Numérisation de diapositives

En 2011, j'ai décidé de numériser toute la collection de diapositives 35 mm de mes parents, datant de 1974 à 2033. En utilisant un scanner Digitdia 5000, de la société allemande Reflecta, j'ai scanné avec succès environ 13 500 diapositives en deux mois et demi. J'ai essayer de donner mon retour d'expérience sur cette page, dans le cas où il pourrait être utile à d'autres.

Choix du scanner

Il y a globalement trois types de scanners disponibles sur le marché et qui permettent de numériser des diapositives :

Type Avantages Inconvénients
Scanners de bureau, avec un adaptateurs pour les diapositives
  • Économique,
  • Même équipement que pour les autres usages.
  • Qualité limitée (résolution et rendu des couleur),
  • Manipulation manuelle des diapositives.
Scanners à diapositives manuels
  • Prix raisonnable,
  • Très bonne qualité (typiquement 7200 ppp),
  • Technologie ICE pour certains.
  • Manipulation manuelle des diapositives.
Scanners pour paniers diapositives
  • Prise en charge automatique de lots de diapositives (50 à 100),
  • Bonne qualité (typiquement 3600 ppp),
  • Technologie ICE.
  • Cher.

Vu le nombre de diapositives que je devais numériser, j'ai choisi la troisièmem option. Pour autant que je sache, il n'y a qu'un seul modèle de scanner de cette catégorie qui soit actuellement disponible sur le marché : Digitdia, de la société Reflecta. Ces scanners peuvent être achetés facilement sur de nombreux sites de vente en ligne de produits informatiques et/ou photographiques. Au moment où j'ai acheté mon scanner (mi 2011), la version courante était le Digitdia 5000. Fin 2011, une nouvelle version, Digitdia 6000 est disponible. Les principales différences sont une meilleure résolution (5000 ppp contre 3000 ppp), et le remplacement de la technologie ICE par une technologie équivalente appellée Magic Touch.

Reflecta Digitdia 5000 avec un panier universel
Reflecta Digitdia 5000 avec un panier universel

Les scanners Digitdia semblent être les mêmes que les scanners PowerSlide de Pacific Images, et qui sont vendus aux États-Unis (souvent à un prix inférieur). Soyez attentifs aux numéros de version, qui ne se correspondent pas, puisque le Digitdia 5000 correspond au PowerSlide 3650 et le Digitdia 6000 au PowerSlide 5000. Ces scanners sont semble-t-il tous fabriqués à Taïwan par Pacific Images et Reflecta est le revendeur européen.

Matériel

Le scanner Digitdia ressemble à un projecteur à diapositives traditionnel, dans lequel la lentille assurant la projection de l'image est remplacé par un équipement de numérisation. Il semble d'ailleurs que Reflecta / Pacific Images aient réutilisé la base matérielle de projecteurs plus anciens de la marque Braun. Le scanner est fourni avec trois paniers à diapositives :

Il est également compatible avec d'autres types de paniers, voyez la liste complète ici ; et en particulier avec les paniers circulaires Paximat 100 ou 100S qui ont une capacité de 100 diapositives chacun. Je recommande fortement ce type de paniers pour deux raisons. Vous pouvez scanner des lots de 100 diapositives au lieu de 50 (ce qui a un impact direct sur le temps nécessaire, voir ci-après), et il y a moins de problèmes mécaniques avec ces paniers (voyez également ci-après). Il est très facile d'acheter des paniers Paximat 100 ou 100S d'occasion, puisque de nombreuses personnes en utilisaient avec leurs anciens projecteurs à diapositives.

Reflecta Digitdia 5000 avec un panier circulaire
Reflecta Digitdia 5000 avec un panier circulaire

Le scanner est très bruyant : il fait un bruit doux lorsque les diapositives sont manipulées (comparable au bruit d'un projecteur traditionnel), et il produit un bruit relativement strident lorsqu'il numérise une diapositive (nettement plus fort qu'un scanner de bureau). Ce bruit est encore plus fort lorsque la technologie ICE est activé. Dans la mesure du possible, il est préférable de ne pas prévoir de rester dans la même pièce que le scanner pendant la numérisation d'un lot de diapositives.

Il y a une astuce à connaître pour utiliser un panier universel, et qui n'est pas documentée dans le manuel : il faut déplacer un curseur orange sur le bras qui pousse les diapositives dans le scanner (voyez l'image et la video ici).

Logiciel

Généralités

Le scanner Digitdia est fourni avec une logiciel nommé CyberView X, pour Microsoft Windows et Mac OS. Il permet de configurer le scanner (résolution, profondeur des couleurs, ICE, etc.) et de lancer la numérisation (diapositive par diapositive, ou par lots jusqu'à 100 diapositives). Je dirais qu'il s'agit d'un logiciel peu pratique, dans le sens où l'interface utilisateur n'est pas très bien conçue, et qu'il contient un certain nombre de bugs. Cependant, une fois que vous êtes familiarisé, il permet de réaliser les tâches élémentaires qui sont requises sans trop de difficultés. N'espérez cependant pas faire plus avec ce logiciel, comme organiser ou traiter les images numériser. Il faut mieux pour cela utiliser un logiciel du commerce. CyberView X dispose également d'une interface Twain, bien que je ne vois pas trop l'intérêt pour un scanner de ce type.

Il est également possible d'acheter le scanner avec un logiciel supplémentaire appelé SilverFast, dont le principal intérêt semble résider dans le traitement des images. Mais il est relativement cher, et son avantage par rapport à un logiciel classique de traitement des images n'est pas très clair.

Je recommenderais de ne pas utiliser l'ordinateur qui fait tourner CyberView X pour une autre chose pendant qu'il numérise un jeu de diapositives, car le logiciel ne semble pas fait pour cela. Cependant, ce logiciel n'a pas d'exigences très fortes en terme de matériel (je l'ai utilisé sans problème sur un AMD Athlon 2.4 GHz qvec quelques Go de mémoire vive), donc vous pouvez utiliser un ordinateur d'occasion pour cela.

Configuration de la numérisation

Résolution. La résolution de numérisation peut être configurée entre 1800 et 3600 ppp. Elle a un impact direct (et malheureusement presque quadratique) sur le temps nécessaire à la numérisation de chaque diapositive. Cependant, scanner à 3600 ppp vaut en général le coup. Cela ne réduit pas les traces de poussière ou les rayures sur les diapositives, s'il y en a, mais le reste des images est de bien meilleure qualité. J'ai eu de mauvais résultats avec les résolutions intermédiaires (comme 2400 ppp) qui ont donné des images pixelisées. Le choix semble donc être entre 1800 et 3600 ppp.

Profondeur des couleurs. Les diapositives peuvent être numérisées avec une profondeur de 24 ou 48 bits. Cela n'a quasiment aucune influence sur la durée de numérisation. J'ai choisi de n'utiliser que 24 bits, car la taille des fichiers TIFF est doublée avec 48 bits, et il n'y a pas de support de 48 bits en JPEG.

Format d'image. CyberView X permet de sauvegarder les images au format TIFF (non compressé) ou au format JPEG (compressé). Je recommende de sauvegarder au format TIFF, et de faire la conversion en JPEG avec un autre logiciel pour deux raisons : la compression JPEG par CyberView X ralentit le processus de numérisation, et ne peut pas être configurée (e.g. le niveau de compression).

ICE. L'ICE (ou de manière équivalente le Magic Touch) est une technologie qui permet d'éliminer les traces de poussière et les rayures lors de la numérisation en utilisant le spectre infra-rouge. Il produit des résultats excellents, excepté avec les diapositives Kodachrome qui ne sont pas compatibles. Il augment significativement le temps nécessaire pour numériser chaque diapositive, mais cela vaut le coup !

Retour d'expérience

Fiabilité du matériel

Le matériel est très fiable. En numérisant 13 500 diapositives :

Cadrage

Lorsque l'on scanne une diapositive, le scanner doit détecter la position du cadre, de manière à ne scanner uniquement la zone de la photo, pour en particulier distinguer les diapositives verticales et horizontales. Cela est probablement fait au niveau logiciel, bien que je n'en sois pas absolument certain.

Cela fût sans aucun doute mon principal problème, puisque le logiciel Digitdia n'est pas très performant dans ce domaine. Environ 10 % des images numérisées étaient mal cadrées par le logiciel, et nécessitaient une reprise à la main (en particulier les diapositives verticales). Environ 2 % des images étaient mal cadrées, et devaient être scannées à nouveau. Les problèmes se produisaient bien sûr principalement avec les diapositives sombres, telles que les photographies prises le soir et en intérieur.

Si c'était à refaire, je pense que je désactiverais la fonctionnalité de recadrage dans CyberView X, de manière à toujours scanner toute la zone possible, et j'essayerais de trouver un logiciel qui fait le cadrage correctement.

Temps nécessaire

Il y a deux durées à considérer : le temps de manipulation (i.e. le temps que vous passez à préparer les diapositives, et traiter les images), et le temps de numérisation proprement dit (i.e. le temps passé par le scanner sans votre intervention).

Le premier temps dépend largement de la manière dont vos diapositives sont rangées, du type de traitements que vous appliquez, de votre efficacité, etc. Il est donc difficile de faire des généralités. Pour ce qui me concerne, j'ai passé en moyenne 30 secondes par diapositive (i.e. environ 150 heures pour 13 500 diapositives), pour :

La fiche technique annonce un temps de numérisation de 90 secondes par diapositive en résolution maximale. Ce peut-Être exact, mais le temps réel passé pour chaque diapositive est supérieur, car il faut un certain temps au scanner pour se préparer avant chaque diapositive, et aussi du temps pour transférer et sauvegarder l'image. En pratique, j'ai observé :

Ainsi, j'ai pu lancer trois lots de diapositives par jour (un lot avant d'aller travailler, un lot en rentrant et un lot pour la nuit), avec au moins deux heures de préparation et de traitement par jour. Le facteur limitant était donc principalement le nombre de diapositives par lot, ce qui était un argument fort en faveur des paniers circulaires.

Qualité

J'ai été globalement très satisfait de la qualité des images numérisées. Les couleurs sont fidèles, et la résolution est bonne. Le principal problème est bien entendu la qualité des diapositives elles-mêmes, et en particulier les poussières et les rayures. Pour les diapositives qui ne sont pas des Kodachrome, la technologie ICE réalise un travail presque parfait. Ainsi, les images numérisées sont meilleures que ce que l'on obtiendrait en projetant les diapositives avec un projecteur traditionnel. Pour les diapositives Kodachrome, qui ne sont pas compatibles avec l'ICE, j'ai tenté de minimiser les traces de poussières et de rayures en nettoyant manuellement les diapositives avec un pinceau avant de les numériser. Cependant, il en restait toujours un peu, mais cela serait pareil avec un projecteur traditionnel. Pour conclure :

Exemples

Une diapositive Kodachrome (datant des années 1970), scannée en 1800 ppp, sans et avec la technologie ICE. En zoomant sur l'image scannée avec ICE, l'effet indésirable de cette technologie sur les diapositives Kodachrome est évident. (Cliquez sur les images pour les voir en plein résolution.)

Diapositive Kodachrome scannée sans ICE en 1800 ppp
Diapositive Kodachrome scannée sans ICE en 1800 ppp
Diapositive Kodachrome scannée avec ICE en 1800 ppp
Diapositive Kodachrome scannée avec ICE en 1800 ppp

Une diapositive Kodachrome (datant des années 1970), scannée en 3600 ppp, sans et avec la technologie ICE.

Diapositive Kodachrome scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive Kodachrome scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive Kodachrome scannée avec ICE en 3600 ppp
Diapositive Kodachrome scannée avec ICE en 3600 ppp

Une diapositive classique (datant des années 1970), scannée en 3600 ppp, sans et avec la technologie ICE. En pleine résolution, des poussières et rayures sont visibles dans la fleur en absence d'ICE. Ils disparaissent avec la technologie ICE.

Diapositive classique scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée avec ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée avec ICE en 3600 ppp

Une diapositive classique (datant des années 1990), scannée en 3600 ppp, sans et avec la technologie ICE. La grosse poussière dans l'angle supérieur droit est presque complètement éliminée par la technologie ICE.

Diapositive classique scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée sans ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée avec ICE en 3600 ppp
Diapositive classique scannée avec ICE en 3600 ppp