À cause de la panne de l'ascensceur, et du blocage total des escaliers, il y avait une quantité accrue de lapins qui grimpaient les murs de l'immeuble, cependant que, le long des balcons, des lapins et des lapines fatigués ou impatients calculaient la distance d'une chute...
(Souvenirs d'un Lapin Affamé, Marcel Lapidonski, Gallimard 1951, page 88)
Instaurant un parallèle entre les champs mobile et discursif, la description des lapins perchés sur des balcons contraste le méta-langage ambigu et chaotique des animaux qui adoptent des itinéraires terrestres.
Le langage de Lapidonski est immédiat, transitif, littéral, mais il n'aboutit jamais au "lapinesque", selon la declaration de l'auteur dans un entretien avec Philippe Sollers. Car si le lapin n'arrive jamais à se lancer de son balcon, mais tâche le faire pendant tout le récit, alors se compliquent les aspects méta-lapinesques du texte.