Damien Robert

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2016-10-24 22:39:16+0200

Jolies poésies

Tristan Corbière

Rondels pour après

Rondel

Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!
Il n'est plus de nuits, il n'est plus de jours;
Dors... en attendant venir toutes celles
Qui disaient: jamais! qui disaient: toujours!

Entends-tu leur pas?... ils ne sont pas lourds :
Oh! les pieds légers! - l'Amour a des ailes...
Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!

Entends-tu leurs voix?...Les caveaux sont sourds.
Dors : Il pèse peu, ton faix d'immortelles;
Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
Jeter leur pavé sur tes demoiselles...
Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!

Do, l’enfant, do…

Buona vespre ! Dors : Ton bout de cierge...
On l'a posé là, puis on est parti.
Tu n'auras pas peur tout seul, pauvre petit?...
C'est le chandelier de ton lit d'auberge.

Du fesse-cahier ne crains plus la verge,
Va!...De t'éveiller point n'est si hardi.
Buona sera ! Dors : Ton bout de cierge...

Est mort, - Il n'est plus, ici, de concierge :
Seuls, le vent du nord, le vent du midi
Viendront balancer un fil-de-la-Vierge.
Chut ! Pour les pieds-plats, ton sol est maudit.
-Buona notte ! Dors : Ton bout de cierge...

Petit mort pour rire

Va vite, léger peigneur de comètes!
Les herbes au vent seront tes cheveux;
De ton oeil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...

Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux...
Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...

Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux...
Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes -
Va vite, léger peigneur de comètes!

Les Amours Jaunes

Le crapaud

Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

...Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
-Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

-Un crapaud!-Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle!
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue...-Horreur!-

...Il chante.-Horreur!!-Horreur pourquoi?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.
.................................................................
Bonsoir-ce crapaud-là c'est moi

Rapsodie du sourd

L'homme de l'art lui dit : - Fort bien, restons-en là.
Le traitement est fait : vous êtes sourd. Voilà
Comme quoi vous avez l'organe bien perdu. -
Et lui comprit trop bien, n'ayant pas entendu.

- " Eh bien, merci Monsieur, vous qui daignez me rendre
La tête comme un bon cercueil.
Désormais, à crédit, je pourrai tout entendre
Avec un légitime orgueil...

A l'oeil - Mais gare à l'oeil jaloux, gardant la place
De l'oreille au clou !... - Non - A quoi sert de braver ?
... Si j'ai sifflé trop haut le ridicule en face,
En face, et bassement, il pourra me baver ?

Oi, mannequin muet, à fil banal ! - Demain,
Dans la rue, un ami peut me prendre la main,
En me disant : vieux pot.... ou rien, en radouci ;
Et je lui répondrai - Pas mal et vous, merci ! -

Si l'un me corne un mot, j'enrage de l'entendre ;
Si quelqu'autre se tait : serait-ce par pitié ?...
Toujours, comme un rebus, je travaille à surprendre
Un mot de travers... - Non - On m'a donc oublié !

- Ou bien - autre guitare - un officieux être
Dont la lippe me fait le mouvement de paître,
Croit me parler... Et moi je tire, en me rongeant,
Un sourire idiot - d'un air intelligent !

- Bonnet de laine grise enfoncé sur mon âme !
Et - coup de pied de l'âne... Hue ! - Une bonne-femme
Vieille Limonadière, aussi, de la Passion !
Peut venir saliver sa sainte compassion
Sans ma trompe-d'Eustache, à pleins cris, à plein cor,
Sans que je puisse au moins lui marcher sur un cor !

- Bête comme une vierge et fier comme un lépreux,
Je suis là, mais absent... On dit : Est-ce un gâteux,
Poète muselé, hérisson à rebours ?...
Un haussement d'épaule, et ça veut dire : un sourd.

- Hystérique tourment d'un Tantale acoustique !
Je vois voler des mots que je ne puis happer ;
Gobe-mouche impuissant, mangé par un moustique,
Tête-de-truc gratis où chacun peut taper.

O musique céleste : entendre, sur du plâtre,
Gratter un coquillage ! un rasoir, un couteau
Grinçant dans un bouchon !... un couplet de théâtre !
Un os vivant qu'on scie ! un monsieur ! un rondeau !...

- Rien - Je parle sous moi... Des mots qu'à l'air je jette
De chic, et sans savoir si je parle en indou...
Ou peut-être en canard, comme la clarinette
D'un aveugle bouché qui se trompe de trou.

- Va donc, balancier soûl affolé dans ma tête !
Bats en branle ce bon tam-tam, chaudron fêlé
Qui rend la voix de femme ainsi qu'une sonnette,
Qu'un coucou !... quelquefois : un moucheron ailé...

- Va te coucher, mon cœur ! et ne bats plus de l'aile.
Dans la lanterne sourde étouffons la chandelle,
Et tout ce qui vibrait là - je ne sais plus où -
Oubliette où l'on vient de tirer le verrou.

- Soyez muette pour moi, contemplative Idole,
Tous les deux, l'un par l'autre, oubliant la parole,
Vous ne me direz mot : je ne répondrai rien...
Et rien ne pourra dédorer l'entretien."

Insomnie

Insomnie, impalpable Bête !
N'as-tu d'amour que dans la tête ?
Pour venir te pâmer à voir,
Sous ton mauvais oeil, l'homme mordre
Ses draps, et dans l'ennui se tordre !...
Sous ton oeil de diamant noir.

Dis : pourquoi, durant la nuit blanche,
Pluvieuse comme un dimanche,
Venir nous lécher comme un chien :
Espérance ou Regret qui veille.
A notre palpitante oreille
Parler bas... et ne dire rien ?

Pourquoi, sur notre gorge aride,
Toujours pencher ta coupe vide
Et nous laisser le cou tendu,
Tantales, soiffeurs de chimère :
- Philtre amoureux ou lie amère
Fraîche rosée ou plomb fondu ! -

Insomnie, es-tu donc pas belle ?...
Eh pourquoi, lubrique pucelle,
Nous étreindre entre tes genoux ?
Pourquoi râler sur notre bouche,
Pourquoi défaire notre couche,
Et... ne pas coucher avec nous ?

Pourquoi, Belle-de-nuit impure,
Ce masque noir sur ta figure ?...
- Pour intriguer les songes d'or ?...
N'es-tu pas l'amour dans l'espace,
Souffle de Messaline lasse,
Mais pas rassasiée encor !

Insomnie, es-tu l'Hystérie...
Es-tu l'orgue de barbarie
Qui moud l'Hosannah des Élus ?...
- Ou n'es-tu pas l'éternel plectre,
Sur les nerfs des damnés-de-lettre,
Raclant leurs vers - qu'eux seuls ont lus.

Insomnie, es-tu l'âne en peine
De Buridan - ou le phalène
De l'enfer ? - Ton baiser de feu
Laisse un goût froidi de fer rouge...
Oh ! viens te poser dans mon bouge ! ...
Nous dormirons ensemble un peu.

Preface

SOUS UN PORTRAIT DE L’AUTEUR

Jeune philosophe en dérive
Revenu sans avoir été,
Coeur de poète mal planté :
Pourquoi voulez-vous que je vive ?

L'amour ! je l'ai rêvé, mon coeur au grand ouvert
Bat comme un volet en pantenne
Habité par la froide haleine
Des plus bizarres courants d'air ;
Qui voudrait s'y jeter ? pas moi si j'étais ELLE !
Va te coucher, mon coeur, et ne bats plus de l'aile.

J'aurais voulu souffrir et mourir d'une femme,
M'ouvrir du haut en bas et lui donner en flamme,
Comme un punch, ce coeur-là, chaud sous le chaud soleil
Alors je chanterais (faux comme de coutume)
Et j'irais me coucher seul dans la trouble brume
Eternité, néant, mort, sommeil, ou réveil.

Ah si j'étais un peu compris ! Si par pitié
Une femme pouvait me sourire à moitié,
Je lui dirais : oh viens, ange qui me consoles !...
... Et je la conduirais à l'hospice des folles.

On m'a manqué ma vie !... une vie à peu près ;
Savez-vous ce que c'est : regardez cette tête.
Dépareillé partout, très bon plus mauvais, très
Fou, ne me souffrant... Encor si j'étais bête !

La mort... ah oui, je sais: cette femme est bien froide,
Coquette dans la vie; après, sans passion.
Pour coucher avec elle il faut être trop roide...
Et puis, la mort n'est pas, c'est la négation.

Je voudrais être un point épousseté des masses,
Un point mort balayé dans la nuit des espaces ;
...Et je ne le suis point !

Je voudrais être alors chien de fille publique
Lécher un peu d'amour qui ne soit pas payé ;µ
Ou déesse à tous crins sur la côte d'Afrique,
Ou fou, mais réussi ; fou, mais pas à moitié.

Charles Cros (1842-1888)

 Le collier de griffes

Moi, je vis la vie à côté

Sonnet.

Moi, je vis la vie à côté, 
Pleurant alors que c'est la fête. 
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.

J'allume du feu dans l'été, 
Dans l'usine je suis poète ; 
Pour les pitres je fais la quête,
Qu'importe ! J'aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes, 
Beauté des vers, beauté des flammes, 
Beauté du bien, beauté du mal.

J'ai trop étudié les choses ; 
Le temps marche d'un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !

Walt Whitman

O Captain! My Captain!

O Captain! my Captain! our fearful trip is done,
The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won,
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring;
    But O heart! heart! heart!
        O the bleeding drops of red,
            Where on the deck my Captain lies,
                Fallen cold and dead.

O Captain! my Captain! rise up and hear the bells;
Rise up...for you the flag is flung...for you the bugle trills,
For you bouquets and ribbon'd wreaths...for you the shores a-crowding,
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
    Here Captain! dear father!
        The arm beneath your head!
            It is some dream that on the deck,
                You've fallen cold and dead.

My Captain does not answer, his lips are pale and still,
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will,
The ship is anchor'd safe and sound, its voyage closed and done,
From fearful trip the victor ship comes in with object won:
    Exult O shores, and ring O bells!
        But I with mournful tread,
            Walk the deck my Captain lies,
                Fallen cold and dead.

Maya Angelou

Still I Rise

You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may trod me in the very dirt
But still, like dust, I'll rise.

Does my sassiness upset you?
Why are you beset wtih gloom?
'Cause I walk like I've got oil wells
Pumping in my living room.

Just like moons and like suns,
With the certainty of tides,
Just like hopes springing high,
Still I'll rise.

Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops,
Weakened by my soulful cries.

Does my haughtiness offend you?
Don't you take it awful hard
'Cause I laugh like I've got gold mines
Diggin' in my own back yard.

You may shoot me with your words,
You may cut me with your eyes,
You may kill me with your hatefulness,
But still, like air, I'll rise.

Does my sexiness upset you?
Does it come as a surprise
That I dance like I've got diamonds
At the meeting of my thighs?

Out of the huts of history's shame
I rise
Up from a past that's rooted in pain
I rise
I'm a black ocean, leaping and wide,
Welling and swelling I bear in the tide.

Leaving behind nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that's wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.

Pablo Neruda

Tonight I Can Write

Tonight I can write the saddest lines.

Write, for example, 'The night is shattered
and the blue stars shiver in the distance.'

The night wind revolves in the sky and sings.

Tonight I can write the saddest lines.
I loved her, and sometimes she loved me too.

Through nights like this one I held her in my arms.
I kissed her again and again under the endless sky.

She loved me, sometimes I loved her too.
How could one not have loved her great still eyes.

Tonight I can write the saddest lines.
To think that I do not have her. To feel that I have lost her.

To hear the immense night, still more immense without her.
And the verse falls to the soul like dew to the pasture.

What does it matter that my love could not keep her.
The night is shattered and she is not with me.

This is all. In the distance someone is singing. In the distance.
My soul is not satisfied that it has lost her.

My sight searches for her as though to go to her.
My heart looks for her, and she is not with me.

The same night whitening the same trees.
We, of that time, are no longer the same.

I no longer love her, that's certain, but how I loved her.
My voice tried to find the wind to touch her hearing.

Another's. She will be another's. Like my kisses before.
Her voice, her bright body. Her infinite eyes.

I no longer love her, that's certain, but maybe I love her.
Love is so short, forgetting is so long.

Because through nights like this one I held her in my arms
my soul is not satisfied that it has lost her.

Though this be the last pain that she makes me suffer
and these the last verses that I write for her.

Robert Frost

The Road Not Taken

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I--
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.

Emily Dickinson

I’m Nobody! Who are you?

I'm Nobody! Who are you?
Are you--Nobody--too?
Then there's a pair of us?
Don't tell! they'd advertise--you know!

How dreary--to be--Somebody!
How public--like a Frog-- 
To tell one's name--the livelong June-- 
To an admiring Bog!

Divers

Ecclesiastes 3i-viii (King James Version)

To every thing there is a season, 
And a time to every purpose under the heaven: 

A time to be born, and a time to die; 
A time to plant, and a time to pluck up that which is planted; 

A time to kill, and a time to heal; 
a time to break down, and a time to build up; 

A time to weep, and a time to laugh; 
A time to mourn, and a time to dance; 

A time to cast away stones, and a time to gather stones together; 
A time to embrace, and a time to refrain from embracing; 

A time to get, and a time to lose; 
A time to keep, and a time to cast away; 

A time to rend, and a time to sew; 
A time to keep silence, and a time to speak; 

A time to love, and a time to hate; 
A time of war, and a time of peace. 

Saint-John Perse

CHANSON

Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un
sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous
ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire)...

Et ce n'est point qu'un homme ne soit triste, mais se levant avant le
jour et se tenant avec prudence dans le commerce d'un vieil arbre,
appuyé du menton à la dernière étoile,
il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l'arbre qui roucoule, je siffle un sifflement
plus pur...
Et paix à ceux qui vont mourir, qui n'ont point vu ce jour.
Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une
chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

Paul Valéry

Les pas

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n'était que vos pas.

Paul Eluard

L’AMOUREUSE

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire

René Char

Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le
temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se
souvient plus; qui au juste l'aima?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt
est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est
prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude
est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma
liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le
temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se
souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne
tombe pas?

Louise LABÉ

VIII

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Si je n’ai pas le droit de citer une des poésie ci-dessus, merci de m’envoyer un mail, je retirerai la poésie incriminée.