Mon avis personnel sur les disques d'Evanescence
- Evanescence - Fallen (2003) ★ ★ ★
De temps à autre, dans le monde du metal aussi, un groupe connaît un
succès planétaire soudain en attirant le chaland sur des critères assez
orthogonaux à la musique produite, celle-ci étant simplement
suffisamment bassement commerciale pour ne pas faire fuir trop de public
potentiel. La recette suivie pour propulser Evanescence au sommet des
charts en 2003 est très simple : de l'électro-pop attendue habillée d'un
poil de guitares saturées pour faire metal, mais aussi de touches
orchestrales, de piano et de choeurs pour ajouter un peu de matière, et
surtout une jolie fille à la voix puissante (ça crie pas mal quand même)
qui déballe son spleen dans des chansons qui alternent entre le très
catchy et la ballade sirupeuse. Bon, et alors, une fois la hype passée
(ça date quand même de plus de 20 ans), y a-t-il encore quelque chose à
sauver de la musique proposée ? Eh bien, à ma propre grande surprise, et
malgré des défauts vraiment handicapants (bien trop de bidouillages
électroniques, des titres rapides qui se ressemblent tous, et quelques
détails à vraiment jeter à la poubelle, en premier lieu le minet qui
rappe sur Bring me to life histoire de gâcher complètement le
titre le plus connu de l'album), je le trouve plutôt plaisant cet album.
Bien sûr, on ne dépasse pas le stade du bon tube calibré pour les ondes
radio, mais la ballade My immortal a de vraiment beaux moments
(ça doit être les quelques notes de violoncelle), et un titre comme
Tourniquet, porté par un bon refrain, est diablement efficace. Un
album finalement à l'image de sa pochette : cliché au point d'en être
agaçant, mais qui fait quand même son petit effet.
- Evanescence - The Open Door (2006) ★
Que pouvait-on attendre de la part d'Evanescence après un premier album
au succès triomphal probablement inattendu pour ses auteurs ? Si leur
premier disque était rafraîchissant, le deuxième était l'occasion de
faire preuve d'un peu plus de personnalité... ou au contraire de sombrer
complètement dans le "prêt-à-écouter" facile qui était déjà souvent
sous-jacent sur Fallen. Une certitude avant même d'écouter cette
deuxième proposition, la carrière du groupe n'a pas vraiment été facile
à gérer, avec de nombreux changements de musiciens et seulement trois
nouveaux albums parus en plus de 20 ans. Pourtant, Evanescence n'a
jamais complètement disparu des radars, et continue même à faire
l'évènement à chaque nouvelle sortie. Pourquoi ? Eh bien, il y a
vraiment de quoi se le demander, tant les trois disques en question sont
décevants (les deux plus récents reprennent la formule de ce The Open
door en encore moins inspiré, je n'en ferai pas de critique détaillée).
On est exactement dans la deuxième option redoutée : encore moins de
personnalité, encore plus de clichés, de moins en moins de variété (les
petites orchestrations ou même les titres accompagnés au piano
disparaissent peu à peu), des guitares qui se contentent de ponctuations
essentiellement rythmiques pour faire du bruit, et un chant criard
quasiment systématique (et clairement boosté artificiellement en studio)
qui tape vite sur les nerfs. Ce n'est pas nul non plus (on conserve le
côté "tube efficace" sur une ou deux pistes) mais tellement générique
que ça en devient insignifiant. Allez, histoire de rigoler un peu,
l'amateur de classique ne conservera de ce disque sans saveur que le
Lacrymosa et ses touches mozartiennes. Non pas qu'il soit
vraiment meilleur que le reste, mais au moins c'est un peu plus fun.