chez les enfants et les jeunes adultes.
7 janvier 2006. Un groupe inhabituel de cas humains de grippe aviaire se développe dans la région de Van à l'est de la Turquie. Trois enfants de la même famille en sont morts après avoir été en contact avec la volaille. Un quatrième enfant de la même famille est hospitalisé. La raison de la préoccupation actuelle est que 19 autres personnes souffrent de troubles respiratoires similaires dans la même région. Cependant un enfant malade a donné un résultat négatif au test de la grippe, mais cela pourrait être un faux négatif. L'OMS surveille de près l'épidémie car la taille du groupe concerné pourrait indiquer un certain niveau de contamination entre personnes. Il faut noter toutefois que les gens habitant la région sont en contact étroit avec la volaille. Deux canards sauvages ont été trouvés porteurs du virus au centre de la Turquie, suggérant que les oiseaux migrateurs pourraient propager le virus.
31 décembre 2005. Au moment où l'on découvre un peu partout des épisodes de grippe aviaire il est peut-être important de rappeler que les virus de la grippe, même portant le même nom, ne sont pas équivalents. On a identifié jusqu'à présent de nombreux varaints des protéines de la surface de l'enveloppe virale, seize hémagglutinines (le "H" du nom) et neuf neuraminidases (le "N"). Avant l'ère de la génomique on utilisait des tests immunochimiques et biochimiques pour identifier les pathogènes : l'hémagglutinine et la neuraminidase ont été les premiers antigènes du virus de la grippe identifiés, et la nomenclature a été construite en conséquence. Les types viraux sont numérotés en fonction de la date de leur découverte ; H1 a été découvert en premier. Quand on a découvert les gènes du virus il est apparu qu'il était constitué de segments discontinus qui peuvent être réassortis lorsque deux virus différents infectent la même cellule hôte et qu'ils codent huit protéines. Un virus H5N1 peut donc abriter une panoplie de six autres gènes, provenant de sources différentes. Quelques combinaisons sont inoffensives, quelques unes sont mortelles, et, bien sûr, la virulence diffère entre les hommes et les oiseaux. C'est ce qui explique la grande controverse qui agite la communauté à propos de la création d'un vaccin vivant pour vacciner la volaille : alors que le virus vaccinal devrait être inoffensif, il pourrait se réassortir avec un autre virus et créer un variant très dangereux. Les autorités Chinoises – une nouvelle victime dans ce pays semble ne jamais avoir été en contact avec la volaille – ont affirmé récemment avoir créé un vaccin vivant pour leur énormes quantités de volaille : il semble très heureusement que le vaccin utilisé soit non pas le virus de la grippe mais le virus de Newcastle, qui a été modifié génétiquement pour exposer les antigènes du virus de la grippe à sa surface et ainsi déclencher une réponse immune à la fois contre la maladie de Newcastle et la grippe aviaire. Une épidémie de fièvre jaune s'est déclarée ces dernières semaines en Guinée, principalement dans les zones frontalières de la Guinée-Bissau, de la Gambie et du Sénégal. Une campagne de vaccination commencera dès le 2 janvier.
28 décembre 2005. Le choléra est de retour à Douala, au Cameroun, et l'on craint une épidémie en janvier. De la volaille est morte en Turquie, atteinte d'une grippe de type H5, le diagnostic final n'est pas encore connu, mais le village de Köprüler,  près de la ville d'Aralik a été mis en quarantaine.
27 décembre 2005. Une controverse agite la communauté scientifique depuis quelque temps : est-il raisonnable de vacciner la volaille contre le virus H5N1 de la grippe du poulet ?  Une étude par les chercheurs de l'Université de Wageningen aux Pays-Bas analyse les effets de la vaccination sur la transmission du virus H7N7, variant qui a causé plusieurs épisodes sérieux récemment. L'étude montre que la vaccination réduit la transmission à tel point qu'une épidémie sérieuse ne peut avoir lieu. Il s'agit là d'un message très optimiste dans notre combat contre le virus H5N1. La cause de la mort d'oiseaux sauvages au Malawi n'est toujours pas connue, mais il est heureusement peu probable qu'ils soient morts de la grippe aviaire.
17 décembre 2005. Des milliers d'oiseaux migrateurs morts ont été découverts dans la république du Malawi, au sud-est de l'Afrique. La cause n'est pas connue, mais on peut craindre qu'il s'agisse de la grippe aviaire. La maladie continue à se développer en Chine, avec de nouveaux cas humains. Dans le même numéro du magazine Science, où Woo-suk Hwang, le fameux "cloneur" Coréen, demande la rétraction ce son article sur la construction de cellules souches humaines (cela a fait la Une des journaux ces jours derniers), Keith C. Cheng de Penn State University, décrit un gène qu'il a découvert chez le poisson zèbre (Danio rerio) et qui contrôle sa pigmentation. Son observation est remarquable car il a découvert que ce gène est conservé chez les vertébrés, et qu'un polymorphisme minuscule (une seule base changée, un G en un A, changeant une alanine dans la protéine SLC24A5 en une thréonine) contrôle la pigmentation foncée chez l'Homme. Le variant alanine variant se retrouve chez les gens à peau foncée, alors que le variant partiellement dominant thréonine rend la peau beaucoup plus claire. Cette variation, découverte grâce aux travaux du consortium Hapmap, correspond à un unique changement dans les 3 milliards de lettres du génome humain. Il est amusant de voir qu'une différence aussi minuscule puisse avoir de telles conséquences sociologiques et politiques, à la suite de la sélection sexuelle positive systématiquement associée à la couleur claire de la peau (on la retrouve même en Afrique).
16 décembre 2005. Un résumé détaillé de la situation de la grippe H5N1(en anglais) soulève des espoirs et des préoccupations. Curieusement il ne semble pas faire état de l'épisode de février 2003, qui a été parallèle avec l'apparition du SRAS. Après une relative accalmie en 2004, les infections dues au virus du Nil Occidental ont augmenté à nouveau cette année aux Etats-Unis.
15 décembre 2005. Plusieurs lignées du virus de la grippe se propagent en ce moment dans l'hémisphère Nord. Au cours d'un contrôle de routine les autorités sanitaires de Taiwan ont découvert deux lignées bénignes du virus dans les déjections d'oiseaux de la réserve de Guandu. Ces souches, H5N2 et H7N3 ont déjà été identifiée au Japon ou à Taiwan il y a quelques mois. La dangereuse souche H5N1 reste active en Indonésie, dans l'Asie du Sud-Est, et aux frontières de l'Europe, en Ukraine et en Roumanie. L'année 2005 sera probablement une année record pour la dengue, maladie virale transmise par les moustiques, en particulier en Asie du Sud-Est. La Malaisie, la Thailande et même Singapour ont été sérieusement touchées. Cette maladie est habituellement plus dangereuse quand elle est contractée une seconde fois. Il n'existe pas pour l'instant de bon vaccin, bien que ce soit en principe la meilleure protection possible. En effet les symptômes de la maladie apparaissent habituellement après que le virus a disparu chez le patient, ce qui rend inefficaces les traitements antiviraux.
7 décembre 2005. Une adolescente de la province du GuangXi en Chine semble avoir été infectée par le virus H5N1 alors qu'elle n'a eu aucun contact avec de la volaille et qu'il n'y a pas de mortalité anormale d'oiseaux dans la région.
3 décembre 2005. The Lancet publie le résultat d'un travail mené au Cambodge, en France et au Sénégal montrant l'apparition d'un début de résistance au nouveau médicament contre le paludisme qu'est l'artémisine, en Guyane Française (Amerique du Sud ) et au Sénégal. L'artémisine, composé extrait de plante provenant de la Médecine Chinoise Traditionnelle, était jusqu'à présent un médicament prometteur pour remplacer ceux qui sont devenus inefficaces en raison de l'apparition de résistance chez les parasites.
2 décembre 2005. Les canards, les oies et les oiseaux de la même famille (Anatidés) sont les hôtes habituels de la grippe aviaire. Le virus peut cependant infecter bien d'autres familles d'oiseaux. Une récente étude Chinoise montre que des moineaux collectés en 2004 étaient porteurus de virus H5N1. Cette observation rend importante la préoccupation des autorités Ethiopiennes qui sont en train d'analyser la présence du virus chez des pigeons morts. Nous savons que notre ancêtre Homo sapiens a atteint l'Asie en passant par le sud de la péninsule arabique, et il est très raisonnable de penser (et c'est en fait établi) que des oiseaux migrateurs font couramment le chemin inverse. Malheureusement, quand le virus sera établi en Afrique il sera particulièrement difficile à contrôler.
1 décembre 2005. Des chercheurs travaillant au Gabon et au Muséum d'Histoire Naturelle ont identifié le virus Ebola chez trois espèces de chauves souris frugivores, où il ne donne aucun symptôme. Cela suggère que ces animaux pourraient être le réservoir, jusqu'ici inconnu, du virus.
29 novembre 2005.Sonja Olsen ses collègues du Programme International sur les Infections Emergentes en Thaïlande, viennent de montrer que 41 sur 109 cas (38%) de grippe H5N1 identifiés entre Janvier 2004 et Juillet 2005 sont apparus dans 15 familles, avec entre deux et cinq cas par famille. Une famille, bien sûr, représente un environnement commun, mais cela reste compatible avec la propagation du virus de personne à personne. La surveillance de ces cas groupés est particulièrement importante pour évaluer le moment où la maladie pourrait commencer à se répandre chez l'Homme. Selon l'OMS, deux frères du douzième cas indonésien de grippe humaine H5N1 sont morts d'une maladie ayant des symptômes semblables quelques jours avant son hospitalisation. La cause de leur mort n'a pas été formellement identifiée.
25 novembre 2005. La plupart des maladies humaines sont la conjonction de pratiques sociales et de la présence d'agents pathogènes. Le processus d'urbanisation extrêmement rapide dans le monde entier, en Chine et en Inde en particulier, implique un nombre d'individus tellement grand que nous devrions prendre très au sérieux les niches microbiennes que cela ne manque pas de créer. En Chine en 2005, la pauvreté et le manque local de travail, associé à la croyance que les chances d'en trouver sont meilleures en ville, a conduit 120 millions de personnes à se déplacer des régions rurales vers les villes. Les hommes constituent la majeure partie de ces migrations. Cela crée un énorme déséquilibre entre les sexes, dans un pays où il manque déjà 30 millions de femmes en raison de traditions que le communisme n'a pas réussi à éradiquer, et qui a été augmenté par la politique démographique — nécessaire — de l'enfant unique, avec le résultat que les garçons ont été systématiquement préférés aux filles. La conséquence est la création d'un trafic considérable de jeunes filles pauvres dans les régions urbaines. Il n'est pas difficile, malheureusement, de comprendre que cette situation conduit à l'exploitation sexuelle, avec ses inévitables conséquences en termes de maladies transmises par la promiscuité sexuelle.  La Fédération des Femmes de Chine (All China Women's Federation, ACWF) essaie de mettre en place une série de programmes pour aider les jeunes migrantes (et même les petites filles) en particulier dans le Delta de la rivière des Perles, à être conscientes du risque de trafic et en leur donnant les moyens d'y échapper. L'Organisation Internationale du travail (OIT) a mis en place plusieurs programmes afin de prévenir le trafic des filles à l'intérieur de la Chine. A un moment où 26 foyers de grippe aviaire ont été identifiés ces dernières semaines en Chine, tout type de trafic devient une préoccupation majeure.
19 novembre 2005. La quatrième conférence pan-africaine sur le paludisme 2005, organisée par la Multilateral Initiative on Malaria (MIM) à Yaoundé, Cameroun, s'est achevée hier après une semaine d'intenses discussions sur le futur de la recherche sur le paludisme. Plus de 1 500 chercheurs y étaient présents. Une étude conduite par Afumbom Kfutwah du Centre Pasteur de Yaoundé et ses collègues, indique que la transmission mère-enfant du HIV culmine trois mois après la fin de la saison des pluies au Cameroun. Comme cela coincide avec la multiplication des moustiques, on peut y voir un lien direct entre le paludisme et la transmission "verticale" du VIH. Une étudiante camerounaise travaillant au département de Biologie de la Georgetown University à Washington DC, USA, Geneviève Fouda Amou’ou, a obtenu le Prix des Jeunes Chercheurs en Paludisme 2005 de la MIM pour son travail sur les anticorps antimalaria chez les nouveaux-nés.
17 novembre 2005. Il n'y a pour l'instant aucun signe que la grippe aviaire soit contagieuse entre personnes, mais au fur et à mesure que son aire d'extension s'accroît on constate (comme en Chine et en Indonésie ces derniers jours avec plusieurs cas mortels) que le risque d'infection humaine s'étend. Nous allons faire face à une situation difficile au moment où l'épidémie annuelle de grippe humaine va se développer dans l'hémisphère Nord, d'autant plus que les formes dangereuses du virus H5N1 vont apparaître au moment où il sera moins léthal (et par conséquent va plus ressembler à la grippe "ordinaire") et se propager entre personnes (ce qui risque de permettre le réassort et la recombinaison entre les virus humains et aviaires).
14 novembre 2005. La Chine, hélas, n'est pas différente des pays occidentaux en termes de combats interpersonnels. A un moment particulièrement dangereux, où des millions d'oiseaux doivent être abattus pour tenter de contenir les nouveaux foyers de grippe H5N1 dans plusieurs provinces, les différents acteurs, à l'échelon local ou national, rivalisent de façon à ne pas être pris en faute ou à recueillir seuls la gloire du contrôle de la maladie (ou à l'identification d'une nouvelle souche). Comme la grippe aviaire est une maladie animale, c'est naturellement le Ministère de l'Agriculture qui s'en charge, mais, naturellement le Ministère de la Santé, le Ministère de la Science et de la Technologie, et l'Académie Chinoise des Sciences (pour ne nommer que quelques acteurs importants) devraient aussi participer à une collaboration générale. Ce n'est pas (encore) le cas. Nous voyons une situation semblable à celle que nous avons connue au moment de l'épisode du SRAS où des hôpitaux de Hong Kong se battaient férocement au lieu de collaborer. Il serait tout à fait malvenu de faire comme si c'était un phénomène Chinois: souvenons nous de la lutte (encore vive) entre le Département Américain de l'Energie et les Instituts Nationaux de la Santé en génomique pour comprendre que la situation n'a rien de spécifiquement Chinois. Et que dire du rôle du Centre pour le Contrôle des Maladies (CDC) au cours de l'épidémie de 1997 ou de sa création du virus de la grippe de 1918?
11 november 2005. La correspondance énigmatique entre le développement et la structure du cerveau et le comportement animal est l'objet d'intenses recherches. Après les études récentes qui ont montré que le cerveau humain est soumis à une pression de sélection positive, et en pleine évolution, une étude comportementale suggère une corrélation entre le QI et le taux de mortalité. L'étude montre que l'association entre le QI durant l'enfance et la mortalité existe même chez les gens qui ont un QI très élevé. Les auteurs affirment que l'observation est indépendante de la situation sociale durant l'enfance. Bien des interprétations ont été proposées pour expliquer pourquoi le QI pourrait être corrélé à la longévité, mais le fait que cette observation reste vraie pour les QI élevés devrait déclencher le débat. Comme d'habitude le défaut intrinsèque des études de corrélations est que corrélation n'est nullement cause. Cependant, même si l'on convient que le QI a peu de rapport avec l'intelligence, il mesure un certain aspect de l'activité cérébrale. Et comme le cerveau est l'organe de base qui contrôle le comportement, toute corrélation mérite d'être étudiée en profondeur. Une étude génétique du comportement de cour chez la mouche drosophile — un comportement assez compliqué — identifie un remarquable circuit des ganglions cérébraux à l'œuvre. Le gène "fruitless" (fru) s'exprime différemment chez les mâles et les femelles. La protéine Fru fonctionnelle existe seulement chez les mâles et Fru est nécessaire et suffisant pour que les mâles courtisent les femelles. Des chercheurs de l'Université d'Education de Hokkaido à Iwamizawa, au Japon, ont montré que chez la femelle des neurones d'un minuscule réseau meurent spécifiquement en raison de l'absence de la protéine Fru. Il s'agit de la première démonstration explicite de la détermination de réseaux neuroniques spécifiques d'un comportement. Les insectes sont loin des mammifères, mais on a trouvé de façon répétée que des règles ancestrales présentes chez les insectes— y compris dans la construction du corps — ont un analogue (bien plus complexe) chez les vertébrés. Nous pouvons espérer que ces travaux donneront lieu à d'intéressants débats. La grippe du poulet, probablement sous sa forme H5N1 vient d'être découverte chez des flamands au Koweit. Plusieurs foyers de maladie de Newcastle sont actifs en Europe (Grèce, Slovaquie et France) et en Turquie, et peuvent être, dans un premier temps, confondus avec la grippe aviaire. Un foyer de fièvre jaune vient d'être identifié dans la région de Kayes au Mali.
10 novembre 2005. Les media, c'est habituel, ont la mémoire courte, et ils se réjouissent du fait que la Chine aurait désormais ses "premiers" cas humains de grippe aviaire. Pourtant, dès 2003, l'une des difficultés rencontrées pour l'identification du SRAS à Hong Kong a été due à la présence simultanée de la contamination par le virus H5 de la grippe d'un père et de son fils venant du Continent. Dans une action qu'on ne peut considérer que comme très dangereuse, des chercheurs Américaiçns ont recréé le virus de la pandémie de grippe de 1918. Plus grave encore, les autorités des Etats-Unis vont maintenant permettre l'échange du virus entre laboratoires, alors que le  Laboratoire National de Microbiologie de Winnipeg, au Canada, prévoit de recréer le virus à son tour! La démesure humaine est telle qu'on doit malheureusement craindre que des accidents n'arrivent un jour ou l'autre, sans compter la malfaisance. En parallèle avec l'hystérie qui entoure la grippe, la dengue, transmise par des moustiques, a infecté des millions de personnes cette année, sans susciter grande émotion. Au cours d'une des épidémies les plus récentes, le Soudan vient de notifier au moins 71 décès dus à la maladie.
9 novembre 2005. L'épidémie de grippe aviaire qui affecte la Chine du Nord n'est pas terminée. Il semble que le nombre d'oiseaux infectés est tel qu'il faille abattre des millions de volailles, tâche que les gouvernements locaux peinent à réaliser. Au Japon l'épidémie est bien de type H5, mais sa gravité modérée suggère qu'il ne s'agit pas du variant N1.
6 novembre 2005. La grippe du poulet continue à se développer en Indonésie, où une femme est morte de la maladie après avoir été infectée par des poulets morts; un jeune garçon de sa famille est aussi à l'hôpital et la façon dont il a attrapé la maladie n'est pas claire. Au moins trois personnes en Chine pourraient avoir été infectées dans l'un des foyers récents qui ont forcé le gouvernement à abattre plus d'un million d'oiseaux dans une tentative pour contenir la propagation de l'épidémie. L'aéroport international de Honolulu vient d'instituer un contrôle volontaire de l'infection par le virus grippal pour les passagers qui transitent par l'aéroport.
1 novembre 2005. Un foyer d'infection par la bactérie Escherichia coli O157H7 a atteint 18 personnes dans le Sud-Ouest de la France. Ce variant de notre E. coli commensal, hôte normal de l'intestin humain, produit de dangereuses toxines et est la source de très nombreuses infections alimentaires dans le monde. Ce pathogène est souvent retrouvé chez les bovins et peut contaminer la chaîne alimentaire lorsqu'elle n'est pas bien contrôlée. La grippe aviaire resurgit un peu partout (Roumanie, Thaïlande en particulier, en Croatie, il semble bien que les cygnes infectés l'aient été par le virus H5N1), mais on doit se méfier d'autres infections aviaires (comme la maladie de Newcastle) ou d'autres variants avant d'en tirer des conlusions alarmistes (le virus rétrouvé au Japon est apparemment un variant H5N2, nettement moins dangereux, du moins dans son état actuel, que le variant H5N1). Un contrôle effectué sur des oiseaux migrateurs arrivant en Tunisie n'a pas montré pour l'instant de présence du virus.
26 octobre 2005. Bien des maladies sont transmises par des moustiques, qui transportent l'agent pathogène d'un hôte infecté à un hôte naïf. Ces insectes multiplient rapidement et sont impossible à contrôler facilement. Pour cette raison, les chercheurs explorent depuis quelque temps l'idée de créer des mutants de moustique qui ne pourraient plus être porteurs de l'agent pathogène. Une collaboration entre l'Université Johns Hopkins, le Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire, l'Imperial College de Londres et l'Université du Texas, a permis la découverte d'un gène (SPRN6) impliqué dans la protection des anophèles contre l'infection par l'agent du paludisme, le parasite Plasmodium. L'inactivation de ce gène augmente fortement le contenu en parasites du moustique. On peut donc espérer augmenter cette voie de l'immunité chez l'insecte et ainsi l'empêcher de transmettre le parasite. Ensuite, il pourrait être possible d'élefer ces moustiques mutants et de leur faire peu à peu remplacer ceux qui occupent l'environnement interrompant ainsi le cycle dangereux du Plasmodium.
25 octobre 2005. Au cours d'une réunion de deux jours au Canada qui associe les ministres de la santé et les autorités de l'OMS on analyse la mise en commun de moyens et une réaction homogène en face d'une pandémie possible déclenchée par le virus H5N1. Parmi les réactions les plus importantes sera l'identification rapide du virus, qui peut parfois être confondu avec d'autres affectant aussi la volaille. Par exemple, en ce moment même deux foyers de la maladie de Newcastle affectent le nord de la France (où 300 faisans sont morts et 1200 ont dû être abattus) et le Danemark. Ils discutent aussi du mode de transmission, qui n'est pas parfaitement clair (et c'est la même chose pour la transmission du paramyxovirus de la maladie de Newcastle), ainsi que des mesures de confinement qu'il faut associer à tous les épisodes. De nombreux foyers de grippe aviaire affectent désormais l'Europe, la Russie et la Chine, peut-être en raison d'un automne particulièrement doux. Quand les oiseaux migrateurs vont aller vers le sud il semble probable que l'Afrique du Nord va être affectée. Il s'agit d'une situation préoccupante car mettre en œuvre des mesures efficaces pour éradiquer le virus dans ces régions sera aussi difficile qu'en Asie du Sud-Est.
21 octobre 2005. La grippe aviaire semble présente en Mongolie intérieure en Chine, au sud de Moscou en Russie et s'étendre lentement vers l'ouest de l'Europe. Dans ce contexte la découverte à Taiwan d'oiseaux exotiques importés en contrebande et porteurs du virus est préoccupante. La contrebande d'animaux sauvages devrait être punie beaucoup plus sévèrement non seulement parce qu'elle concerne des espèces menacées, mais parce qu'elle est une source importante de maladies émergentes.
19 octobre 2005. Le premier antibiotique des la classe des "défensines" d'insectes, première ligne de l'immunité innée, a été isolée chez un champignon, Pseudoplectania nigrella.  Appelé "plectasin", c'est un peptide qui cible l'enveloppe bactérienne,et tue en particulier les souches de Steptococcus pneumoniae, agent d'un grand nombre de pneumonies. la plectasine semble être très peu toxique chez la souris, et pourrait devenir le premier d'une nouvelle classe d'antibiotiques, les premiers découverts depuis de nombreuses années.
18 octobre 2005. Plutôt que répéter l'information que le virus H5N1 est aux portes de l'Europe et peut-être déjà en Grèce, nous allons rapidement passer en revue les concept nécessaires pour comprendre pourquoi ce virus est l'objet de la plus grande attention. En bref, on peut séparer grossièrement les classes de virus en deux ensembles. Un grand nombre, et en particulier le virus de la grippe ou celui de la dengue, sont très toxiques pour les cellules où ils se multiplient très rapidement. Ces virus sont dits cytopathiques. Diverses réponses sont apparues au cours de l'évolution des animaux pour en tenir compte: les animaux infectés doivent monter une réponse très rapide et efficace pour parer à la mort cellulaire massive qui risque d'entraîner celle de l'individu infecté. Les autres virus forment une classe très hétérogène qui comprend des virus qui évitent les réponses de l'hôte en se multipliant plus lentement — ce qui les rend moins visible — et conduit à des infections persistantes au cours desquelles le virus a tout le temps de muter dans l'hôte et donc de contourner ses défenses immunitaires. C'est le cas du virus du sida, le VIH. Après contact avec un virus cytopathique, l'hôte répond par une réponse mettant en jeu divers processus constituant l'immunité innée, dont quelques éléments sont, au cours de l'évolution des espèces, déjà présents chez les insectes et éliminent bien des infections virales. Cette étape suffit à protéger l'individu, du moins lorsque le nombre des particules infectantes n'est pas trop grand. La seconde réponse met en jeu une interaction compliquée entre classes de cellules du système immunitaire, les cellules T et B. Après une interaction avec des cellules T, des cellules B produisent les anticorps bien connus, qui, dans le cas des virus cytopathiques, commencent à neutraliser le virus (collent à lui et font des agrégats qui seront ingérés et détruits par d'autres cellules du système immunitaire). Cette synthèse d'anticorps neutralisants commence à être effective après 4 jours, puis elle augmente rapidement en quelques jours. L'individu guérit alors, tout en gardant la mémoire de cet événement, assurant une protection habituellement longue, de quelques mois à plusieurs dizaines d'années. C'est sur cette observation que reposent la plupart des vaccinations. Ce processus remarquablement efficace, sélectionné au cours des millions d'années de co-évolution entre virus et hôtes a un invonvénient: il est extrêmement sélectif. La partie de l'enveloppe virale qui est reconnue par le système immunitaire est minuscule. C'est le prix qu'il a fallu payer pour que se monte une réponse très efficace et rapide, au sein d'un système particulièrement compliqué. Mais, si au jeu de l'évolution on prend le point de vue du virus, on voit qu'il trouvera une porte de sortie s'il s'arrange pour que cette région évolue rapidement, dans un répertoire aussi large que possible: c'est ainsi qu'il échappera à la mémoire des hôtes qu'il a précédemment infectés. C'est exactement ce qui se passe avec le virus de la grippe: deux motifs architecturaux de la surface du virus, appelés H et N sont reconnues par la réponse contre les virus cytopathiques. Mais en raison de la pression de sélection, seuls les mutants de ces virus qui auront échappé aux anticorps neutralisants qui ont détruit leurs ancêtres au cours d'épidémies passées, pourront se propager, et créer une nouvelle épidémie. C'est ainsi que des variants des régions H et N, étiquetés 1, 2, 3, etc vont à leur tour envahir les populations d'oiseaux et humaines. Des variations subtiles se surajoutent à ces grands types, donnant plus de latitude au virus dans son pouvoir pathogène. Heureusement toutes les combinaisons ne sont pas aussi efficaces en termes d'invasion des cellules hôtes, ce qui fait qu'il faut toujours un certain temps avant que se produise une nouvelle forme infectieuse, et que ces formes ne sont pas toutes également virulentes. Par ailleurs ces formes sont toutes plus ou moins apparentées, ce qui fait qu'il reste en général au moins une faible protection chez les individus, ce qui rend la nouvelle épidémie moins préoccupante. Cependant, de temps en temps, une forme entièrement nouvelle apparaît, contre laquelle aucune protection autre que la réponse innée n'existe. C'est exactement la situation qui semble se profiler dans le cas des virus de la grippe du complexe H5N1.
16 octobre 2005. Les media couvrent massivement l'information concernant l'extension de l'épidémie de grippe aviaire H5N1 en Roumanie, et nous ne la commenterons pas plus avant sinon pour mettre en garde contre les comportements irrationnels. Il est clair cependant que la maladie va probablement s'étendre lentement vers l'ouest, puis, au printemps remonter vers le nord. Mais ce qui est peut-être le plus important est que bien des oiseaux migrateurs, réservoirs du virus vont probablement atteindre l'Afrique, où il sera impossible de contrôler la situation. Et il est clair malheureusement, si l'on tire la leçon de l'épidémie en Indonésie, que le virus peut se maintenir sous un climat tropical.
14 octobre 2005. Deux décès dus à la fièvre jaune ont été constatés ces derniers temps au Sénégal à la frontière avec la Guinée. La population locale a été aussitôt vaccinée. Le choléra continue à faire de nombreuses victimes en Guinée Bissau.
13 octobre 2005. Les canards roumains retrouvés morts ont bien été infecté par le virus d'une grippe de type H5. Depuis un peu plus d'une semaine plusieurs milliers d'Anatidés sauvages (canards et autres Anatidés) sont morts en Iran, à la frontière de l'Azerbaïjan.
11 octobre 2005. Un patient est mort après avoir été infecté par le virus de la fièvre hémorragique Crimée-Congo en Afrique du Sud. Cette zoonose causée par un Nairovirus transmis par les tique affecte parfois l'Homme.
9 octobre 2005. L'extension de la dengue cette année est particulièrement préoccupante car elle est en sensible augmentation. Même la ville de Singapour, particulièrement propre, a enregistré plus de 10 000 cas jusqu'à présent cette année. Et la région couverte par les moustiques vecteurs abrite plus de 2,5 milliards de personnes. Plus anecdotique, mais significatif, une infection des abeilles par la bactérie de la loque américaine (Paenibacillus larvae subsp. larvae) a causé la destruction de plusieurs ruches en Norvège. L'origine en est inconnue. Les dindons turcs ont bien été infecté par une grippe de type H5.
8 octobre 2005. Plusieurs sources font état de morts massives d'oiseaux en Turquie (dindons) et en Roumanie (canards sauvages et volaille domestique), qui pourraient être causées par une forme de grippe, peut-être en provenance de Sibérie ou du Kazhakstan. Si c'était le cas il est probable qu'il s'agit du variant H5N1.
7 octobre 2005. Des chercheurs du laboratoire militaire de l'Institut de Pathologie à Rockville, Maryland, USA ont séquencé le génome du virus de la grippe de 1918, et des chercheurs des Centers for Disease Control and Prevention d'Atlanta ont recréé le virus entier et montré son extrême virulence. Cela a déclenché une controverse (voir notre position à propos de la variole, position qui serait sans doute un peu différente dans le cas présent, car le réservoir du virus de la grippe est immense et hors de notre contrôle, ce qui implique que, à la différence de la variole, la grippe ne peut pas être éradiquée) car il est clair que rendre la séquence publique permet de recréer le virus. Le fait même que ce soient des militaires qui aient fait cette recréation montre à l'évidence que cette recherche a des implications militaires.
6 octobre 2005. Dans une série d'articles publiés par les magazines Nature etScience des chercheurs montrent, à partir de tissus isolés de deux soldats et d'une femme dont le corps a été conservé par le froid en Alaska que la pandémie de grippe de 1918 a été causée par un virus qui semble être passé directement des oiseaux à l'Homme. C'est exactement le scénario qui semble se reproduire aujourd'hui avec le virus H5N1 de la "grippe du poulet".
5 octobre 2005. Depuis deux semaines des enfants sont infectés par un colibacille (Escherichia coli) hautement pathogène au Pays de Galles en Grande Bretagne. Plus de 150 personnes ont été infectées et un jeune garçon en est mort. Plusieurs foyers locaux de maladies du même type affectent les Etats Unis. Alors que E. coli est un hôte normal et inoffensif (peut-être même bénéfique du côlon humain (un commensal) certaines souches sont très dangereuses et peuvent causer des infections du tube digestif, urinaires et parfois même des septicémies ou des infections cérébrales. L'Australie va accueillir à Brisbane, le 31 octobre, une réunion des pays de la région pour analyser et préparer une réponse rapide à l'épidémie attendue de grippe aviaire.
1 octobre 2005. Un nouvel article, publié sur la Toile par le magazine Science, montre à nouveau que les chauve-souris sont probablement le réservoir du virus du SRAS.
27 septembre 2005. La dengue est di répandue dans le monde qu'elle doit affecter quelques 100 millions de personnes chaque année. C'est une fièvre si commune qu'on ne la mentionne que lorsqu'elle est localement plus importante qu'habituellement, ou nouvelle. Cette année elle affecte les Antilles, et ne particulier la Martinique où plus de 6 000 personnes ont été infectées. Elle est aussi importante à Singapour, malgré des mesures drastiques pour contrôler les populations de moustiques. Une autre maladie virale communiquée par les moustiques, l'encéphalite japonaise, continue à se propager dans la province d'Uttar Pradesh en Inde, mais aussi au Népal où elle a contaminé près de mille personnes.
23 septembre 2005. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de lancer une vaste campagne de vaccination contre la fièvre jaune (environ 650 000 personnes dans la région de Banfora et Gaoua) en réponse à la découverte de quatre cas (dont un mortel) au sud du Burkina Faso, près de la Côte d'Ivoire. La fièvre jaune est endémique dans la région (nord de la Côte d'Ivoire, du Togo, du Bénin et sud du Niger, en particulier près de la réserve de la Pendjari, Porga - Arly - W du Niger) avec des rongeurs comme réservoir. Le vaccin est remarquablement efficace, mais la maladie, transmise par des moustiques, est souvent mortelle. Les très nombreux décès dus à la fièvre jaune dans l'armée de Napoléon ont été la raison pour laquelle la Louisiane a été vendue aux Etats-Unis au début du XIXe siècle.
21 septembre 2005. Après que 19 oiseaux captifs du zoo de Jakarta ont été découverts infectés par le virus grippal H5N1 le 19 septembre, trois membres du personnel semblent avoir été contaminés et sont suspectés d'avoir la grippe H5N1. Depuis le mois d'août une épidémie de choléra affecte la province du Fujiang en Chine. En Afrique, plusieurs foyers sont très actifs depuis le Sénégal et la Guinée Bissau jusqu'au Congo.
18 septembre 2005. L'encéphalite japonaise, maladie virale transmise par les moustiques a tué près de 1 000 personnes en Inde, principalement dans l'état d'Uttar Pradesh. Le pic de l'épidémie semble heureusement atteint.
14 septembre 2005. Une série d'articles publiés cette semaine dans le magazine Science suggèrent que le cerveau humain est toujours soumis à une pression de sélection positive. L'observation la plus remarquable est que le polymorphisme de certains gènes impliqués dans la construction du cerveau est d'origine récente. Un type de mutation a eu lieu apparemment juste avant le moment où sont apparus les premiers signes d'Art humain, alors qu'un autre pourrait même avoir eu lieu juste au moment de la révolution néolithique. Bien sûr, corrélation n'est pas cause, et il faut être très prudent dans l'interprétation de ces données, qui vont certainement causer de nombreuses discussions. Néanmoins on peut être fasciné par le fait qu'un de ces gènes code pour la Microcéphaline, une protéine très probablement impliquée directement dans l'accroissement spectaculaire de la masse cérébrale chez l'Homme, en comparaison de celle des autres primates. Les patients dépourvus d'un gène actif ont un cerveau plusieurs fois plus petit que le cerveau normal, en particulier dans les régions corticales, alors que le tissu cérébral reste généralement normal. Des études antérieures ont montré que la Microcéphaline est un régulateur spécifique de la taille du cerveau et qu'elle a évolué sous la contrainte d'une forte pression de sélection dans la lignée qui a conduit à Homo sapiens. L'un des haplotypes du gène correspondant s'est visiblement répandu durant un laps de temps très court. La grippe aviaire est présente en Indonésie. Une analyse rétrospective due à un groupe Italien de sérums humains de travailleurs d'élevages avicoles montre que la séropositivité des travailleurs exposés durant une épidémie apparaît en présence de certaines souches (H7N7, H7N3, and H5N1) mais pas d'autres (H7N1 and H5N2). Cela montre que certaines sont plus aptes à infecter l'Homme que d'autres. Plus inquiétante est l'observation qu'à la fois les virus de type H7N7 et H5N1 sont plus adaptables que les autres. Encore plus inquiétant est le fait que ces derniers ont plus de chances de se mélanger avec le virus de la grippe humaine que ce qu'on pensait jusqu'à présent, ce qui augmente d'autant les risques d'une pandémie. En Guinée-Bissau près de 15000 personnes ont été atteintes par le choléra depuis le mois de juin et plus de 250 en sont mortes.
11 septembre 2005. Un équipe dirigée par Yuen Kwok-Yung à l'Université de Hong Kong a découvert un virus très voisin du SARS-CoV, responsable du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère de 2003-2004, chez des chauve-souris (rhinolophes). C'est une nouvelle indication que les civettes ne sont pas le réservoir du virus, comme cela avait été évoqué dans une étude récente montrant que le virus évolue chez les civettes exactement en parallèle avec leur évolution chez l'Homme. La façon dont l'Homme est entré en contact avec le virus reste cependant obscure. Les chauve-souris sont utilisées en médecine traditionnelle et la population locale a l'habitude de manger toutes sortes d'animaux. Parmi les scénarios possibles on peut imaginer que des civettes se soient nourries de chauves-souris (qui sont régulièrement victimes des chats domestiques), et aient été à leur tour mangées par l'Homme. Cette découverte est particulièrement intéressante car les chauves-souris (en dépit de leur nom), n'ont rien à voir avec les Rongeurs, mais sont en fait reliées aux Primates, dans le superordre des Archonta.
8 septembre 2005. Une épidémie de grippe aviaire due au virus H5N2 affecte le Japon à nouveau. A l'opposé de ce qui a été affirmé de façon répétée par les tenants d'un usage généralisé des cellules souches embryonnaires humaines, une étude d'une équipe internationale rapporte dans le numéro d'octobre de Nature Genetics que ces cellules accumulent beaucoup plus de chagements dans leur génome que ce qu'on pensait jusqu'à présent. Il aurait pourtant dû être évident que pour des raisons aussi bien thérapeutiques qu'éthiques, plutôt que de poursuivre trop tôt des études systématiques avec des cellules humaines, il nous faut d'abord tenter de mieux comprendre chez l'animal ce qui en fait les propriétés les plus importantes. Cette situation est paradoxale, car elle révèle qu'il est souvent aujourd'hui plus facile de réaliser des expériences avec du matériel humain qu'avec du matériel animal.
2 septembre 2005. Parmi les nombreux composés utilisés contre le cancer, un nouvel analogue d'un carbohydrate (sucre), décrit à la réunion nationale de l'American Chemical Society, et important pour l'enveloppe cellulaire et ses connexions avec l'extérieur, un ganglioside, semble contrecarrer fortement le développement des tumeurs solides, ce qui nous donne un complément intéressant aux traitements actuels du cancer. Ce composé semble avoir en outre la propriété de restaurer la réponse immunitaire affaiblie par le développement de la tumeur. Cette observation est peut-être à mettre en regard avec la conjecture que la synthèse des membranes et celle de l'ADN sont couplées chez les cellules des organismes supérieurs, observation qui a suggéré il y a quelques années l'idée qu'interférer avec la construction des enveloppes cellulaires pourrait donner une nouvelle piste de lutte contre le cancer.
1 septembre 2005. Un nouveau patient vient de mourir de la grippe aviaire au Vietnam. La maladie continue à être contagieuse des oiseaux à l'Homme, tout en restant souvent mortelle, mais il n'y a pas de contagion interhumaine. Un signe de danger apparaîtra quand la maladie sera soudain moins léthale : c'est le moment où la contagion interhumaine pourrait apparaître.

 
Antoine Danchin