Mon avis personnel sur les disques de Behemoth
- Behemoth - Sventevith (1995) ☆
Direction l'Est de l'Europe, pour une première incursion de ma part
depuis que j'ai débuté ces chroniques en Pologne, où un vivier assez
foisonnant a vu le jour au milieu des années 90 dans le domaine du black
metal (décidément, je vois beaucoup la vie en black en ce moment). Mais
quel type de black ? Sur ce premier essai, la filiation avec le "true
black" norvégien est hélas évidente puisque, sur les neuf pistes
constituant l'album, six sont en grande partie inaudibles faute à une
production à peu près digne d'Emperor (qui reste mon
maître-étalon en termes de bouses grésillantes). Inutile donc d'espérer
capter correctement les quelques passages au clavier et autres mélodies
noyées dans une saturation dégueulasse, surtout quand les tempi sont
dans l'ensemble très rapides. Bien sûr, le chant est une sorte de
piaillement éructé typique du genre et extrêmement laide. Bon, ben
poubelle hein, on verra si la suite de la discographie mérite d'être
écoutée. Ah, non, attendez, restez encore un peu ! J'ai oublié de vous
parler des trois pistes restantes : un interlude acoustique au son
propret qui n'a rien à faire là, un autre interlude instrumental aux
touches carrément néoclassiques encore plus absurde dans ce contexte, et
enfin la dernière "chanson" de l'album, de la parlotte et des nappes de
claviers entrecoupées de long passages d'arpèges acoustiques qui sont de
lointains cousins du premier mouvement de la sonate "Clair de lune" de
Beethoven. Non, je ne me fous pas de vous, on a vraiment l'impression
que c'est un autre groupe qui a été embauché pour boucher les trous de
façon totalement incohérente. Ça n'a évidemment aucun sens, mais
peut-être faut-il y voir, avec une touche d'optimisme, un signe que
Behemoth peut aussi faire de la musique quand il le souhaite.
- Behemoth - Grom (1996) ★
Après un premier album essentiellement inaudible, Behemoth entame une
mue discrète sur son deuxième opus (la mue deviendra beaucoup plus
claire un peu plus tard, d'où le fait que je n'abandonne pas leur
discographie tout de suite). La production est déjà beaucoup plus nette
(on a même droit à une basse audible sur certaines intros !), mais tout
de même gâchée par un son de guitare atrocement grésillant et une
batterie confuse qui rendent tous les passages rapides très difficiles à
évaluer dans la mesure où on ne comprend que très vaguement ce qui se
passe. Mais au milieu de tout ça, on a droit à quelques curiosités
intriguantes : des claviers kitsch façon vieux film d'horreur (sur
Dragon's lair par exemple, ils ont peut-être voulu faire un
hommage à la musique des jeux video du même nom), des breaks acoustiques
parsemés ça et là de façon complètement improbable (les titres sont
longs, 6 minutes en moyenne, mais leur construction souvent
incompréhensible, on a plus droit à une juxtaposition maladroite de
passages sans rapport les uns avec les autres) et, cerise sur le gâteau,
quelques passages en voix claire souvent très faux qui ajoutent une
touche nanardesque à l'ensemble finalement bienvenue (surtour quand il
s'agit de choeurs féminins très légers et là aussi totalement
incohérents avec le style d'ensemble du disque). Clairement, Behemoth ne
sait pas encore trop ce qu'il veut nous dire, et ne maîtrise pas grand
chose de son style balbutiant, mais on se dirige plutôt dans une
direction encourageante malgré tout (si on arrive à faire abstraction du
son impossible, la musique est plutôt passable).
- Behemoth - Pandemonic Incantations (1998) ★ ½
On dit souvent que le troisième album marque un tournant pour un groupe.
Dans le cas de Behemoth, pas vraiment de confirmation de quoi que ce
soit à attendre de mon point de vue puisque les deux premiers étaient
très mauvais, mais plutôt de l'urgence à passer à autre chose. Et ça
tombe bien, c'est le cas, au moins partiellement, sur ce disque. Même si
le son reste compact et peu séduisant, on est très loin de la bouillie
sonore, et on entend enfin ce que les polonais ont à nous proposer.
Enfin, partiellement seulement hélas, car il y a un autre changement à
l'oeuvre ici, c'est l'engagement d'un nouveau batteur. Le nouveau venu
est un monstre de technique, mais surtout semble avoir pour seule envie
sur ce disque de taper sur tout ce qui bouge à un rythme effréné... sans
tenir le moins du monde compte de ce que jouent ses partenaires (même
sur les rares pistes où c'est en mid tempo, il continue à blaster à tout
va, on a parfois l'impression que la piste de batterie d'un autre disque
a été juxtaposée à celui de Behemoth...). En résulte un disque
littéralement épuisant à écouter, il n'y a pas la moindre respiration
pour analyser un peu ce qu'on entend, et vu la densité de l'ensemble, il
eût vraiment plus que nécessaire de prodiguer quelques plages moins
frénétiques en cours de route. Dommage, car du point de la vue de la
musique produite, le groupe est clairement en progrès, les quelques
touches de claviers sont bien utilisées, le chant est plus posé et moins
crispant qu'auparavant (plus grave aussi, ce sera une évolution
constante pour le leader Nergal sur les premiers albums du groupe), il y
avait clairement les ingrédients pour créer enfin un bon album de metal
extrême (déjà plus death que black pour les puristes), mais ce ne sera
pas (encore) pour cette fois.
- Behemoth - Satanica (1999) ★ ★ ★ ½
L'étude de l'évolution de Behemoth dans ses premières années est
vraiment intéressante, notamment quand on constate l'effet produit par
le son du groupe sur le ressenti de l'auditeur. De la bouillie inaudible
du premier album, on est passés en plusieurs étapes à une sorte de
mammouth musical impressionnant de puissance, et qui bénéficie enfin
d'une production et d'une batterie en adéquation avec le discours
musical (même si de mon point de vue, moins de blasts et un son encore
un peu plus détaillé et moins étouffé rendraient encore mieux justice
aux riffs de nos amis polonais). Que du mid tempo, du riff massif
souvent cantonné dans les graves caverneux, un chant toujours bien
râpeux mais qui s'est définitivement éloigné des glapissements des
débuts, Behemoth cherche clairement à impressionner et y arrive
franchement pas mal du tout, avec des titres bien construits et
efficaces en diable (LAM, The Sermon to the hypocrites).
On regrettera seulement une certaine uniformité (huit titres pour à
peine plus d'une demi-heure de musique, mais il n'aurait pas fallu plus,
car tout est dans le même style), les rares tentatives pour sortir un
peu du moule n'étant guère convaincantes (quelques motifs plus aériens
aux guitares, par exemple sur The Alchemist's dream, mais qui
s'insèrent assez mal), et les deux courtes citations de Wagner en fin
des morceaux initial et final du disque peu compréhensibles. Mais pour
un groupe qui se cherche encore un peu, c'est déjà très solide.
- Behemoth - Thelema.6 (2001) ★ ★ ½
Ça y est ! Après quatre albums passés à se chercher un son et un style,
Behemoth semble être arrivé, et propose ici une copie assez conforme du
très encourageant Satanica... mais en moins bien. On conserve les
rythmiques très massives, le côté assez technique et le chant de l'album
précédent, mais on expérimente nettement plus au niveau des guitares,
avec pas mal de hennissements et d'utilisation d'harmoniques qui
n'ajoutent pas vraiment à l'intérêt des compositions. Pire, on tombe
parfois dans le décousu, par exemple sur un Natural born
philosopher qui part franchement dans tous les sens. En fait, le
mieux c'est clairement la première piste Antichristian
phenomenon, vraiment bien équilibrée entre la puissance des basses
et les passages mélodiques aux guitares. Peut-être que le groupe aurait
mieux fait d'en rester à ce type de chansons, vraiment hyper efficace,
mais il semble clair que les polonais ne semblent pas encore convaincus
d'avoir trouvé leur style.
- Behemoth - Zos kia cultus (Here and beyond) (2002) ★ ★ ★ ½
Après les expérimentations pas totalement convaincantes de
Thelema.6, retour à quelque chose de simple et efficace pour
Behemoth. Du gros son, une batterie clinique, des riffs qui fonctionnent
la plupart du temps, et quelques légères touches orientales (sur le
titre introducteur Horns ov Baphomet notamment) pour pimenter le
tout, c'est bien suffisant pour nous achever en mode rouleau compresseur
pendant trois quarts d'heure. Simple en effet, presque trop par moments,
car on n'est pas loin de se dire qu'un coup d'accélérateur un peu plus
marqué sur certains passages les auraient rendu encore plus marquants
(en même temps, quand la maîtrise technique est aussi manifeste, ce
n'est pas déraisonnable de s'écouter un peu jouer). Supprimer les deux
interludes sans intérêt ou l'intro samplée du premier titre n'aurait pas
fait de mal non plus. Des détails certes, mais qui séparent encore cet
album de la catégorie des disques exceptionnels.
- Behemoth - Demigod (2004) ★ ★ ★ ½
Alors que l'évolution de Behemoth avait été continue sur ses premiers
albums, le groupe polonais semble considérer qu'il a trouvé la bonne
formule, et propose ici un nouveau disque dans la droite lignée du
solide Zos Kia Cultus. Même production dantesque, même batterie
impressionnante, même impression de mastodonte prêt à tout fracasser sur
son passage. La voix du leader Nergal est même encore plus
impressionnante ici (bon, à gros coups de traficotages pas tout à fait
naturels, quand même), et l'efficacité indéniable au fil des dix titres
très calibrés qui constituent cet album (à l'exception de la dernière
piste plus développée, on est toujours aux alentours des quatre minutes,
voire un peu moins, par chanson). On retrouve aussi, et même de façon
plus systématique que sur le disque précédent, des influences orientales
bienvenues qui donnent un cachet agréable à Sculpting the throne ov
Seth ou The Nephilim rising. D'autres titres sont plus
directement bourrins, sans démériter pour autant (Conquer all
notamment). Bref, pas grand chose à reprocher une fois de plus à cet
album qui fait le boulot bien comme il faut. Et pourtant, je me retiens
encore de monter plus haut au niveau de la note, car on sent que le
groupe en a encore sous le pied pour proposer un album vraiment
totalement enthousiasmant. Les appels de cuivres introduisant la chanson
titre, par exemple, c'est une excellente idée, mais on trouve trop peu
de digressions de ce genre, Behemoth se contentant d'assurer avec des
titres certes tous très réussis (eune certaine tentation de céder à la
facilité en somme). Peut-être que la marche supplémentaire sera franchie
la prochaine fois.
- Behemoth - The Apostasy (2008) ★ ★ ★
Après une belle série d'albums très solides mais dont aucun n'avait
encore pour moi atteint un niveau vraiment stratosphérique, j'attendais
de pied ferme le disque qui me convaincrait totalement que Behemoth est
un mastodonte du metal extrême. Eh bien, hélas, ce ne sera pas encore
pour cette fois-ci. Pourtant, les polonais ont pris quelques années pour
peaufiner la chose, et on a à nouveau droit à un produit très soigné,
avec une production toujours aussi énorme (et sans effets douteux sur la
voix du chanteur cette fois-ci), et même une très louable volonté de
varier un peu les plaisirs, avec par exemple l'introduction de quelques
choeurs, ou d'ambiances et percussions tribales (sur At the left hand
ov God notamment). Mais encore une fois, ces petites variations ne
sont pas assez assumées (les claviers qu'on entend par moment, pourquoi
ne pas les exploiter davantage ?), le groupe préférant trop souvent se
rassurer avec des titres hyper frontaux où la batterie certes toujours
impressionnante d'Inferno prend à mon goût trop de place (oui,
Kriegsphilosophie est impressionnant, mais c'est quand même
sacrément bourrin et répétitif). Je préfère très clairement un Be
without fear où Behemoth retrouve une inspiration proche de ce qu'il
faisait sur Satanica (et ça marche toujours aussi bien !), ou le
Christgrinding avenue qui conclut le disque, mélodique et
n'hésitant pas à faire appel à quelques appels de cuivres déjà croisés
chez Behemoth (bon, admettons que ça donne un côté symphonique un peu
cheap qui fait pâle figure par rapport à ce que des groupes comme
Septicflesh ont développé plus récemment dans un style finalement
pas si éloigné). L'ensemble reste tout à fait correct, mais j'attends
encore une fois mieux de Behemoth.
- Behemoth - Evangelion (2009) ★ ★ ½
Depuis qu'il a trouvé sa voie au tournant du millénaire, Behemoth aligne
à un rythme assez rapide les albums finalement très similaires, solides
mais sans qu'aucun n'arrive vraiment à sortir du lot. Le risque de finir
par tourner en rond se matérialise assez fortement avec cet Evangelion,
tout à fait dans la lignée de ses prédécesseurs mais qui masque mal un
certain relâchement de l'inspiration (certains titres atteignent à peine
les trois minutes, et l'album dans sa globalité dépasse de peu la
barrière des 40 minutes) derrière des tentatives de passage en force un
peu trop visibles : batterie très en avant, abus de blasts insipides,
les passages rapides sont souvent presque pénibles tant c'est peu
subtilement rentre-dedans (sur He who breeds pestilence
typiquement). C'est bien dommage, car tout n'est pourtant pas à jeter à
la poubelle, loin de là : Daimonos ouvre très bien l'album avec
un titre équilibré aux riffs efficaces, et surtout Behemoth tente pour
conclure son disque un Lucifer de 8 minutes qui varie les
atmosphères et change vraiment agréablement des habitudes du groupe (les
titres longs de sont pas vraiment légion chez les polonais). Suffisant
pour encore leur laisser le bénéfice du doute, mais il y a quand même de
quoi légitimement s'inquéter concernant la suite de leur production.
- Behemoth - The Satanist (2014) ★ ★ ★ ★ ½
Alors que le groupe semblait tourner un peu en rond sur son album
précédent, le rythme des sorties de Behemoth a été ralenti par de gros
soucis de santé de son chanteur et leader Nergal. De retour quelques
années plus tard, il ne fallait a priori pas s'attendre au miracle d'un
album subitement beaucoup plus inspiré que ses prédécesseurs. Et
pourtant, c'est exactement ce qui se produit avec ce Satanist qui
constitue enfin à mes yeux l'album référence que j'attendais depuis un
moment de la part des polonais. Pas de changement majeur au niveau de
l'équilibre musical, la production restant impressionnante (mais avec
une batterie sensiblement moins exposée, ce que je préfère nettement),
mais un peu plus d'utilisation de claviers (les trompettes utilisées
avec parcimonie mais qui ajoutent un cachet vraiment bienvenu aux
conclusions de certains titres), et surtout des motifs hyper accrocheurs
véhiculant une émotion nettement plus palpable que ce à quoi Behemoth
nous avait habitués jusqu'ici. Il n'y a qu'à écouter le titre conclusif
O father O satan O sun ! avec ses choeurs (inhabituel chez
Behemoth !) et le motif hyper mélodique qui innerve les dernières
minutes de la chanson pour comprendre que les polonais avaient vraiment
des choses à dire, et le font avec un brio indéniable. On atteint aussi
l'excellence sur l'impressionnante chanson titre, et rares sont les
moments vraiment faibles sur cet album (bon, le passage parlé de In
the absence ov light est vraiment oubliable, et les titres les plus
rapides/bourrins, comme Furor divinus, sont moins marquants tout
en restant plus que corrects). Je n'oserais pas affirmer que la maladie
de Nergal a fait du bien au groupe, mais quand même, cet album est une
sacrée claque.
- Behemoth - I loved you at your darkest (2018) ★ ★ ★
Après un The Satanist particulièrement impressionnant, qu'allait
pouvoir proposer Behemoth pour confirmer qu'il avait (enfin) atteint les
sommets ? Le titre de ce nouvel album a de quoi inquiéter (les polonais
vont se mettre au metal gothique ?), mais en fait il s'agit d'une
citation biblique confirmant simplement qu'ils vont continuer à taper
sans retenue sur la religion catholique, chose qu'ils font depuis leurs
débuts (je ne me suis jamais vraiment intéressé à leurs textes, à vrai
dire). Côté musical, il y a quand même une évolution assez claire vers
quelque chose de plus accessible : la batterie est nettement moins
sollicitée que d'habitude (à l'exceptions des derniers titres du disque
où Inferno semble avoir dit à ses potes "bon maintenant vous me laissez
jouer un peu parce que je m'emmerde depuis le début des
enregistrements"), et on a par contre beaucoup plus d'éléments
extérieurs que d'habitude, avec notamment pas mal de choeurs pas
forcément très bien employés (notamment les choeurs de gamins, ça ne
colle simplement pas au style de Behemoth). Une tendance à la facilité
qui fait nécessairement perdre en puissance, sans que ce ne soit
vraiment compensé par la relative variété des titres proposés, et qui
résulte donc logiquement en un disque clairement en retrait par rapport
au précédent. L'ensemble reste toutefois plus que correct, car les
polonais maîtrisent assez leur sujet pour proposer une majorité de
chansons efficaces (Ecclesia diabolica catholica par exemple)
mais cet album ne confirme pas vraiment le saut qualitatif de son
prédécesseur.
- Behemoth - Opus contra naturam (2022) ★ ★ ★ ½
Un opus contre nature pour Behemoth, à quoi celà pourrait-il bien
ressembler ? N'est-ce pas en fait leur album précédent, qui tendait de
façon inhabituelle pour eux vers une musique nettement plus accessible,
qui aurait du porter ce titre ? Car celui-ci amorce au contraire un
retour en arrière pour venir se caler confortablement dans le style de
leurs albums des années 2000, nettement plus virulent (le très court
Malaria vvlgata, ça envoie !) que son prédécesseur, et avec un
retour en force de la batterie frénétique d'Inferno. Quelques passages
plus atmosphériques certes (Ov my hercvlean exile, notamment, pas
la piste la plus réussie du lot d'ailleurs), mais globalement les
polonais ont semblé vouloir se rassurer avec du classique bien exécuté.
Pas vraiment de prise de risque donc, mais en même, c'est effectivement
très bien fichu, porté comme toujours par une production énorme, et
quelques titres excellents se détachent du lot, comme The Deathless
sun avec son refrain certes assez tubesque, et la conclusion
Versvs Christvs et sa belle utilisation du piano. Non,
finalement, pas grand chose n'a changé chez Behemoth, mais il n'y a pas
vraiment de raison de s'en plaindre tant qu'ila arrivent à produire des
albums de cette qualité, même si on reste un bon cran en-dessous du
sommet qu'a constitué The Satanist quelques années auparavant.
- Behemoth - The Shit ov God (2025) ★ ★ ★ ½
Pour ceux qui en douteraient (ils ne doivent pas être nombreux),
Behemoth n'a manifestement pas l'intention de changer de ligne
directrice au niveau des thèmes abordés dans ce dernier album, son titre
étant pour le moins parlant. Et niveau musical, est-ce qu'on lorgne
plutôt vers l'easy listening relatif de I Loved you at your
darkest, ou est-ce qu'on confirme le retour à un metal plus
clairement brutal de l'album précédent ? Dans un premier temps, l'option
choisie est manifestement la seconde, avec de la vitesse, une batterie
bien présente (qui porte même pas mal de titres) et un son bien compact.
Mais dans ce cas, pourquoi cette utilisation des choeurs souvent
discutable (voire même franchement foireuse, comme sur le dernier titre
Avgvr, the dread vvltvre, où les gémissement choraux feraient
tâche dans le pire album de Cradle of filth) ? Pourquoi ces
structures de chanson simplistes et cet album limité à huit titres et à
peine 40 minutes de musique ? Pourquoi surtout lorgner aussi clairement
vers le death symphonique spectaculaire d'un Septicflesh
(Sowing salt, par exemple) si c'est pour éliminer complètement
les quelques samples orchestraux (cuivres notamment) qui enrichissaient
quelques-uns des précédents albums de Behemoth ? Peut-être simplement
car les polonais ont choisi de ne pas prendre de risque, et de produire
une musique qu'ils maîtrisent, simple mais redoutablement efficace.
Indiscutablement réussi, cet album laisse quand même un petit goût
d'inachevé.