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Mise à jour régulière
d'un texte publié dans
le "Dictionnaire
de l'Ignorance" Presses Universitaires de France, Paris,
(1998) pp. 196-212 (© DR) et d'une conférence au
Collège de France à l'invitation de Jacques Roger.
Noter qu'un texte
en anglais développe un certain nombre de
points qui ne sont pas traités ici. En particulier, les contraintes
physico-chimiques de la matière limitent très fortement les
possibilités de création de macromolécules informationnelles.
Ce n'est donc qu'à la suite d'expériences
mal conduites, relayées par une grave
distortion de ce que devraient être les publications scientifiques, et d'une pression
médiatique ignorante qu'on
a pu croire que l'arsenic pourrait faire partie du squelette
des acides nucléiques. Tout au plus pourrait-il intervenir
comme
"décoration" de ce squelette, mais certainement pas
pour remplacer la liaison phosphodiester.
La réflexion sur le métabolisme
de surface doit à de nombreux auteurs, mais nous devons retenir
en priorité le raisonnement de Freeman Dyson qui a montré très
explicitement que la reproduction (faire une
copie semblable) devait précéder la réplication (faire
une copie exacte). Le métabolisme est donc antérieur au monde
des ARN, qui, lui-même doit se diviser en une première étape,
métabolisme général, synthèse des nucléotides et monde des ARN,
et une deuxième étape, où apparaît la réplication, le monde des
génomes à ARN. Il est aussi essentiel de comprendre que, du point
de vue de la chimie, il existe une logique
du métabolisme, plutôt qu'un assemblage incompréhensible
de réactions chimiques que les biochimistes apprennent par cœur.
Pour des compléments
et des détails des processus nécessaires à la création de la
vie, voir aussi : Texte
de la conférence donnée à Rio de Janeiro
pour le 100ème anniversaire de la mort
de Louis Pasteur (en anglais, Février
1995) et
présentation de la conférence de Rio , une
conférence au Centre International de Synthèse, et (Le Seuil
1990) (résumé). Il est
important aussi de comprendre que la comparaison des génomes,
de façon extraordinaire, nous donne accès à une archive de
l'origine de la vie (résumé
en anglais), et nous guide vers
ce qui a pu se produire il y a près de quatre milliards d'années.
Cristallographe, Louis Pasteur fit l'étonnante
découverte d'un caractère original qui allait
de pair avec la vie : les molécules qui dérivent
des processus vivants cristallisent sous une forme dissymétrique.
Alors que les molécules issues de la chimie ordinaire
donnent souvent un mélange de cristaux symétriques
les uns des autres comme le sont les mains, ou les objets avec
leur reflet dans un miroir, le tartrate présent dans
la lie du vin ne donnait qu'un seul type de cristal, sans qu'on
puisse y découvrir son symétrique. Il a donc
paru nécessaire à Pasteur d'inclure un processus
spécifique dans la chimie du vivant afin de la différencier
de la chimie ordinaire. En raison de ses convictions philosophiques ou
du moins de ses convictions affichées Pasteur
ne pouvait pas penser immédiatement que la vie naissait
spontanément de la matière, qu'elle soit minérale
ou organique. La vie devait naître de la vie. Et, parce
qu'il était bien connu qu'un bouillon laissé à l'air
donnait naissance à une activité clairement vivante,
il fallait penser que cela impliquait la préexistence
de germes vivants qui se multipliaient au sein du bouillon.
Pasteur pouvait par conséquent affirmer :
" J'ai la prétention de démontrer avec rigueur que dans
toutes les expériences où l'on a cru reconnaître l'existence
de générations spontanées, chez les êtres les plus
inférieurs, où le débat se trouve aujourd'hui relégué,
l'observateur a été victime d'illusions ou de causes d'erreur
qu'il n'a pas aperçues ou qu'il n'a pas su éviter." (*)
Et comme la vie ne résiste pas aux températures élevées,
il devenait facile de détruire tous les germes qui envahissent
le bouillon, et, au moyen d'un appareillage approprié,
d'empêcher la réinfection du bouillon par des
germes vivants. Si cette hypothèse tenait, un bouillon
stérilisé par la chaleur resterait inchangé au
cours du temps, et ne permettrait pas l'apparition spontanée
de la vie. Au contraire, permettre à l'air (où Pasteur
suppose que des germes sont présents) d'avoir accès
au bouillon suffirait à déclencher le processus
bien connu d'apparition d'organismes vivants dans les bouillons
ou autres jus, laissés à l'air libre.
La stérilisation de récipients
fermés était déjà connue et développée
depuis peu (procédé Appert), mais certains objectaient
que le principe vital pouvait être de nature très
subtile, et n'être en mesure de pénétrer
que dans des récipients ouverts. Cela pouvait être
testé en utilisant des récipients ouverts à ce
principe immatériel, mais où l'ouverture ne permettrait
pas à un germe matériel de parvenir aisément
au bouillon lui-même. C'est ce que Pasteur réalisa
(impliquant qu'il pensait que les germes avaient une masse
suffisante pour sédimenter dans le bouillon, et ne pourraient
remonter contre la gravité) en construisant ses fameux
récipients à col de cygne, ouverts à l'air,
mais toujours stériles un siècle après.
Il donnait le départ, par ces travaux, à une
recherche toujours active sur l'origine de la vie, et au procédé industriel
qui porte désormais son nom, la pasteurisation. Mais
avons nous beaucoup progressé aujourd'hui ? Quelles
sont donc les questions qui restent en suspens ?
Malgré la
démonstration faite par Pasteur qu'aucune
vie ne peut naître spontanément dans un bouillon,
c'est le modèle de la "soupe prébiotique" qui
a aujourd'hui encore la faveur du public. Mais il y a aussi,
hélas, toujours moyen d'échapper à cette question
d'origine. Il suffit de la reculer dans des endroits inconnus
ou inaccessibles, et d'imaginer que la vie s'est propagée
dans l'espace. C'est l'hypothèse de la panspermie. Comme
cette hypothèse
conduit à une ignorance quasi-absolue, de principe (puisqu'il
suffit de reculer, à chaque fois qu'on le souhaite le
lieu de l'origine), nous ne la mentionnons qu'en passant.
Mais qu'en est-il d'un bouillon originel ? L'idée
sous-jacente est qu'une abondante chimie spontanée du
carbone a lieu sur Terre et dans l'espace interstellaire. Au
fur et à mesure que nous observons le cosmos (et les
météorites qui parviennent à terre), il
se confirme bien que la chimie du carbone est ubiquiste dans
l'univers. Cela aurait permis l'accumulation d'une concentration
importante dans les océans d'une grande variété de
dérivés organiques, constituant le milieu au
sein duquel serait née la vie. Est-il imaginable d'évaluer
expérimentalement cette hypothèse, sachant que
le déroulement de la vie au cours des ères géologiques
a nécessairement totalement brouillé les cartes,
en utilisant la matière organique disponible ?
Pour rendre compte de l'évolution d'un
riche bouillon originel, Horowitz, en 1945, a proposé l'hypothèse
suivante : si la vie utilisait une molécule originelle
compliquée, E, elle l'a rapidement épuisée
dans ses constructions. Il a donc été nécessaire
d'élaborer E à partir d'un précurseur
D, à l'aide d'une première catalyse (enzyme a).
A son tour D s'est épuisée et il a fallu l'obtenir à partir
d'une molécule plus simple C, au moyen d'une enzyme
b, et ainsi de suite jusqu'à la molécule la plus
simple A. C'est ce qui expliquerait qu'aujourd'hui il existe
des organismes vivants qui utilisent les éléments
minéraux les plus simples pour se multiplier. Si cette
séquence d'événements est exacte on peut
donc prédire que b dérive de a, c de b etc.,
et donc que la phylogénie des enzymes d'un chemin métabolique
actuel (procédant du simple vers le compliqué)
devrait donner une filiation en sens opposé au sens
de la complication des produits du chemin. A l'époque
cette hypothèse ne pouvait pas être testée
expérimentalement. Elle a encore aujourd'hui la faveur
de bien des scientifiques (du moins de ceux qui n'ont pas sérieusement
réfléchi à la question).
Or, en 1957, Granick proposa une hypothèse
diamétralement opposée, où l'évolution
se serait faite du simple vers le compliqué, les enzymes évoluant
par spécification progressive de leur activité, à partir
d'un fonctionnement initial très flou. Les premières
activités enzymatiques, dans ce cas, seraient très
peu spécifiques et s'accommoderaient de substrats variés.
C'est au cours de l'évolution qu'elles deviendraient
de plus en plus précises et spécifiques, pour
atteindre ce qu'on connaît aujourd'hui.
Ce n'est qu'au début des années
1980, avec les travaux de B.P. Nichols et de ses collègues à l'Université de
Chicago, qu'un début de réponse expérimentale
a pu être trouvé : ces auteurs, grâce au
séquençage des gènes ont pu montrer que
l'hypothèse de Granick était la plus vraisemblable.
Il appelèrent ce phénomène d'un joli nom,
l'"évolution
acquisitive". Depuis, de nombreux travaux ont
conforté cette hypothèse, mettant peut-être
définitivement en défaut celle d'Horowitz. La
dernière observation en date, et mettant en jeu des
molécules compliquées vient de notre laboratoire,
où nous avons montré que des métabolites
aussi différents que l'aspartate et le glutamate (précurseurs
des protéines), l'uridylate (précurseur des acides
nucléiques), et le carbamate (molécule très
simple comportant les principaux ingrédients des molécules
de la vie), pouvaient être phosphorylés par une
même famille enzymatique, l'ancêtre potentiel correspondant à la
molécule la plus simple, le carbamate. De même,
nous avions montré quelques années auparavant,
que le métabolisme de deux autres acides aminés,
le tryptophane et la cystéine, proviennent d'un même
ancêtre. Cela est remarquable, nous y reviendrons, si
l'on se souvient que ces deux acides aminés chimiquement
très différents, sont codés par des codons
très voisins (même case du code génétique).
Mais de toutes façons il manque à la
soupe originelle des molécules essentielles. On n'y
trouve pas plusieurs acides aminés (les acides aminés
basiques, ceux qui interagissent avec les acides nucléiques),
les coenzymes (molécules relativement compliquées,
responsables de l'activité catalytique de bien des enzymes),
les lipides nécessaires à la confection des membranes,
et surtout, les nucléotides (précurseurs nécessaires
des acides nucléiques). Cette dernière absence
est particulièrement remarquable, en particulier parce
qu'il s'agit de molécules très instables, et
pour lesquelles il est donc nécessaire de découvrir
un processus de synthèse constant, pendant une longue
période (ce qui n'est le cas pour l'instant d'aucun
processus découvert). Cela reste une des plus grandes énigmes
de l'origine de la vie. Nous y reviendrons.
Enfin, la soupe originelle
est empoisonnée,
car alors qu'il y manque des ingrédients essentiels,
elle est remplie de molécules voisines des molécules
qu'on trouve aujourd'hui dans les organismes vivants. Or c'est
le fait d'être voisin d'un composé normal qui
fait qu'une molécule est un poison. Elle prend sa place,
s'y substitue, et conduit soit à l'arrêt du métabolisme,
soit à sa déviation erronée
Pasteur l'a résumé ainsi "la dissymétrie,
c'est la vie". Il est donc facile de comprendre que
bien des penseurs (du moins ceux qui regardent la surface des
choses
) aient imaginé qu'il faut, pour comprendre
la vie, expliquer l'origine de la dissymétrie. Et l'on
voit fleurir, presque tous les jours, comme c'est le cas pour
l'invention du mouvement perpétuel ou la quadrature du
cercle, des théories qui expliquent la dissymétrie
des acides aminés (dans les protéines ils sont
tous d'un seul type), et, partant, de toutes les molécules
des organismes vivants. Toutes sortes de conséquences
des propriétés de la physique (du monde quantique
en particulier) sont censées expliquer cette dissymétrie, à partir
d'une dissymétrie essentielle de la physique. Mais c'est
justement là que le bât blesse. Pourquoi ne pas
reporter à la biologie le raisonnement qui a conduit,
en physique, à expliquer la dissymétrie ?
Ce raisonnement est simple. La symétrie
d'un système physique n'est pas nécessairement
un état stable du système. C'est que, contrairement à l'intuition,
la symétrie peut être beaucoup plus rare, beaucoup
plus coûteuse en organisation ou en énergie, que
la dissymétrie. Imaginons une aiguille cylindrique homogène,
et imaginons qu'une force s'exerce dans le sens de sa longueur,
pour la comprimer. L'expérience montre que, plutôt
que se comprimer, l'aiguille va se tordre, dès que la
force exercée est un peu forte, perdant ainsi sa symétrie
cylindrique. Et l'explication est simple : il faudrait un contrôle
infiniment précis du sens de la force exercée
pour que l'aiguille garde en se comprimant sa symétrie.
La moindre perturbation, même très petite, va
entraîner la flexion de l'aiguille. Et cette situation,
une fois formée, sera stable. De la même manière,
si l'on considère la conduite sur les chemins et les
routes, il faut, pour éviter les accidents, conduire
ou bien à droite, ou bien à gauche. Et le choix,
une fois fait, reste fixé. A moins d'une action dictatoriale,
ou concertée : c'est ainsi que Napoléon fit changer
le sens de la conduite (on conduisait à gauche en Europe,
sauf en Angleterre, bien sûr). Et cette analogie va plus
loin : si l'on conduisait de préférence à gauche,
c'est que les hommes sont droitiers (cela permettait de se
défendre à l'épée contre d'éventuels
agresseurs arrivant en face). C'est donc d'une dissymétrie
du vivant que provenait le choix du sens de la conduite
Ainsi il n'est pas impossible qu'une cause physique
soit à l'origine de la dissymétrie observée
dans le vivant. Mais rien ne le dit : elle est nécessairement
très faible, et n'importe quel événement
contingent pourrait avoir joué le jeu qu'a joué Napoléon
dans la conduite. Car une fois une dissymétrie locale
formée, elle s'entretient elle-même. Aussi est-il
raisonnable de considérer que l'origine de la dissymétrie
du vivant provient de ce qu'elle est simplement plus stable
que la symétrie correspondante, mais que savoir pourquoi
elle est à gauche plutôt qu'à droite restera
sans doute toujours une énigme de peu d'importance,
il est vrai, car, que la forme soit droite ou gauche ne change
rien à ce qui fait la vie !
Nous avons mentionné toute une série de molécules,
acides aminés, nucléotides, enzymes, dont le lecteur
qui se souvient du lycée a une vague idée. Elles
ont toutes trait à la vie, mais comment y sont-elles liées
? Il ne peut pas être question ici de résumer le
célèbre petit livre de Schrödinger, ni de
tenter de définir dans le détail les lois de la
vie. Mais je souhaite mettre l'accent sur quatre processus qui
sont intimement associés chez tous les organismes vivants
et qu'il conviendra donc d'expliquer dans tout modèle
de l'origine de la vie. Ce sont : le métabolisme, la compartimentation,
la mémoire, et ce qu'on peut appeler la manipulation.
Mémoire et manipulation sont reliées par un processus
de codage, lui aussi essentiel à la définition
de la vie. Concrètement le support physique de la mémoire
héréditaire relève de la chimie des acides
nucléiques, et plus précisément des Acides
DésoxyriboNucléiques (ADN). Il s'agit là de
molécules géantes, des macromolécules, et
qui sont constituées d'un répertoire de quatre
motifs apparentés, les nucléotides, s'enchaînant
comme le font les lettres d'un texte alphabétique. Physiquement
cet enchaînement est une structure filamenteuse, repliée
dans l'espace sous la forme d'une hélice. Plus précisément
la molécule d'ADN est formée de deux hélices
entrelacées dont la séquence des bases est complémentaire,
comme on le verra plus loin.
L'information portée par l'ADN dirige
la synthèse des protéines, molécules d'une
classe chimique différente. Celles-ci sont douées
de propriétés manipulatrices. Elles permettent
les interconversions du métabolisme et les constructions
nécessaires à la compartimentation. Ainsi, les
réactions du métabolisme sont catalysées
par les protéines. Ces dernières forment aussi
un enchaînement linéaire, semblable à celui
d'un texte alphabétique, mais de vingt motifs apparentés
et non plus de quatre, les acides aminé. Le fil correspondant
se replie dans l'espace de façon beaucoup plus compliquée
que ne le fait l'ADN, et forme une architecture spécifique
de chaque séquence d'acides aminés, et responsable
de la fonction de chaque protéine. Dans ces processus
deux échelles spatiales, celles des petites molécules
(quelques atomes) et celles des macromolécules (quelques
milliers, millions ou même milliards d'atomes) sont entrelacées.
La vie se déroule principalement à l'échelle
intermédiaire, l'échelle mésoscopique.
Ces quatre processus sont de nature si différente
qu'il a parfois paru impossible de les associer. Cela a même
conduit un physicien comme F. Dyson a proposer que la vie est
née deux fois ! C'est ce qui explique pourquoi la plupart
des biologistes moléculaires ont tout simplement omis
de prendre en compte le métabolisme et la compartimentation
dans leurs hypothèses sur l'origine de la vie, pour
ne considérer que les protéines et les acides
nucléiques. Le même oubli s'est produit chez ceux
qui ont poursuivi une réflexion conceptuelle sur la
vie, à partir des machines de Turing par exemple, lorsqu'ils
ont recherché des programmes capables de produire des
images qui leur soient semblables, et qu'ils ont parlé de
vie artificielle.
Tout à l'opposé et cela
est le signe d'une surprenante carence intellectuelle de la
pensée scientifique on trouve des chercheurs
qui réagissent de façon enthousiaste à la
moindre découverte d'une nouvelle molécule organique
dans le cosmos, aussi banale qu'un acide aminé par exemple,
comme si cela nous apportait une nouvelle explication de l'origine
de la vie ! A une autre échelle, la découverte
récente des ribozymes, ces acides nucléiques
(des ARN, de structure chimique voisine, mais distincte, et
beaucoup plus réactive des ADN) doués d'activité catalytique,
a été interprétée comme permettant
de résoudre l'apparent paradoxe de l'œuf et la
poule : qui est le premier, acide nucléique ou protéine
? Mais même si cette question est en effet précisée
grâce à l'existence des ARN catalytiques, elle
ne fait que poser avec plus d'acuité encore, une question
toujours évacuée par ceux qui parlent de l'origine
de la vie, celle de l'existence des nucléotides. Il
reste par ailleurs une question cruciale, celle de l'origine
des membranes, nécessaires à la compartimentation.
Pour comprendre l'origine de la vie il est essentiel de distinguer
la reproduction de la machinerie cellulaire, avec ses
compartiments (ce que les biologistes "synthétiques" nomment
le "chassis") et son métabolisme, et la réplication du
programme génétique. Dans son petit livre Origins
of Life, Dyson
a montré de façon convaincante que dans tout scénario des origines
la reproduction doit avoir précédé la réplication. En Biologie
Synthétique, les efforts de la plupart des chercheurs sont intéressés
par le programme, pas par la machine. Pourtant quelques uns,
comme Doron Lancet ou Pier Luigi Luisi, visent à comprendre la
phase de reproduction, en construisant des modèles mathématiques
ou expérimentaux de ce qui aurait pu se produire dans le passé.
Comment trouver un commencement ? Granick
avait proposé d'analyser le métabolisme actuel,
pour imaginer le métabolisme originel. Le postulat sous-jacent
est ici que c'est à partir de l'origine du métabolisme
qu'on pourra expliquer l'apparition et l'organisation de tous
les processus du vivant. En bref, à la différence de Cairns-Smith
et de beaucoup d'autres il pensait que nous étions en face
d'archives, et non de palimpsestes.
Que faire si l'on écarte dès le départ le
modèle de la soupe prébiotique ? De nombreux savants
ont proposé une hypothèse alternative. Ils ont
insisté sur le fait que pour expliquer l'origine de la
vie, nous devrions plutôt considérer un monde minéral,
et plus particulièrement la surface de solides, comme
lieu des premières réactions qui ont conduit à la
vie, plutôt qu'une solution de molécules organiques.
Celle-ci nous l'avons vu, n'explique l'apparition ni des acides
aminés basiques, ni des coenzymes, ni des lipides nécessaires à la
fabrication des membranes, ni des nucléotides
Parmi ces savants on peut retenir quatre noms
: Desmond Bernal d'abord, à Londres, qui fit remarquer
l'importance des argiles dans la catalyse minérale sur
la matière
organique ; Samuel Granick, à New York, déjà nommé,
qui considéra que l'origine de la photosynthèse
devait se trouver sur des surfaces solides, et qui suggéra
l'importance de dérivés d'un atome particulier,
le soufre, dans les réactions intermédiaires
où se transfèrent des électrons (les réactions
d'oxydoréduction) ; Graham Cairns-Smith, à Glasgow,
qui établit clairement qu'une soupe prébiotique
serait littéralement empoisonnée par sa propre
richesse en molécules diverses et chimiquement voisines
les unes des autres ; et finalement, récemment, Günter
Wächtershäuser,
au bureau des brevets de Munich, qui insista sur le fait qu'un
métabolisme se déroulant à la surface
de particules solides devrait être considéré comme
la seule possibilité raisonnable pour l'apparition de
la vie telle que nous la connaissons. Ce dernier insista aussi
sur le rôle du soufre comme intermédiaire principal
des réactions d'oxydo-réduction, et comme substrat
de nombreuses réactions.
Brièvement on peut résumer le modèle de
ceux qui proposent une origine métabolique, minérale,
et solide à la vie, de la manière suivante. Des
surfaces minérales convenables, porteuses d'un excès
de charges électriques vont garder à leur contact
les molécules chargées en sens opposé. Ces
molécules sont donc soumises à la fois à un
processus de sélection (par la charge électrique)
et de concentration locale (elle sont très concentrées à la
surface des solides, par le même champ électrique
qui les sélectionne). De plus, par simple effet entropique
(bien entendu, comme le veut le bon sens, puisqu'on cherche des
hypothèses plausibles, sinon probables, en allant dans
la direction du deuxième principe de la thermodynamique,
et non en sens opposé, comme malheureusement on l'entend
trop souvent !), la polymérisation de ces molécules
sera favorisée à la surface (en particulier si
cette polymérisation élimine une molécule
d'eau, qui peut repartir sans contrainte dans le milieu), au
contraire de ce qui se passerait en solution.
Une justification de cette hypothèse se
trouve dans la structure même du métabolisme aujourd'hui,
qui met en jeu des molécules riches en phosphates et
en carboxylates, donc électriquement très chargées,
sans que cela ait une signification chimique pour l'activité qui
est la leur dans les processus vivants où elles sont
impliquées. De même la plupart des coenzymes,
essentiels à la catalyse, sont des molécules
ainsi chargées, mais où la charge n'intervient
nullement dans leurs propriétés catalytiques
(c'est en particulier le cas du pyridoxal phosphate, essentiel à de
nombreuses catalyses, où c'est la fonction aldéhyde
qui est catalytique, et où le groupe phosphate ne joue
aucun rôle).
Pour aller plus avant il est nécessaire
de préciser ces hypothèses. Elles ne sont d'ailleurs
aujourd'hui toujours que des hypothèses, car la succession
exacte des réactions chimiques qui leur correspondent
n'a pas été établie en laboratoire. Et
le plus rationnel ce qui fait le moins appel à la
magie de l'inconnaissable est de n'invoquer que des
principes simples dans l'évolution primitive. Un principe
de ce genre est celui de la variation sur un thème,
c'est à dire l'idée que, si une réaction
a pu avoir lieu, les réactions semblables auront aussi
de bonnes chances de se dérouler. On peut alors prédire
l'existence de familles de modifications ordonnées d'un
même substrat de base présent fréquemment à la
surface du solide, par divers radicaux chimiques. C'est ce
que nous avons appelé la transformation homéotopique
pour indiquer la conservation d'un thème.
Si cela existe il est important de chercher à dresser
le catalogue des réactions possibles, afin de tenter
de les réaliser en laboratoire. L'analyse informatisée
des gènes (qu'on peut appeler en raccourci analyse in
silico, par opposition à l'expérimentation in
vivo, ou in vitro, en tube à essais), très nombreux
désormais grâce aux programmes de séquençage
de génomes entiers, justifie de plus en plus fréquemment
l'hypothèse d'une variation sur un thème (homéotopie).
On trouve ainsi par exemple que les acides aminés tryptophane
ou cystéine pourraient être le résultat
d'une transformation homéotopique de la sérine
activée. Et cette observation permet d'aller un peu
plus loin, en remarquant qu'une modification de ce type existe
encore clairement aujourd'hui, pour la synthèse d'un
21e acide aminé, généralement oublié lorsqu'on
décrit les protéines, la sélénocystéine.
Cet acide aminé rare est présent dans quelques
protéines chez des organismes très éloignés
les uns des autres du point de vue de l'évolution. C'est
une modification par le séléniure d'hydrogène
de la sérine portée par un ARN de transfert,
acide nucléique servant au décodage du message
génétique (une suite de trois nucléotides,
ou codon, choisis parmi quatre notés A, U, G,
C sur le fil de l'acide nucléique, est décodée
par l'ARN de transfert qui la reconnaît et place l'acide
aminé correspondant dans le fil de la protéine
en construction) lorsqu'il est traduit en protéine,
qui produit l'acide aminé en question.
Cette observation nous donne alors un fil d'Ariane
: si les réactions se déroulaient initialement
sur des particules solides, il a fallu un jour les remplacer,
puisqu'on ne semble plus les trouver aujourd'hui au sein des
cellules. Et l'on est en droit de penser que les ARN de transfert
ont été ainsi des substituts des surfaces. Il
serait alors aisé de comprendre pourquoi tryptophane
(UGG), cystéine (UGC, UGU) et sélénocystéine
(UGA) ont des codons voisins : ils correspondent à une
même famille de transformations homéotopiques.
Mais s'il en est ainsi, il devient intéressant de rechercher
les fonctions où apparaissent aujourd'hui des ARN de
transfert, en dehors de leur rôle actuel dans la traduction
des messagers. Et, de fait, de très nombreux exemples
existent de ces fonctions (par exemple pour la synthèse
de l'hème, qui donne sa couleur rouge à l'hémoglobine
du sang, ou de la chlorophylle, responsable de très
nombreux transferts électroniques et de la photosynthèse).
Mais parmi ces fonctions il est une transformation homéotopique
qui est remarquable, c'est celle qui permet la synthèse
de peptides ! En effet des ARN de transfert se trouvent impliqués
dans des réactions où ils sont le support de
synthèses peptidiques, et cela hors de leur fonction
actuelle dans des synthèses de ce type (c'est à dire
sans intervention de la machinerie de traduction).
Il devient alors légitime de penser que
la synthèse de peptides, en dehors de l'usage du code
génétique, a précédé ce
qui est aujourd'hui la traduction des ARN messagers, et que
c'est sans doute là leur origine. Les messagers ont été d'abord
des ARN cofacteurs qui augmentaient la précision de
la formation de peptides particuliers, d'où la naissance
d'un mécanisme de codage, associant certains acides
aminés, à certaines séquences d'ARN. Le
code génétique serait donc une conséquence
accidentelle de la catalyse par homéotopie de la liaison
peptidique.
Il doit paraître clair, à cette
description, que nous sommes loin de connaître le détail
de l'enchaînement qui a permis la synthèse des
protéines. En effet nous avons mis à la suite
les unes des autres une série d'hypothèses plausibles,
au moins sur le papier, et justifiées, au moins partiellement,
par ce qu'on connaît de la vie aujourd'hui. Mais l'enchaînement
réel est loin d'être connu. Résumons ce
qu'il faudrait identifier. D'abord la nature du solide à la
surface duquel se fait le métabolisme primitif. Une
argile comme le pense Cairns-Smith ? Mais laquelle ? De la
pyrite de fer comme le voudrait Wächtershäuser ?
Ensuite on imagine un métabolisme de surface, lequel
? Sans doute de petites molécules porteuses d'un groupe
phosphate comme celles qui possèdent trois atomes de
carbone, et sont au cœur du métabolisme actuel.
Mais il faudrait choisir lesquelles, et dans quelles interconversions.
Et ensuite il faut imaginer comment se sont faits les lipides
et les membranes, ainsi que les coenzymes. Par ailleurs il
est essentiel, avant d'invoquer les ARN comme substituts des
surfaces, de savoir comment sont faits leurs précurseurs,
les nucléotides. C'est, à notre avis, la question
la plus importante à résoudre si l'on veut sérieusement
se pencher sur la façon dont est née la vie.
Il est en effet bien central et cela est vrai de toute
hypothèse sur l'origine de la vie de comprendre
l'existence des ARN (leur multiplication est devenue plausible,
mais non démontrée dans un détail suffisant,
depuis qu'on sait qu'il existe des ribozymes, capables à la
fois de catalyse et de reproduction). Comme la polymérisation
est plausible sur des surfaces, nous l'avons vu, le problème
central reste celui de l'existence des nucléotides. C'est
un problème très difficile, et généralement
gravement sous-estimé. Aucune solution satisfaisante n'existe
pour l'instant, en raison à la fois de la très
grande complication de ces molécules, et de leur grande
instabilité (qui fait qu'il n'est pas raisonnable de penser
que ce sont des molécules rares qui se sont peu à peu
accumulées).
Or, leur métabolisme actuel, très
différent de ce que font les chimistes organiciens lorsqu'ils
synthétisent ces molécules au laboratoire, met
en jeu des acides aminés comme précurseurs. On
est donc naturellement conduit à privilégier
des hypothèses concernant les acides aminés,
et les peptides. Existe-t-il des réactions actuelles
qui permettent la synthèse de peptides hors de la traduction
? Depuis quelques années on sait que c'est le cas, autour
d'un coenzyme (phosphorylé et utilisant le soufre pour
son action catalytique, comme on s'y attend si l'on a suivi
ce qui précède) le 4-phosphopantéthéine.
Ce coenzyme transporte des acides aminés chimiquement
activés, sur une suite d'atomes de soufre, au travers
d'une séquence de transferts de liaisons thioesters.
Et cela se justifie bien : le chimiste Christian De Duve a
donné de
nombreux arguments pour proposer que la liaison thioester ait été primordiale,
dans la chimie de l'origine de la vie.

Les réactions qui mettent en jeu ce coenzyme
permettent la synthèse de peptides de structures variées
(en général des antibiotiques). Plusieurs aspects
de la réaction sont archaïques, en particulier
le fait que les acides aminés sont soit droits ou gauches,
ou le fait que la liaison mise en jeu soit une liaison sur
un atome de soufre. Il devient ainsi remarquable qu'un (iso)
peptide serve à la synthèse de (iso) peptides.
Bien sûr l'hypothèse serait fortement confortée
si l'on trouvait dans un organisme quelconque que le 4-phosphopantéthéine
est synthétisé à partir d'une enzyme qui
l'utilise comme cofacteur. Cela n'est pas encore le cas.
Mais il y a une observation (faite par Fritz Lipmann à propos
de l'organisation des structures enzymatiques correspondantes,
bien avant que les séquences protéiques soient
connues) qui rend cette hypothèse encore plus remarquable
: l'analyse de la séquence des gènes permettant
la synthèse des acides gras, lipides constituants majeurs
des membranes, a montré que ce sont des enzymes de la
même famille (et avec le même coenzyme) qui permettent
leur synthèse. Nous aurions là, une première
explication de la genèse des membranes (essentielles à la
compartimentation), comme sous-produit accidentel de la synthèse
des peptides
On sait aujourd'hui que l'atmosphère terrestre primitive
n'était pas très réductrice, et il est donc
peu probable qu'il y ait eu une forte concentration de NH3 il
y a 3,8 milliards d'années. L'atmosphère était
pour l'essentiel riche en CO2 et N2, et
peut être en dérivés plus oxydés de
l'azote. Si donc nous faisons l'hypothèse de l'existence
d'acides aminés assez abondants il faut imaginer un mécanisme
efficace de fixation de l'azote au sein de molécules à squelette
carboné. C'est là encore une question essentielle,
non résolue de façon satisfaisante, occultée
par la plupart des chercheurs qui s'interrogent à propos
de l'origine de la vie.
En suivant l'approche de Granick il nous faut
pour progresser, considérer la façon dont se
fixe l'azote aujourd'hui. En général cela requiert
la présence de protéines contenant un noyau fer-soufre
(comme dans les ferrédoxines, nécessaires à de
très nombreux transferts électroniques) pour
assurer les transferts d'électrons intermédiaires,
et du molybdène pour la fixation de l'azote de l'air,
et un cofacteur comprenant une molybdoptérine, et du
molybdène pour les transferts d'électrons dans
les cas d'oxydation plus complexe. Le détail général
de ces transferts électroniques n'est pas encore bien
connu, et il existe une assez grande variété de
mécanismes d'assimilation de l'azote suivant les organismes
considérés.
Les ferrédoxines sont de très petites
protéines formées d'un nombre limité d'acides
aminés différents, comme on l'attendrait de protéines
ancestrales, et elles contiennent le noyau fer-soufre dont
l'existence est postulée par Wächtershäuser
comme fondamental à l'origine (pour lui la pyrite de
fer est un des minéraux cruciaux pour le métabolisme
primitif). Le molybdène est un élément
très rare de la croûte terrestre, mais il n'est
pas clair que cela a toujours été le cas. Par
ailleurs d'autres métaux auraient pu jouer le même
rôle dans une atmosphère sans oxygène (c'est
le cas du tungstène encore aujourd'hui).
Mais la molybdoptérine est aussi un coenzyme
contenant du soufre (ce qui lui permet de se fixer au noyau
fer-soufre, ou à la pyrite), synthétisé à partir
d'un précurseur nucléotide, le GTP, par cyclisation
avec perte d'un groupe à un carbone, le résidu
formyl. Cette étape est catalysée par la GTP
cyclohydrolase, qui forme la ptéridine triphosphate à partir
du GTP, et libère un résidu formyl (par ailleurs
transporté par des coenzymes dont le cœur est une
ptéridine). Ne pourrait-on pas alors envisager la réaction
inverse, qui serait un moyen direct de former les nucléotides
?
PteridineTP + HCOOH -----> GTP + H2O
Nous aurions alors à faire l'hypothèse
qu'un processus autocatalytique assurerait la synthèse
de ptéridine-phosphate, nécessaires à la
fixation de l'azote, et que la synthèse des nucléotides
ne serait qu'un sous-produit accidentel du défaut de
précision de cette synthèse. Ainsi le GTP ne
serait qu'un sous-produit de la fixation de l'azote.
Cette hypothèse bien hardie demande que
l'on s'interroge sur la synthèse des ptéridines à partir
d'(iso) peptides. Mais l'exploration du métabolisme
microbien qui se développe à grande échelle
autour des programmes de séquençage des génomes
entiers devrait nous permettre bientôt de voir si la
direction ainsi esquissée est intéressante.
L'abandon de l'hypothèse d'un bouillon
riche en molécules
organiques à l'origine de la vie, et son remplacement
par l'hypothèse d'un métabolisme de surface se
justifie de mieux en mieux au travers de ce qu'on commence à entrevoir
de la nature des génomes. La vie forme un tout, et il
n'est donc pas possible d'oublier métabolisme ou compartimentation
comme en faisant partie de façon intime. C'est d'ailleurs
l'idée d'une chimie précurseur du métabolisme
actuel qui fournit les fils d'Ariane qui nous permettent de retrouver
un scénario d'origine. Au fur et à mesure que sont
connus de nouveaux gènes il apparaît qu'au contraire
de ce qu'on pouvait craindre, nous sommes sans doute beaucoup
plus près de l'origine malgré les trois
milliards et demi d'années d'évolution que
nous ne le pensions. Mais cela montre en même temps de
façon particulièrement visible combien nous sommes
loin de comprendre l'origine de la vie, alors qu'il existe des
dizaines de scénarios différents, proposés
de façon très fragmentée, et sans jamais être
intégrés dans une vision globale par de nombreux
chercheurs à travers le monde. Toute la question est de
savoir si l'origine a été effacée par la
vie actuelle (c'est ce que pense G. Cairns-Smith, qui parle alors
de relève génétique, des processus minéraux
ancestraux ayant été relevés comme
on relève la garde d'un fortin par les processus
actuels, ou S. Benner, qui parle de palimpseste) ou si elle est
au contraire encore bien visible dans la vie actuelle (c'est
ce que pensait S. Granick, ou G. Wächtershäuser aujourd'hui
et qui semble encore difficile à comprendre par beaucoup).
Il va de soi que, dans le premier cas, la plupart des recherches
sont, par principe, vouées à l'échec,
et qu'il est donc plus intéressant, même si cela
doit, au cours du temps se révéler inefficace,
de favoriser la deuxième façon de voir, et de tenter
de comprendre, par la vie actuelle, sa naissance.
Parmi les nombreuses conséquences conceptuelles
des directions ainsi indiquées, enfin, on peut remarquer
un nouveau regard sur la chimie, où les surfaces jouent
un rôle de premier plan, mais aussi où l'idée
de sélection est centrale. La chimie sélective
pourrait être non seulement pour les laboratoires, mais
pour l'industrie, une chimie du futur. Et l'hypothèse
de Granick, qui veut que la sélectivité ait été progressive,
devrait être pour nous un modèle si nous voulons
imaginer une chimie du futur qui soit biomimétique,
sans pour autant qu'elle ait à expliquer l'origine de
la vie.
(*) Louis Pasteur "Sur les corpuscules
organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine
des générations spontanées" Leçon professée à la Société
chimique de Paris, le 19 mai 1861.
in : Leçons de chimie et de physique professées en 1861 (à la
Société chimique de Paris), Paris, 1862, Hachette et Cie, p.
219-254 (retour au texte)
Bernal JD (1951) The physical basis of life. Routledge and
Kegan Paul, Londres.
Brack A & Raulin F (1991) L'évolution chimique et
l'origine de la vie. Masson, Paris.
Cairns-Smith, G. (1982) Genetic takeover and the mineral origin
of life. Cambridge University Press, Cambridge.
Crick F (1982) La vie vient de l'espace. Hachette, Paris.
Danchin A (1990) Une aurore de pierres.
Aux origines de la vie. Le Seuil, Paris.
De Duve C (1991) Blueprint for a cell. Neil Patterson, Burlington,
NC/Portland Press, Londres.
Dyson FJ (1985) Origins of life. Cambridge University Press,
Cambridge.
Granick S (1957) Speculations on the origin and evolution of
photosynthesis. Annals of the New York Academy of Sciences 69,
292-308.
Schrödinger E (1944) What is life? Traduction française
: Qu'est ce que la vie ? (1986) Bourgois, Paris.
Wächtershäuser G (1988) Before enzymes and templates
: theory of surface metabolism. Microbiological Reviews 52,
452-480.
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