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Praxis translationis (1)

EntretiensMarie Chuvin • Publié le 5 octobre 2020 • Dossier : Traduction

Entretien avec Isabelle Arcis, cheffe du service des documents de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

Dans le cadre de notre dossier consacré à la traduction, nous avons voulu montrer également ce que signifiait concrètement « traduire ». Dans des entretiens avec des professionnels de la traduction à l’échelle internationale, les enjeux liés à la praxis translationis ressortent avec force. Isabelle Arcis, cheffe du service des documents de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), a gracieusement accepté de répondre à nos questions.

Voir-ci dessous l’itinéraire professionnel d’Isabelle Arcis et une présentation succincte de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

Entretien

l’Esprit européenQuel est le rôle et le mode de fonctionnement du service de traduction de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ?

Isabelle Arcis – L’Assemblée parlementaire (AP) de l’OTAN a un fonctionnement proche de celui d’un parlement national, elle comporte des commissions qui rédigent des rapports, des communiqués de presse et des études. Il est important de rappeler qu’elle est complètement séparée de l’OTAN institutionnellement, même si elle est naturellement très liée à elle, aussi par nature sur le plan linguistique : nous partageons les mêmes éléments de langage, par exemple. J’ai même appris que nos rapports étaient très appréciés et parfois utilisés comme exercice pour les candidats traducteurs et interprètes à l’OTAN. Les langues officielles chez nous, comme à l’OTAN, sont le français et l’anglais : l’ensemble des textes est publié dans ces deux langues et nous revient la mission de traduire les textes d’une langue à l’autre. En tant que cheffe du service des documents, ma mission est de veiller à ce que sortent des documents les plus propres et soignés possible.

Du point de vue pratique, nous sommes un tout petit service de trois personnes, intégré au secrétariat international. Les traductions et premières relectures sont donc externalisées, ce qui implique une grande réactivité et une certaine souplesse de la part des traducteurs et de relecteurs : nous pouvons ainsi les solliciter plusieurs fois en quelques semaines puis ne plus rien avoir pour eux pendant des mois. À mon équipe incombe ensuite un gros travail de finalisation et d’édition du document. Il ne se borne pas seulement à la vérification de la qualité de la traduction, mais revêt également une dimension intellectuelle et politique, de veille à la cohérence du propos, d’adéquation des formules aux éléments de langage en usage. Ce travail est parfois susceptible de mettre en valeur des incohérences ou des erreurs dans la version originale. L’une de mes deux collègues est traductrice de formation, tandis que je viens des sciences politiques : à nous deux, nous formons un bon équilibre qui combine l’esprit et la lettre. En tant que cheffe de service, c’est à moi que revient la responsabilité finale de donner le feu vert pour la publication des documents.

EEL’OTAN et l’AP-OTAN n’admettent que deux langues officielles qui sont aussi les langues de travail reconnues : le français et l’anglais. Comment les parlementaires de pays non-francophones ou anglophones ont-ils accès à des documents dans leur langue ? Vous aident-ils à traduire ?

IA – Les rapporteurs rédigent leurs rapports exclusivement en français ou en anglais – le plus souvent en anglais –, avant de nous les envoyer pour traduction. L’organisation ne prend en charge que la traduction vers les langues officielles. S’ils souhaitent également traduire les rapports dans leur langue, les parlementaires peuvent faire appel aux services spécialisés des parlements nationaux pour les diffuser dans leur propre langue. Cependant, les seules versions qui font foi et ont une valeur légale sont celles qui émanent de notre service. Les autres sont pour information. C’est d’ailleurs le même principe en ce qui concerne les langues de travail : les parlementaires peuvent choisir de mener les discussions dans leur langue, mais le soin de l’interprétariat leur est alors laissé.

Pour ce qui est de la traduction proprement dite, à partir du moment où le rapport entre dans notre service, les parlementaires n’ont pas vraiment de droit de regard sur une traduction que notre service effectue et qui suit le circuit habituel : traduction et relecture externes puis vérification et finalisation en interne. En revanche, il est arrivé que certains éléments de nos traductions soient plus clairs que dans la version originale, auquel cas le rapport peut être remanié de façon à éclaircir le sens en utilisant la traduction comme appui. Ces cas sont rares mais toujours immensément satisfaisants pour nous ! Cette année cependant je ne pense pas que ce sera le cas à cause de la Covid. Nous avons eu un afflux exceptionnel de documents dans des conditions de travail compliquées.

EEJustement, à propos de la Covid, quel a été son impact sur votre mode de fonctionnement ?

IA – Elle a bouleversé tout notre mode opératoire ! Nous sommes passés d’un système extrêmement rigide qui effectuait tout en présentiel à un processus entièrement dématérialisé et à distance. Tout de suite, nous avons été mis en télétravail, ce qui a nécessité une adaptation rapide et des transformations très profondes. D’autant que dans le même temps, des publications extraordinaires en lien avec la pandémie, pour chaque commission, ont été ajoutées, en sus de modifications sur d’autres textes : nous avons donc eu une charge de travail supplémentaire, à réaliser dans des conditions difficiles. Pour nous, cela a représenté un défi, mais je pense que les changements développés à cette occasion vont être pérennisés et nous permettront d’aller vers plus d’efficacité – même s’ils ont été expérimentés en un temps record ! Bien entendu, les conditions de travail étaient dégradées à la maison, ne serait-ce qu’en termes d’équipement, de confort de lecture et de révision du texte. De la même manière, habituellement les relecteurs viennent corriger les textes dans nos murs par binôme : tandis que l’un lit à haute voix la langue originale, l’autre vérifie que tout est traduit correctement et sans omission. C’est une vérification précieuse. Avec ma collègue, nous nous sommes donc redistribué le travail normalement effectué par des personnes extérieures. Forcément, nous avons dû laisser passer des erreurs, malgré notre attention – c’est assez frustrant de le savoir. Mais dans l’ensemble, je crois que nous en avons retiré quelque chose de très positif !

EEAvez-vous vu le métier de traducteur (que d’aucuns disent voué à disparaître) évoluer au fil des années, notamment avec le progrès fulgurant des traducteurs automatiques ?

IA – Énormément. J’ai commencé sous les ordres de quelqu’un qui avait tapé des rapports entiers à la machine à écrire et qui les envoyait par courrier : c’est aujourd’hui inimaginable. Les outils informatiques sont indispensables, que ce soit en termes de limitation des coquilles ou de réduction des délais – à condition de bien s’en servir. Parmi les solutions, DeepL est particulièrement efficace parce que dans sa mémoire de traduction sont intégrés beaucoup des acronymes et lexèmes figés des organisations internationales. Mais ces outils ne remplacent pas le traducteur : il faut toujours relire et réécrire une traduction informatique pour corriger les erreurs d’interprétation, parfois énormes, pour fluidifier et améliorer la langue et éviter l’uniformisation inhérente aux logiciels de traduction. Le traducteur automatique donne une excellente base de départ qui permet de sauter la première étape, mais il faut être d’autant plus vigilant ensuite.

Ces évolutions bousculent le métier des traducteurs et les compétences qu’ils doivent maîtriser. Quand j’ai commencé, je pensais que ma formation de politiste serait un handicap ; je me suis bien vite aperçue qu’au contraire elle me permettait d’avoir un regard aigu sur les traductions, regard de plus en plus nécessaire au fur et à mesure que la traduction littérale était prise en charge par la technique. Aujourd’hui, les très bons traducteurs sont spécialisés et manient des concepts géopolitiques et institutionnels, car il faut être capable de comprendre un texte en profondeur pour le traduire exactement. Les profils de recrutement, de fait, changent : la maîtrise de la langue n’est plus la seule qualité exigée. Elle figure désormais en prérequis de la traduction et c’est sur des capacités supplémentaires de compréhension et d’analyse que se fait la différence. Il y aura toujours du travail pour les très bons traducteurs.

EEVous avez évoqué tout à l’heure le rôle intellectuel que jouent les traducteurs. Est-ce à dire que le traducteur a un pouvoir de modification sur les textes qui excèdent les seules questions linguistiques ?

IA – Absolument pas ! Le traducteur s’astreint au contraire à une rigueur extrême dans la traduction, entre expressions figées et parfaite traduction de chacun des mots. Il vaut mieux surtraduire que de laisser un mot ou une expression de côté. Ce qui explique l’aspect un peu lourd de certaines phrases des textes officiels traduits de l’OTAN ou même de la Commission européenne : les traducteurs préfèrent saturer que prendre le risque d’omettre. Et c’est à mon niveau que peuvent être introduites des modifications, si besoin est. Sachant qu’un petit service présente l’avantage immense de pouvoir débattre beaucoup plus facilement des nuances du texte avec les traducteurs et les auteurs pour s’assurer qu’elles sont correctement traduites. Ce qui n’est pas le cas, par exemple, à l’Union européenne, où les traducteurs saturent le texte de tournures bureaucratiques figées. C’est pourquoi la Commission européenne a lancé un programme « Clear writing for Europe », en d’autres termes « écrire plus simplement ». Cela répond à un véritable enjeu, car, pour l’Union européenne comme pour toutes les organisations internationales, il y a énormément d’acronymes et de noms incompressibles qui alourdissent considérablement les phrases. Or, pour les rapports envoyés à l’extérieur, les traducteurs ne peuvent pas prendre de libertés avec le texte, ne peuvent pas engager leur responsabilité sur un mot. Les traductions de communiqués de presse ou de discours sont plus libres, les écarts du texte original sont admis car l’essentiel réside dans le message que l’on veut porter. Dans ce cas, le travail de traduction se double d’un travail de réécriture qui rende l’esprit du texte sensible.

EEL’Union européenne a fait le choix d’un système multilingue, donnant le droit à chacun de s’exprimer dans sa langue, tandis que de nombreuses institutions internationales ont opté pour le bilinguisme. Que pensez-vous de cette doctrine ?

IA – Très honnêtement, je ne sais déjà pas pourquoi on utilise seulement l’anglais et le français comme langues internationales. Évidemment ce sont les deux langues qui ont dominé le monde à un moment précis dans l’histoire, mais je ne vois pas pourquoi, aujourd’hui, l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne – pour rester dans l’OTAN – n’ont pas droit à une version officielle. N’avoir que deux langues pour trente membres ne facilite pas la communication. De même, si on se place dans le débat politique, on n’argumente jamais aussi bien que dans sa langue. À l’OTAN, les anglophones et les francophones ont donc un avantage considérable sur ce plan-là. Dans la théorie, je suis favorable à ce que chaque pays ait sa traduction, à un élargissement linguistique qui englobe toutes les langues. Cela dit, cette idée pose des difficultés pratiques qui ne sont pas négligeables, notamment en raison des ressources qu’elle implique. Le travail de traduction puis de vérification des traductions devient titanesque et extrêmement compliqué. Il faudrait trouver pour chaque langue des traducteurs qui maîtrisent à la fois la langue de départ et la langue d’arrivée.

Le bilinguisme, en tout état de cause, ne peut pas être une doctrine rigide : il faut parfois pouvoir se porter sur des terrains linguistiques spécifiques. L’OTAN, par exemple, mène des opérations ponctuelles en d’autres langues, pour lutter contre des campagnes de désinformation russes ou chinoises. Pour que cette déconstruction soit efficace, dans les pays de l’Est notamment, il est impératif de pouvoir parler la langue des pays visés.

Cependant, il y a une exception au système bilingue de l’OTAN qui tient à sa spécificité d’organisation de défense : le service de traduction des États-majors. D’abord pour des questions de confidentialité des documents, ensuite parce que le langage utilisé par l’État-major, qu’on peut qualifier de barbare, est très codifié. On ne peut pas se permettre, lors d’opérations militaires, d’avoir des problèmes de traduction : il faut que tout soit clair et porte exactement le même sens d’une langue à l’autre.

EEOn a en exemple des États-nations qui se sont construits sur la base d’une homogénéisation politique, culturelle, mais avant tout linguistique. Pour vous, est-ce qu’une Union européenne qui érige le multilinguisme en valeur fondamentale est possible ?

IA – Je le pense fondamentalement. La Belgique où se tiennent les discussions pourrait être un bon exemple : elle compose avec une triple culture, un trilinguisme institutionnel et repose sur un compromis permanent entre Flandres et Wallonie. Malheureusement, l’entente a beaucoup régressé et les dissensions (les Flamands beaucoup plus dynamiques économiquement, les Wallons appuyés sur la France) se sont cristallisées sur les langues – le rejet politique s’est traduit par un rejet linguistique. Au fond, c’est assez étrange que l’Union européenne ait choisi de se baser dans un pays qui n’arrive pas vraiment à s’entendre !

Toujours est-il que c’est très logique, avec vingt-quatre pays, pour éviter toute domination et toute uniformisation, d’avoir un système linguistique étendu. C’est une vraie richesse. Si l’on veut toucher tout le monde et que tout le monde ait voix au chapitre, il faut nécessairement une telle organisation parce qu’on ne s’exprime pas du tout avec la même fluidité, parce qu’on n’a pas les mêmes idées selon la langue dans laquelle on parle. Si l’on traduit, c’est pour permettre à plus de gens de lire et comprendre ; on est parfois saisi de doute quant à la portée véritable des traductions, mais s’il n’y a ne serait-ce qu’une personne qui la consulte, le travail n’est pas vain.

Traduire, c’est élargir le cercle des lecteurs potentiels en le portant au-delà, dans la plupart des cas, de l’anglais. L’anglais est la langue pratique des institutions internationales. L’Union européenne n’échappe pas à la règle, tout s’y déroule en anglais par souci de praticité, alors même que plus aucun pays n’a déclaré l’anglais comme langue officielle. Mais cela reste la langue de communication, bon an mal an. L’espéranto n’a jamais pris en tant que langue commune qui unifierait l’Europe, malgré tous les efforts, parce que la langue n’avait aucun socle culturel. À défaut de langue commune, il est possible et même souhaitable de tendre vers plus de langues ! En ce sens, oui, une Union européenne multilingue, qui traduise systématiquement et qui permette à ses citoyens de parler plusieurs langues européennes, comme c’est déjà le cas en Suède par exemple, est la bonne solution.

EEEt pour conclure : qu’est-ce que pour vous l’esprit européen ?

IA – Pour moi, l’esprit européen, c’est l’esprit d’ouverture. C’est mettre en avant ce que l’Europe fait de bien et pas systématiquement ce qu’elle fait de mal. C’est travailler ensemble à quelque chose de meilleur. Tout seul, on ne pèse pas grand-chose, mais ensemble on est plus fort. Et ça a du sens pour moi, vraiment. Tout en maintenant les identités nationales qui sont importantes pour éviter l’uniformisation, toujours. Je suis profondément européenne – française et européenne. Être conscient ou fier des forces de son pays n’empêche pas d’être conscient des forces des autres pays. On peut tous apprendre les uns des autres, à partir du moment où on partage les mêmes valeurs. Pour cela, il faut favoriser le dialogue et y être ouvert, et j’espère donc que nos services de traduction et d’interprétariat y contribuent.

Annexes

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN


L’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) n’a aucun lien formel ou juridique avec l’OTAN. Il s’agit une assemblée composée de représentants des parlements nationaux des 30 pays membres de l’OTAN et des 14 qui y sont associés. Elle est dirigée par un président, parlementaire d’un État membre, et divisée en cinq commissions (politique, dimension civile de la sécurité, défense et sécurité, économie et sécurité, sciences et technologies) qui lui rendent des rapports annuels. Sur cette base, elle peut émettre des recommandations et des résolutions à valeur consultative sur tous les sujets qui intéressent la défense.

Outre ces élus, le secrétariat international de l’AP-OTAN, basé à Bruxelles, est composé d’une trentaine de personnes permanentes. Il fournit une double assistance, à la fois dans les recherches et les analyses et sur le plan technique et logistique. C’est dans ce cadre qu’intervient Isabelle Arcis, cheffe du service des documents de l’AP-OTAN.

Itinéraire professionel d’Isabelle Arcis, cheffe du service des documents de l’AP-OTAN


  • Maîtrise d’Administration Économique et Sociale, spécialisation en Affaires internationales

Mémoire sur l’influence de la presse dans les résultats électoraux au Royaume-Uni : « à Londres, j’ai été frappée par la manière qu’avaient les journaux de s’immiscer dans la vie politique ; c’était passionnant, parce que c’était un sujet d’actualité avec très peu de documentation à l’époque ! »

  • DEA de Science Politique

Mémoire sur la coopération franco-britannique en matière de défense : « quand je l’ai soutenu, j’ai presque eu plus d’éloges sur mon style rédactionnel que sur le fond de mon sujet ; moi qui voulais être journaliste, je suis partie avec ces compliments en tête. »

  • Londres

« À l’issue de mes études, mon premier « vrai » boulot a consisté à m’occuper de l’organisation pratique de réunions, de conférences, élaboration et diffusion de newsletters pour le compte d’un service de la DTI (ministère britannique du commerce et de l’industrie)… j’ai fait pendant ça trois ans, puis je suis rentrée en France. »

  • Bruxelles et l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

« Je correspondais point par point au profil que le secrétariat international recherchait à ce moment-là : Française native, de retour d’Angleterre, avec un excellent anglais et des capacités rédactionnelles et organisationnelles. Et j’ai été propulsée à Bruxelles. J’ai d’abord travaillé en Commission, pour la Commission politique, le Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient, et la commission sur la dimension civile de la sécurité. Plus tard, étant devenue maman d’un petit garçon, j’ai souhaité moins voyager. J’ai accepté un poste nouvellement créé pour collaborer à parts égales au service presse et communication naissant mais aussi pour assister au service des documents. Et contre toute attente, c’est vers ce dernier que j’ai basculé assez vite une fois nommée dans ces fonctions ! Je pouvais vraiment débattre des nuances avec les auteurs, parler de terminologie, travailler sur les subtilités de la traduction politique. Et tout passait entre mes mains… J’ai trouvé ça passionnant ! »

  • Institut de journalisme de Bruxelles (IDJ)

« Je suis titulaire d’un diplôme en journalisme (en cours du soir alors que je travaillais déjà pour l’AP-OTAN) de l’IDJ de Bruxelles, qui a malheureusement fermé ses portes depuis. Je voulais être journaliste depuis ma plus tendre enfance, mais pas suivre une formation de journaliste tout de suite (ou en tous cas pas uniquement) : je voulais en apprendre le plus possible sur la politique, le droit, l’économie, tous les pans de la vie humaine, pour devenir au besoin une journaliste éclairée. »

Pour aller plus loin

Consultez l’ensemble des articles du dossier : Traduction

Marie Chuvin le 5 octobre 2020 dans l’Esprit européen