Lorsqu'on remonte le temps, il est bien difficile de réunir des
informations précises sur ce qu'était la Science et plus particulièrement
la Biologie avant l'ère moderne. Cela est particulièrement vrai au
cours de l'exploration de civilisations autres que celles situées
en Grèce, ou dans un contexte où les références sont tout à fait
différentes, en Chine par exemple. L'astronomie et la médecine ont
été pratiquées, bien sûr, partout dans le monde, en relation avec
des comportements et des pratiques religieuses ou morales, mais loin,
par conséquent, de ce que nous retenons aujourd'hui comme Science.
Cela explique le caractère partiel et partial du choix des événements
retenus ici, qui est d'autant plus biaisé que nous allons plus en
arrière. Il est impossible de tracer une frontière entre ce qui va
devenir la Science et ce qui relevait des coutumes. Nous tenterons
de corriger cette présentation au fur et à mesure de notre progression
dans la connaissance du passé (et des remarques qui nous serons faites).
Cette page doit donc être considérée comme étant en (re)construction
permanente et certainement non exempte d'erreurs ou de partis-pris.
Il est cependant tout à fait certain que la Science a quelque chose
à voir avec la transformation des mythes et épopées en une représentation
formalisée du monde. Notons cependant que, quel que soit le moment
de l'histoire, les personnes qui n'avaient pas la vision organisée
de leurs origines telle qu'elle est proposée par l'attitude scientifique,
n'ont jamais facilement accepté la Science quand elle a commencé
à naître et n'ont pas été pas enclines à la développer.
Il est fort probable que l'Homo sapiens moderne, né il
y a 200 000 ans quelque part en Afrique de l'Est (Centrale), sortit
de ce continent en traversant l'Ethiopie et le sud de l'Egypte, puis
la Mésopotamie, et migra vers l'Est à la vitesse plutôt rapide d'environ
40 km par siècle (Il est possible qu'il soit passé plus au sud, allant
directement vers ce qui est aujourd'hui le Pakistan, comme cela s'est
produit beaucoup plus tard avec les esclaves Africains emmenés à
l'Est, épisode souvent peu connu de la migration - ici forcée - Africaine).
L'Asie fut d'abord envahie, avec une très vieille branche humaine
qui se dirigea vers le Sud jusqu'à l'Australie au moment où les glaciations
firent baisser considérablement le niveau de l'Océan. Des mutations
sélectives appropriées, altérant en particulier la pigmentation
de la peau, la croissance des poils et la forme du nez durent
apparaître et créer des types humains plus adaptés aux conditions
environnementales locales. En particulier, une complexion de peau
claire était probablement nécessaire pour retenir assez la lumière
du soleil pour produire une quantité suffisante de vitamine D, et
ainsi prévenir le rachitisme quand les Hommes émigrèrent vers le
Nord. De la même manière, les poils du corps, qui avaient précédemment
disparu, peut-être une réponse salutaire pour lutter contre les parasites,
réapparurent parfois avec la pression de la sélection imposée par
les basses températures dans les zones nordiques du monde. La révolution
du Néolithique se fit plus tard il y a environ 12 000 ans.
On situe actuellement le premier foyer de la civilisation humaine
écrite à Sumer, en parallèle avec un autre foyer en Egypte assez
rapidement après le début de la révolution du Néolithique. La civilisation
écrite Chinoise remonte loin dans le temps (quelque mille années
après les Sumériens et les Egyptiens cependant, en accord avec le
rythme habituel des migrations humaines), et il y a très probablement
des liens entre les premières et la dernière, si l'on suit le tracé
Ouest-Est à travers les montagnes de l'Afghanistan actuelle et du
désert de Xinjiang vers le centre de la Chine. En fait, plus près
de nous, cette route fut également suivie par Alexandre le Grand
(356-323 avant J.C.), et il reste encore des vallées en Afghanistan
où les habitants parlent un dialecte du Grec.
En Egypte, fut rapidement développé un art de guérir (il y a au
moins 6 000 ans) qui était certainement basé sur la superstition
(et en particulier sur la superstition associée aux nombres naturels
et aux nombres entiers) mais aussi fondé sur l'observation concrète.
Malgré son extrême importance dans l'origine de la connaissance,
la contribution de l'Egypte ancienne a été souvent oubliée. De
nombreuses raisons expliquent ce fait, mais c'est probablement le
développement des trois grandes religions monothéistes qui joue le
rôle le plus significatif dans ce qui peut être considéré comme le "point
aveugle" ou même comme
une censure organisée à dessein de la pensée égyptienne. On peut
en effet retrouver, en remontant l'histoire, de nombreux textes de
la Bible hébraïque (et par la suite dans les textes dérivés chrétiens
et islamiques) dans les croyances et les textes égyptiens, y compris
dans le détail. Et bien sûr, les religions établies sur l'affirmation
que leur Dieu s'est révélé lui-même en s'adressant aux prophètes
peuvent difficilement accepter que le contenu des révélations de
Dieu puisse être profondément enraciné dans l'histoire.
Le pharaon Aménophis IV, plus connu sous
le nom d'Akhénaton (1380 - 1337 av notre ère), a été le créateur
d'une remarquable religion monothéiste au moment précisément où
Moïse entreprenait sa migration, préfigurant visiblement ses
voyages et ses paroles. Mais ni les Hébreux, qui ont dû fuir l'Egypte
emportant avec eux la nouvelle religion, ni les Chrétiens, ni,
enfin, les Musulmans qui peuplent maintenant l'Egypte (les Coptes
Chrétiens sont probablement plus proches de la vérité de leurs
pères que n'importe quelle autre religion), ne peuvent facilement
accepter que leurs croyances aient une histoire concrète, fondée
sur des événements naturels. Les théologies de haut niveau acceptent
bien sûr cette situation, mais leur enseignement ne fait que rarement
état d'un passé culturel commun. Et il va sans dire que, parce qu'une
partie importante de l'Egypte était de complexion noire et descendant
manifestement d'Afrique Centrale, il y avait et il y a encore une
forte réticence à accepter que les avancées humaines majeures puissent
venir de peuples à la peau noire. Il en est de même lorsque nous
observons la résistance intéressante de nombreuses personnes (surtout
en Asie) à accepter que l'Homme moderne est... un Africain.
Les Sumériens, les Egyptiens, les Babyloniens, suivis par les Indiens
et les Chinois se sont succédés, réunissant une masse considérable
de faits individuels, parfois extrêmement astucieux, organisés conformément à
la religion locale ou les croyances morales. Puis, il y a environ
2600 ans, avec la création de la philosophie présocratique en Grèce,
la science est née, selon une conception originale et complètement
nouvelle d'organiser la connaissance humaine.
Il est très important de faire la distinction entre religion et
philosophie. Le terme "Philosophie" a de nombreux sens,
mais il comprend un point central : la philosophie est penser le
fait de penser. De façon bien différente, la religion s'organise
principalement autour d'une réflexion sur la Vie, et par dessus tout,
sur la Mort, et est associée à des coutumes concernant le comportement
de l'Homme face à la mort, le seul événement difficile auquel tous
seront confrontés. Cela explique pourquoi il peut y avoir certaines
contradictions quand on mélange philosophie et religion. Par exemple,
en Chine, le daoisme peut être soit une philosophie soit une religion.
Comme philosophie (dao jia 道
家), le Dao, le Chemin,
encourage les gens à suivre la Nature; comme religion (dao jiao 道教),
c'est un ensemble de coutumes allant contre la Nature, essayant d'éviter
la Mort. Bien sûr, une philosophie sous-tend tout type de religion,
mais une religion implique une structure sociale, des rites et des
croyances organisés d'une manière socio-politique. De la même
manière, la philosophie s'intéresse aux questions de vie et de mort,
mais par construction
la philosophie pose des questions sur le monde (y compris sur les
croyances), alors que la religion, avec sa structure sociale et ses
rites, répond aux questions, de toute éternité.
La Science, fille et extension de la philosophie, est une exploration
organisée. Qu'elle ait été créée par les philosophes Grecs, voyageant
d'îles en îles, de l'Ouest de l'Asie à la Sicile, n'est pas un hasard.
Ce n'est pas le lieu ici de discuter des raisons géographiques,
économiques et socio-politiques à la base de la naissance de la Science,
mais la quasi-absence de la Chine dans cette activité humaine, alors
que la Chine a atteint très tôt un remarquable degré de civilisation,
n'est pas un hasard malgré son aptitude extrêmement ancienne et impliquée
à développer des nouvelles techniques. Grâce probablement à des échanges
avec le monde Grec, la Science a certainement commencé à se développer
en Chine et en Inde (on peut le voir dans des traités anciens de
mathématiques). Cependant, la Chine, isolée géographiquement, politiquement
et économiquement, mettait l'accent sur la stabilité, et non la mise
en question — qui est au cœur
de l'activité scientifique — ou les
échanges. C'est ce qui explique pourquoi la Science y fut éradiquée
lorsqu'elle devint trop visible. Les principales catégories sociales
en Chine (les érudits, les fermiers, les artisans, les marchands,
dans cet ordre d'importance, les trois premiers associés à la fabrication,
constituant les "racines",
et le dernier associé à l'échange, les "branches") expliquent
la nette distinction entre ce qui vient de la nature et entre ce
qui vient de l'homme, entre ce qui est naturel et ce qui est artificiel,
une distinction applicable aux réactions actuelles face aux organismes
génétiquement modifiés, par exemple.
Cela dit, nous pouvons trouver des dates où des faits scientifiques,
des interrogations et des hypothèses furent avancés et organisés
progressivement pour aboutir à la Science d'aujourd'hui. Nous nous
intéressons ici à la Biologie ; c'est à dire à la Science associée
à l'agriculture et à la médecine. Mais comme Science signifie aussi
développement du raisonnement et développement de l'approche expérimentale,
les premières dates qui nous intéressent vont correspondre à la création
des principes du raisonnement et
des premières expériences.
La Science nécessite une transmission fiable des connaissances.
Cela requiert un moyen de transmettre plus fonctionnel et moins
sujet à l'erreur que la transmission orale. Ainsi nous devons retenir
comme dates importantes celle de l'invention de l'écriture, puis
celle de l'écriture sur des supports faciles à fabriquer : pierre,
tablettes d'argile, papyrus ou papier (plus tard, peau d'animaux).
Nous devons être très prudents lors de reconstitutions de l'histoire
ancienne : seuls les textes et les images sur les monuments ou autres
artefacts, pouvant être datés de manière précise, nous permettent
une évaluation fiable des dates d'inventions. Il faut garder à l'esprit
que toutes les civilisations cherchent à s'approprier l'origine des
inventions, sans contrôle, et en fait, il semble clair que l'origine
des premières découvertes les plus importantes remontent à des civilisations
éteintes, les civilisations sumérienne et égyptienne. Il ne faut
pas oublier non plus que l'Homme a toujours été nomade, avec une
vitesse d'invasion plutôt rapide : bien au-delà d'une centaine de
kilomètres par siècle après le début du Néolithique, grâce à l'aide
procurée par la domestication d'animaux, et la possibilité de transporter
des graines pour se nourrir. Ainsi de nombreuses découvertes sur
lesquelles nous avons peu d'informations voyagèrent
durant le premier millénaire du Néolithique.
~10000 av JC Le chien est domestiqué en Mésopotamie.
La domestication animale et la culture de plantes commencent à s'étendre
à l'Est comme à l'Ouest à la vitesse d'environ 50-100 km par siècle. L'étude
de l'origine la domestication est aujourd'hui une activité de recherche
importante en histoire ancienne et les dates retenues vont certainement
se préciser peu à peu.
~6000 av JC La levure est utilisée par les
Sumériens pour la fabrication de la bière et du vin. Cette pratique
se diffuse lentement vers le Sud, l'Est et l'Ouest. On invente la
métallurgie, une des plus anciennes techniques, avec le travail de
l'or.
~5000 av JC Les premières villes sont
créées en Mésopotamie. Le cheval est domestiqué en Ukraine. A partir
de cette domestication, la diffusion de la connaissance humaine s'accélère,
avec l'expansion du cheval comme moyen de transport et de communication.
~4200 av JC Découverte du cuivre comme métal
susceptible d'être travaillé. Il reste un symbole du commencement
de la civilisation au Moyen-Orient, et son nom est associé à cette
région (le symbole du cuivre est Cu et vient du latin cuprum,
signifiant venant de l'île de Chypre).
~4000 av JC Les Egyptiens découvrent
comment faire du pain au levain en utilisant de la levure. Il est
probable que levure et ferments lactiques ont été découverts accidentellement
bien plus tôt. Domestication de l'âne. Les échanges se font rapidement
suivant le Nil, profitant de l'opposition entre le courant du Nil
(qui va vers le Nord) et le vent dominant (vers le Sud). Les Sumériens
et les Egyptiens découvrent le travail de l'argent.
~3600 av JC Des alliages de cuivre sont
utilisés par les Egyptiens et les Sumériens. Les premiers artefacts
de cuivre fondu sont trouvés dans la Vallée du Nil : anneaux de cuivre,
bracelets, ciseaux ; la fusion de l'or et de l'argent est connue.
Des échanges avec l'Afrique par la Vallée du Nil amènent des minerais
et des métaux en Egypte.
~3500 BC Les Egyptiens commencent à écrire
des récits sur les événements royaux importants, d'abord sur de la
pierre, puis sur du bois. Les Egytiens utilisent la galène (sulfure
de plomb avec des reflets métalliques) comme cosmétique pour noircir
les traits du visage. Ils en ignorent évidemment le caractère très
toxique.
~3400 av JC Les premiers symboles de nombres,
de simples traits droits, correspondant à un système de numération
décimale (sans le zéro) commencent à être utilisés en Egypte. Les
Egyptiens savent extraire le métal du minerai de cuivre.
~3300 av JC L'écriture sumérienne sur des
tablettes d'argile devient une pratique courante. La civilisation
Minoenne se développe en Crête, puis dans toute la Mer Egée.
~3250 av JC La roue est utilisée en Mésopotamie.
~3000 av JC Les Sumériens pratiquent le
plombage des dents. L'écriture sumérienne évolue vers le système
cunéiforme. Le boulier se développe au Moyen-Orient et autour de
la Méditerranée. Les chiffres hiéroglyphiques sont utilisés en Egypte.
~3000 av JC à 2500 av JC La médecine sumérienne
découvre les pouvoirs de guérison des sources minérales. Le métier
à tisser est connu en Europe.
~2800 av JC Début des observations astronomiques
méthodiques en Egypte, à Babylone, en Inde et en Chine. L'Egypte
introduit un calendrier de 365 jours sans ajustements.
~2750 av JC Construction de la grande muraille
d'Uruk, avec ses 900 tours, en Mésopotamie. La construction de la
pyramide de Chéops correspond, dans ses plans et ses dimensions,
à des mesures astronomiques. Les Sumériens commencent à utiliser
un système de numération sexagésimal pour noter les transactions
financières. C'est un système de notation positionnelle sans zéro.
C'est probablement à cette date que sont fabriqués les premiers objets
en fer, mais la fonte du fer n'est pas encore fonctionnelle. Le travail
du fer sera exporté vers l'Est et le Nord-Ouest suivant les migrations
humaines, et sera continuellement amélioré.
~2500 av JC Des bas reliefs égyptiens
illustrent les techniques de chirurgie existantes. En Egypte, le
payrus, premier essai d'utilisation d'un support d'écriture léger
et pratique, devient le support courant de contes et de textes. Une autre façon de fabriquer
un papier végétal sera redécouvert en Chine, selon un procédé plus
élaboré, plusieurs milliers d'années plus tard et sera ensuite exporté
vers Europe. Premiers documents historiques sur la civilisation Chinoise.
~2100 av JC Les premiers textes légaux
connus sont écrits par Ur-Nammu, roi d'Ur.
~2000 av JC En Egypte, le rapport entre le
rayon d'un cercle et sa circonférence est estimé à 3. Plus tard,
cette mesure sera transmise aux Hébreux et aux Grecs. Les Egyptiens
proposent une forme de contraception. Les Egyptiens utilisent la
corde à nœuds en triangle avec des nombres entiers
(a²+ b² = c², théorème de Pythagore) pour construire des angles. Les
Harappans adoptent un système décimal uniforme de poids et de mesures.
~ 1900 av JC Un papyrus écrit en Egypte (le papyrus
de Moscou, aussi appelé le Papyrus de Golenishev) donne des détails sur la géométrie
égyptienne. Les quatre éléments de base sont connus en Inde pour décrire les
éléments matériels : la Terre, l'Air, le Feu et l'Eau. Le lieu d'origine de
cette description n'est pas connu.
~1800 av JC Les Babyloniens utilisent les tables de
multiplication.
~1750 av JC En Crète, le palais de Minos a la lumière
et est ventilé, il possède des salles de bains alimentées en eau. En Egypte,
un système d'irrigation utilise les crues du Nil. Le Code d'Hammurabi (fondateur
de Babylone), comprend des conseils pour des pratiques médicales (notamment pour
la chirurgie de l'œil) et le montant des honoraires autorisés. Babylone se sert
d'une géométrie très développée comme base de mesures astronomiques et crée les
signes du Zodiaque. On découvre l'étain et on l'ajoute au cuivre comme alliage
métallique. Les Babyloniens résolvent des équations d'algèbre linéaire et du
second degré et composent les tables des racines carrées et cubiques. Ils utilisent
le théorème de Pythagore et se servent des mathématiques pour
élargir leurs connaissances en astronomie.
~1700 av JC Rédaction du papyrus de Rhind
(parfois appelé le papyrus d'Ahmes). Il nous informe sur le développement
de nombreuses techniques mathématiques pour résoudre des problèmes
chez les Egyptiens. La multiplication est basée sur la répétition
de doublements et
la division sur par successions
de divisions en moitiés
~1600 av. JC Il semble qu'on
utilise le système décimal en Crète (probablement introduit par
les Egyptiens). La civilisation Minoenne, très évoluée, prospère
jusqu'à sa destruction, probablement due à l'explosion du volcan
de l'Ile de Santorin qui a recouvert la région de cendres et a rendu
les terres stériles pour plus d'un siècle. On fait état de présence
de mercure (en Grec ὐδραργυρος, argent liquide, en latin argentum
vivum, vif argent)
dans les tombes égyptiennes à cette époque .
~1550 - 1200 av JC La civilisation Minoenne
développe son propre système d'écriture. Le Linéaire A a été à
la base du développement du Linéaire B, qui apparaît en Crète vers
1450 avant JC et qui va s'étendre rapidement à la Grèce continental.
Ces deux formes formes d'écriture, le Linéaire A et le Linéaire
B, vont être utilisés pendant le deuxième millénaire avant JC en
Crète minoenne. Michael Ventris déchiffre en 1952 le Linéaire B.
C'est cette écriture syllabique qui va se propager des Minoens
au Mycéniens. Le Linéaire A n'a pas encore été déchiffré et l'influence
de cette civilisation en Grèce en terme de science n'est pas encore
connue.
~1500 av JC L'extraction du fer par fusion
est une pratique répandue en Syrie et en Palestine. C'est sous
la dynastie Shang 商朝 (1700 av JC-1027 av JC)
qu'apparaissent les premiers pictogrammes chinois gravés sur des
os. Les saignées médicinales sont pratiquées depuis l'Age de Pierre. Pratiquement
toutes les cultures anciennes et modernes ont tiré le sang pour
guérir de maladies. Les cultures primitives pensaient que la maladie
était due à des esprits malins et qu'ils pouvaient être éliminés
en retirant du sang aux patients. Une des manières de maîtriser
les saignées est d'utiliser des animaux : la plus ancienne illustration
connue d'utilisation des sangsues à visées médicales est peinte
dans une tombe égyptienne. On utilise le cadran solaire en Egypte
pour mesurer l'heure dans la journée grâce à l'ombre solaire. Les
heures sont plus courtes en hiver qu'en été.
~1400 av JC Une horloge compliquée, mesurant
l'écoulement de l'eau, déposée dans la tombe d'Aménophis III démontre
la maîtrise des premières science expérimentales par les Egyptiens.
Les restes de fours pour fondre le verre découverts
à Tell-El-Amarna en Egypte par Flinders-Petrie, montrent qu'ils
savaient fabriquer des baguettes, des perles, des jarres ou d'autres
objets, apparemment en recouvrant un moulage d'argile de verre
puis en enlevant ensuite ce moulage.
~1300 av JC Les permutations
mathématiques et les "carrés magiques" sont connus des
mathématiciens chinois. Un système décimal sans zéro commence à être
utilisé en Chine. Les propriétés du triangle de Pythagore commencent
à yêtre connues. Grâce à ces propriétés, la position du soleil en
fonction de l'inclinaison de l'axe polaire est mesurée en Chine.
~1100 av JC Premières preuves de l'élevage
des vers à soie en Chine (on pense que la méthode existait bien
avant mais sans preuves, mais on est sûr qu'elle existait après
500 avant JC). Développement de la construction de bateaux dans
les pays Méditerranéens et Scandinaves, en même temps que début
des explorations maritimes de régions éloignées du monde. Les Egyptiens
fabriquent des maquettes d'Anubis, un des Dieux de la mort, avec
des machoires mobiles, destinées à simuler la parole. Ce sont les
ancêtres de nos automates modernes simulant les êtres vivants.
~1000 av JC Les Chinois se servent des abaques à
calculer.
~950 av JC "Les biotechnologies" s'écartent
des simples procédés de l'agriculture et de la médecine : les teintures
pour les tissus sont fabriquées à partir d'escargots violets et fixées
à l'alun dans la zone méditerranéenne. L'année lunaire indienne a 360
jours réglée au hasard pour correspondre à l'année solaire. Un texte
chinois de mathématiques comprend de la planimétrie, des proportions,
la règle de 3 en arithmétique, les racines carrées, la géométrie, les
équations avec une ou plusieurs inconnues et une théorie du mouvement. Premières
utilisations du fer en fusion en Grèce. Les Chaldéens se servent de
cubes remplis d'eau pour mesurer le temps, le poids et la longueur.
~841 av JC Début de la chronologie historique
chinoise corroborée
~800 av JC Baudhayana est l'auteur de l'un
des premiers Sulbasutras indiens (textes contenant des problèmes mathématiques).
Les Chinois commencent à utiliser le fer, après que sa fusion ait été
introduite en provenance de l'Ouest. La médecine commence à se séparer
de la religion et la formation médicale indienne se fait sur des modèles
anatomiques. En Grèce, Homère mentionne la chirurgie
hautement développée qui se pratique sur les lieux de bataille. Utilisation
de traîneaux à roulettes pour le transport de charges lourdes. Les
Assyriens utilisent des vessies d'animaux comme support à la nage lors
de conflits.
763 av JC Le roi Adadnirari 11 d'Assyrie commence
une nouvelle chronologie (accordée à l'éclipse du soleil du 15 juin
de cette année).
~750 av JC Manava écrit
un Sulbasutra. Ce sulbasutra, comme tous les autres, contient des constructions
approximatives de cercles à partir de rectangles et de carrés à partir
de cercles, qui permettent de penser qu'ils donnaient une valeur approximative
de π. Mais ces valeurs de π sont différentes à travers le Sulbasutra,
surtout en ce qui concerne la construction incluant des cercles.
Une interprétation des versets 11.14 et 11.15 du travail de Manava
donne π = 25/8 = 3,125.
L'astronomie Babylonienne et Chinoise à compris les mouvements
planétaires, le nouveau calendrier babylonien est confirmé. La roue
à rayons et le fer à cheval sont connus en Europe.
~750 av JC La
célèbre bibliothèque du Roi Assurbanipal, comprenant
plus de 22 000 tablettes d'argile, traite d'histoire, de médecine,
d'astronomie et d'astrologie. Le mouvement des planètes et les signes
du Zodiaque sont mentionnés en Assyrie, et des pendules à eau y sont
fabriquées. Le
jardin du Roi Sermacherib au palais de Ninive possède
des plantes et des animaux rares, des espaces de plantations et des
canaux d'irrigation sont extraits de carrière, ce qui va permettre
une amélioration dans la reproduction des plantes et un début d'hygiène.
Des progrès ont lieu dans les installations en eau : Jérusalem possède
des conduites d'eau souterraines, Sermacherib fait construire un aqueduc,
Ninive a des puits. Kaléos Glaucos de Chios invente
la soudure du fer.
~600 av JC Apastamba écrit la plus intéressante
des Sulbasutra indiennes d'un point de vue mathématique. Notre méthode
décimale d'écriture des nombres trouve ainsi son origine en Inde. Il
a fallu beaucoup de temps pour que ce système mathématique arrive dans
la zone Méditerranéenne et Européenne et pour qu'il soit accepté. Il
a fallu encore plus de temps pour qu'il soit accepté en Chine. En regardant
le système archaïque de mesure de poids toujours en vigueur en Amérique
aujourd'hui, on peut facilement comprendre que les toutes premières
idées ont la vie longue. Le système décimal devint courant avec le
développement de l'arithmétique islamique.
Le Pharaon Nechos d'Egypte (règne 609-593) commence
la construction d'un canal entre le Nil et la Mer Rouge. Il commande
également aux Phéniciens la première circumnavigation reconnue de l'Afrique.
~590
av JC Thalès (Milet 625 - 547) choisit
l'Océan comme élément premier. Il sait que l'aimant attire le fer et
que l'ambre lorsqu'il est frotté devient magnétique. Il apporte à la
Grèce les connaissances mathématiques de Babylone. Il utilise la géométrie
pour résoudre des problèmes tels que le calcul de la hauteur des pyramides
ou la distance des bateaux du rivage. Le Théorème de Thalès (les
triangles construits sur un diamètre avec un sommet sur le cercle sont
rectangles) est la plus vieille théorie de mathématiques occidentales. Eupalinos
fait construire un réseau d'eau sur l'Ile de Samos, un tunnel
d'une longueur de trois quart de mille commencé simultanément des deux
côtés. Priscus fait construire le premier pont
romain en pierres. Nabuchodonosor
II fait construire un palais avec des jardins en terrasse
à Babylone (supposés être les célèbres "Jardins suspendus",
l'une des Sept Merveilles du monde), un tunnel de plus de huit cent
mètres, reliant le palais au Temple du Soleil, traversait l'Euphrate
sous la rivière. On attribue à Théodore de Samos l'invention
du moulage en fer, du niveau d'eau, de la clé et de la serrure, de
l'équerre de charpentier, du façonnage de l'argile au tour. L'année
lunaire romaine a 10 mois de longueur variable (12 mois par la suite).
L'astronomie babylonienne commence à ressembler aux estimations actuelles
; l'année lunaire a 364 jours divisé en 12 mois alternant 29 et 30
jours.
~580 av JC Anaximandre (Milet,
611 - 547) choisit le non-limité (Απειρον) comme élément premier. Il
dessine la première carte (sur papyrus). On lui attribue le premier
travail écrit sur les sciences naturelles, un poème classique intitulé
Περι φυσεως (De la nature). Dans ce poème, il écrit que les êtres humains
descendent des animaux aquatiques, formant ainsi ce qui peut être la
première théorie de l'évolution, disant qu'au commencement il existait
une créature avec des écailles ressemblant à un poisson vivant
dans les océans. Au fur et à mesure, ces créatures se déplacèrent vers les terres,
perdirent leurs protections d'écailles et devinrent les premiers humains.
~550 av JC Anaximène (Milet,
585 - 528) imagine que les processus de condensation et de raréfaction
sont nécessaires à la création de toutes formes existantes, y compris
les organismes vivants.
~540 av JC Sushrata enseigne la médecine à l'université
de Bénarès, comprenant la chirurgie, l'obstétrique, l'alimentation,
les bains, les médicaments, l'alimentation et l'hygiène des enfants
et l'éducation médicale.
~540 av JC Xénophane (Colophon,
570 - 475) est le premier à formaliser la nature hypothétique de
ce que nous connaissons maintenant comme "Science", faisant
la différence entre le monde et sa réalité (ἀληθεῖα) et les Modèles
du Monde (δοξα). Xénophane est l'un des premiers
à avoir écrit des observations sur les fossiles, pensant que ces
fossiles prouvaient qu'il y avait eu de l'eau et de la boue à une époque antérieure dans
dans la région où on les découvre. Les Chinois utilisent
des cordes à compter.
~530 av JC Pythagore (Samos,
560 - 480) part pour Crotone dans le sud de l'Italie et y enseigne
les mathématiques, la géométrie, la musique et la réincarnation.
Son monde est basé sur l'organisation des Monades : les nombres entiers.
Un lien est fait entre l'alphabet et les nombres entiers. De fait,
il anticipe la découverte du concept du zéro, qui sera faite plus
tard en Inde. Zénon (Elée
~570 - ?) souligne la question posée par la contradiction entre continu
et discontinu.
~510 av JC Héraclite (Ephèse
540 - 475) met l'accent sur le Changement comme cause principale
des choses.
~500 av JC Le médecin grec Alcmaeon
dissèque des cadavres humains pour des études scientifiques
et découvre dans l'oreille ce que nous nommons maintenant la trompe
d'Eustache. Il expose qu'une bonne santé est le résultat d'un équilibre
des forces similaires à celles décrites par Anaximène, "humidité/sécheresse", "chaud/froid", "amertume/douceur",
alors qu'un déséquilibre provoque des maladies. Il découvre aussi
la différence entre veines et artères ainsi que les connections entre
le cerveau et les organes sensoriels.
Le travail théorique de Panini sur la grammaire du Sanskrit en Inde
établi que cette langue est le précurseur du langage moderne usuel.
La première opération connue de la cataracte est pratiquée en Inde
par Sushrata (Susrata Samhita).
L' astronome Naburian utilise le système sexagésimal babylonien
pour relever et prévoir la position du soleil, de la lune et des planètes. Le
carthagénois Hannon traverse
la côte ouest de l'Afrique. Hécatée (549 - 486) mentionne
l'Inde dans ses écrits prouvant que les échanges entre le l'Extrême Orient et
la Grèces étaient déjà importants. Développement des technologies et de l'agriculture
en Chine. Confucius (孔夫子 Kong
Fu Zi) (551 - 479) enseigne des règles de comportement toujours suivies en de
nombreux lieux en Chine. L'importance n'est pas donnée à la connaissance en tant
qu'objectif, mais, au contraire, à la connaissance des règles morales (en particulier
des valeurs familiales).
494 av JC Destruction de Milet par les Perses
~490 av JC Parménide (Elée
~515 - ?), contrairement à Héraclite met
l'accent sur la Permanence.
461 - 456 av JC Le mur entre Athènes et Le Pirée est
construit.
~450 av JC Empédocle (Agrigente,
492 - 432) propose
que les quatre éléments (la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu) et leurs combinaisons
sont à la base de toute chose. Sa vision de la création des formes vivantes est
remarquablement semblable aux visions portées bien plus tard pas les théories
sur la sélection dérivées des idées de Darwin. Il souligne la
nature combinatoire des formes vivantes. Avant cette époque, les Grecs n'étaient
pas d'accord sur laquelle des quatre possibilités était l'élément "originel" :
pour certains, c'était l'un de ceux-ci, pour d'autres, un autre, pour d'autres
encore deux à la fois. Il pensait que toutes choses se produisaient par leur
combinaison et/ou séparation selon les deux principes opposés que sont l'Attraction
et la Répulsion.
Leucippe (Abdère
~490 - ?) propose que toutes les choses sont faites d'atomes, structures insécables pouvant
se combiner de manière infinie. "Aucune
chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une Loi (Λογος) et
sous la contrainte de la nécessité". Diogène d'Appolonie (Apollonie,
Phrygie our Crête ? 499/98 - 428/27) écrit son "Περι φυσεως" de manière
éclectique, en accord sur certains points avec Anaxagore et
avec Leucippe sur
d'autres. Comme Anaximène. Il écrit que la substance
première de l'univers est l'Air, infini et éternel, à partir duquel, par
condensation, raréfaction ou changement d'état, provient toute chose. Comme Anaximandre, Diogène considère
la mer comme un reste de l'état humide originel, évaporé partiellement sous l'action
du soleil, séparant ainsi les terres restantes. La terre elle-même est ronde,
en forme de disque. Sa solidification par le froid est due au
fait que le froid est une forme de condensation. L'intérêt majeur de Diogène est la physiologie, dans un traité de même nature que celui des écrits pseudo-hippocratiques.
Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont les auteurs de ces curieux
pamphlets l'utilisent, comme ils l'ont fait d'Anaxagore et d'Héraclite.
Les créatures vivantes surgissent de la terre, assurément sous l'effet de la
chaleur. Leurs âmes sont l'air, et leurs différences proviennent des degrés variés
de raréfaction ou de condensation. Pas de place particulière, comme le cœur
ou le cerveau, n'est attribuée à l'âme, qui est simplement un air chaud circulant
avec le sang dans les veines. Les idées de Diogène en ce qui
concerne la théorie des sensations se définissent ainsi : toutes les sensations
sont dues à l'action de l'air sur le cerveau et les autres organes, le plaisir
venant de l'aération du sang. Mais les détails de cette théorie ne peuvent être
étudiés convenablement qu'en relation avec les écrit hippocratiques, car Diogène ne
représente pas vraiment l'ancienne tradition cosmologique, mais un développement
original d'opinions philosophiques réactionnaires combiné à un enthousiasme complètement
nouveau pour la recherche détaillée et l'accumulation de faits...
~420 av JC Démocrite (Abdère
460 - 370) poursuit la théorie de l'atome. Sa position principale est que les
atomes tourbillonnent dans le vide, où ils peuvent se combiner dans une grande
variété de formes. Cela réconcilie le point de vue de Parménide sur
la matière constante et celui d'Héraclite sur la matière constamment
changeante.
~441 av JC Mélissos (Samos,
500 - 440) commande la flotte à Samos et inflige une défaite à Périclès. Il déclare
que les lois de la nature sont les mêmes partout dans l'univers.
~441 av JC Hippocrate (Cos, 460 - 377) est le fondateur de
la profession de médecin en Grèce, enseignant à des étudiants sous la protection
d'Asclépios, Dieu de la médecine. Parmi ses nombreuses observations, dont beaucoup
inexactes, Hippocrate établit que la contribution de l'homme
dans l'hérédité d'un enfant provient de la semence. Il est le fondateur des Asclépiades,
une école des médecine qui durera plusieurs siècles. L'une des
raisons qui le rendent mémorable est sa théorie que le
corps humain est composé des quatre éléments (terre, air, feu, eau) plus quatre
fluides ou humeurs : αιμα ou sang, produit par le coeur; χολη ou bile jaune,
produite par le foie; μελανχολη ou bile noire, produite par la rate; et φλεγμα
ou phlegme, produit par le cerveau. On lui attribue la rédaction d'un serment
que tous les hommes professant la médecine s'engagent à respecter.
« Je jure par Apollon,
médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée,
par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai,
suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivant :
je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours,
je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ;
je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent apprendre la médecine,
je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes,
des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître
et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais
à nul autre. »
« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage,
suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute
injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai
l'initiative d'une pareille suggestion ; de la même manière, je ne remettrai
à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art
dans l'innocence et la pureté. Je ne pratiquerai pas l'opération de la pierre,
mais laisserai ce soin à ceux qui en ont la pratique. Dans quelque maison que
je rentre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait
volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons,
libres ou esclaves. Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même
hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être
divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. »
« Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il
me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais
des hommes ;
si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire. »
Les Grecs utilisent une pendule à eau, qui mesure l'écoulement de l'eau d'un
réservoir, pour mesurer le temps.
~390 av JC Platon (427 - 347) réunit les théories développées
par Socrate, mais jamais mises par écrit. Il écrit que le monde
tel que nous le comprenons est une projection de la Réalité, auquel nous avons
accès par conséquent indirectement. Cela le mène à rechercher des principes universels
(archétypes) pour décrire la Réalité, incluant les formes biologiques et les
espèces vivantes. Cela correspond au développement de la science pythagoricienne et
place l'étude des mathématiques comme fondement de la philosophie. Parmi les
nombreuses choses pour lesquelles on se souvient de lui, vient son idée qu'il
existe deux mondes. Le monde que l'on voit n'est qu'un reflet, une image imparfaite
du monde réel, transitoire qui va s'altérer. Le monde réel que l'on ne peut voir
directement, est bon, parfait, éternel, stable et constant. En cela, Platon réconcilie Parménide et Héraclite,
d'une manière différente de celle choisie par les Atomistes. Dans le Monde Réel,
il n'y a pas manifestement de variation ou de changement, ni besoin d'aucun,
car tous les organismes présents, les Archétypes, sont parfaits. Les variations
que l'on peut constater chez certains organismes sont dues au fait qu'ils sont des copies
imparfaites des véritables Archétypes du Monde Réel.
~390 av JC Aristote (Stagire 384 - Chalcis 322), l'un
des élèves les plus célèbres de Platon, a créé les premières
règles sérieuses de la logique, que nous connaissons actuellement comme la logique
du premier ordre. Elle est à la base de toutes les méthodologies hypothético-déductives.
La logique dérive de la géométrie. Le principe d'exclusion (ceci ou cela,
et non les deux ensemble) signifie simplement que l'on ne peut avoir deux solides
en même à la même place. Aristote définit dix catégories nécessaires
à la connaissance : en latin essentia, quantitas, qualitas, ad
aliquid, situs, habitus, locus, tempus, agere, pati).
Les classes correspondantesseront gardées jusqu'à leur redéfinition par Emmanuel
Kant au 18ème siècle. Aristote regroupe 500 espèces
d'animaux en 8 classes. En
terme d'organisation de l'Univers, Aristote soutient que la
Terre est en même temps le centre de l'univers, et comme Empédocle,
l'un des quatre éléments primordiaux. La Terre est ronde. C'est la première sphère,
entourée par
des sphères d'eau, d'air et de feu, dans cet ordre, à une place qui leur est
propre (ce qui rappelle Anaximandre, avec des sphères à la place
de cylindres). Cet ordre suit le raisonnement d'Anaximène basé sur le fait qu'une
motte de terre jetée retombe toujours, comme le fait la pluie, alors que les
flammes du feu s'élèvent toujours vers leur sphère. Les relations harmonieuses
et interdépendantes de ces sphères sont inspirées de Platon, elles peuvent être
perçues comme une musique céleste : la musique des sphères. Au-dessus du feu,
se trouve la Lune, et cette sphère délimite une matière d'un genre différent.
Au-delà de la Lune, on trouve le Soleil, les planètes et les étoiles, qui tournent
autour de la Terre journellement, selon une orbite inclinée complexe. Toute la
matière à l'intérieur de l'orbite de la Lune est différente de celle au-delà.
Rappelant les idées de Platon, la théorie d'Aristote affirme
que la matière terrestre pourrit et est éphémère, alors que la matière céleste,
l'éther, est constante et éternelle. Cette idée a été par la suite empruntée
et intégrée dans la plupart des croyances chrétiennes, comme la localisation
du Paradis. Elle a ainsi a été importante plus tard dans le rejet de Copernic et
de Kepler comme hérétiques, puisque
qu'ils disaient que la Terre était simplement "une autre planète" tournant
autour du soleil. Les implications d'un système solaire central n'étaient
pas du tout rassurantes pour les chrétiens du Moyen-Age qui pensaient
que le paradis était le lieu dans les cieux ou iraient les chrétiens victimes
de la peste après leur mort. Pour preuve de cette idée d'une Terre ronde, Aristote cite
des exemples de faits comme le fait que les bateaux disparaissent de l'horizon,
le mât en dernier, comme s'ils voguaient sur une courbe. Héraclide
du Pont (388
-315), un autre élève de Platon, est un des premiers à avoir
dit que l'apparente rotation journalière des corps célestes n'était pas due à
leur mouvement, mais plutôt à la rotation de la Terre sur elle-même autour de
son axe. Il a également dit que Vénus et Mercure tournaient autour du Soleil
et pas de la Terre. Ces idées ne furent pas bien acceptées des gens qui pensaient
que le bas était "en bas" et
non "au centre", pourtant ces deux découvertes constituèrent une étape
importante vers la théorie Copernicienne.
La pluie est mesurée en Inde sur une base régulière. Le fer est utilisé comme
matériau de base en Chine. Les astronomes chinois décrivent 115 étoiles et 28
constellations et donnent leur coordonnées.
332 av JC Alexandre le Grand se fait proclamer Pharaon
d'Egypte à Memphis. Il se peut que ce soit en raison des honneurs divins que ce couronnement
donnaient. Mais la loi Perse en Egypte, en étrange contradiction
avec les traitements Perses de la plupart des autres pays conquis, était oppressive
et désacralisait les sanctuaires sacrés. Aussi, l'image populaire d'Alexandre
accueilli comme libérateur de l'Egypte, même si Arrien limite la "cordialité" au
gouverneur égyptien Mazaces, est assez vraisemblable. Toute
l'Egypte tombe aux mains d'Alexandre sans résistance.
331 av JC Alexandre revient d'un circuit de 1100 km en
Lybie, ou il consulte l'oracle de Siwa. Il lui aurit dit qu'il fonderait Alexandrie
sur la côte égyptienne, la future métropole du monde hellénistique (bien qu'Arrien
et Plutarque s'accordent pour dire qu'Alexandrie a été fondée avant l'épisode
de Siwa). Toutes nos sources disent qu'après être devenu le maître de l'Egypte,
Alexandre ressentit le besoin urgent ("πόθος") de consulter l'oracle
de Siwa. L'oasis de Siwa était alors appelée Ammonium ou Ammon, ses habitants
les Hammonii (Ammonites). L'oracle était considéré comme l'un des trois grands
oracles du monde ancien, avec Delphes et Dodone en Grèce. Les prêtres de ces
oracles restaient en contact les uns avec les autres. Ce contact était particulièrement
précieux pour les prêtres de Siwa lors du règne oppressif des Perses. Selon la
vision polythéiste, il était naturel de considérer Ammon d'Egypte,
le grec Zeus ou le romain Jupiter comme un même Dieu. Le Halas
ammoniakôn (ἁλας άμμονιακων chlorure d'ammonium), qui bien plus
tard jouera un rôle si important en reliant la chimie minérale et la chimie organique,
est découvert au temple de Zeus Ammon en Lybie.
~ 330 av JC Théophraste (Erèse, 372 - 287) décrit plus
de 550 plantes dans un traité qui sera recopié par de nombreuses génération jusqu'à
l'invention de l'imprimerie en Europe. L'explorateur grec Pythéas de
Phocée (Marseille)
atteint la Bretagne.
~ 325 av JC Alexandre le Grand, envoie son amiral, Néarque,
explorer l'Océan Indien, le Golfe Persique et l'Euphrate. Les conquêtes d'Alexandre
apportent beaucoup au monde connu sous la domination grecque, incluant l'introduction
de la langue grecque, de la pensée et de la philosophie dans des lieux où elles
étaient encore inconnues.
~ 320 av JC Aristote affirme que le mâle fournit la forme
et la femelle la matière lors de la reproduction. Son système de
classification qui sépare les animaux des plantes a profondément influencé le
cours de la biologie. Il inclut ce qui sera appelé plus
tard en latin Scala
naturae. Il affirme que tous les organismes sont organisés selon une hiérarchie
allant du moins complexe au plus complexe, comme les barreaux d'une échelle sans
espace libre, sans possibilité de mouvement ou de changement, chaque espace étant
rempli. Cette idée fut également empruntée par les premiers Chrétiens pour remplacer
le concept ancien hébraïque "Que la Terre produise". Nos termes techniques
actuels "genre" et "espèces" sont des traductions latines
des mots grecs utilisés pour la première fois par Aristote. Aristote
pense que les pangènes, particules représentatives des divers organes, passent
de ces organes aux éléments reproducteurs (quels qu'ils soient) et transmettent
leurs caractéristiques propres au petit enfant préformé qui grandit
dans la mère. Cette croyance est défendue (en particulier par Charles
Bonnet) jusqu'après Darwin. Elle donne souvent
lieu à des explications folkloriques très intéressantes sur les taches de naissance
ou les défauts anatomiques, ridiculisées à juste titre par Maupertuis.
Aristote suppose
soit que l'embryon grandit à partir d'un enfant préformé soit se
développe à partir d'éléments indifférenciés (pas de parties distinctes du
corps) vers un embryon différencié. Cette supposition mena à 2000 ans de débats
et de controverses. Praxagore de Cos découvre la différence
entre artères et veines.
~ 300 av JC Dioclès de Caryste (? - 293) écrit un livre
qui fait avancer les connaissances en anatomie. Il essaie de comprendre les liens
de causalité entre symptôme et maladie, tentative qui sera reprise par Praxagore
de Cos, qui établit l'importance du diagnostic du pouls. Epicure
(341-270) développe la théorie des Atomistes. Une partie de ses travaux
est résumée dans le Livre X de Diogène Laërce. Epicure ne
développe pas réellement le travail de Leucippe et de Démocrite mais
au contraire fait un retour en arrière. Au lieu de proposer que le mouvement
des atomes est symétrique
dans son principe (c'est
à dire sans direction préférée), il suggère qu'ils suivent une direction préférée
du "haut" vers
le "bas", comme la pluie. Cela l'oblige à ajouter le principe d'une
sorte de choc (πνηγη) pour qu'ils s'entrechoquent et communiquent entre eux.
~ 290 av JC Euclide d'Alexandrie (325 - 265) écrit son Optique,
qui est le premier travail grec sur la perspective. Euclide écrit
aussi les livres suivants qui ont survécu : "Données" (comportant 94
propositions), qui cherche quelles propriétés de figures on peut déduire quand
d'autres propriétés sont connues ; "Sur la division" qui recherche
les constructions pour diviser une figure en deux parties faites de surfaces
ayant un rapport donné ; "Phénomènes" qui est une introduction élémentaire
sur l'astronomie mathématique et donne des réponses sur l'heure à laquelle les
étoiles dans certaines positions vont se lever et se coucher. Les livres suivants
d'Euclide ont
tous été perdus : "Surface Loci" (deux livres), "Porismes" (trois
livres comportant selon Pappus, 171 théorèmes et 38 lemmes) Coniques" (quatre
livres), "Le livre des paradoxes" et "Éléments de Musique".
~ 265 av JC Premier contact des Romains avec la médecine
grecque par l'intermédiaire de prisonniers de guerre.
263 av JC Des voyageurs en provenance de Sicile apportent
le cadran solaire à Rome, où il est exposé au Forum.
~ 260 av JC Archimède de Syracuse (287 - 212) applique
la méthode d'exhaustion (la quadrature en est un exemple), qui est la première
forme d'intégration, pour obtenir une série complète de résultats mathématiques
importants. Il donne aussi une approximation exacte de π, montrant que la
valeur exacte se situe entre 310/71 et 31/7. Il obtient ce résultat en circonscrivant
et en inscrivant un cercle avec des polygones réguliers à 96 côtés. Il montre
qu'il peut évaluer précisément les racines carréεs. Il invente un système pour
représenter les grands nombres. En mécanique, Archimède découvre des théorèmes
fondamentaux concernant le centre de gravité des figures plates et des solides.
Dans "Le
traité des corps flottants", Archimède
pose les principes de base de l'hydrostatique. On trouve dans ce traité son théorème
le plus connu donnant le poids d'un corps plongé dans un liquide, appelé "Principe
d'Archimède". Il étudie également la stabilité de divers corps flottants
de formes et de gravité différentes
~ 240 av JC Eratosthène de Cyrène (de descendance grecque
ou chaldéenne) (~276-194) suggère que la Terre tourne autour du soleil et esquisse
l'itinéraire du Nil. Il note qu'à l'équinoxe du printemps et de l'automne, le
soleil au zénith est exactement au-dessus des habitants du Haut Nil (Sud), mais
pas à Alexandrie, au nord de l'Egypte. Là, le soleil est à un angle de 7% avec
la verticale. Comme cela représente 1/50 de 360%, il calcule que la distance
entre Alexandrie et le Haut Nil, qui était connue, représente également 1/50
de la circonférence de la Terre. Ses calculs se révèlent très proches des calculs
actuels : le diamètre ainsi calculé diffère de 100 km de la valeur actuellement
acceptée du diamètre de la Terre. Ainsi, non seulement la Terre est ronde, mais
on peut mesurer sa circonférence. Cela ne fut pas accepté pendant des siècles.
Pendant plusieurs dizaines d'années, Erathosthène sera directeur de la grande
bibliothèque d'Alexandrie.
~ 220 av JC Appolonius de Pergame (Pergame, 265 - Alexandrie
170), postule que les planètes tournent autour du soleil et le soleil tourne
autour de la Terre. On pense qu'Appolonius est l'inventeur
du système des cercles excentriques et des épicycles, très utilisés par Hipparque
de Nicée. Il rédige aussi un traité monumental sur les sections coniques "Des coniques".
Dans ce traité, le terme d'ellipse est utilisé pour la première fois.
~ 220 av JC Sous la dynastie Han, les mathématiques, venant
peut-être d'Inde, se développent rapidement en Chine. Cette science sera vite
pratiquement oublié et sera remplacé par l'étude du comportement individuel du
citoyen dans l'Empire plutôt que la culture et la connaissance (développement
de la doctrine confucianiste à la place de la Science et de la Philosophie).
~ 200 av JC Marcus Porcius Caton (234 - 149) publie un
traité sur les techniques agriculturales "De l'Agriculture".
L'utilisation des roues dentées mène à l'invention de la roue à eau tirée par
des bœufs pour l'irrigation.
~ 170 av JC Le premier occidental à avoir expliquer l'emploi
thérapeutique des sangsues est Nicandre de Colophon (Clarus,
près de Colophon 200 - 130) dans son poème médical, Alexifarmaka.
Nicandre étudie les poisons en général, analyse 19 poisons particuliers (8 de
type animal et 11 végétal) et énumére les remèdes appropriés. Il écrira par la
suite de nombreux livres, en particulier sur la médecine et les animaux.
159 av JC La première horloge à eau (clepsydre) est exposée à
Rome.
~ 140 av JC Hipparque de Nicée (190 - 125) fait des découvertes
importantes en astronomie et invente la trigonométrie. Il crée le premier catalogue
d'étoiles, indiquant leur brillance et leur position. Il découvre aussi la
précession des équinoxes en comparant les observations des étoiles faites à des
années différentes et note que les étoiles se déplacent vers l'Est. Il explique
ces faits par un lent décalage de l'équinoxe. Cratès de Mallos construit
son grand globe terrestre.
124 av JC Le recrutement de personnel administratif en
Chine est mené dans un esprit de compétition national. Les candidats sont supposés
avoir une connaissance exhaustive des textes fondamentaux (textes ayant trait
au comportement et aux règles sociales, incluant une formalisation de l'Art,
mais sans Science quelle qu'elle soit). Cet intéressant système "démocratique" durera
deux millénaires et maintiendra un modèle rigide du comportement pendant toute
cette période, empêchant l'accès à la Science, à cause du contenu des épreuves.
~ 100 av JC Les Romains pensent que les juments peuvent
être fécondées par le vent.
~ 70 av JC Lucrèce (99 - 55) développe
la théorie des atomes dans son De Rerum Natura et l'utilise pour expliquer
la réalité. Il reprend, sous le nom de clinamen l'erreur d'Épicure, qui pensait nécessaire l'action d'un accident moteur pour rendre compte de l'interaction des atomes.
63 av JC A la suite des batailles et des conquêtes de
Pompée, la loi romaine s'impose presque partout dans le monde occidental.
1er janvier 45 av JC Sur les conseils d'un astronome
d'Alexandrie, Jules César décide de corriger le problème du nombre non entier
de jours dans l'année en ajoutant au calendrier un jour tous les quatre ans.
Il a toujours été difficile pour les hommes de concevoir un calendrier correct
précis parce que l'année solaire ne comporte pas exactement 365 jours et le mois
lunaire ne fait pas exactement 29 jours. Cela permettra de reconstituer les 365,25
jours d'une année normale.
~An 0 L'ére chrétienne commence avec l'expansion d'une
secte dérivée d'une secte israélite prosélyte (les Esséniens) fondée sur les
paroles du prophète Isaïe, parmi des hommes libres mais aussi des esclaves.
Cette religion aura un impact décisif dans le développement de la Science
par son rôle de transmission et d'interprétation des connaissances
grecquesà sa façon. La plus importante contribution de cette
religion à la science étant peut-être l'importance donnée à l'universalité
de la connaissance et le besoin de l'étendre au monde entier (toujours
vrai de nos jours).
~30 ap JC Lucius Annaeus Sénèque (Cordoue
4 av JC - Rome 65 après JC), précepteur du dictateur fou Néron, développe
la philosophie du stoïcisme. Néron l'oblige à se suicider.
~50 ap JC L'utilisation
médicinale des sangsues pour réaliser des saignées comme remède est
décrite au premier siècle après JC dans des écrits chinois, ainsi que
parallèlement dans des récits sanscrits, perses et arabes.
~60 ap JC Le mathématicien Héron d'Alexandrie (~10
après JC à Alexandrie, ~75 après JC) fonde la première "faculté
de technologie" à Alexandrie. On pense d'après ses écrits qu'il
enseigna au Museum d'Alexandrie.
~100 ap JC Epictète (60
- 140), esclave de la cour de Néron, écrit un "Manuel" de
philosophie stoïcienne Eπιχτετου
ἐνχειριδιον réputé.
105 ap JC Invention du papier
tel qu'on le connait aujourd'hui par Cai Lun 蔡倫 (66-125).
Cela aidera à la transmission et à la diffusion des connaissances (surtout
en poésie et traités sur les comportements éthiques, très rarement
sur les matières scientifiques) dans toute la Chine.
~130 ap JC Zhang Heng 張衡 (78-139) construit
en Chine le premier sismographe connu. Claude Ptolémée (~110-~160)
astronome et mathématicien, dessine 26 cartes de divers pays. Il travaille
probablement à Alexandrie entre 127 et 148 car certaines de ses observations
astronomiques concordent avec ces dates. Son œuvre "Géographie" fournit
au moins un indice, mentionnant la cité égyptienne d'Antinoupolis fondée
en 130. L'écrit le plus connu de Ptolémée est l'Almageste, ensemble
de 13 livres d'astronomie dans lequel on trouve entre autres, les bases
de la trigonométrie moderne, le Tetrabiblos, qui est un recueil d'astrologie
et "Géographie". Il écrit de nombreux autres ouvrages centrés
sur les mathématiques appliquées : astronomie, optiques, musique etc.
~160 Galien (129 - 189), médecin personnel
de Marc Aurèle, développe plus avant le concept humoral de la maladie,
fondé sur les anciennes théories d'Hippocrate. Cela
le pousse à recommander la pratique de la saignée. Selon cette doctrine,
on conçoit l'existence du corps humain comme un équilibre des quatre
humeurs hippocratique : le sang, le flegme, la bile noire et la bile
jaune. Une perturbation dans l'équilibre de ces humeurs mène à la maladie,
une bonne santé peut être rétablie en corrigeant ce déséquilibre, généralement
en prélevant le sang du patient. Comme philosophe, médecin et anatomiste,
il restera célèbre pour ses descriptions de l'anatomie humaine qui
feront autorité pendant les 1000 ans suivants.
~180 Galien réunit toutes les connaissances
médicales de son temps dans un traité. Il extrait des jus de plantes
à des fins médicales. Galien et d'autres
par la suite développeront un système élaboré incluant les
quatre organes, ensemble cohérent d'où proviennent les quatre humeurs,
les quatre saisons, les quatre étapes dans la vie de l'homme, et divers
autres ensembles regroupant quatre caractères. Lorsque quelqu'un est
malade, il ou elle a trop d'une humeur particulière ("il
est de mauvaise humeur aujourd'hui") et a besoin d'un traitement
à base d'herbes possédant des propriétés inverses. Cela correspond
à la théorie chinoise sur la santé fondsée sur le Yin 陰 et le Yang
陽, et sera la base de la médecine occidentale jusqu'au Moyen-Age et
au-delà. Notre culture a gardé jusqu'à ce jour des traces profondes
de ce système, même si l'on sait qu'il n'est pas exact : par exemple,
faire référence à l'hiver de la vie lorsque l'on parle des personnes
âgées est toujours une analogie courante en poésie. D'une manière semblable,
la culture (très illogique en termes de physique classique,
mais tout à fait compatible avec nos
nouvelles vues sur l'information) des cinq
éléments (feu, bois, eau, métal, terre) fonde encore pour beaucoup
la médecine traditionnelle chinoise.
~250 Huang-Fu Mi 皇甫谧 (215 - 282) dans son
traité Kia-yi-king, le livre de la méthode d'acupuncture
classique, décrit les organes internes, les lignes "d'énergie" (les
12 canaux qui circulent à la limite de la chair) et les points d'acupuncture.
Ce traité est toujours utilisé de nos jours par les gens intéressés
par cette pratique.
~250 Diophante d'Alexandrie (200
- 284) écrit le premier livre sur ce que nous désignons aujourd'hui
comme "algèbre".
271 La première forme de boussole est utilisée
en Chine dans un but d'orientation.
~280 Wang Shu-Ho (265 - 317), dans son
traité Moe-King, livre sur le pouls, décrit en détails les
relations entre les types de pouls (fréquence, force, variations) et
les causes de maladies.
~300 Porphyre (233 - 304) écrit son Isagore dans
lequel il structure chacune des dix catégories. Cet "arbre de
Porphyre" précède la classification des organismes biologiques
faite bien plus tard.
~310 Ge Hong (Ko Hong)葛洪 (281 - 340),
spécialiste en alchimie chinoise, décrit la lèpre, la variole et la
rougeole en Chine dans son livre Baopuzi (抱朴子) (chapitres
Nei-wai-pian).
~320 Papus d'Alexandrie (~290-~350)
réunit un ensemble éclectique d'ouvrages anciens d'Euclide, Archimède et Appolonius. Il ajoute à ce recueil un nombre considérable d'explications
et de développements. Certains des thèmes traités par Pappus concernent
les coniques, la géométrie plane, la mécanique, et tout particulièrement
intéressant pour les étudiants en mathématiques, les lignes droites
tangentes à certaines courbes. Dans le livre sur la mécanique, il décrit
cinq techniques utilisées : la roue dentée, le levier, la poulie, la
vis et la cale.
~410 Début de ce qui deviendra plus
tard l'alchimie avec la recherche de la Pierre Philosophale et de l'Elixir
de Vie comme objectifs majeurs.
425 Fondation de l'université de Constantinople.
~470 Zu Chongzhi 祖沖之 (429 - 500), astronome
issu en droite ligne des mathématiciens chinois sans beaucoup de reconnaissance
dans leur pays, calcule la valeur de π à plusieurs
décimales : π = 3.141592203.
499 Le mathématicien indien Aryabhata (Kusumapura
(maintenant Patna), 476 - 550) crée un code pour décrire en lettres
une table des sinus dans son Arya-bhatiya. Les 25 premières
consonnes du sanscrit sont utilisées pour représenter les 25 premiers
entiers, de la même façon les 8 suivants représentent les nombres de
30 à 100 de 10 en 10. Les neuf voyelles sont utilisés pour représenter
les puissances de 100 (ceci jusqu'à 1008). Cela lui permet de représenter
de très grands nombres par des petits mots. L'utilisation de demi-cordes
pour le calcul des sinus (à la place de la corde entière comme les
Grecs le faisaient), lui permet de donner des valeurs exactes à la
troisième voire quatrième décimales. L'innovation la plus importante
de ce système est que, pour la première fois, (les codes avec lettres
avaient déjà été utilisés par les Grecs), le rôle du rang dans la création
des multiples de 10 est reconnu. Ce qui donne implicitement un rôle
au zéro.
~550 Jean Philoponos o Grammatikos
(Alexandrie ? - ?) écrit un long et détaillé "Commentaire
sur la philosophie d'Aristote" , contribuant ainsi à perpétuer
les connaissances de cet important philosophe (incluant Περι μετεωρων
et un ouvrage sur les animaux).
~600 A Baghdad, le nom apparu avec
la numération de position dans la technique de l'addition, venant
d'Inde, prend le nom Arabe "sifr" qui signifie "espace
vide" (comme on considère aujourd'hui l'ensemble "vide") .
En latin médiéval, il devient "ciphra". Le nom
français dérivé du latin sera "chiffre" et en anglais du
Moyen-Age sera "siphre" puis deviendra "cypher".
Les penseurs arabes commencent à transmettre la pensée grecque, l'expliquant,
en particulier les écrits d'Aristote.
~630 Sun Simiao (Souen Sseu-Mo 孫思邈), (581 -
682) dans sont traité (Qian Jin Fang Ts'ien-king fang 千金方)
analyse le comportement du corps en terme d'équilibre selon les cinq
éléments, et explique comment cela influe sur les maladies.
632 La mort de Mahomet marque la création de la
civilisation islamique, qui, commençant par la connaissance arabe,
va faire un lien entre la science indienne et la science grecque,
à partir de la tradition grecque déjà reprise par les penseurs arabes
(souvent Chrétiens). Pendant longtemps, la philosophie islamique séparera
la science de la théologie, et permettra ainsi l'émergence de la
science moderne. De manière curieuse (et plutôt regrettable), cette
vision intelligente de la religion décline au fur et à mesure l'expansion
de la civilisation arabe vers l'Ouest, régressant malheureusement
vers une période sombre et archaïque toujours en vigueur actuellement
dans de nombreuses régions du monde islamique. La science arabe prendra
le relais de la science grecque durant quelques siècles, pendant
une période où elle sera pratiquement oubliée en Europe jusqu'à ce
que les universités soient finalement (et heureusement) créées.
~700 Mansour (Jean Damascène) (Damas,
674 - 749) établit une relation entre la naissance de l'Islam et
la Chrétienté.
~780 Abu Musa Jabir Ibn Haiyan (Geber, Jabir) (?-
Koufa, 803), connu sous le nom de l'alchimiste Geber
au Moyen-Age, est généralement reconnu comme Père de la Chimie.
Il est reconnu comme
l'un des principaux savants pratiquant la médecine et la
chimie à Koufa (en Irak actuellement). A ses débuts, Geber se
trouve sous le parrainage du vizir Barmaki sous le califat de Harun
al-Rashid des Abbasides. Il est reconnu pour avoir écrit plus de
100 traités monumentaux , dont 22 sur l'alchimie. Il introduit
la recherche expérimentale dans l'alchimie (dérivé du mot arable "al-Kimiya"),
donnant un élan vers la chimie moderne. Geber insiste
sur l'expérimentation et le développement de méthodes pour pour
permettre la reproductibilité dans son travail. Sa contribution à
l'importance fondamentale donnée à la chimie inclut la perfection
des techniques de la cristallisation, de la distillation, de la
calcination, de la sublimation et de l'évaporation et le développement
de divers instruments pour conduire ses expériences. La réussite
pratique majeure de Geber est la découverte des
minéraux et des acides, qu'il prépara pour la première fois dans
son alambique (al-Anbique). Son invention de l'alambique rend
le processus de distillation plus facile et méthodique. Parmi ses
diverses découvertes, on peut citer la préparation des acides nitrique,
hydrochlorique, citrique et tartrique.
~815 Yuhanna Ibn Masawaih
(Jean Mésué) (776 - 855) traduit en arabe un texte grec
ancien sur la médecine et donne sa propre vision de l'utilisation
des plantes en tant que médicaments pour guérir certaines maladies.
~820 Al-Jahiz (Uhtman Amr bin Bahr
al-Fukaymi al-Basri) (Bassorah, 779 - 869), fondateur
d'une secte nommée après lui, al-Jahiziyya, écrit un ouvrage de
zoologie, "Le
Livre des Animaux" (Kitab al-Hayawan)
inspiré par les réflexions de ces prédécesseurs grecs. Il est un
lien entre les premiers observateurs d'Aristote et
les penseurs islamiques éclairés.
~825 Al Khuwarizmi (Perse
? - ?) écrit sur l'arithmétique. Il reprend les démonstrations
des Grecs qui sont tombées dans un oubli presque total, en particulier
les raisonnements des disciples d'Eratosthène. Son nom est à l'origine
du mot "algorithme", c'est-à-dire une série de procédures
testées, arrangées dans un ordre séquentiel, mais capables de s'auto
référencer.
~850 Hunayn Ibn Ishaq (Johannitius) (808-873),
élève chrétien nestorien de Mésué, traduit dix
ouvrages écrits en grec ou en syriaque en arable, en particulier
le travail de Galien et d'Hippocrate et
aussi les écrits de Dioscoride.
~850 Des prêtres taoïstes, cherchant
à inventer un élixir d'immortalité, mélange du salpêtre, du souffre
et du charbon : ceci donnera un poudre noire, utilisée plus tard
dans les fusils et les feux d'artifice.
860 - 866 Jean Scott Erigène (? Irlande
~800 - ~877), dans son De Divisione Naturae, réexamine
les catégories d'Aristote, et expose le problème
de la création dans la Nature. Sa réflexion sur la nature de la
création reste importante pendant tout le Moyen-Age. Elle sera
par la suite perdue
de vue au profit de la réflexion mécaniste
qui culminera à la fin du 18ème siècle et qui est toujours dominante
aujourd'hui.
~900 Abu-Kakr Muhammed ibn-Zakariya’al-Razi,
Rhazes (Rayy, Persia, 860/864 - 923/932) établit un diagnostic
fiable de la variole et la distingue de la rougeole. Dans deux
livres Kitah al-Mansuri et Kitah
al-hawi, il continue la tradition d'Hippocrate et Galien.
~920 Al-Farabi (878 - 950), auteur
d'une introduction à la philosophie de Platon et d'Aristote est
précurseur d'une riche tradition dans la philosophie islamiste,
basée sur les commentaires des Grecs (plus particulièrement Aristote)
et sur les textes du Coran.
976 Comme le montrent des traces
en Espagne, le système de représentation des nombres indo-arabe
fait sont chemin en Europe de façons diverses.
~980 Alfred le Grand (roi Saxon)
utilise des bougies allumées pour mesurer le temps.
~1000 Sous la dynastie Sung, les
bougies et l'encens allumés marquent le temps en Chine.
~1025 Ibn Sina (Avicenne) (Boukhara
980 - 1037) rédige son Canon de Médecine (commentaire
sur Aristote, avec des influences néo-platonistes). La nature est
perçue comme un "but". Il propose la même anatomie humaine
que celle de Galien.
~1050 Michel Psellos (Bysance, 1018
- 1096) rédige de nombreux traités de sciences Sapientissimi
Pselli opus dilucidum in quattuor mathematicas disciplinas, arithmeticam,
musicam, geometricam, et astronomiam. Numerirum
ricontractior explicatio, dans lesquels il
commence par l'étude de Platon, puis d'Aristote et
du rôle de la raison et de la science dans l'explication des faits
naturels.
1086 Invention des pictogrammes mobiles
pour l'imprimerie en Chine. Cela correspond aux techniques modernes
d'imprimerie.
1088 Création de l'Université de Bologne
1145 Sous la dynastie Song, la première
autopsie est pratiquée en Chine sur le corps d'un prisonnier chinois.
~1150 Matthaeus Platearius ( ? -
1161), de la célèbre école de Salerne, expose dans son Circa
instans negotium in simplicibus medicinis, la façon
d'utiliser les plantes et leurs préparations pour guérir certaines
maladies. Il explique la façon dont les momies sont traitées pour
être préservées ou utilisant des morceaux de momies comme médicament.
Il décrit des collections de plantes qui constitueront un herbier.
1150 Hildegarde von
Bingen am Rhein (Bermersheim,
1098 - 1179) écrit des traités médicaux et scientifiques, Physica, Causae
et Curae, résumés dans son Liber subtilitatum diversarum
naturarum.
1155 Création de l'Université de Paris.
1167 Henri II interdit à des étudiants anglais
de suivre des cours à l'Université de Paris. Cela aura pour conséquence
le développement de l'enseignement à ce qui deviendra l'Université
d'Oxford.
~1175 Ibn Rushd (Averroès) (Cordoue
1126 - 1198) publie son remarquable traité, Tahafut al Tahafut,
réfutant l'interprétation littérale des textes sacrés par Abu
Hamid al Ghazali (1058 - 1111), et affirme que la science
est distincte de la théologie, et n'est pas en contradiction avec
elle. La contribution d'Averroès dans le développement de la science est majeure,
en particulier grâce à son Commentaire sur Aristote.
~1180 Moseh Ben Maimon (Mosé Maimonide) (Cordoue,
1135 - Foustat, 1204) soutient un retour vers
la pensée d'Aristote : "On peut se dispenser
de lire Platon, parce que les textes d'Aristote suffisent (...).
Les travaux d'Aristote sont les racines et la base de tout travail
scientifique. Cependant, ils ne peuvent être compris sans l'aide
des Commentaires, ceux d'Alexandre d'Aphrodisias, de Themistios
et d'Averroès".
~1200 Abdallatif (Abd-Ul-Latif) (Bagdad,
1162 - 1231) rédige de nombreux ouvrages de médecine et de zoologie
: il décrit l'hippopotame et le crocodile et fait des expériences,
comme faire éclore des oeufs de poule par incubation sous chaleur
artificielle.
1202 Fibonacci (Léonard de Pise)
(1170 - 1250), dans son Liber Abaci instaure
l'utilisation du calcul décimal en Europe.
1220 Création de l'Université de
Montpellier qui, contrairement aux autres universités déjà créées,
n'est pas religieuse mais laïque. Ce qui est totalement novateur
et on y enseigne simultanément et de manière égale la médecine
gréco-latine et arabe ainsi que la chirurgie.
~1240 Thomas Cantipratensis (Thomas
de Cantimpré) (1121 - 1263/72), dans son Liber de naturis
rerum, suit les idées d'Aristote dans de
nombreuses descriptions du vivant. Vincentius Bellovacensis
(Vincent de Beauvais) (1190 - 1264) écrit un Speculum naturae dans
lequel il complète les discussions d'autres auteurs en termes aristotéliciens.
~1240 Albert von Bollstädt (Albert
le Grand) (Lauingen an der Donau, 1200 - Cologne 1280),
considéré comme le "Docteur Universel" du Moyen-Age,
commence à Paris la tâche de réunir l'ensemble des connaissance,
sciences naturelles, logique, rhéorique, mathématique (en particulier
le travail sur les éléments d'Euclide), l'astronomie, l'éthique,
l'économie, la politique et la métaphysique. Il rédige des commentaires
sur l'ensemble des travaux d'Aristote, y ajoutant ses propres observations
et expériences. Par "expérience", Albert
le Grand entend "observer, décrire et classer".
Son travail mélange l'œuvre d'Aristote avec le
néo-platonisme, la théologie chrétienne et la philosophie islamiste
et judaïque. En biologie, sa contribution sera considérable, donnant
des informations sur des remèdes basés sur les minéraux, et son Regimen sanitatis comprend
des chapitres sur le pain, le vin, les oeufs, le poisson, les légumes
etc en association avec ce qu'il pense être leur rôle sur la santé.
1247 Li Ye (1192 - 1279) écrit un traité
sur les mesures des cercles.
~1250 Sakarja ben Muhammed (el
Kasvini) (? - ?) publie "Les Merveilles de la Nature" dans
le style d'Aristote.
1253 Willem van Ruysbroek (1225
- 1295), des Flandres Françaises, rejoint Karakorum en Mongolie
et reste quelques temps pour y débattre de principes religieux.
De retour en Europe, il rapporte quelques connaissances sur le
Bouddhisme Tibétain ainsi que le secret de la poudre à canon.
Fondation de la Faculté de Médecine de Paris. Les chirurgiens,
séparés des médecins dans le serment d'Hippocrate, se trouvent
relégués comme "barbier".
1267 Roger Bacon (Ilchester 1214 - Oxford
1294), franciscain à Oxford et à Paris, rédige ses Opus majus et Opus minus,
suivis l'année d'après par Opus tertium, comportant des réflexions
sur les mathématiques, l'astronomie, l'optique et les sciences expérimentales.
Il y décrit des lunettes, des machines volantes, des bateaux à moteur et le
procédé de fabrication de la poudre à canon. Ses écrits sont un passionnant
plaidoyer contre l'ignorance. Il mêle ses attaques contre l'ignorance de son
temps avec des suggestions pour augmenter la connaissance. Mais l'esprit novateur
de ses idées mènera à son emprisonnement en 1277.
~1270 Arnaud de Villeneuve (~1235 - 1311) dans
son Rosarium philosophorum examine les Catégories
d'Aristote : "Rien ne donne ni le blanc ni le rouge,
sinon par sa blancheur et par sa rougeur". Il écrit
également divers traités d'alchimie, qui jouait un rôle important à cette époque
(ils sont toujours célèbres pour ceux qui aiment la pseudo-science et l'ésotérisme)
: De secretis naturae et De Alchimia Opuscula et
propose des façons de se nourrir pour préserver sa santé dans Regimen
sanitatis. L'ensemble de son oeuvre sera détruite par l'Inquisition.
1273 Thomas d'Aquin (Rocca Secca, 1225
/1227- Fossa Nuova, 1274), docteur en théologie de l'Université de Paris, rédige
sa dernière contribution à son fameux Summa theologica. Ce Summa
theologica a
été rédigé seulement jusqu'à la 90ème question de la troisième partie (De
partibus poenitentiae). Parmi les choses importantes dont il parle dans
le Summa theologica se trouve le concept de la création, qui ne correspond
pas à l'interprétation de la Genèse dans la Bible, mais qui est très
moderne dans la façon de considérer le rôle de la formation des relations entre
les objets. L'Ecole Scholastique, illustrée par Thomas
d'Aquin, a été raillée
après la Renaissance, mais elle est pourtant beaucoup plus riche que le Mécanisme
qui s'est développé durant ce siècle, qui a pris le nom de "Lumières".
De plus, l'importance qu'il a donnée à Aristote plutôt qu'à Platon l'idéaliste
a eu beaucoup d'impact sur le développementde la science.
Thomas d'Aquin soutient que l'intelligence ne perçoit
pas directement la singularité des choses matérielles mais seulement
leur nature universelle extraite de la perception des sens.
~1280 Philippe 1er de Courtenay (Constantinople
1243 - 1285), empereur de Constantinople, fait une relation entre la scholastique
et les interprétations orientales d'Aristote.
1295 Marco Polo (Korcula 1254 - Venise 1323)
revient de son voyage en Orient. En 1298, prisonnier à Gênes, il commence à
rédiger ses mémoires dans lesquels il décrit la nature évoluée de la
civilisation chinoise.
~1300 Johannes Duns Scottus (Duns, ~1265
-1308) commente les Sentences, texte théologique
de base du théologien italien Pierre Lombard. Ses deux écrits
les plus importants sont ses Commentaires sur les Sentences et ses
traités Quodlibet, Questions
de Métaphysique et Sur le Premier Principe.
Scot mêle la théorie Aristotélicienne de la connaissance dirigée vers la nature
des objets physiques comme réalisable par la puissance abstractive de l'intellect
avec la vision franciscaine de l'âme comme substance de plein droit avec des
puissances de réflexion non confinée à la réalité sensible (???). Ce subtil
mélange de tendances divergentes et son habile méthode d'analyse lui vaut le
titre de "Docteur Subtil". Comme Thomas d'Aquin, Scot est un réaliste
en phislosophie, mais diffère de d'Aquin sur certains problèmes de base. Un
point de divergence important concerne leurs visions de la perception. Scot soutient
que la compréhension directe et intuitive de certaines choses vient et de l'intellect
et des sens. Il soutient également que les Universaux n'existent pas en tant
quel tels indépendamment de l'esprit humain, mais que chaque chose séparée
ou "singulière" possède une nature bien distincte qu'elle partage
avec d'autres choses de la même espèce. Ce fait, enseigne-t-il, fournit la
base objective de notre connaissance des vérités essentielles.
1303 Zhu Shijie 朱世傑 (1250 ? - 1303 ?) publie un
livre d'algèbre, Suan xue qi meng, (Introduction aux études mathématiques), comportant
une représentation des multiples d'une somme (connue plus tard sous le nom
de Triangle de Pascal).
1306 - 1312 Henri de Mondeville (1260 - 1320) écrit
son Chirurgie en latin qui sera traduit en français
en 1314.
~1310 Bartholomeus Minus de Senis (? -
?) est supposé avoir fait un résumé des connaissances sur les différents remèdes
dans un Tractatus de herbis inspiré de travaux précédents
eux-mêmes inspirés des traités de Galien, traduit du Grecs
en Latin à l'époque, ainsi que des livres inspirés de la médecine arabe.
~1324 Guillaume d'Ockham (Ockham, ~1285/1290
- München, 1347), qui étudia la théologie à Oxford, est condamné comme hérétique
pour ses Ccommentaires des Sentences de Pierre
Lombard après avoir été dénoncé par le chancelier de l'université, John Lutterel. Ockham
est réputé pour sa façon d'organiser l'exploration des connaissances.
1347 Venant de Mongolie, la Mort Noire (la Peste
Noire) commence à envahir l'Europe.
1363 Guy de Chauliac (1290 - 1368) publie un
traité de chirurgie, La Grande Cyrurgie.
1370 Le roi Charles V de France édicte
que toutes les cloches des églises de Paris doivent sonner à la même heure
que le Palais Royal, aidant à mettre fin à la sonnerie des cloches aux heures
canoniques (heures de prière) décrétée par l'église et commençant à instituer
une échelle de temps universel.
?1373 Abu Abdallah Yaish ibn Ibrahim Al-Umawi (?~1400
-? 1489) rédige Marasim al-intisab fi`ilm al-hisab
(Des procédures et règles mathématiques), et Raf`al-ishkal
fi ma`rifat al-ashkal, œuvre sur la mesure.
Le premier de ces deux ouvrages comporte la date de "1373" qui est
en contradiction avec les dates de la vie de ce mathématicien.
1386 Fondation de l'Université de Heidelberg.
1400 Des horloges mécaniques sont fabriquées
en Europe, utilisant un ressort et une roue
1405 Mohammed el Damiri (?
- ?) publie un livre sur La Vie des Animaux (‘Libro de los Animales’).