Lorsqu'on remonte le temps, il est bien difficile de réunir
des informations précises sur ce qu'était la Science et plus
particulièrement la Biologie avant l'ère moderne. Cela est particulièrement
vrai au cours de l'exploration de civilisations autres que celles
situées en Grèce, ou dans un contexte où les références sont
tout à fait différentes, en Chine par exemple. L'astronomie et
la médecine ont été pratiquées, bien sûr, partout dans le monde,
en relation avec des comportements et des pratiques religieuses
ou morales, mais loin, par conséquent, de ce que nous retenons
aujourd'hui comme Science. Cela explique le caractère partiel
et partial du choix des événements retenus ici, qui est d'autant
plus biaisé que nous allons plus en arrière dans le temps. Il
est impossible de tracer une frontière entre ce qui va devenir
la Science et ce qui relevait des coutumes. Nous tenterons de
corriger cette présentation au fur et à mesure de notre progression
dans la connaissance du passé (et des remarques qui nous serons
faites). L'information retenue évitera autant que possible
l'usage de WIkipédia qui, par construction, évolue dans le temps
et reflète un consensus moyen de la connaissance plutôt que la
réalité du savoir. Elle cherche cependant à tirer l'information
qu'elle présente de sources aussi sûres que possible, à savoir
livres, publications scientifiques et catalogues raisonnés de
ventes de livres anciens. L'idéal aurait été d'associer à chaque
information une série de références, mais comme ce texte ne prétend
pas autre chose que donner des repères l'alourdissement correspondant
ne nous a pas paru nécessaire.
Cette page doit donc être considérée comme étant en (re)construction
permanente et certainement non exempte d'erreurs ou de partis-pris.
Il est cependant tout à fait certain que la Science a quelque
chose à voir avec la transformation des mythes et épopées en
une représentation formalisée du monde. Notons cependant que,
quel que soit le moment de l'histoire, les personnes qui n'avaient
pas la vision organisée de leurs origines telle qu'elle est proposée
par l'attitude scientifique, n'ont jamais facilement accepté
la Science quand elle a commencé à naître et n'ont pas été pas
enclines à la développer.
Il est fort probable que l'Homo sapiens moderne, né
il y a 200 000 ans quelque part en Afrique de l'Est (ou Centrale),
sortit de ce continent en traversant l'Ethiopie et le sud de
l'Egypte, puis la Mésopotamie, et migra vers l'Est à la vitesse
plutôt rapide d'environ 40 km par siècle (Il est possible qu'il
soit passé plus au sud, allant directement vers ce qui est aujourd'hui
le Pakistan, comme cela s'est produit beaucoup plus tard avec
les esclaves Africains emmenés à l'Est, épisode souvent peu connu
de la migration - ici forcée comme vers l'Amérique - Africaine).
L'Asie fut d'abord envahie, avec une très vieille branche humaine
qui se dirigea vers le Sud jusqu'à l'Australie au moment où les
glaciations firent baisser considérablement le niveau de l'Océan.
Des mutations sélectives appropriées, altérant en particulier
la pigmentation de la peau, la croissance des poils et la forme
du nez durent apparaître et créer des types humains plus adaptés
aux conditions environnementales locales. En particulier, une
complexion de peau claire était probablement nécessaire pour
retenir assez la lumière du soleil pour produire une quantité
suffisante de vitamine D, et ainsi prévenir le rachitisme quand
les Hommes émigrèrent vers le Nord. De la même manière, les poils
du corps, qui avaient précédemment disparu, peut-être une réponse
salutaire pour lutter contre les parasites, réapparurent parfois
avec la pression de la sélection imposée par les basses températures
dans les zones nordiques du monde. La révolution du Néolithique
se fit plus tard il y a environ 12 000 ans.
On situe actuellement le premier foyer de la civilisation humaine
écrite à Sumer, en parallèle avec un autre foyer en Egypte assez
rapidement après le début de la révolution du Néolithique. La
civilisation écrite Chinoise remonte loin dans le temps (quelque
mille années après les Sumériens et les Egyptiens cependant,
en accord avec le rythme habituel des migrations humaines), et
il y a très probablement des liens entre les premières et la
dernière, si l'on suit le tracé Ouest-Est à travers les montagnes
de l'Afghanistan actuelle et du désert de Xinjiang vers le centre
de la Chine. En fait, plus près de nous, cette route fut également
suivie par Alexandre le Grand (356-323 avant J.C.), et il reste
encore des vallées en Afghanistan où les habitants parlent un
dialecte du Grec.
En Egypte, fut rapidement développé un art de guérir (il y
a au moins 6 000 ans) qui était certainement basé sur la
superstition (et en particulier sur la superstition associée
aux nombres naturels et aux nombres entiers) mais aussi
fondé sur l'observation concrète. Malgré son extrême importance
dans l'origine de la connaissance, la contribution de l'Egypte
ancienne a été souvent oubliée. De nombreuses raisons expliquent
ce fait, mais c'est probablement le développement des trois grandes
religions monothéistes qui joue le rôle le plus significatif
dans ce qui peut être considéré comme le "point aveugle" ou
même comme une censure organisée à dessein de la pensée égyptienne.
On peut en effet retrouver, en remontant l'histoire, de nombreux
textes de la Bible hébraïque (et par la suite dans les textes
dérivés chrétiens et islamiques) dans les croyances et les textes
égyptiens, y compris dans le détail. Et bien sûr, les religions
établies sur l'affirmation que leur Dieu s'est révélé lui-même
en s'adressant aux prophètes peuvent difficilement accepter que
le contenu des révélations de Dieu puisse être profondément enraciné
dans l'histoire. Le pharaon Aménophis IV, plus connu sous le
nom d'Akhénaton (1380 - 1337 avant notre ère), a été le créateur
d'une remarquable religion monothéiste au moment précisément
où Moïse entreprenait sa migration, préfigurant visiblement ses
voyages et ses paroles. Mais ni les Hébreux, qui ont dû fuir
l'Egypte emportant avec eux la nouvelle religion, ni les Chrétiens,
ni, enfin, les Musulmans qui peuplent maintenant l'Egypte (les
Coptes chrétiens sont probablement plus proches de la vérité
de leurs pères que n'importe quelle autre religion, avec un parallèle
en Ethiopie), ne peuvent facilement accepter que leurs croyances
aient une histoire concrète, fondée sur des événements naturels.
Les théologies de haut niveau acceptent bien sûr cette situation,
mais leur enseignement ne fait que rarement état d'un passé culturel
commun. Et il va sans dire que, parce qu'une partie importante
de l'Egypte était de complexion noire et descendant manifestement
d'Afrique Centrale, il y avait et il y a encore une forte réticence
à accepter que les avancées humaines majeures puissent venir
de peuples à la peau noire. Il en est de même lorsque nous observons
la résistance intéressante de nombreuses personnes (souvent en
Asie) à accepter que l'Homme moderne est... un Africain.
Les Sumériens, les Egyptiens, les Babyloniens, suivis par les
Indiens et les Chinois se sont succédés, réunissant une masse
considérable de faits individuels, parfois extrêmement astucieux,
organisés conformément à la religion locale ou les croyances
morales. Puis, il y a environ 2600 ans, avec la création de la
philosophie présocratique en Grèce, la science est née, selon
une conception originale et complètement nouvelle d'organiser
la connaissance humaine.
Il est très important de faire la distinction entre religion
et philosophie. Le terme "Philosophie" a de nombreux
sens, mais il comprend un point central : la philosophie est
penser le fait de penser. De façon bien différente, la religion
s'organise principalement autour d'une réflexion sur la Vie,
et par dessus tout, sur la Mort, et est associée à des coutumes
concernant le comportement de l'Homme face à la mort, le seul
événement difficile auquel tous seront confrontés. Cela explique
pourquoi il peut y avoir certaines contradictions quand on mélange
philosophie et religion. Par exemple, en Chine, le daoisme peut
être soit une philosophie soit une religion. Comme philosophie
(dao jia 道 家), le Dao, le Chemin,
encourage les gens à suivre la Nature; comme religion (dao jiao 道教),
c'est un ensemble de coutumes allant contre la Nature, essayant
d'éviter la Mort. Bien sûr, une philosophie sous-tend tout type
de religion, mais une religion implique une structure sociale,
des rites et des croyances organisés d'une manière socio-politique.
De la même manière, la philosophie s'intéresse aux questions
de vie et de mort, mais par construction la
philosophie pose des questions sur le monde (y compris
sur les croyances), alors que la religion, avec
sa structure sociale et ses rites, vise
à répondre aux questions,
de toute éternité.
La Science, fille et extension de la philosophie, est une exploration
organisée du Réel. Qu'elle ait été créée par les philosophes
grecs, voyageant d'îles en îles, de l'Ouest de l'Asie à la Sicile,
n'est pas un hasard. Ce n'est pas le lieu ici de discuter des
raisons géographiques, économiques et socio-politiques à la base
de la naissance de la Science, mais la quasi-absence de la Chine
dans cette activité humaine, alors que la Chine a atteint très
tôt un remarquable degré de civilisation (et c'est sans doute
aujourd'hui la civilisation la plus ancienne encore vivante),
n'est pas un hasard malgré son aptitude extrêmement ancienne
et impliquée à développer des nouvelles techniques. Grâce probablement
à des échanges avec le monde grec, la Science a certainement
commencé à se développer en Chine et en Inde (on peut le voir
dans des traités anciens de mathématiques). Cependant, la Chine,
isolée géographiquement, politiquement et économiquement, mettait
l'accent sur la stabilité, et non la mise en question — qui
est au cœur de l'activité scientifique — ou les échanges.
C'est ce qui explique pourquoi la Science y fut éradiquée lorsqu'elle
devint trop visible. Les principales catégories sociales en Chine
(les érudits, les fermiers, les artisans, les marchands, dans
cet ordre d'importance, les trois premiers associés à la fabrication,
constituant les "racines", et le dernier associé à
l'échange, les "branches") expliquent la nette distinction
entre ce qui vient de la nature et entre ce qui vient de l'Homme,
entre ce qui est naturel et ce qui est artificiel, une distinction
applicable aux réactions actuelles face aux organismes génétiquement
modifiés, par exemple.
Cela dit, nous pouvons trouver des dates où des faits scientifiques,
des interrogations et des hypothèses furent avancés et organisés
progressivement pour aboutir à la Science d'aujourd'hui. Nous
nous intéressons ici à la Biologie ; c'est à dire à la Science
associée à l'agriculture et à la médecine. Mais comme Science
signifie aussi développement du raisonnement et développement
de l'approche expérimentale, les premières dates qui nous intéressent
vont correspondre à la création des principes du raisonnement
et des premières expériences.
La Science nécessite une transmission fiable des connaissances.
Cela requiert un moyen de transmettre plus fonctionnel et moins
sujet à l'erreur que la transmission orale. Ainsi nous devons
retenir comme dates importantes celle de l'invention de l'écriture,
puis celle de l'écriture sur des supports faciles à fabriquer
: pierre, tablettes d'argile, papyrus ou papier (plus tard, peau
d'animaux). Nous devons être très prudents lors de reconstitutions
de l'histoire ancienne : seuls les textes et les images sur les
monuments ou autres artefacts, pouvant être datés de manière
précise, nous permettent une évaluation fiable des dates d'inventions.
Il faut garder à l'esprit que toutes les civilisations cherchent
à s'approprier l'origine des inventions, sans contrôle, et en
fait, il semble clair que l'origine des premières découvertes
les plus importantes remontent à des civilisations éteintes,
les civilisations sumérienne et égyptienne. Il ne faut pas oublier
non plus que l'Homme a toujours été nomade, avec une vitesse
d'invasion plutôt rapide : bien au-delà d'une centaine de kilomètres
par siècle après le début du Néolithique, grâce à l'aide procurée
par la domestication d'animaux, et la possibilité de transporter
des graines pour se nourrir. Ainsi de nombreuses découvertes
sur lesquelles nous avons peu d'informations voyagèrent durant
le premier millénaire du Néolithique.
~10000 av JC Le chien est domestiqué en Mésopotamie.
La domestication animale et la culture de plantes commencent
à s'étendre à l'Est comme à l'Ouest à la vitesse d'environ 50-100
km par siècle. L'étude de l'origine la domestication est aujourd'hui
une activité de recherche importante en histoire ancienne et
les dates retenues vont certainement se préciser peu à peu.
~6000 av JC La levure est utilisée par les Sumériens
pour la fabrication de la bière et du vin. Cette pratique se
diffuse lentement vers le Sud, l'Est et l'Ouest. On invente la
métallurgie, une des plus anciennes techniques, avec le travail
de l'or. Il est probable, en fait que la co-évolution
(involontaire) des ancêtres des Primates et la levure soit première. En dehors
des travaux de Louis Pasteur, cela justifie l'intérêt particulier
des biologistes pour cet organisme.
~5000 av JC Les premières villes sont créées
en Mésopotamie. Le cheval est domestiqué en Ukraine. A partir
de cette domestication, la diffusion de la connaissance humaine
s'accélère, avec l'expansion du cheval comme moyen de transport
et de communication.
~4200 av JC Découverte du cuivre comme métal
susceptible d'être travaillé. Il reste un symbole du commencement
de la civilisation au Moyen-Orient, et son nom est associé à
cette région (le symbole du cuivre est Cu et vient du latin cuprum,
signifiant venant de l'île de Chypre, Κύπρος).
~4000 av JC Les Egyptiens découvrent comment
faire du pain au levain en utilisant de la levure. Il est probable
que levure et ferments lactiques ont été découverts accidentellement
bien plus tôt. Domestication de l'âne. Les échanges se font rapidement
suivant le Nil, profitant de l'opposition entre le courant du
Nil (qui va vers le Nord) et le vent dominant (vers le Sud).
Les Sumériens et les Egyptiens découvrent le travail de l'argent.
~3600 av JC Des alliages de cuivre sont utilisés
par les Egyptiens et les Sumériens. Les premiers artefacts de
cuivre fondu sont trouvés dans la Vallée du Nil : anneaux de
cuivre, bracelets, ciseaux ; la fusion de l'or et de l'argent
est connue. Des échanges avec l'Afrique centrale par la Vallée
du Nil amènent des minerais et des métaux en Egypte.
~3500 BC Les Egyptiens commencent à écrire des
récits sur les événements royaux importants, d'abord sur de la
pierre, puis sur du bois. Les Egytiens utilisent la galène (sulfure
de plomb avec des reflets métalliques) comme cosmétique pour
noircir les traits du visage. Ils en ignorent évidemment le caractère
très toxique.
~3400 av JC Les premiers symboles de nombres,
de simples traits droits, correspondant à un système de numération
décimale (sans le zéro) commencent à être utilisés en Egypte.
Les Egyptiens savent extraire le métal du minerai de cuivre.
~3300 av JC L'écriture sumérienne sur des tablettes
d'argile devient une pratique courante. La civilisation Minoenne
se développe en Crête, puis dans toute la Mer Egée.
~3250 av JC La roue est utilisée en Mésopotamie.
~3000 av JC Les Sumériens pratiquent le plombage
des dents. L'écriture sumérienne évolue vers le système cunéiforme.
Le boulier se développe au Moyen-Orient et autour de la Méditerranée.
Les chiffres hiéroglyphiques sont utilisés en Egypte.
~3000 av JC à 2500 av JC La médecine sumérienne
découvre les pouvoirs de guérison des sources minérales. Le métier
à tisser est connu en Europe.
~2800 av JC Début des observations astronomiques
méthodiques en Egypte, à Babylone, en Inde et en Chine. L'Egypte
introduit un calendrier de 365 jours sans ajustements.
~2750 av JC Construction de la grande muraille
d'Uruk, avec ses 900 tours, en Mésopotamie. La construction de
la pyramide de Chéops correspond, dans ses plans et ses dimensions,
à des mesures astronomiques. Les Sumériens commencent à utiliser
un système de numération sexagésimal pour noter les transactions
financières. C'est un système de notation positionnelle sans
zéro. C'est probablement à cette date que sont fabriqués les
premiers objets en fer, mais la fonte du fer n'est pas encore
fonctionnelle. Le travail du fer sera exporté vers l'Est et le
Nord-Ouest suivant les migrations humaines, et sera continuellement
amélioré.
~2500 av JC Des bas reliefs égyptiens illustrent
les techniques de chirurgie existantes. En Egypte, le payrus,
premier essai d'utilisation d'un support d'écriture léger et
pratique, devient le support courant de contes et de textes.
Une autre façon de fabriquer un papier végétal sera redécouvert
en Chine, selon un procédé plus élaboré, plusieurs milliers d'années
plus tard et sera ensuite exporté vers Europe. Premiers documents
historiques sur la civilisation Chinoise.
~2100 av JC Les premiers textes légaux connus
sont écrits par Ur-Nammu, roi d'Ur.
~2000 av JC En Egypte, le rapport entre le rayon
d'un cercle et sa circonférence est estimé à 3. Plus tard, cette
mesure sera transmise aux Hébreux et aux Grecs. Les Egyptiens
proposent une forme de contraception. Les Egyptiens utilisent
la corde à nœuds en triangle avec des nombres entiers (a²+ b²
= c², théorème de Pythagore) pour construire des angles. Les
Harappans adoptent un système décimal uniforme de poids et de
mesures.
~ 1900 av JC Un papyrus écrit en Egypte (le
papyrus de Moscou, aussi appelé le Papyrus de Golenishev) donne
des détails sur la géométrie égyptienne. Les quatre éléments
de base sont connus en Inde pour décrire les éléments matériels
: la Terre, l'Air, le Feu et l'Eau. Le lieu d'origine de cette
description n'est pas connu.
~1800 av JC Les Babyloniens utilisent les tables
de multiplication.
~1750 av JC En Crète, le palais de Minos a la
lumière et est ventilé, il possède des salles de bains alimentées
en eau. En Egypte, un système d'irrigation utilise les crues
du Nil. Le Code d'Hammurabi (fondateur de Babylone), comprend
des conseils pour des pratiques médicales (notamment pour la
chirurgie de l'œil) et le montant des honoraires autorisés. Babylone
se sert d'une géométrie très développée comme base de mesures
astronomiques et crée les signes du Zodiaque. On découvre l'étain
et on l'ajoute au cuivre comme alliage métallique. Les Babyloniens
résolvent des équations d'algèbre linéaire et du second degré
et composent les tables des racines carrées et cubiques. Ils
utilisent le théorème de Pythagore et se servent
des mathématiques pour élargir leurs connaissances en astronomie.
~1700 av JC Rédaction du papyrus de Rhind (parfois
appelé le papyrus d'Ahmes). Il nous informe sur le développement
de nombreuses techniques mathématiques pour résoudre des problèmes
chez les Egyptiens. La multiplication est basée sur la répétition
de doublements et la division sur par successions de divisions
en moitiés
~1600 av. JC Il semble qu'on utilise
le système décimal en Crète (probablement introduit par les
Egyptiens). La civilisation Minoenne, très évoluée, prospère
jusqu'à sa destruction, probablement due à l'explosion du volcan
de l'Ile de Santorin qui a recouvert la région de cendres et
a rendu les terres stériles pour plus d'un siècle. On fait
état de présence de mercure (en Grec ὐδραργυρος, argent liquide,
en latin argentum vivum, vif argent) dans les
tombes égyptiennes à cette époque .
~1550 - 1200 av JC La civilisation Minoenne
développe son propre système d'écriture. Le Linéaire A a été
à la base du développement du Linéaire B, qui apparaît en Crète
vers 1450 avant JC et qui va s'étendre rapidement à la Grèce
continental. Ces deux formes formes d'écriture, le Linéaire
A et le Linéaire B, vont être utilisés pendant le deuxième
millénaire avant notre ère vulgaire en Crète minoenne. Michael
Ventris déchiffre en 1952 le Linéaire B. C'est cette écriture
syllabique qui va se propager des Minoens aux Mycéniens. Le
Linéaire A n'a pas encore été déchiffré et l'influence de cette
civilisation en Grèce en terme de science n'est pas encore
connue.
~1500 av JC L'extraction du fer par fusion
est une pratique répandue en Syrie et en Palestine. C'est sous
la dynastie Shang 商朝 (1700 av JC-1027 av JC)
qu'apparaissent les premiers pictogrammes chinois gravés sur
des os. Les saignées médicinales sont pratiquées depuis l'Age
de Pierre. Pratiquement toutes les cultures anciennes
et modernes ont tiré le sang pour guérir de maladies. Les cultures
primitives pensaient que la maladie était due à des esprits
malins et qu'ils pouvaient être éliminés en retirant du sang
aux patients. Une des manières de maîtriser les saignées est
d'utiliser des animaux : la plus ancienne illustration connue
d'utilisation des sangsues à visées médicales est peinte dans
une tombe égyptienne. On utilise le cadran solaire en Egypte
pour mesurer l'heure dans la journée grâce à l'ombre solaire.
Les heures sont plus courtes en hiver qu'en été.
~1400 av JC Une horloge compliquée, mesurant
l'écoulement de l'eau, déposée dans la tombe d'Aménophis III
démontre la maîtrise des premières science expérimentales par
les Egyptiens. Les restes de fours pour fondre le verre découverts
à Tell-El-Amarna en Egypte par Flinders-Petrie, montrent qu'ils
savaient fabriquer des baguettes, des perles, des jarres ou
d'autres objets, apparemment en recouvrant un moulage d'argile
de verre puis en enlevant ensuite ce moulage.
~1300 av JC Les permutations mathématiques
et les "carrés magiques" sont connus des mathématiciens
chinois. Un système décimal sans zéro commence à être utilisé
en Chine. Les propriétés du triangle de Pythagore commencent
à yêtre connues. Grâce à ces propriétés, la position du soleil
en fonction de l'inclinaison de l'axe polaire est mesurée en
Chine.
~1100 av JC Premières preuves de l'élevage des
vers à soie en Chine (on pense que la méthode existait bien avant
mais sans preuves, mais on est sûr qu'elle existait après 500
avant JC). Développement de la construction de bateaux dans les
pays Méditerranéens et Scandinaves, en même temps que début des
explorations maritimes de régions éloignées du monde. Les Egyptiens
fabriquent des maquettes d'Anubis, un des Dieux de la mort, avec
des machoires mobiles, destinées à simuler la parole. Ce sont
les ancêtres de nos automates odernes simulant les êtres vivants.
~1000 av JC Les Chinois se servent de bouliers
pour calculer.
~950 av JC "Les "biotechnologies" s'écartent
des simples procédés de l'agriculture et de la médecine : les
teintures pour les tissus sont fabriquées à partir d'escargots
violets et fixées à l'alun dans la zone méditerranéenne. L'année
lunaire indienne a 360 jours réglée au hasard pour correspondre
à l'année solaire. Un texte chinois de mathématiques comprend
de la planimétrie, des proportions, la règle de 3 en arithmétique,
les racines carrées, la géométrie, les équations avec une ou
plusieurs inconnues et une théorie du mouvement. Premières
utilisations du fer en fusion en Grèce. Les Chaldéens se servent
de cubes remplis d'eau pour mesurer le temps, le poids et la
longueur.
~841 av JC Début de la chronologie historique
chinoise corroborée
~800 av JC Baudhayana est l'auteur de l'un
des premiers Sulbasutras indiens (textes contenant des problèmes
mathématiques). Les Chinois commencent à utiliser le fer, après
que sa fusion a été introduite en provenance de l'Ouest. La médecine
commence à se séparer de la religion et la formation médicale indienne
se fait sur des modèles anatomiques. En Grèce, Homère mentionne
la chirurgie hautement développée qui se pratique sur les lieux
de bataille. Utilisation de traîneaux à roulettes pour le transport
de charges lourdes. Les Assyriens utilisent des vessies d'animaux
comme support à la nage lors de conflits.
763 av JC Le roi Adadnirari 11 d'Assyrie commence
une nouvelle chronologie (accordée à l'éclipse du soleil du 15
juin de cette année-là).
~750 av JC Manava écrit
un Sulbasutra. Ce sulbasutra, comme tous les autres, contient des
constructions approximatives de cercles à partir de rectangles
et de carrés à partir de cercles, qui permettent de penser qu'ils
donnaient une valeur approximative de π. Mais ces valeurs de π
sont différentes à travers le Sulbasutra, surtout en ce qui concerne
la construction incluant des cercles. Une interprétation des versets
11.14 et 11.15 du travail de Manava donne π =
25/8 = 3,125.
L'astronomie Babylonienne et Chinoise a compris les mouvements
planétaires, le nouveau calendrier babylonien est confirmé. La
roue à rayons et le fer à cheval sont connus en Europe.
~750 av JC La célèbre bibliothèque du Roi Assurbanipal,
comprenant plus de 22 000 tablettes d'argile, traite d'histoire,
de médecine, d'astronomie et d'astrologie. Le mouvement des planètes
et les signes du Zodiaque sont mentionnés en Assyrie, et des pendules
à eau y sont fabriquées. Le jardin du Roi Sermacherib au
palais de Ninive possède des plantes et des animaux rares, des
espaces de plantations et des canaux d'irrigation sont extraits
de carrière, ce qui va permettre une amélioration dans la reproduction
des plantes et un début d'hygiène. Des progrès ont lieu dans les
installations en eau : Jérusalem possède des conduites d'eau souterraines, Sermacherib fait
construire un aqueduc, Ninive a des puits. Kaléos Glaucos de
Chios invente la soudure du fer.
~600 av JC Apastamba écrit la plus intéressante
des Sulbasutra indiennes d'un point de vue mathématique. Notre
méthode décimale d'écriture des nombres trouve ainsi son origine
en Inde. Il a fallu beaucoup de temps pour que ce système mathématique
arrive dans la zone Méditerranéenne et Européenne et pour qu'il
soit accepté. Il a fallu encore plus de temps pour qu'il soit accepté
en Chine. En regardant le système archaïque de mesure de poids
toujours en vigueur en Amérique aujourd'hui, on peut facilement
comprendre que les toutes premières idées ont la vie longue. Le
système décimal devint courant avec le développement de l'arithmétique
islamique.
Le Pharaon Nechos d'Egypte (règne 609-593) commence
la construction d'un canal entre le Nil et la Mer Rouge. Il commande
également aux Phéniciens la première circumnavigation reconnue
de l'Afrique.
~590 av JC Thalès (Milet 625 - 547) choisit
l'Océan comme élément premier. Il sait que l'aimant attire
le fer et que l'ambre lorsqu'il est frotté devient magnétique.
Il apporte à la Grèce les connaissances mathématiques de Babylone.
Il utilise la géométrie pour résoudre des problèmes tels que
le calcul de la hauteur des pyramides ou la distance des bateaux
du rivage. Le Théorème de Thalès (les triangles construits
sur un diamètre avec un sommet sur le cercle sont rectangles)
est la plus vieille théorie de mathématiques occidentales. Eupalinos fait
construire un réseau d'eau sur l'Ile de Samos, un tunnel d'une
longueur de trois quart de mille commencé simultanément des
deux côtés. Priscus fait construire
le premier pont romain en pierres. Nabuchodonosor II fait
construire un palais avec des jardins en terrasse à Babylone
(supposés être les célèbres "Jardins suspendus",
l'une des Sept Merveilles du monde), un tunnel de plus de huit
cent mètres, reliant le palais au Temple du Soleil, traversait
l'Euphrate sous la rivière. On attribue à Théodore
de Samos l'invention du moulage en fer, du niveau
d'eau, de la clé et de la serrure, de l'équerre de charpentier,
du façonnage de l'argile au tour. L'année lunaire romaine a
10 mois de longueur variable (12 mois par la suite). L'astronomie
babylonienne commence à ressembler aux estimations actuelles
; l'année lunaire a 364 jours divisé en 12 mois alternant 29
et 30 jours.
~580 av JC Anaximandre (Milet,
611 - 547) choisit le non-limité (Απειρον) comme élément premier.
Il dessine la première carte (sur papyrus). On lui attribue le
premier travail écrit sur les sciences naturelles, un poème classique
intitulé Περι φυσεως (De la nature). Dans ce poème, il écrit que
les êtres humains descendent des animaux aquatiques, formant ainsi
ce qui peut être la première théorie de l'évolution, disant qu'au
commencement il existait une créature avec des écailles ressemblant
à un poisson vivant dans les océans. Au fur et à mesure, ces créatures
se déplacèrent vers les terres, perdirent leurs protections d'écailles
et devinrent les premiers humains.
~550 av JC Anaximène (Milet,
585 - 528) imagine que les processus de condensation et de raréfaction
sont nécessaires à la création de toutes formes existantes, y compris
les organismes vivants.
~540 av JC Sushrata enseigne la médecine
à l'université de Bénarès, comprenant la chirurgie, l'obstétrique,
l'alimentation, les bains, les médicaments, l'alimentation et l'hygiène
des enfants et l'éducation médicale.
~540 av JC Xénophane (Colophon,
570 - 475) est le premier à formaliser la nature hypothétique de
ce que nous connaissons maintenant comme "Science", faisant
la différence entre le monde et sa réalité (ἀληθεῖα) et les Modèles
du Monde (δοξα). Xénophane est l'un des premiers
à avoir écrit des observations sur les fossiles, pensant que ces
fossiles prouvaient qu'il y avait eu de l'eau et de la boue à une
époque antérieure dans dans la région où on les découvre. Les Chinois
utilisent des cordes à compter.
~530 av JC Pythagore (Samos,
560 - 480) part pour Crotone dans le sud de l'Italie et y enseigne
les mathématiques, la géométrie, la musique et la réincarnation.
Son monde est basé sur l'organisation des Monades : les nombres
entiers. Un lien est fait entre l'alphabet et les nombres entiers.
De fait, il anticipe la découverte du concept du zéro, qui sera
faite plus tard en Inde. Zénon (Elée
~570 - ?) souligne la question posée par la contradiction entre
continu et discontinu.
~510 av JC Héraclite (Ephèse
540 - 475) met l'accent sur le Changement comme cause principale
des choses.
~500 av JC Le médecin grec Alcmaeon dissèque
des cadavres humains pour des études scientifiques et découvre
dans l'oreille ce que nous nommons maintenant la trompe d'Eustache.
Il expose qu'une bonne santé est le résultat d'un équilibre des
forces similaires à celles décrites par Anaximène, "humidité/sécheresse", "chaud/froid", "amertume/douceur",
alors qu'un déséquilibre provoque des maladies. Il découvre aussi
la différence entre veines et artères ainsi que les connections
entre le cerveau et les organes sensoriels.
Le travail théorique de Panini sur la grammaire du Sanskrit en
Inde établi que cette langue est le précurseur du langage moderne
usuel. La première opération connue de la cataracte est pratiquée
en Inde par Sushrata (Susrata Samhita).
L' astronome Naburian utilise le système sexagésimal
babylonien pour relever et prévoir la position du soleil, de
la lune et des planètes. Le carthagénois Hannon traverse
la côte ouest de l'Afrique. Hécatée (549 - 486)
mentionne l'Inde dans ses écrits prouvant que les échanges entre
le l'Extrême Orient et la Grèces étaient déjà importants. Développement
des technologies et de l'agriculture en Chine. Confucius (孔夫子
Kong Fu Zi) (551 - 479) enseigne des règles de comportement toujours
suivies en de nombreux lieux en Chine. L'importance n'est pas
donnée à la connaissance en tant qu'objectif, mais, au contraire,
à la connaissance des règles morales (en particulier des valeurs
familiales).
494 av JC Destruction de Milet par les
Perses
~490 av JC Parménide (Elée
~515 - ?), contrairement à Héraclite met l'accent
sur la Permanence.
461 - 456 av JC Le mur entre Athènes
et Le Pirée est construit.
~450 av JC Empédocle (Agrigente,
492 - 432) propose que les quatre éléments (la Terre, l'Eau,
l'Air et le Feu) et leurs combinaisons sont à la base de toute
chose. Sa vision de la création des formes vivantes est remarquablement
semblable aux visions portées bien plus tard pas les théories
sur la sélection dérivées des idées de Darwin.
Il souligne la nature combinatoire des formes vivantes. Avant
cette époque, les Grecs n'étaient pas d'accord sur laquelle des
quatre possibilités était l'élément "originel" : pour
certains, c'était l'un de ceux-ci, pour d'autres, un autre, pour
d'autres encore deux à la fois. Il pensait que toutes choses
se produisaient par leur combinaison et/ou séparation selon les
deux principes opposés que sont l'Attraction et la Répulsion.
Leucippe (Abdère
~490 - ?) propose que toutes les choses sont faites d'atomes,
structures insécables pouvant se combiner de manière infinie. "Aucune
chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une Loi (Λόγος) et
sous la contrainte de la nécessité". Diogène
d'Appolonie (Apollonie, Phrygie our Crête ? 499/98 -
428/27) écrit son "Περι φυσεως" de manière éclectique,
en accord sur certains points avec Anaxagore et
avec Leucippe sur d'autres. Comme Anaximène.
Il écrit que la substance première de l'univers est l'Air, infini
et éternel, à partir duquel, par condensation, raréfaction ou
changement d'état, provient toute chose. Comme Anaximandre, Diogène considère
la mer comme un reste de l'état humide originel, évaporé partiellement
sous l'action du soleil, séparant ainsi les terres restantes.
La terre elle-même est ronde, en forme de disque. Sa solidification
par le froid est due au fait que le froid est une forme de condensation.
L'intérêt majeur de Diogène est la physiologie,
dans un traité de même nature que celui des écrits pseudo-hippocratiques.
Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont les auteurs de
ces curieux pamphlets l'utilisent, comme ils l'ont fait d'Anaxagore et
d'Héraclite. Les créatures vivantes surgissent
de la terre, assurément sous l'effet de la chaleur. Leurs âmes
sont l'air, et leurs différences proviennent des degrés variés
de raréfaction ou de condensation. Pas de place particulière,
comme le cœur ou le cerveau, n'est attribuée à l'âme, qui est
simplement un air chaud circulant avec le sang dans les veines.
Les idées de Diogène en ce qui concerne la théorie
des sensations se définissent ainsi : toutes les sensations sont
dues à l'action de l'air sur le cerveau et les autres organes,
le plaisir venant de l'aération du sang. Mais les détails de
cette théorie ne peuvent être étudiés convenablement qu'en relation
avec les écrit hippocratiques, car Diogène ne
représente pas vraiment l'ancienne tradition cosmologique, mais
un développement original d'opinions philosophiques réactionnaires
combiné à un enthousiasme complètement nouveau pour la recherche
détaillée et l'accumulation de faits...
~420 av JC Démocrite (Abdère
460 - 370) poursuit la théorie de l'atome. Sa position principale
est que les atomes tourbillonnent dans le vide, où ils peuvent
se combiner dans une grande variété de formes. Cela réconcilie
le point de vue de Parménide sur la matière
constante et celui d'Héraclite sur la matière
constamment changeante.
~441 av JC Mélissos (Samos,
500 - 440) commande la flotte à Samos et inflige une défaite
à Périclès. Il déclare que les lois de la nature sont les mêmes
partout dans l'univers.
~441 av JC Hippocrate (Cos, 460 - 377) est le
fondateur de la profession de médecin en Grèce, enseignant à
des étudiants sous la protection d'Asclépios, Dieu de la médecine.
Parmi ses nombreuses observations, dont beaucoup inexactes, Hippocrate établit
que la contribution de l'Homme dans l'hérédité d'un enfant provient
de la semence. Il est le fondateur des Asclépiades, une école
des médecine qui durera plusieurs siècles. L'une des raisons
qui le rendent mémorable est sa théorie que le corps humain est
composé des quatre éléments (terre, air, feu, eau) plus quatre
fluides ou humeurs : αιμα ou sang, produit par le coeur; χολη
ou bile jaune, produite par le foie; μελανχολη ou bile noire,
produite par la rate; et φλεγμα ou phlegme, produit par le cerveau.
On lui attribue la rédaction d'un serment que tous les hommes
professant la médecine s'engagent à respecter.
« Je jure par Apollon,
médecin, par Esculape,
par Hygie et Panacée,
par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin
que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment
et l'engagement suivant : je mettrai mon maître de médecine
au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec
lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ;
je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent apprendre
la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement.
Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste
de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples
liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais
à nul autre. »
« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage,
suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout
mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison,
si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille
suggestion ; de la même manière, je ne remettrai à aucune
femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai
mon art dans l'innocence et la pureté. Je ne pratiquerai pas
l'opération de la pierre, mais laisserai ce soin à ceux qui en
ont la pratique. Dans quelque maison que je rentre, j'y entrerai
pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire
et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons,
libres ou esclaves. Quoi que je voie ou entende dans la société
pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai
ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion
comme un devoir en pareil cas. »
« Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il
me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession,
honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me
parjure, puissé-je avoir un sort contraire. »
Les Grecs utilisent une pendule à eau, qui mesure l'écoulement
de l'eau d'un réservoir, pour mesurer le temps.
~390 av JC Platon (427 - 347) réunit les
théories développées par Socrate, mais jamais
mises par écrit. Il écrit que le monde tel que nous le comprenons
est une projection de la Réalité, auquel nous avons accès par
conséquent indirectement. Cela le mène à rechercher des principes
universels (archétypes) pour décrire la Réalité, incluant les
formes biologiques et les espèces vivantes. Cela correspond au
développement de la science pythagoricienne et place l'étude
des mathématiques comme fondement de la philosophie. Parmi les
nombreuses choses pour lesquelles on se souvient de lui, vient
son idée qu'il existe deux mondes. Le monde que l'on voit n'est
qu'un reflet, une image imparfaite du monde réel, transitoire
qui va s'altérer. Le monde réel que l'on ne peut voir directement,
est bon, parfait, éternel, stable et constant. En cela, Platon réconcilie Parménide et Héraclite,
d'une manière différente de celle choisie par les Atomistes.
Dans le Monde Réel, il n'y a pas manifestement de variation ou
de changement, ni besoin d'aucun, car tous les organismes présents,
les Archétypes, sont parfaits. Les variations que l'on peut constater
chez certains organismes sont dues au fait qu'ils sont des copies
imparfaites des véritables Archétypes du Monde Réel.
~390 av JC Aristote (Stagire 384 - Chalcis
322), l'un des élèves les plus célèbres de Platon,
a créé les premières règles sérieuses de la logique, que
nous connaissons actuellement comme la logique du premier ordre.
Elle est à la base de toutes les méthodologies hypothético-déductives.
La logique dérive de la géométrie. Le principe d'exclusion (ceci
ou cela, et non les deux ensemble) signifie simplement que l'on
ne peut avoir deux solides en même à la même place. Aristote définit
dix catégories nécessaires à la connaissance : en latin essentia, quantitas, qualitas, ad
aliquid, situs, habitus, locus, tempus, agere, pati).
Les classes correspondantesseront gardées jusqu'à leur redéfinition
par Emmanuel Kant au 18ème siècle. Aristote regroupe
500 espèces d'animaux en 8 classes. En terme d'organisation
de l'Univers, Aristote soutient que la Terre
est en même temps le centre de l'univers, et comme Empédocle,
l'un des quatre éléments primordiaux. La Terre est ronde. C'est
la première sphère, entourée par des sphères d'eau, d'air et
de feu, dans cet ordre, à une place qui leur est propre (ce qui
rappelle Anaximandre, avec des sphères à la
place de cylindres). Cet ordre suit le raisonnement d'Anaximène basé
sur le fait qu'une motte de terre jetée retombe toujours, comme
le fait la pluie, alors que les flammes du feu s'élèvent toujours
vers leur sphère. Les relations harmonieuses et interdépendantes
de ces sphères sont inspirées de Platon, elles
peuvent être perçues comme une musique céleste : la musique des
sphères. Au-dessus du feu, se trouve la Lune, et cette sphère
délimite une matière d'un genre différent. Au-delà de la Lune,
on trouve le Soleil, les planètes et les étoiles, qui tournent
autour de la Terre journellement, selon une orbite inclinée complexe.
Toute la matière à l'intérieur de l'orbite de la Lune est différente
de celle au-delà.
Rappelant les idées de Platon, la théorie d'Aristote affirme
que la matière terrestre pourrit et est éphémère, alors que la
matière céleste, l'éther, est constante et éternelle. Cette idée
a été par la suite empruntée et intégrée dans la plupart des
croyances chrétiennes, comme la localisation du Paradis. Elle
a ainsi a été importante plus tard dans le rejet de Copernic et
de Kepler comme hérétiques, puisque qu'ils disaient
que la Terre était simplement "une autre planète" tournant
autour du soleil. Les implications d'un système solaire central
n'étaient pas du tout rassurantes pour les chrétiens du Moyen-Age
qui pensaient que le paradis était le lieu dans les cieux ou
iraient les chrétiens victimes de la peste après leur mort. Pour
preuve de cette idée d'une Terre ronde, Aristote cite
des exemples de faits comme le fait que les bateaux disparaissent
de l'horizon, le mât en dernier, comme s'ils voguaient sur une
courbe. Héraclide du Pont (388 -315), un autre
élève de Platon, est un des premiers à avoir
dit que l'apparente rotation journalière des corps célestes n'était
pas due à leur mouvement, mais plutôt à la rotation de la Terre
sur elle-même autour de son axe. Il a également dit que Vénus
et Mercure tournaient autour du Soleil et pas de la Terre. Ces
idées ne furent pas bien acceptées des gens qui pensaient que
le bas était "en bas" et non "au centre",
pourtant ces deux découvertes constituèrent une étape importante
vers la théorie Copernicienne.
La pluie est mesurée en Inde sur une base régulière. Le fer est
utilisé comme matériau de base en Chine. Les astronomes chinois
décrivent 115 étoiles et 28 constellations et donnent leur coordonnées.
332 av JC Alexandre le Grand se fait proclamer
Pharaon d'Egypte à Memphis. Il se peut que ce soit en raison
des honneurs divins que ce couronnement donnaient. Mais la loi
Perse en Egypte, en étrange contradiction avec les traitements
Perses de la plupart des autres pays conquis, était oppressive
et désacralisait les sanctuaires sacrés. Aussi, l'image populaire
d'Alexandre accueilli comme libérateur de l'Egypte, même si Arrien
limite la "cordialité" au gouverneur égyptien Mazaces,
est assez vraisemblable. Toute l'Egypte tombe aux mains d'Alexandre
sans résistance.
331 av JC Alexandre revient d'un circuit
de 1100 km en Lybie, ou il consulte l'oracle de Siwa. Il lui
aurit dit qu'il fonderait Alexandrie sur la côte égyptienne,
la future métropole du monde hellénistique (bien qu'Arrien et
Plutarque s'accordent pour dire qu'Alexandrie a été fondée avant
l'épisode de Siwa). Toutes nos sources disent qu'après être devenu
le maître de l'Egypte, Alexandre ressentit le besoin urgent ("πόθος")
de consulter l'oracle de Siwa. L'oasis de Siwa était alors appelée
Ammonium ou Ammon, ses habitants les Hammonii (Ammonites). L'oracle
était considéré comme l'un des trois grands oracles du monde
ancien, avec Delphes et Dodone en Grèce. Les prêtres de ces oracles
restaient en contact les uns avec les autres. Ce contact était
particulièrement précieux pour les prêtres de Siwa lors du règne
oppressif des Perses. Selon la vision polythéiste, il était naturel
de considérer Ammon d'Egypte, le grec Zeus ou le romain Jupiter
comme un même Dieu. Le Halas
ammoniakôn (ἁλας άμμονιακῶν chlorure d'ammonium),
qui bien plus tard jouera un rôle si important en reliant la
chimie minérale et la chimie organique, est découvert au temple
de Zeus Ammon en Lybie.
~ 330 av JC Théophraste (Erèse, 372 -
287) décrit plus de 550 plantes dans un traité qui sera recopié
par de nombreuses génération jusqu'à l'invention de l'imprimerie
en Europe. L'explorateur grec Pythéas de Phocée (Marseille)
atteint la Bretagne.
~ 325 av JC Alexandre le Grand, envoie
son amiral, Néarque, explorer l'Océan Indien,
le Golfe Persique et l'Euphrate. Les conquêtes d'Alexandre apportent
beaucoup au monde connu sous la domination grecque, incluant
l'introduction de la langue grecque, de la pensée et de la philosophie
dans des lieux où elles étaient encore inconnues.
~ 320 av JC Aristote affirme que le mâle
fournit la forme et la femelle la matière lors de la reproduction.
Son système de classification qui sépare les animaux des plantes
a profondément influencé le cours de la biologie. Il inclut ce
qui sera appelé plus tard en latin Scala naturae. Il
affirme que tous les organismes sont organisés selon une hiérarchie
allant du moins complexe au plus complexe, comme les barreaux
d'une échelle sans espace libre, sans possibilité de mouvement
ou de changement, chaque espace étant rempli. Cette idée fut
également empruntée par les premiers Chrétiens pour remplacer
le concept ancien hébraïque "Que la Terre produise".
Nos termes techniques actuels "genre" et "espèces" sont
des traductions latines des mots grecs utilisés pour la première
fois par Aristote. Aristote pense que les pangènes,
particules représentatives des divers organes, passent de ces
organes aux éléments reproducteurs (quels qu'ils soient) et transmettent
leurs caractéristiques propres au petit enfant préformé qui grandit
dans la mère. Cette croyance est défendue (en particulier par Charles
Bonnet) jusqu'après Darwin. Elle donne
souvent lieu à des explications folkloriques très intéressantes
sur les taches de naissance ou les défauts anatomiques, ridiculisées
à juste titre par Maupertuis. Aristote suppose
soit que l'embryon grandit à partir d'un enfant préformé soit
se développe à partir d'éléments indifférenciés (pas de parties
distinctes du corps) vers un embryon différencié. Cette supposition
mena à 2000 ans de débats et de controverses. Praxagore
de Cos découvre la différence entre artères et veines.
~ 300 av JC Dioclès de Caryste (? - 293)
écrit un livre qui fait avancer les connaissances en anatomie.
Il essaie de comprendre les liens de causalité entre symptôme
et maladie, tentative qui sera reprise par Praxagore
de Cos, qui établit l'importance du diagnostic du pouls. Epicure (341-270)
développe la théorie des Atomistes. Une partie de ses travaux
est résumée dans le Livre X de Diogène Laërce. Epicure ne
développe pas réellement le travail de Leucippe et
de Démocrite mais au contraire fait un retour
en arrière. Au lieu de proposer que le mouvement des atomes est symétrique
dans son principe (c'est à dire sans direction préférée),
il suggère qu'ils suivent une direction préférée du "haut" vers
le "bas", comme la pluie. Cela l'oblige à ajouter le
principe d'une sorte de choc (πνηγη) pour qu'ils s'entrechoquent
et communiquent entre eux.
~ 290 av JC Euclide d'Alexandrie (325
- 265) écrit son Optique, qui est le premier travail
grec sur la perspective. Euclide écrit aussi
les livres suivants qui ont survécu : "Données" (comportant
94 propositions), qui cherche quelles propriétés de figures on
peut déduire quand d'autres propriétés sont connues ; "Sur
la division" qui recherche les constructions pour diviser
une figure en deux parties faites de surfaces ayant un rapport
donné ; "Phénomènes" qui est une introduction élémentaire
sur l'astronomie mathématique et donne des réponses sur l'heure
à laquelle les étoiles dans certaines positions vont se lever
et se coucher. Les livres suivants d'Euclide ont
tous été perdus : "Surface Loci" (deux livres), "Porismes" (trois
livres comportant selon Pappus, 171 théorèmes et 38 lemmes) Coniques" (quatre
livres), "Le livre des paradoxes" et "Éléments
de Musique".
~ 265 av JC Premier contact des Romains
avec la médecine grecque par l'intermédiaire de prisonniers de
guerre.
263 av JC Des voyageurs en provenance
de Sicile apportent le cadran solaire à Rome, où il est exposé
au Forum.
~ 260 av JC Archimède de Syracuse (287
- 212) applique la méthode d'exhaustion (la quadrature en est
un exemple), qui est la première forme d'intégration, pour obtenir
une série complète de résultats mathématiques importants. Il
donne aussi une approximation exacte de π, montrant que la valeur
exacte se situe entre 310/71 et 31/7. Il obtient ce résultat
en circonscrivant et en inscrivant un cercle avec des polygones
réguliers à 96 côtés. Il montre qu'il peut évaluer précisément
les racines carréεs. Il invente un système pour représenter les
grands nombres. En mécanique, Archimède découvre
des théorèmes fondamentaux concernant le centre de gravité des
figures plates et des solides. Dans "Le traité des corps
flottants", Archimède pose les principes
de base de l'hydrostatique. On trouve dans ce traité son théorème
le plus connu donnant le poids d'un corps plongé dans un liquide,
appelé "Principe d'Archimède". Il étudie également
la stabilité de divers corps flottants de forme et de gravité
différentes
~ 240 av JC Eratosthène de Cyrène (de
descendance grecque ou chaldéenne) (~276-194) suggère que la
Terre tourne autour du soleil et esquisse l'itinéraire du Nil.
Il note qu'à l'équinoxe du printemps et de l'automne, le soleil
au zénith est exactement au-dessus des habitants du Haut Nil
(Sud), mais pas à Alexandrie, au nord de l'Egypte. Là, le soleil
est à un angle de 7% avec la verticale. Comme cela représente
1/50 de 360°, il calcule que la distance entre Alexandrie et
le Haut Nil, qui était connue, représente également 1/50 de la
circonférence de la Terre. Ses calculs se révèlent très proches
des calculs actuels : le diamètre ainsi calculé diffère de 100
km de la valeur actuellement acceptée du diamètre de la Terre.
Ainsi, non seulement la Terre est ronde, mais on peut mesurer
sa circonférence. Cela ne fut pas accepté pendant des siècles.
Pendant plusieurs dizaines d'années, Erathosthène sera
directeur de la grande bibliothèque d'Alexandrie.
~ 220 av JC Appolonius de Pergame (Pergame,
265 - Alexandrie 170), postule que les planètes tournent autour
du soleil et le soleil tourne autour de la Terre. On pense qu'Appolonius est
l'inventeur du système des cercles excentriques et des épicycles,
très utilisés par Hipparque de Nicée. Il rédige
aussi un traité monumental sur les sections coniques "Des
coniques". Dans ce traité, le terme d'ellipse est utilisé
pour la première fois.
~ 220 av JC Sous la dynastie Han, les mathématiques,
venant peut-être d'Inde, se développent rapidement en Chine.
Cette science sera vite oubliée et sera remplacée
par l'étude du comportement individuel du citoyen dans l'Empire
plutôt que la culture et la connaissance (développement de la
doctrine confucianiste à la place de la Science et de la Philosophie).
~ 200 av JC Marcus Porcius Caton (234 - 149) publie
un traité sur les techniques agriculturales "De l'Agriculture".
L'utilisation des roues dentées mène à l'invention de la roue
à eau tirée par des bœufs pour l'irrigation.
~ 170 av JC Le premier occidental à avoir
expliquer l'emploi thérapeutique des sangsues est Nicandre
de Colophon (Clarus, près de Colophon 200 - 130) dans
son poème médical, Alexifarmaka. Nicandre étudie
les poisons en général, analyse 19 poisons particuliers (8 de
type animal et 11 végétal) et énumére les remèdes appropriés.
Il écrira par la suite de nombreux livres, en particulier sur
la médecine et les animaux.
159 av JC La première horloge à eau (clepsydre)
est exposée à Rome.
~ 140 av JC Hipparque de Nicée (190 - 125) fait
des découvertes importantes en astronomie et invente la trigonométrie.
Il crée le premier catalogue d'étoiles, indiquant leur brillance
et leur position. Il découvre aussi la précession des équinoxes
en comparant les observations des étoiles faites à des années
différentes et note que les étoiles se déplacent vers l'Est.
Il explique ces faits par un lent décalage de l'équinoxe. Cratès
de Mallos construit son grand globe terrestre.
124 av JC Le recrutement de personnel
administratif en Chine est mené dans un esprit de compétition
national. Les candidats sont supposés avoir une connaissance
exhaustive des textes fondamentaux (textes ayant trait au comportement
et aux règles sociales, incluant une formalisation de l'Art,
mais sans Science quelle qu'elle soit). Cet intéressant système "démocratique" durera
deux millénaires et maintiendra un modèle rigide du comportement
pendant toute cette période, empêchant l'accès à la Science,
à cause du contenu des épreuves.
~ 100 av JC Les Romains pensent que les
juments peuvent être fécondées par le vent.
~ 70 av JC Lucrèce (99
- 55) développe la théorie des atomes dans son De Rerum Natura et
l'utilise pour expliquer la réalité. Il reprend, sous le nom
de clinamen l'erreur d'Épicure, qui
pensait nécessaire l'action d'un accident moteur pour rendre
compte de l'interaction des atomes.
63 av JC A la suite des batailles et des
conquêtes de Pompée, la loi romaine s'impose presque partout
dans le monde occidental.
1er janvier 45 av JC Sur les conseils
d'un astronome d'Alexandrie, Jules César décide de corriger le
problème du nombre non entier de jours dans l'année en ajoutant
au calendrier un jour tous les quatre ans. Il a toujours été
difficile pour les hommes de concevoir un calendrier correct
précis parce que l'année solaire ne comporte pas exactement 365
jours et le mois lunaire ne fait pas exactement 29 jours. Cela
permettra de reconstituer les 365,25 jours d'une année normale.
~An 0 L'ére
chrétienne commence avec l'expansion d'une secte dérivée d'une
secte israélite prosélyte (les Esséniens) fondée sur les paroles
du prophète Isaïe, parmi des hommes libres mais aussi des esclaves.
Cette religion aura un impact décisif dans le développement de
la Science par son rôle de transmission et d'interprétation des
connaissances grecquesà sa façon. La plus importante
contribution de cette religion à la science étant peut-être l'importance
donnée à l'universalité de la connaissance et le besoin de l'étendre
au monde entier (toujours vrai de nos jours).
~30 ap JC Lucius Annaeus Sénèque (Cordoue
4 av JC - Rome 65 après JC), précepteur du dictateur fou Néron,
développe la philosophie du stoïcisme. Néron l'oblige à se suicider.
~50 ap JC L'utilisation médicinale des sangsues
pour réaliser des saignées comme remède est décrite au premier
siècle après JC dans des écrits chinois, ainsi que parallèlement
dans des récits sanscrits, perses et arabes.
~60 ap JC Le mathématicien Héron
d'Alexandrie (~10 après JC à Alexandrie, ~75 après
JC) fonde la première "faculté de technologie" à Alexandrie.
On pense d'après ses écrits qu'il enseigna au Museum d'Alexandrie.
~100 ap JC Epictète (60 - 140), esclave
de la cour de Néron, écrit un "Manuel" de philosophie
stoïcienne Eπιχτετου
ἐνχειριδιον réputé.
105 ap JC Invention du papier tel qu'on
le connait aujourd'hui par Cai Lun 蔡倫 (66-125).
Cela aidera à la transmission et à la diffusion des connaissances
(surtout en poésie et traités sur les comportements éthiques, très
rarement sur les matières scientifiques) dans toute la Chine.
~130 ap JC Zhang Heng 張衡 (78-139) construit
en Chine le premier sismographe connu. Claude Ptolémée (~110-~160)
astronome et mathématicien, dessine 26 cartes de divers pays. Il
travaille probablement à Alexandrie entre 127 et 148 car certaines
de ses observations astronomiques concordent avec ces dates. Son
œuvre "Géographie" fournit au moins un indice, mentionnant
la cité égyptienne d'Antinoupolis fondée en 130. L'écrit le plus
connu de Ptolémée est l'Almageste, ensemble de 13 livres
d'astronomie dans lequel on trouve entre autres, les bases de la
trigonométrie moderne, le Tetrabiblos, qui est un recueil d'astrologie
et "Géographie". Il écrit de nombreux autres ouvrages
centrés sur les mathématiques appliquées : astronomie, optiques,
musique etc.
~160 Galien (129 - 189), médecin personnel
de Marc Aurèle, développe plus avant le concept humoral de la maladie,
fondé sur les anciennes théories d'Hippocrate.
Cela le pousse à recommander la pratique de la saignée. Selon cette
doctrine, on conçoit l'existence du corps humain comme un équilibre
des quatre humeurs hippocratique : le sang, le flegme, la bile
noire et la bile jaune. Une perturbation dans l'équilibre de ces
humeurs mène à la maladie, une bonne santé peut être rétablie en
corrigeant ce déséquilibre, généralement en prélevant le sang du
patient. Comme philosophe, médecin et anatomiste, il restera célèbre
pour ses descriptions de l'anatomie humaine qui feront autorité
pendant les 1000 ans suivants.
~180 Galien réunit toutes les connaissances
médicales de son temps dans un traité. Il extrait des jus de plantes
à des fins médicales. Galien et d'autres par la
suite développeront un système élaboré incluant les quatre organes,
ensemble cohérent d'où proviennent les quatre humeurs, les quatre
saisons, les quatre étapes dans la vie de l'Homme, et divers autres
ensembles regroupant quatre caractères. Lorsque quelqu'un est malade,
il ou elle a trop d'une humeur particulière ("il est de mauvaise
humeur aujourd'hui") et a besoin d'un traitement à base d'herbes
possédant des propriétés inverses. Cela correspond à la théorie
chinoise sur la santé fondsée sur le Yin 陰 et le Yang 陽, et sera
la base de la médecine occidentale jusqu'au Moyen-Age et au-delà.
Notre culture a gardé jusqu'à ce jour des traces profondes de ce
système, même si l'on sait qu'il n'est pas exact : par exemple,
faire référence à l'hiver de la vie lorsque l'on parle des personnes
âgées est toujours une analogie courante en poésie. D'une manière
semblable, la culture (très illogique en termes de physique classique,
mais tout à fait compatible avec nos
nouvelles vues sur l'information) des cinq éléments (feu, bois,
eau, métal, terre) fonde encore pour beaucoup la médecine traditionnelle
chinoise.
~250 Huang-Fu Mi 皇甫谧 (215 - 282) dans son
traité Kia-yi-king, le livre de la méthode d'acupuncture
classique, décrit les organes internes, les lignes "d'énergie" (les
12 canaux qui circulent à la limite de la chair) et les points
d'acupuncture. Ce traité est toujours utilisé de nos jours par
les gens intéressés par cette pratique.
~250 Diophante d'Alexandrie (200 - 284)
écrit le premier livre sur ce que nous désignons aujourd'hui comme "algèbre".
271 La première forme de boussole est utilisée
en Chine pour permettre de s'orienter.
~280 Wang Shu-Ho (265 - 317), dans son traité Moe-King,
livre sur le pouls, décrit en détails les relations entre les types
de pouls (fréquence, force, variations) et les causes de maladies.
~300 Porphyre (233 - 304) écrit son Isagoge dans
lequel il structure chacune des dix catégories. Cet "arbre
de Porphyre" précède la classification des organismes biologiques
faite bien plus tard.
~310 Ge Hong (Ko Hong)葛洪 (281 - 340), spécialiste
en alchimie chinoise, décrit la lèpre, la variole et la rougeole
en Chine dans son livre Baopuzi (抱朴子) (chapitres Nei-wai-pian).
~320 Papus d'Alexandrie (~290-~350) réunit
un ensemble éclectique d'ouvrages anciens d'Euclide, Archimède et Appolonius.
Il ajoute à ce recueil un nombre considérable d'explications et
de développements. Certains des thèmes traités par Pappus concernent
les coniques, la géométrie plane, la mécanique, et tout particulièrement
intéressant pour les étudiants en mathématiques, les lignes droites
tangentes à certaines courbes. Dans le livre sur la mécanique,
il décrit cinq techniques utilisées : la roue dentée, le levier,
la poulie, la vis et la cale.
~410 Début de ce qui deviendra plus tard
l'alchimie avec la recherche de la Pierre Philosophale et de l'Elixir
de Vie comme objectifs majeurs.
425 Fondation de l'université de Constantinople.
~470 Zu Chongzhi 祖沖之 (429 - 500), astronome
issu en droite ligne des mathématiciens chinois sans beaucoup de reconnaissance
dans leur pays, calcule la valeur de π à plusieurs
décimales : π = 3.141592203.
499 Le mathématicien indien Aryabhata (Kusumapura
(maintenant Patna), 476 - 550) crée un code pour décrire en lettres
une table des sinus dans son Arya-bhatiya. Les 25 premières
consonnes du sanscrit sont utilisées pour représenter les 25 premiers
entiers, de la même façon les 8 suivants représentent les nombres
de 30 à 100 de 10 en 10. Les neuf voyelles sont utilisés pour représenter
les puissances de 100 (ceci jusqu'à 1008). Cela lui permet de représenter
de très grands nombres par des petits mots. L'utilisation de demi-cordes
pour le calcul des sinus (à la place de la corde entière comme
les Grecs le faisaient), lui permet de donner des valeurs exactes
à la troisième voire quatrième décimales. L'innovation la plus
importante de ce système est que, pour la première fois, (les codes
avec lettres avaient déjà été utilisés par les Grecs), le rôle
du rang dans la création des multiples de 10 est reconnu. Ce qui
donne implicitement un rôle au zéro.
~550 Jean Philoponos o Grammatikos (Alexandrie
? - ?) écrit un long et détaillé "Commentaire sur
la philosophie d'Aristote" , contribuant ainsi à perpétuer
les connaissances de cet important philosophe (incluant Περι
μετεωρων et un ouvrage sur les animaux).
~600 A Baghdad, le nom apparu avec la numération
de position dans la technique de l'addition, venant d'Inde, prend
le nom Arabe "sifr" qui signifie "espace vide" (comme
on considère aujourd'hui l'ensemble "vide") . En latin
médiéval, il devient "ciphra". Le nom français dérivé
du latin sera "chiffre" et en anglais du Moyen-Age sera "siphre" puis
deviendra "cypher". Les penseurs arabes commencent à
transmettre la pensée grecque, l'expliquant, en particulier les
écrits d'Aristote.
~630 Sun Simiao (Souen Sseu-Mo 孫思邈), (581
- 682) dans sont traité (Qian Jin Fang Ts'ien-king
fang 千金方) analyse le comportement du corps en terme
d'équilibre selon les cinq éléments, et explique comment cela influe
sur les maladies.
632 La mort de Mahomet marque la création de la civilisation
islamique, qui, commençant par la connaissance arabe, va faire
un lien entre la science indienne et la science grecque, à
partir de la tradition grecque déjà reprise par les penseurs
arabes (souvent Chrétiens). Pendant longtemps, la philosophie
islamique séparera la science de la théologie, et permettra
ainsi l'émergence de la science moderne. De manière curieuse
(et plutôt regrettable), cette vision intelligente de la religion
décline au fur et à mesure l'expansion de la civilisation arabe
vers l'Ouest, régressant malheureusement vers une période sombre
et archaïque toujours en vigueur actuellement dans de nombreuses
régions du monde islamique. La science arabe prendra le relais
de la science grecque durant quelques siècles, pendant une
période où elle sera pratiquement oubliée en Europe jusqu'à
ce que les universités soient finalement (et heureusement)
créées.
~700 Mansour (Jean Damascène) (Damas,
674 - 749) établit une relation entre la naissance de l'Islam
et la Chrétienté.
~780 Abu Musa Jabir Ibn Haiyan (Geber, Jabir) (?-
Koufa, 803), connu sous le nom de l'alchimiste Geber au Moyen-Age,
est généralement reconnu comme père de la chimie. Il est reconnu
comme l'un des principaux savants pratiquant la médecine et
la chimie à Koufa (en Irak actuellement). A ses débuts, Geber se
trouve sous le parrainage du vizir Barmaki sous le califat
de Harun al-Rashid des Abbasides. Il est reconnu pour avoir
écrit plus de 100 traités monumentaux, dont 22 sur l'alchimie.
Il introduit la recherche expérimentale dans l'alchimie (dérivé
du mot arable "al-Kimiya"), donnant un élan vers
la chimie moderne. Geber insiste sur l'expérimentation
et le développement de méthodes pour pour permettre la reproductibilité
dans son travail. Sa contribution à l'importance fondamentale
donnée à la chimie inclut la perfection des techniques de la
cristallisation, de la distillation, de la calcination, de
la sublimation et de l'évaporation et le développement de divers
instruments pour conduire ses expériences. La réussite pratique
majeure de Geber est la découverte des minéraux
et des acides, qu'il prépara pour la première fois dans son
alambique (al-Anbique). Son invention de l'alambique rend le
processus de distillation plus facile et méthodique. Parmi
ses diverses découvertes, on peut citer la préparation des
acides nitrique, hydrochlorique, citrique et tartrique.
~815 Yuhanna Ibn Masawaih (Jean Mésué) (776
- 855) traduit en arabe un texte grec ancien sur la médecine
et donne sa propre vision de l'utilisation des plantes en tant
que médicaments pour guérir certaines maladies.
~820 Al-Jahiz (Uhtman Amr bin Bahr al-Fukaymi
al-Basri) (Bassorah, 779 - 869), fondateur d'une secte
nommée après lui, al-Jahiziyya, écrit un ouvrage de zoologie, "Le
Livre des Animaux" (Kitab al-Hayawan) inspiré
par les réflexions de ces prédécesseurs grecs. Il est un lien
entre les premiers observateurs d'Aristote et
les penseurs islamiques éclairés.
~825 Al Khuwarizmi (Perse ? - ?) écrit
sur l'arithmétique. Il reprend les démonstrations des Grecs
qui sont tombées dans un oubli presque total, en particulier
les raisonnements des disciples d'Eratosthène.
Son nom est à l'origine du mot "algorithme", c'est-à-dire
une série de procédures testées, arrangées dans un ordre séquentiel,
mais capables de s'auto référencer.
~850 Hunayn Ibn Ishaq (Johannitius) (808-873),
élève chrétien nestorien de Mésué, traduit
dix ouvrages écrits en grec ou en syriaque en arable, en particulier
le travail de Galien et d'Hippocrate et
aussi les écrits de Dioscoride.
~850 Des prêtres taoïstes, cherchant
à inventer un élixir d'immortalité, mélange du salpêtre, du
soufre et du charbon : cela donne un poudre noire, utilisée
plus tard dans les fusils et les feux d'artifice.
860 - 866 Jean Scott Erigène (? Irlande ~800
- ~877), dans son De Divisione Naturae, réexamine
les catégories d'Aristote, et expose le problème
de la création dans la Nature. Sa réflexion sur la nature de
la création reste importante pendant tout le Moyen-Age. Elle
sera par la suite perdue de vue au profit de la réflexion
mécaniste qui culminera à la fin du 18ème siècle et qui est
toujours dominante aujourd'hui.
~900 Abu-Kakr Muhammed ibn-Zakariya’al-Razi,
Rhazes (Rayy, Persia, 860/864 - 923/932) établit un
diagnostic fiable de la variole et la distingue de la rougeole.
Dans deux livres Kitah al-Mansuri et Kitah al-hawi,
il continue la tradition d'Hippocrate et Galien.
~920 Al-Farabi (878 - 950), auteur d'une
introduction à la philosophie de Platon et
d'Aristote est précurseur d'une riche tradition
dans la philosophie islamiste, basée sur les commentaires des
Grecs (plus particulièrement Aristote) et
sur les textes du Coran.
976 Comme le montrent des traces en
Espagne, le système de représentation des nombres indo-arabe
fait sont chemin en Europe de façons diverses.
~980 Alfred le Grand (roi Saxon) utilise
des bougies allumées pour mesurer le temps.
~1000 Sous la dynastie Sung, les bougies
et l'encens allumés marquent le temps en Chine.
~1025 Ibn Sina (Avicenne) (Boukhara
980 - 1037) rédige son Canon de Médecine (commentaire
sur Aristote, avec des influences néo-platonistes). La nature
est perçue comme un "but". Il propose la même anatomie
humaine que celle de Galien.
~1050 Michel Psellos (Bysance, 1018
- 1096) rédige de nombreux traités de sciences Sapientissimi
Pselli opus dilucidum in quattuor mathematicas disciplinas,
arithmeticam, musicam, geometricam, et astronomiam. Numerirum
ricontractior explicatio, dans lesquels il commence par
l'étude de Platon, puis d'Aristote et
du rôle de la raison et de la science dans l'explication des
faits naturels.
1086 Invention des pictogrammes
mobiles pour l'imprimerie en Chine. Cela correspond aux techniques
modernes de l'imprimerie.
1088 Création de l'Université de Bologne
1145 Sous la dynastie Song, la première
autopsie est pratiquée en Chine sur le corps d'un prisonnier
chinois.
~1150 Matthaeus Platearius ( ? - 1161),
de la célèbre école de Salerne, expose dans son Circa instans
negotium in simplicibus medicinis, la façon d'utiliser
les plantes et leurs préparations pour guérir certaines maladies.
Il explique la façon dont les momies sont traitées pour être
préservées ou utilisant des morceaux de momies comme médicament.
Il décrit des collections de plantes qui constitueront un herbier.
1150 Hildegarde von Bingen am
Rhein (Bermersheim, 1098 - 1179) écrit des traités
médicaux et scientifiques, Physica, Causae et
Curae, résumés dans son Liber subtilitatum diversarum
naturarum.
1155 Création de l'Université de Paris.
1167 Henri II interdit à des étudiants
anglais de suivre des cours à l'Université de Paris. Cela aura
pour conséquence le développement de l'enseignement à ce qui
deviendra l'Université d'Oxford.
~1175 Ibn Rushd (Averroès) (Cordoue
1126 - 1198) publie son remarquable traité, Tahafut al
Tahafut, réfutant l'interprétation littérale des textes
sacrés par Abu Hamid al Ghazali (1058 - 1111),
et affirme que la science est distincte de la théologie, et
n'est pas en contradiction avec elle. La contribution d'Averroès dans
le développement de la science est majeure, en particulier
grâce à son Commentaire sur Aristote.
~1180 Moseh Ben Maimon (Mosé Maimonide) (Cordoue,
1135 - Foustat, 1204) soutient un retour vers la pensée d'Aristote : "On
peut se dispenser de lire Platon, parce que les textes d'Aristote
suffisent (...). Les travaux d'Aristote sont les racines et
la base de tout travail scientifique. Cependant, ils ne peuvent
être compris sans l'aide des Commentaires, ceux d'Alexandre
d'Aphrodisias, de Themistios et d'Averroès".
~1200 Abdallatif (Abd-Ul-Latif) (Bagdad,
1162 - 1231) rédige de nombreux ouvrages de médecine et de
zoologie : il décrit l'hippopotame et le crocodile et fait
des expériences, comme faire éclore des oeufs de poule par
incubation sous chaleur artificielle.
1202 Fibonacci (Léonard de Pise) (1170 - 1250),
dans son Liber Abaci instaure l'utilisation du calcul
décimal en Europe.
1220 Création de l'Université de Montpellier
qui, contrairement aux autres universités déjà créées, n'est
pas religieuse mais laïque. Ce qui est totalement novateur
et on y enseigne simultanément et de manière égale la médecine
gréco-latine et arabe ainsi que la chirurgie.
~1240 Thomas Cantipratensis (Thomas de Cantimpré) (1121
- 1263/72), dans son Liber de naturis rerum, suit
les idées d'Aristote dans de nombreuses descriptions du vivant. Vincentius
Bellovacensis (Vincent de Beauvais) (1190 - 1264)
écrit un Speculum naturae dans lequel il complète
les discussions d'autres auteurs en termes aristotéliciens.
~1240 Albert von Bollstädt (Albert le Grand) (Lauingen
an der Donau, 1200 - Cologne 1280), considéré comme le "Docteur
Universel" du Moyen-Age, commence à Paris la tâche de
réunir l'ensemble des connaissance, sciences naturelles, logique,
rhéorique, mathématique (en particulier le travail sur les
éléments d'Euclide), l'astronomie, l'éthique,
l'économie, la politique et la métaphysique. Il rédige des
commentaires sur l'ensemble des travaux d'Aristote,
y ajoutant ses propres observations et expériences. Par "expérience", Albert
le Grand entend "observer, décrire et classer".
Son travail mélange l'œuvre d'Aristote avec
le néo-platonisme, la théologie chrétienne et la philosophie
islamiste et judaïque. En biologie, sa contribution sera considérable,
donnant des informations sur des remèdes basés sur les minéraux,
et son Regimen sanitatis comprend des chapitres sur
le pain, le vin, les oeufs, le poisson, les légumes etc en
association avec ce qu'il pense être leur rôle sur la santé.
1247 Li Ye (1192 - 1279) écrit un traité
sur les mesures des cercles.
~1250 Sakarja ben Muhammed (el Kasvini) (?
- ?) publie "Les Merveilles de la Nature" dans le
style d'Aristote.
1253 Willem van Ruysbroek (1225
- 1295), des Flandres Françaises, rejoint Karakorum en Mongolie
et reste quelques temps pour y débattre de principes religieux.
De retour en Europe, il rapporte quelques connaissances sur
le Bouddhisme Tibétain ainsi que le secret de la poudre à canon.
Fondation de la Faculté de Médecine de Paris. Les chirurgiens,
séparés des médecins dans le serment d'Hippocrate,
se trouvent relégués comme "barbier".
1267 Roger
Bacon (Ilchester ~1214 - Oxford ~1294),
franciscain à Oxford et à Paris, rédige ses Opus majus et Opus
minus, suivis l'année d'après par Opus tertium, comportant
des réflexions sur les mathématiques, l'astronomie, l'optique et les
sciences expérimentales. Il y décrit des lunettes, des machines volantes,
des bateaux à moteur et le procédé de fabrication de la poudre à canon.
Ses écrits sont un passionnant plaidoyer contre l'ignorance. Il mêle
ses attaques contre l'ignorance de son temps avec des suggestions pour
augmenter la connaissance. Mais l'esprit novateur de ses idées mènera
à son emprisonnement en 1277.
~1270 Arnaud de Villeneuve (~1235 - 1311) dans son Rosarium
philosophorum examine les Catégories d'Aristote : "Rien
ne donne ni le blanc ni le rouge, sinon par sa blancheur et par sa rougeur".
Il écrit également divers traités d'alchimie, qui jouait un rôle important
à cette époque (ils sont toujours célèbres pour ceux qui aiment la pseudo-science
et l'ésotérisme) : De secretis naturae et De Alchimia
Opuscula et propose des façons de se nourrir pour préserver sa santé
dans Regimen sanitatis. L'ensemble de son oeuvre sera détruite
par l'Inquisition.
1273 Thomas d'Aquin (Rocca Secca,
1225 /1227- Fossa Nuova, 1274), docteur en théologie de l'Université de
Paris, rédige sa dernière contribution à son fameux Summa theologica.
Ce Summa theologica a été rédigé seulement jusqu'à la 90ème question
de la troisième partie (De partibus poenitentiae). Parmi les choses
importantes dont il parle dans le Summa theologica se trouve le
concept de la création, qui ne correspond pas à l'interprétation de la
Genèse dans la Bible, mais qui est très moderne dans la façon de
considérer le rôle de la formation des relations entre les objets. L'Ecole
Scholastique, illustrée par Thomas d'Aquin, a été raillée
après la Renaissance, mais elle est pourtant beaucoup plus riche que le
Mécanisme qui s'est développé durant ce siècle, qui a pris le nom de "Lumières".
De plus, l'importance qu'il a donnée à Aristote plutôt qu'à Platon l'idéaliste
a eu beaucoup d'impact sur le développementde la science. Thomas
d'Aquin soutient que l'intelligence ne perçoit pas directement
la singularité des choses matérielles mais seulement leur nature universelle
extraite de la perception des sens.
~1280 Philippe 1er de Courtenay (Constantinople
1243 - 1285), empereur de Constantinople, fait une relation entre
la scholastique et les interprétations orientales d'Aristote.
1295 Marco Polo (Korcula 1254 - Venise 1323) revient
de son voyage en Orient. En 1298, prisonnier à Gênes, il commence à rédiger
ses mémoires dans lesquels il décrit la nature évoluée de la civilisation
chinoise.
~1300 Johannes Duns Scottus (Duns, ~1265 -1308)
commente les Sentences, texte théologique de base du théologien
italien Pierre Lombard. Ses deux écrits les plus importants
sont ses Commentaires sur les Sentences et ses traités Quodlibet, Questions
de Métaphysique et Sur le Premier Principe. Scot mêle
la théorie aristotélicienne de la connaissance dirigée vers la nature des
objets physiques comme réalisable par la puissance abstractive de l'intellect
avec la vision franciscaine de l'âme comme substance de plein droit avec
des puissances de réflexion non confinée à la réalité sensible (???). Ce
subtil mélange de tendances divergentes et son habile méthode d'analyse
lui vaut le titre de "Docteur Subtil". Comme Thomas d'Aquin,
Scot est un réaliste en phislosophie, mais diffère de d'Aquin sur certains
problèmes de base. Un point de divergence important concerne leurs visions
de la perception. Scot soutient que la compréhension directe
et intuitive de certaines choses vient et de l'intellect et des sens. Il
soutient également que les Universaux n'existent pas en tant quel tels
indépendamment de l'esprit humain, mais que chaque chose séparée ou "singulière" possède
une nature bien distincte qu'elle partage avec d'autres choses de la même
espèce. Ce fait, enseigne-t-il, fournit la base objective de notre connaissance
des vérités essentielles.
1303 Zhu Shijie 朱世傑 (1250 ? - 1303 ?) publie un
livre d'algèbre, Suan xue qi meng, (Introduction aux études mathématiques), comportant
une représentation des multiples d'une somme (connue plus tard sous le
nom de Triangle de Pascal).
1306 - 1312 Henri de Mondeville (1260 - 1320) écrit son Chirurgie en
latin qui sera traduit en français en 1314.
~1310 Bartholomeus Minus de Senis (? - ?) est supposé
avoir fait un résumé des connaissances sur les différents remèdes dans
un Tractatus de herbis inspiré de travaux précédents eux-mêmes
inspirés des traités de Galien, traduit du Grecs en Latin
à l'époque, ainsi que des livres inspirés de la médecine arabe.
~1324 Guillaume d'Ockham (Ockham, ~1285/1290 - München,
1347), qui étudia la théologie à Oxford, est condamné comme hérétique pour
ses Commentaires des Sentences de Pierre Lombard après
avoir été dénoncé par le chancelier de l'université, John Lutterel. Ockham
est réputé pour sa façon d'organiser l'exploration des connaissances.
1347 Venant de Mongolie, la Mort Noire (la Peste
Noire) commence à envahir l'Europe.
1363 Guy de Chauliac (1290 - 1368) publie un traité
de chirurgie, La Grande Cyrurgie.
1370 Le roi Charles V de France
édicte que toutes les cloches des églises de Paris doivent sonner à la
même heure que le Palais Royal, aidant à mettre fin à la sonnerie des cloches
aux heures canoniques (heures de prière) décrétée par l'église et commençant
à instituer une échelle de temps universel.
?1373 Abu Abdallah Yaish ibn Ibrahim Al-Umawi (?~1400
-? 1489) rédige Marasim al-intisab fi`ilm al-hisab (Des procédures
et règles mathématiques), et Raf`al-ishkal fi ma`rifat al-ashkal, œuvre
sur la mesure. Le premier de ces deux ouvrages comporte la date de "1373" qui
est en contradiction avec les dates de la vie de ce mathématicien.
1386 Fondation de l'Université de Heidelberg.
1400 Des horloges mécaniques sont fabriquées en
Europe, utilisant un ressort et une roue
1405 Mohammed el Damiri (? - ?)
publie un livre sur La Vie des Animaux (‘Libro de los Animales’).