Cette page a été écrite à la demande d'un ami quand j'ai
évoqué devant lui quelque chose comme les "CD indispensables".
Indispensables à quoi, me direz-vous ? Disons que j'ai mis ici à peu tout
ce que je peux avoir envie d'écouter sur un coup de tête à n'importe quel
moment et dont je me dirais, si je ne l'avais pas dans ma discothèque, «
Il faut quand même que je m'achète ça un jour ».
Naturellement, cette liste est totalement subjective, alors n'allez pas
vous plaindre si vous achetez un CD conseillé ici et que ça ne vous plaît
pas ;-). Pour un peu plus de clarté (ou pas), j'ai classé ça en vagues
catégories : musique baroque (bon, il n'y pas grand chose dans cette
catégorie, mais ça ne me plaisait pas de mettre les Concertos
brandebourgeois dans la musique concertante, par exemple...), musique
chorale et vocale (opéras et requiems essentiellement :-) ), musique
symphonique, musique concertante, musique de chambre, musique
instrumentale, et enfin un fourre-tout pour ce que je ne voulais pas
mettre ailleurs (essentiellement des bouts d'oeuvres ou des oeuvres
très courtes, que je voulais isoler de leur cadre parce qu'elles le
valent bien). J'ai aussi mis un nombre d'étoiles en face de chaque
oeuvre : trois étoiles, c'est celles que je peux écouter douze fois de
suite sans me lasser, à une étoile, c'est certes encore génial, mais
un peu moins.
Pour accéder directement à votre catégorie préférée, vous pouvez utiliser
les liens ci-dessous :
Musique chantée
Musique symphonique
Musique concertante
Musique de chambre
Musique instrumentale
Fourre-tout
Bach, Messe en si * : à mon avis la plus belle oeuvre religieuse de
Bach dans sa globalité, devant les Passions. Là, au moins, il y a de la
tension tout le long, même s'il y a moins de passages inoubliables.
Bach, Choeurs d'introduction et de conclusion des passions ** :
voilà déjà un choix qui pose problème. Pourquoi seulement les choeurs
d'intro et de conclusion ? Ce ne sont certes pas les seuls moments géniaux
dans les Passions de Bach, qui restent des oeuvres passionnantes, si j'ose
dire, mais comme dans l'ensemble (et surtout pendant les récitatifs), je
m'ennuie toujours un peu en écoutent une Passion (comme je l'ai dit plus
haut, je préfère la Messe en si), je préfère isoler ces moments qui, eux,
font vraiment partie des sommets de l'oeuvre de Bach. En particulier, le
"Ruth wohl" est l'un des plus beaux choeurs de l'histoire de la musique.
Bach, Concertos brandebourgeois * : le Bach facile de base, celui
qui ne peut pas déplaire, même à un sale romantique comme moi :-). J'ai
mis une étoile globale, mais c'est assez variable d'un concerto à
l'autre, en fait. Le solo de clavecin dans le cinquième concerto est
chiant, par exemple, mais d'autres passages compensent.
Bach, Suites pour orchestre * : un peu le même commentaire que pour
les Brandebourgeois. Notons que j'assume totalement mon admiration intacte
pour l'air de la troisième suite ou pour la géniale badinerie de la
deuxième.
Bach, Concerto pour 2 violons ** : le bonheur rare de la
construction impeccable de Bach rehaussée d'une inspiration mélodique
entraînante, ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas toujours le cas chez
ce bon vieux Cantor. Sûrement un très bon choix pour s'initier à l'art
subtil de Bach.
Bach, Sonates et partitas pour violon seul *** : incontournables.
Certainement le sommet inégalé de la musique pour instrument seul. Bach
réussit à faire dire tellement de choses à un simple violon qu'on ne peut
qu'en rester émerveillé (juste un conseil : ne jamais écouter la Chaconne
quand vous êtes au milieu d'une composition, ça fait très mal).
Bach, Suites pour violoncelle seul *** : on va peut-être m'accuser
de « violoncello-centrisme », et de fait, j'avoue une certaine difficulté
à bien juger ces oeuvres que j'ai moi-même jouées (massacrées ?) tant de
fois. Mais même si j'attends toujours d'en trouver une interprétation qui
me convainque vraiment, je ne peux m'empêcher de les placer sur les
mêmes cimes que les sonates pour violon, les deuxième et cinquième suites
en tête.
Pergolese, Stabat Mater *** : juste pour le pied-de-nez aux
baroqueux de service, je place en tête de mes favoris baroques une oeuvre
qui n'est pas de Bach, en l'occurrence ce Stabat Mater :-). Ce n'est
naturellement pas simplement par provocation, mais aussi parce que cette
oeuvre est mélodiquement au-dessus de toutes les oeuvres religieuses de
Bach, tout en diffusant une émotion indéniable.
Berg, Wozzeck ** : je ne cherche pas à le cacher, la musique
sérielle ne fait pas pour moi partie des innovations les plus géniales
qu'ait engendré le siècle passé. Mais au milieu d'une myriade d'oeuvre
inintéressantes se dresse un monument, où la technique est totalement
transcendée pour retrouver une force et une émotion extraordinaires par
des voies très différentes de celles de la musique classique
'traditionnelle'.
Berlioz, Requiem * : je ne suis pas un grand fan de musique
chantée, mais parmi celles-ci, beaucoup d'oeuvres que j'aime sont plutôt
des oeuvres religieuses (je pense qu'il ne faut qu'y voir que le fait que
la voix soliste s'y efface souvent derrière une masse chorale), en
particulier les requiems (j'adore les musiques tristes). Dans cette
catégorie, difficile de ne pas citer celui de Berlioz, le plus
impressionnant sans doute, pas mon préféré, mais certains passages ont une
force indéniable.
Berlioz, Nuits d'été ** : pour surenchérir sur ce que je dis
quelques lignes plus haut, le lied est certainement la forme musicale
classique pour laquelle j'ai le plus de réticence. Et pourtant, les Nuits
d'été sont sûrement mon oeuvre préférée de Berlioz : mélodies superbes (et
pas seulement le Spectre de la rose, qui n'est pas ma préférée du lot),
orchestration parfaite, et pour ne rien gâcher, de très beaux textes.
Berlioz, Les Troyens ** : le grand opéra à la française, ce n'est
pas chez Meyerbeer et consorts qu'il faut le chercher, mais bien chez ce
bouillonnant Berlioz. Une oeuvre monumentale, mais d'une force et d'une
cohérence impressionnantes. Pour moi le chef-d'oeuvre de son auteur, tout
simplement.
Bizet, Carmen ** : l'opéra français par excellence. Le génie
mélodique intarissable de Bizet se prête à merveille au genre, sur un
livret qui plus est beaucoup moins plat que dans beaucoup d'autres grandes
oeuvres lyriques. Et certainement le plus fort taux de tubes du répertoire
(jouez avec nous au jeu « Quel est votre air de Carmen préféré » ?).
Brahms, Requiem allemand * : un requiem d'un autre genre, puisqu'il
n'est pas composé sur le texte latin (que les amateurs comme moi doivent
finir pas connaître par coeur), et ça change assez radicalement
l'atmosphère. De très beaux passages (mais y a-t-il vraiment des choses
qui ne soient pas belles dans l'oeuvre de Brahms), mais ce n'est pas selon
moi ce que Brahms a fait de mieux.
Debussy, Pelléas et Mélisande *** : le sommet indiscutable de l'art
infiniment subtil de Debussy. Si le livret me tape franchement sur les
nerfs, je ne juge ici que le musique, et il n'y a rien à redire. Ligne
vocale sublime (et à mille lieux de ce qu'on entend habituellement à
l'opéra), orchestre confondant de beauté dans un registre en demi-teinte
constamment renouvelé, l'un des incontournables dans l'histoire de
l'opéra.
Dvorak, Stabat mater * : là ou Dvorak débarque, ça fait souvent
assez mal. En l'occurence, pour ce Stabat mater, ce n'est pas
moins d'une heure et demie de musique qu'il nous propose. Sur une telle
durée, difficile de garder un souffle continu ; cependant, le premier
mouvement impressione par son efficacité avec, pour une fois chez Dvorak,
une relative économie de moyens. Rien que pour cela, cette oeuvre mérite
une écoute attentive.
Fauré, Requiem *** : l'anti-requiem par excellence. Là où la
plupart des compositeurs, à la suite de Mozert et Berlioz, composent des
oeuvres violentes et enflammées, Fauré joue la carte de l'apaisement (en
supprimant notamment tout le Dies Irae), peut-être un avant-goût
du paradis terrestre ? En tout cas, c'est sublime de bout en bout,
l'utilisation du choeur est prodigieuse, et l'émotion est présente à
chaque note.
Haydn, Nelsonmesse * : plusieurs personnes m'ont déjà demandé si
l'absence totale de Haydn dans cette section était volontaire. Ben oui,
désolé, je trouve souvent Haydn au mieux sympathique, la plupart du temps
chiant. Mais il trouve enfin grâce à mes yeux, non par un de ses quatuors
ou symphonies mais via la musique religieuse. Il y a de quoi réveiller
votre grand-mère avec cette messe martiale, pas très subtil mais là au
moins, ça bouge !
Mahler, Le Chant de la terre * : je préfère quand Mahler se
contente de bourriner l'orchestre sans ajouter des voix par-dessus ;-),
mais bon, ce Chant de la terre reste une très belle oeuvre, très
proche dans l'esprit des symphonies de la même période, ce qui ne peut
qu'être gage de qualité.
Moussorgsky, Boris Godounov *** : l'oeuvre qui m'a vraiment rentrer
dans le monde de l'opéra. Livret historique touffu et passionnant, grandes
masses chorales, insertion de chants populaires, c'est de l'opéra grand
spectacle, mais peut-on imaginer plus emballant quand c'est fait avec le
génie de Moussorgski ? Écoutez les premières notes de l'introduction, et
vous ne pourrez plus vous arrêter...
Mozart, Requiem *** : je suis face à un sentiment assez étrange au
moment où je tape ces lignes puisque je m'aperçois que j'ai les pires
difficultés à commenter ce Requiem. C'est une oeuvre tellement mythique
qu'on n'a plus rien à en dire. Elle se situe au sommet de l'oeuvre de
Mozart, tout en transcendant tout ce qui la précède. Une incroyable
succession de morceaux d'anthologie.
Mozart, Don Giovanni ** : les opéras de Mozart (et pas seulement
ceux de Mozart d'ailleurs) one tendance à m'embêter dans la mesure où les
passages géniaux sont noyés au milieu de scènes interminables (je ne parle
même pas des récitatifs). Don Giovanni est sûrement celui qui évite le
mieux cet écueil : tous les airs sont géniaux, et Mozart me semble
globalement très inspiré par l'atmosphère hautement dramatique du texte.
Mozart, Les Noces de Figaro * : une seule étoile en comparaison
avec le Don Giovanni. Certes, des tas de passages excellents, mais
beaucoup moins de force et surtout des longueurs qui gâchent un peu
l'ensemble (oui, oui, je pense bien aux fameux finales des actes "pairs").
Mozart, La Flûte enchantée * : une grande réussite du point de vue
musical (plus condensé que les précédents, et à mon avis meilleur que les
Noces de ce point de vue), mais cette fois-ci, c'est le livret qui a un
peu de mal à passer avec son symbolisme à deux euros (et encore, c'est
cher payé). Reste l'insubmersible air de la Reine de la Nuit, dont je vous
épargnerai mon interprétation en voix de tête.
Orff, Carmina Burana ** : l'introduction est peut-être devenue trop
célèbre (à juste titre d'ailleurs !) pour être aujourd'hui autre chose
qu'un cliché estampillé "musique bourrine", mais n'oublions pas le reste
de l'oeuvre, beaucoup plus subtil et souvent passionnant. Une oeuvre qui
mérite incontestablement une réhabilitation.
Poulenc, Gloria ** : certainement le chef-d'oeuvre vocal de
Poulenc. Enfin une oeuvre religieuse qui ne fait pas dans le cul-cul
admiratif et qui assume son titre. L'introduction surprend par la
puissance de son orchestration, pour le plus grand bonheur de nos
oreilles.
Prokoviev, Alexandre Nevski ** : c'est un peu bizarre de mettre ça
dans la musique chantée, mais bon, il y a des voix, donc soyons logique.
C'est certainement la bande originale la plus hallucinante de l'histoire
du cinéma. Il faut dire qu'Eisenstein a eu la chance de travailler avec un
Prokofiev au sommet de son art. Même sans les images, c'est très fort,
c'est dire.
Puccini, Tosca * : j'ai un petit problème avec Puccini, c'est que
c'est un spécialiste du mélange orchestre rutilant (j'adore) et chant à
l'italienne (que j'abhorre). Du coup, sentiment souvent mitigé à l'écoute
de ses oeuvres, mais une exception tout de même pour cette flamboyante
Tosca, pour le thème principal du deuxième acte, et même pour le
E lucevan le stelle, qui pète quand même la classe.
Schubert, Erlkönig ** : bon, ce petit lied est un peu perdu parmi
des oeuvres beaucoup plus importantes, mais je ne savais pas où le mettre
:-). Voilà, Schubert est un des rares compositeurs à voir réussi à écrire
des lieder que je trouve intéressants (notamment dans ses grands cycles),
et je ne pouvais pas passer sous silence celui-là, qui reste à mon sens le
sommet de sa production (de lieder, hein, il a écrit encore mieux à côté
;-) ).
R.Strauss, Quatre derniers lieder ** : selon moi le sommet absolu
du lied pour orchestre (oui, même Malher, je le mets derrière).
Orchestration transparente, belles mélodies et voix qui se fond
parfaitement dans l'univers sonore, un univers très différent des poèmes
symphoniques de jeunesse du même Strauss, mais c'est envoûtant.
Stravinsky, Symphonie de psaumes *** : un des trésors cachés de
cette sélection. Pas l'oeuvre la plus connue de Stravinsky, et pourtant
c'est incroyablement génial, il retrouve ici toute la verve et
l'inspiration de sa jeunesse, avec encore plus d'originalité et de
mordant. À découvrir sans plus tarder.
Stravinsky, Renard ** : dans la catégorie des Stravinsky oubliés,
j'aime également beaucoup ce Renard. C'est complètement déjanté
(et ça a du coup sûrement moins de tenue que l'oeuvre précédente, par
exemple), mais malgré tout maîtrisé, un feu d'artifice vocal orchestré par
un Stravinsky à-tout-faire au sommet de son talent.
Verdi, Requiem *** : en mauvais fan d'opéra, mon oeuvre préférée de
Verdi est son Requiem... Mais aussi, comment rester insensible devant
l'incroyable puissance du Dies Irae ou l'émotion diffusée par le
poignant Lacrymosa ? Une oeuvre imposante, dans la lignée des
grands Requiems de Mozart et Berlioz.
Verdi, Don Carlos ** : bon, ça va se voir que j'ai mauvais goût en
matière d'opéras, donc autant avouer tout de suite : oui, je préfère les
opéras historiques aux opéras de chambre, j'aime les grands ensembles, les
grands espaces, le grand spectacle, quoi. Et de ce point de vue, Don
Carlos est certainement la plus belle réussite de Verdi.
Verdi, Otello ** : un joyau de vieillesse de Verdi. Une densité
saisissante dans l'action, des morceaux de bravoure réjouissants (même
moi qui ne suis pas fan des airs solo, j'aime le Credo de Iago), et des
belles mélodies (plus selon moi que dans les grands opéras de la maturité
de Verdi), bref un retour gagnant.
Verdi, La Traviata * : bon, je n'allais quand même pas la passer
sous silence, c'est vrai que dans son genre c'est très bien réalisé et
qu'il y a beaucoup de moments inoubliables (on pleurerait presque à la
mort de l'héroïne), simplement ce n'est pas mon style d'opéra préféré...
Wagner, Le Vaisseau fantôme ** : encore tout jeune compositeur,
Wagner impressionne déjà. Une continuité dans l'action qui annonce
l'arioso continu des dernières oeuvres, l'utilisation de thèmes simples
mais efficaces, et la puissance phénoménale de l'oeuvre (ouverture déjà
grandiose), tout est là, peut-être pas encore totalement maîtrisé, mais
c'est déjà extrêmement convaincant...
Wagner, La Tétralogie *** : l'oeuvre d'art la plus grandiose de
l'histoire de l'humanité (ben ouais, n'y allons pas à moitié). Quinze
heures de bonheur absolu, un livret gigantesque, une musique géniale
presque tout de long (allez, j'accorde une petit baisse de rythme pour la
première moitié du deuxième acte de La Walkyrie), Wagner aurait
du naître un bon siècle plus tard pour pouvoir mettre en scène le Seigneur
des Anneaux, mais gageons qu'il doit sourire dans sa tombe en constatant
que son idée de Gesamtkunstwerk (oeuvre d'art totale) a fait bien
du chemin depuis.
Wagner, Tristan et Isolde *** : l'indiscutable chef-d'oeuvre
wagnérien. Ça ne dépasse pas selon moi la Tétralogie, même si sur une plus
petite échelle, c'est tout aussi impressionnant, mais c'est surtout les
anti-wagnériens auxquels je conseille de commencer par ce bout-là. Si vous
ne trouvez rien à sauver dans cet opéra, je ne peux plus rien pour vous.
Bartok, Concerto pour orchestre * : A la fois brutale, directe, et
complexe, maitrisée, la musique de Bartok est une des plus intéressantes
du vingtième siècle, même si elle peut demander un peu de temps pour
l'apprécier pleinement. Je cite ici cette oeuvre orchestrale, l'une des
plus accessibles et fascinantes.
Beethoven, Symphonie numéro 5 *** : est-il besoin de continuer à
commenter l'une des oeuvres les plus célèbres du répertoire ?
Archie-rebattue certes, mais le premier mouvement continue à faire son
effet à chaque nouvelle audition par sa réjouissante énergie, et la
construction de la symphonie entière sur un motif rythmique par son audace
et son efficacité.
Beethoven, Symphonie numéro 6 « Pastorale » ** : une oeuvre
singulière dans l'oeuvre symphonique de Beethoven, peut-être plus
difficile à apprécier, mais également une grande réussite, qui parvient
parfaitement à intégrer ces "impressions campagnardes" dans une symphonie
de facture classique.
Beethoven, Symphonie numéro 7 * : bon, en fait, il faudrait
préciser, c'est trois étoiles pour le deuxième mouvement et aucune pour le
reste, qui a la force de Beethoven sans en avoir l'inspiration. Quand à
cet adagio, c'est pour moi le sommet de la musique orchestrale de
Beethoven, la puissance au service d'une mélodie flottante (presque
schubertienne) et hypnotique.
Beethoven, Symphonie numéro 8 ** : c'est une de mes préférées chez
Beethoven, avis loin d'être partagé par tout le monde. Mais j'aime bien
quand Beethoven se lâche un peu et, comme ici (ou comme dans les derniers
quatuors), déforme la structure classique pour l'adapter à ses envies. Pas
de mouvement lent, et alors ? Ça bouge, c'est entraînant, on en redemande.
Beethoven, Symphonie numéro 9 *** : le monument. Bien sûr, c'est
trop long (notamment le dernier mouvement), et ça ne ressemble à rien,
mais quand même. On reste impressionné par le fait qu'un homme
complètement sourd ait pu construire ce grandiose premier mouvement, cet
incroyable deuxième mouvement (dix minutes de répétition pure, et on ne
s'ennuie pas), ce monumental adagio, et ce colossal couronnement qu'est
l'Hymne à la Joie.
Berlioz, Symphonie fantastique * : je ne suis pas un grand fan de
Brlioz, mais il faut bien admettre que cette Symphonie Fantastique est un
réjouissant coup de pied dans la fourmilière de la symphonie classique. Si
je continue à trouver le troisième mouvement insupportable, la valse est
très belle, et les deux derniers mouvements emballants.
Bizet, Symphonie en Ut ** : l'incroyable premier chef-d'oeuvre d'un
gamin de vingt ans. L'influence des grands maîtres se ressent énormément
(on se croit tour à tour dans Mozart, Beethoven, Gounod, ...), mais
l'inspiration mélodique et rythmique de Bizet est déjà complètement
maîtrisée. Le mouvement lent est un miracle de fraîcheur dans la lignée
des plus belles mélodies schubertiennes.
Bizet, Suites de l'Arlesienne * : dans les oeuvres orchestrales de
Bizet, voici certainement la plus connue, mais je la place personnellement
en dessous de la Symphonie à cause du manque de structure globale. Une
sorte de pot-pourri des plus belles mélodies de Bizet, ce qui suffit
certes largement à en faire une oeuvre majeure.
Borodine, Symphonie numéro 2 « Épique » * : un des fleurons oubliés
de la grande musique symphonique russe. Le premier mouvement à lui tout
seul mérite citation pour son impact. Le même thème martial y est répété
une cinquantaine de fois en moins de dix minutes, effet assuré. Le reste
est peut-être plus anecdotique, mais donne tout de même un bon angle
d'approche de l'oeuvre de Borodine.
Brahms, Symphonie numéro 3 ** : les symphonies de Brahms ne
constituent pas selon moi la part la plus intéressante de sa production,
même si, Brahms oblige, elles font partie des oeuvres phares du répertoire
symphonique romantique. Ceci dit, la troisième est certainement celle qui
se détache le plus nettement du lot pour son équilibre général et ses deux
derniers mouvements géniaux (dont le célèbre poco allegretto, mais j'aime
encore plus le finale).
Brahms, Symphonie numéro 4 * : si j'ai oublié volontairement les
deux premières symphonies du grand Brahms, je mets quand même un mot pour
cette quatrième. Le premier mouvement est une grande réussite, et les
trois autres me semblent géniaux ou ennuyeux selon mon humeur :-). La
construction du quatrième mouvement est tout de même à souligner, avec
quelques passages parmi les plus forts de l'oeuvre symphonique de Brahms.
Brahms, Danses hongroises ** : on va encore m'accuser de mauvais
goût pour avoir mis deux étoiles aux danses hongroises. Mais si on oublie
qu'on en a entendues une ou deux un peu trop souvent sous les doigts des
violoneux dans le métro, on ne peut que reconnaitre la beauté simple des
mélodies et l'efficacité rythmique de ces petites oeuvres, certes
mineures, mais qui illustrent idéalement la capacité des musiciens
classiques à produire de la musique populaire et entraînante.
Bruckner, Symphonie numéro 4 ** : selon moi le sommet de l'oeuvre
brucknerienne. C'est, bien sûr, comme toujours avec Bruckner, long et,
euh, pas très fin, mais c'est ici compensé par un tas de bonnes idées. Le
premier mouvement et son appel de cor, repris à la fin, paraissent presque
légers, le mouvement lent est servi par une mélodie géniale, la musique de
chasse du troisième est vraiment bluffante, et le finale est pour une fois
aussi grandiose que le voulait Bruckner.
Bruckner, Symphonie numéro 7 * : l'autre classique de la prodution
symphonique de Bruckner. Un peu comme pour la quatrième, cette symphonie
est servie par un très beau thème dans le mouvement lent, et un scherzo
très efficace. Mais le célèbre premier mouvement me parait un peu surfait,
et le finale ne conclut pas l'oeuvre aussi brillament que dans la
quatrième. Reste une belle grande symphonie qui mérite sa place de
classique du répertoire.
Chostakovitch, Symphonie numéro 4 * : la quatrième de
Chostakovitch n'est sûrement pas sa symphonie la plus facile à juger. On a
affaire ici à un compositeur encore jeune, plain d'idées plus ou moins
géniales, et surtout très enclin à l'expérimentation à une époque où il ne
s'est pas encore fait épingler par le régime communiste. En résulte une
oeuvre surprenante, énorme fourre-tout (l'orchestre est démesuré) qu'on
peut difficilement encenser globalement, mais qui emporte l'adhésion par
son caractère novateur et par moments réellement inspiré.
Chostakovitch, Symphonie numéro 7 * : quelques années plus tard,
c'est le Chostakovitch de la maturité qu'on retrouve, avec la première de
ses grandes symphonies de guerre. Célèbre pour son ahurissant premier
mouvement (un thème banal repris à l'identique pendant un bon quart
d'heure), elle mérite également qu'on s'attarde sur le reste qui, s'il
n'est pas d'une originalité foudroyante, est comme souvent chez
Chostakovitch d'une étonnante efficacité.
Chostakovitch, Symphonie numéro 8 ** : sûrement l'une des oeuvres
les plus poignantes de l'histoire de la musique. On sent vraiment qu'elle
a été écrite au beau milieu de la guerre : le monumental premier mouvement
prend réellement aux tripes, et le troisième mouvement est certainement la
plus grande réussite de Chostakovitch parmi ses tentatives de mêler
l'émotion et l'ironie grinçante. Le reste est moins fort, mais l'ensemble
constitue indiscutablement une oeuvre inoubliable.
Chostakovitch, Symphonie numéro 9 ** : complètement à contrepied de
la symphonie précédente, Chostakovitch écrit au sortir de la guerre une
oeuvre joyeuse et légère qui prouve à ceux qui en douteraient encore qu'il
n'est pas seulement habile dans le maniement des masses orchestrales.
C'est frais, ça sautille, ça grince un peu parfois, ça surprend, et c'est
tout aussi bon que les deux monuments qui l'entourent dans la production
symphonique de Chostakovitch.
Chostakovitch, Symphonie numéro 10 *** : parmi les grandes
symphonies, c'est sûrement celle dont la construction et la perfection
formelle impressionnenent le plus. Le premier mouvement de près d'une
demi-heure est un miracle d'équilibre, le deuxième est un sommet de
violence absoluement jouissif, et l'utilisation du motif DSCH dans le
troisième est sûrement la meilleure qu'on puisse trouver dans les oeuvres
tardives de Chostakovitch. Au final, peut-être la plus indiscutable de ses
symphonies.
Chostakovitch, Symphonie numéro 11 *** : même si l'effectif
instrumental reste imposant, on n'est plus dans le domaine des oeuvres
monumentales. En illustrant un épisode tragique de l'histoire russe,
Chostakovitch cherche à provoquer l'émotion chez l'auditeur avec un
minimum de moyens. Et c'est une réussite totale. Du simple mais beau thème
russe utilisé dans l'introduction à la violence du dernier mouvement en
passant par l'extraordinaire mouvement lent (le meilleur de Chostakovitch
à mon goût), tout est génial dans cette onzième qui constitue selon moi un
des sommets de la musique du vingtième siècle.
Chostakovitch, Symphonie numéro 15 * : après des expérimentations
plus ou moins réussies dans le domaine de la voix, Chostakovitch revient à
une oeuvre purement instrumentale pour sa dernière symphonie. Bien lui en
a pris. Il est étonnant de constater à quel point cette symphonie semble
avoir été écrite pour servir de point final à l'histoire de la symphonie.
Des citations ironiques du premier mouvement à la superbe coda du dernier
mouvement, elle constitue un bel adieu de la part du dernier grand
compositeur symphonique classique.
Debussy, La Mer ** : je ne suis pas en règle générale un très grand
fan de Debussy (l'oeuvre pour piano notamment me laisse pas mal de
marbre), mais La Mer est une exception assez nette à cette règle. Pour une
fois, l'orchestration toujours fascinante de Debussy est au service de
mélodies superbes ; en résulte une impression (le mot n'est pas pris au
hasard, on fait souvent des comparaisons abusives entre la musique de
Debussy et certains courants picturaux, mais s'il est bien une oeuvre que
je trouve impressioniste, c'est celle-là) unique, et l'évocation maritime
se fait tout naturellement chez l'auditeur. Une des oeuvres
incontournables pour comprendre l'évolution de la musique symphonique au
début du vingtième siècle.
Dvorak, Symphonie numéro 8 *** : beaucoup moins connue que la
neuvième, la huitième symphonie de Dvorak est pourtant tout aussi
époustouflante, mais peut-être encore plus caricaturale du style
symphonique de son auteur. C'est pas fin du tout, voire même carrément
pompier dans le dernier mouvement, mais les mélodies sont tellement
géniales et le tout tellement entraînant qu'à la fin, on en redemande.
Enfin, du moins quand on est un sale romantique comme moi ;-).
Dvorak, Symphonie numéro 9 « Du Nouveau monde » *** : l'oeuvre qui
m'a donné goût à la musique classique il y a quelques années (eh non, je
ne suis pas du tout tombé dans la marmite quand j'étais petit). Je
continue à l'écouter très régulièrement depuis tellement elle est
inusable. Si le célebrissime dernier mouvement finit par paraître un peu
exagéré à la longue, le premier garde intact son pouvoir d'évocation (bon,
on ne pense pas forcément aux chants indiens qui sont censés avoir inspiré
Dvorak, mais peu importe) et de fascination.
Dvorak, Sérénade pour cordes *** : j'ai eu la chance d'avoir cette
sérénade sur la même cassette que la Symphonie du Nouveau Monde quand j'ai
commencé à écouter du classique. Du coup, je l'ai écoutée très souvent,
mais elle le mérite indiscutablement. Encore une fois, c'est par son
inspiration mélodique que Dvorak provoque l'enthousiasme : cinq mouvements
tous plus beaux les uns que les autres, un équilibre parfait. Certainement
une de mes oeuvres clasiques préférées.
Dvorak, Suite tchèque * : encore du Dvorak symphonique. En fait,
j'aurais pu mettre n'importe laquelle des oeuvres symphoniques de Dvorak
que j'ai en CD, c'est toujours bon ! Bon, j'ai mis celle-ci parce que le
furiant final est vraiment excellent, mais tout le reste est bien aussi,
je ne peux que conseiller à ceux qui aiment les oeuvres célèbres de Dvorak
de fouiller parmi ses nombreux poèmes symphoniques et autres ouvertures,
des tas de bonnes surprises en perspective.
Dvorak, Danses slaves ** : la comparaison avec les danses
hongroises de Brahms est assez inévitable. En fait, les deux séries
d'oeuvres sont assez différentes, les danses de Dvorak étant plus longues
et construites que celles de Brahms. Quelques perles parmi celles-ci, come
la dernière de l'opus 46 ; j'avoue d'ailleurs que je préfère globalement
les danses de l'op.46 à celles de l'op.72, contrairement à pas mal de
gens. Mais de toute façon, je le répète encore une fois : tout est bon
dans le Dvorak.
De Falla, l'Amour sorcier *** : peu d'oeuvres immortelles nous sont
arrivées d'Espagne ces derniers siècles, mais s'il est une oeuvre à
laquelle je trouve un caractère typiquement espagnol et terriblement
envoutant, c'est cet Amour sorcier. Orchestration géniale, partie chantée
constamment prenante et surprenante et une ambiance extraordinaire.
Grieg, Peer Gynt ** : bon, d'accord, c'est de la musique un peu
facile, mais ça n'empêche pas que ce soit très efficace. Qui n'a pas envie
de chantonner la mélodie de l'aurore, de taper sur tout ce qui bouge au
son du Roi de la montagne, ou de tester sa voix de tête sur la chanson de
Solveig ? Hum, oui, bon, d'accord, sur ce dernier point, tout le monde
n'est peut-être pas aussi maso que moi, mais bref, voilà un classique
accessible et pas prise de tête.
Hindemith, Konzertstück pour cordes et cuivres ** : un petit coup
de coeur très personnel avec cette oeuvre d'Hindemith, compositeur
toujours intéressant même si ses oeuvres ont souvent un goût d'inabouti.
Ici, l'association étonnante des cordes et des cuivres est parfaitement
maitrisée, un timbre unique pour une oeuvre fascinante. Une bonne façon
peut-être d'aborder ce compositeur (trop) peu reconnu.
Holst, Les Planètes *** : popopopom, pom, pom-pom-pom. Un simple
ostinato rythmique, et Holst allait influencer la musique Hollywoodienne,
John Williams et Star Wars en tête, pour des décennies. Pour ceux qui ne
l'auraient pas encore fait, foncez écouter l'original (le morceau Mars
mérite certainement la première place au Panthéon des idées simples mais
efficaces), et profitez-en pour jeter un coup d'oreille aux autres
planètes aussi, ça en vaut vraiment la peine.
Ives, Symphonie numéro 1* : une oeuvre certainement beaucoup moins
connue que les précédentes dans cette liste mais qui mérite le détour
pour qui aime les symphonies romantiques, puisqu'il s'agit d'un hommage
manifeste d'un Ives encore jeune et académique aux grands maîtres
européens. Absolument rien d'original, mais c'est parfaitement maîtrisé.
Janacek, Sinfonietta *** : une de mes oeuvres symphoniques
préférées bien que ce soit une découverte tardive. Ce n'est peut-être pas
l'oeuvre la plus représentative de Janacek, qui utilise ici des mélodies
populaires au sein d'une facture plutôt classique, mais quel génie de
l'orchestration et de l'enrobage de mélodies par ailleurs fort belles ! On
dirait du Dvorak, mais encore magnifié par une utilisation plus moderne
et inspirée de l'orchestre romantique.
Liszt, Prométhée * : les poèmes symphoniques de Liszt font partie
de mes premiers bonheurs musicaus, et j'aurais presque envie de tous les
citer ici, car ils sont assez difficiles à départager. C'est l'énergie
brutale du début de Prométhée qui lui vaut une place aussi, mais j'ai
hésité avec la superbe mélodie des violons dans Orphée :-).
Liszt, Mazeppa * : pour celui-ci, moins d'hésitation, car la
prouesse technique de restituer une interminable chevauchée tout en
produisant un morceau musicalement intéressant force l'admiration.
Liszt, La Bataille des Huns ** : peut-être mon poème symphonique
préféré de Liszt (c'est pas pour rien que je lui mets deux étoiles). La
mélodie du début est vraiment géniale, c'est pas compliqué, on s'y
croit... Bon, forcément, en comparaison, le passage avec l'espèce de chant
religieux est, euh, moins passionnant, mais l'ensemble reste un grand
moment.
Liszt, Du Berceau jusqu'à la tombe ** : celui-là, j'ai presque
envie de le classer à part parce que je le trouve vraiment différent des
autres. Différent, mais sûrement pas inférieur ! La structure en trois
parties est intéressante (à défaut de refléter de façon convaincante le
titre...) et la partie centrale est mon passage préféré de toute l'oeuvre
symphonique de Liszt.
Mahler, Symphonie numéro 1 ** : ah, venons-en à Mahler ! Bon, je
vais être totalement partial et démesurément enthousiaste, mais pour ceux
qui ne l'auraient pas compris, Mahler est mon compositeur préféré, et j'ai
déjà eu du mal à ne pas mettre toutes ses symphonies dans cette liste (le
deuxième mouvement de la quatrième et le début de la huitième méritaient
aussi citation). Pour ce qui est de cette première, c'est l'oeuvre
étonnament maîtrisée et déjà mahlérienne d'un compositeur dont on a du mal
à croire que ce soit sa première grande oeuvre symphonique. L'espèce de
pastorale initiale, à des années-lumière de celle de Beethoven, est tout
aussi convaincante, et si le deuxième mouvement n'a pas encore la
puissance des scherzos suivants de Mahler, les variations en mineure sur
Frère Jacques dans le mouvement sont à tomber par terre, et le finale
éblouissant de violence. Déjà un sommet...
Mahler, Symphonie numéro 2 *** : selon les années, ma symphonie
préférée de Mahler est la cinquième, la septième, la neuvième ou cette
deuxième. Mahler se défait pour la première fois de la structure classique
pour produire une oeuvre énorme, et grand bien lui en a pris. Le premier
mouvement est tout simplement monumental (j'ai passé des mois entiers à
l'écouter presque tous les soirs) et Mahler réussit quand même par la
suite à conserver l'intérêt de l'auditeur pendant une heure. Même le
passage chanté est génial, c'est dire :-).
Mahler, Symphonie numéro 3 ** : une sorte de cousine de la
deuxième, par sa longueur et son découpage en mouvements original.
Également une grande réussite, même si je la place légèrement en-dessous
de la précédente. Autant le premier mouvement, de près d'une demi-heure,
est une nouvelle fois très impressionnant, autant la symphonie peine un
peu à maintenir la tension sur tout sa durée (même si par exemple le
troisième mouvement est aussi excellent).
Mahler, Symphonie numéro 5 *** : la plus connue des symphonies de
Mahler (merci Visconti), jugement qui ne me semble pas absurde, mais il
est dommage que le mouvement lent, qui est certes très beau (même si
finalement pas très mahlérien) ait éclipsé le reste de l'oeuvre. Mahler
est revenu à des mouvements de durée plus humaine, mais celà n'empêche pas
la marche funèbre initiale de mériter le qualificatif de monumentale. Tout
le reste est à hauteur (la construction fantasque mais millimétrée du
troisième mouvement notamment), dans ce qui est peut-être la symphonie la
plus cohérente de son auteur.
Mahler, Symphonie numéro 6 ** : le retour à la forme traditionnelle
en quatre mouvements ne s'accompagne pas chez Mahler d'une perte de régime
! Même si la forme est plus classique, c'est à une oeuvre typiquement
mahlérienne que nous avons affaire, avec un premier mouvement impeccable,
un superbe mouvement lent, et un finale certes un peu excessif, mais pour
le moins marquant !
Mahler, Symphonie numéro 7 *** : avec la septième, Mahler écrit
s6urement son oeuvre la plus personnelle, et à mon goût son plus grand
chef-d'oeuvre. Pour une fois, je ne vais pas encenser le premier mouvement
(qui est pourtant fabuleux !), mais plutôt insister sur le deuxième,
peut-être le plus beau mélodiquement de tout le cycle symphonique de
Mahler, et sur le troisième, sorte de valse fantôme qui ne ressemble à
rien mais que je trouve personnellement géniale. Ah, et puis le thème aux
percussions au début du dernier mouvement aussi...
Mahler, Symphonie numéro 9 *** : une atmosphère sensiblement
différente pour cette dernière symphonie. Si les deux mouvements centraux
sont typiques du goût pour le grotesque de Mahler, et l'adagio dans la
continuité de ses mouvements lents précédents, l'andante initial est un
ovni complet, une demi-heure sans réel thème identifiable (même s'il y a
beaucoup de cellules mélodiques) mais une atmosphère bouleversante.
Peut-être une préfiguration de ce qu'aurait pu devenir la musique
contemporaine si Mahler avait vécu plus vieux. Quel dommage ;-).
Mendelssohn, Symphonie numéro 3 * : je ne suis pas globalement fan
des ymphonies du Mendelssohn, où il a tendance à trop chercher les effets
faciles (la symphonie italienne est sympathique à écouter une fois, mais
très lassante à la longue), mais celle-ci est sûrement celle où il s'est
le plus retenu, laissant place à une inspiration mélodique très sûre, et
un romantisme peut-être plus appuyé que dans ses autres oeuvres.
Mendelssohn, Songe d'une nuit d'été ** : l'ouverture écrite à
dix-huit ans est réellement fascinante, une sorte de concentré de ce que
Mendelssohn savait faire de mieux alors qu'il s'agit d'une de ses
premières oeuvres d'importance. Le reste est moins impressionnant mais
reste d'une très bonne tenue (oui, bon, d'accord, on a trop entendu la
marche nuptiale).
Messiaen, Turangalila-Symphonie * : je suis un très mauvais
connaisseur de la musique de Messiaen, mais cette symphonie fait partie
des incontournables de la musique du vingtième siècle. Et de fait, si sa
longueur est peut-être exagérée (ça se répète beaucoup), je reste assez
sensible à sa grande énergie.
Moussorgsky, Tableaux d'une exposition ** : Moussorgsky, c'est
bien. Ces Tableaux en sont un très bon exemple, même si la forme
fractionnée fait qu'on aurait envie de s'attarder un peu plus sur certains
passages (les premiers notamment) que sur d'autres. Mention spéciale à
l'orchestration géniale de Ravel.
Mozart, Symphonie numéro 25 ** : une symphonie qui n'était
peut-être pas destinée à devenir un "tube" mozartien, mais qui s'est
retrouvée sur le devant de la scène suite au succès d'Amadeus. Et elle le
mérite bien ! Le thème du premier mouvement est vraiment bon, et de toute
façon, les oeuvres en mineure, c'est toujours mieux :-).
Mozart, Symphonie numéro 40 *** : ben oui, il faut bien la citer,
même si elle se passe presque de commentaires. Pour le célebrissime
premier mouvement bien sûr, mais aussi pour le dernier, plus atypique et
tout aussi génial. Ah, et pour ceux qui s'inquiéteraient du faible nombre
de symphonies de Mozart présentes ici, ben je préfère globalement ses
concertos pour piano. Par exemple, l'oubli de la Jupiter n'en est pas un,
elle est à mon avis très loin derrière cette quarantième.
Mozart, Sérénade « Une Petite musique de nuit » *** : de plus en
plus connu, mais ce n'est pas pour autant que c'est moins bon ! On a beau
l'avoir entendu mille fois, on est toujours frappé par l'incroyable
efficacité de cette musique simple comme bonjour. Comme je l'ai lu je ne
sais plus où, la Petite musique de nuit est géniale de façon évidente.
Tout simplement.
Mozart, Sérénade « Gran partita » ** : c'est à la limite de la
musique orchestrale, mais je ne considère pas vraiment ça comme de la
musique de chambre. Se détachant très nettement du lot des autres
sérénades (Petite Musique de Nuit exceptée...), cette oeuvre montre la
capacité de Mozart à tirer des effets extraordinaires d'une formation
inhabituelle (treize instruments à vent), le tout servi comme d'habitude
par d'excellentes mélodies.
Pärt, Symphonie numéro 3 ** : parmi mes découvertes récentes se
trouve l'oeuvre de ce compositeur estonien contemporain. Rassurez-vous,
c'est trés audible puisque presque toujours tonal. Beaucoup d'oeuvres
chorales, mais c'est (sans surprise) cette sumphonie qui m'a pour
l'instant le plus impressionné, par son côté planant, mystique, et son
orchestration très fine.
Prokoviev, Symphonie numéro 5 * : en fait la seule symphonie de
Prokoviev que je connaisse avec la première (qui est certes excellente
mais c'est plus un gag qu'un chef-d'oeuvre, d'où son absence ici). Ce
n'est peut-être pas le domaine où Prokoviev est le plus impressionnant,
mais cette oeuvre particulière est tout de même très intéressant, et
procure un parfait exemple de symphonie "moderne" mais formellement
classique.
Prokofiev, Roméo et Juliette *** : ah, un énorme chef-d'oeuvre que
celui-là ! C'est pas compliqué, pendant deux heures, on ne s'ennuie pas
une seule seconde, c'est génial tout du long. Quelques moments
inoubliables parmi d'autres : la danse des chevaliers, bien sûr, la
première apparition de Juliette, et la grandiose marche funèbre à la mort
de Tybalt.
Prokofiev, Suite scythe * : du Prokofiev de combat cette fois-ci.
Avec toute la fougue de la jeunesse, il traumatisait ses maitres (et nous
avec quelques décennies plus tard) : grinçants, violents, les deux
premiers mouvements notamment font très forte impression. Du coup, on
s'endormirait presque à certains moments. Prokofiev pas encore tout à fait
maitre de son génie, mais déjà de la grande musique.
Rachmaninov, L'île des morts *** : une oeuvre peu connue de
Rachmaninov, et qui le mériterait pourtant. C'est un des meilleurs
exemples que je connaisse de poème symphonique où on ressent vraiment
l'ambiance de ce qu'a voulu décrire le compositeur. L'ambiance fantastique
morbide du tableau de Böcklin dont Rachmaninov s'est inspiré est
totalement présente, c'est à donner le frisson ... de plaisir bien sûr.
Ravel, Rhapsodie espagnole ** : je ne suis pas un grand fan de la
musique symphonique de ravel en général, mais cette Rhapsodie Espagnole
est l'exception qui confirme la règle. Rythmes prenants, mélodies
dépaysantes à souhait, on rentre vraiment facilement dans cette ambiance
soi-disant espagnole.
Rimsky-Korsakov, Schéhérazade *** : l'un des sommets absolus de la
musique fine et subtile que j'aime. C'est pas compliqué, ça pète dans tous
les sens, c'est plein de mélodies faciles (qui pour la plupart de sont
même pas de Rimsky, d'ailleurs) mais qu'on oublie pas, on se croirait dans
un film d'aventures des années cinquante. Mais l'orchestration rutilante
de Rimsky fait passer ça comme une lettre à la poste, et à la fin, on en
redemande.
Rimsky-Korsakov, Capriccio espagnol ** : peut-être plus « sérieux »
que Schéhérazade, et c'est peut-être pour cela que je lui préfère cette
dernière. Mais ça reste un bon défouloir pour l'orchestre, avec son
inoubliable appel des cuivres au second mouvement. Quand on se dit que la
musique espagnole la plus brillante a été composée par un Russe...
Saint-Saëns, Symphonie numéro 3 « Avec orgue » * : un classique de
la musique française. Le titre « avec orgue » me semble un peu fumeux dans
la mesure où on entend fort peu l'instrument, mais peu importe, on a
affaire à un Saint-Saëns en pleine forme, qui nous pond un thème de
premier mouvement lorgnant fortement sur l'Inachevée de Schubert, mais on
ne lui en veut même pas, tout ça étant fort agréable à l'oreille.
Schubert, Symphonies numéro 8 « Inachevée » *** : un mythe. Le
premier mouvement reste un des miracles les plus hallucinants de l'oeuvre
schubertienne. C'est tour à tour aérien, violent, émouvant, ça prend aux
tripes, le tout dans une remarquable continuité, sans aucune de ces
longueurs que Schubert affectionnait. Le second mouvement se mariant
parfaitement au premier, on se demande bien pourquoi Schubert aurait
cherché à donner une autre fin à ce chef-d'oeuvre.
Schubert, Symphonie numéro 9 « La Grande » * : plus achevée que la
précédente et pourtant pas forcément plus aboutie. Allez, ne soyons pas
trop sévères, le premier mouvement, bien qu'un peu long, est convaincant,
et les deux suivants sont carrément géniaux (je préfère même le mouvement
lent de cette symphonie à celui de l'Inachevée). Mais le final est plus
quelconque et laisse sur une impression de léger gâchis d'un bon matériel.
Schumann, Symphonie numéro 4 * : j'ai un petit problème avec les
symphonies de Schumann. D'une part, je les trouve meilleures que ses
oeuvres pour piano (ben non, j'aime pas le piano de Schumann, et alors ?),
et je les écoute avec plaisir ; d'autre part, je ne les mettrais pas au
même niveau que pas mal d'autres oeuvres dans cette liste. Alors tant pis,
je me contenterai de cette quatrième qui, par son très beau mouvement lent
notamment, se détache du lot (mais j'aime bien l'énergie printanière (ha,
ha) de la première également).
Sibelius, Symphonie numéro 2 ** :on va m'accuser de facilité avec
ce choix de la deuxième symphonie pour Sibelius. Mais bon, je n'y peux
rien, à part peut-être la sixième, je ne trouve pas ses symphonies plus
tardives très convaincantes, alors que celle-ci a un élan qui vous
emporte, notamment dans le dernier mouvement, avec son thème simple mais
très bien mis en forme à mon goût.
R.Strauss, Dom Juan ** : mon poème symphonique préféré chez Strauss
(même s'il y en a un certain nombre d'autres que j'apprécie beaucoup).
C'est vif, ça part un peu dans tous les sens, mais c'est emballant, bref
ça met de bonne humeur. Ça devait être la fougue de la jeunesse chez
Strauss...
R.Strauss, Don Quichotte * : une forme pour le moins surprenante
(les parties concertantes du violoncelle et de l'alto, les variations,
sans compter l'étrange machine à vent) pour ce poème un peu inégal mais
qui comporte des moments grandioses (l'attaque des moutons !) et reste
d'une maîtrise impressionnante. De Strauss, j'aurais pu aussi citer Till
l'Espiègle pour sa gaieté et l'ingéniosité de l'orchestration, ou Mort et
Transfiguration, mais je classe tout de même en dessous des précédents.
Stravinsky, L'Oiseau de feu *** : des trois grands ballets de
Stravinsky, le premier reste mon préféré. Orchestration fabuleuse, comme
toujours chez Stravinsky, mélodies et rythmes inventifs, et pas un temps
mort pendant trois quarts d'heure. L'introduction et tout le dernier quart
d'heure sont à mon avis ce que Stravinski a fait de mieux.
Stravinsky, Petrouchka * : après mon préféré, voici à mon sens le
moins bon des trois. Certes, l'orchestre de Stravinsky est toujours aussi
chatoyant, mais c'est moins novateur et on a l'impression que
l'inspiration mélodique s'est passablement essoufflée. Reste une oeuvre
très agréable à l'écoute, au savoir-faire évident.
Stravinsky, Le Sacre du printemps ** : le plus connu, mais je me
suis toujours un peu demandé pourquoi il avait provoqué un tel scandale.
Certes, Stravinsky en remet une couche par rapport aux précédents,
notamment au niveau du rythme et de la "percussivité" de l'orchestre, mais
on est tout de même bien dans la continuité de l'Oiseau de Feu. Pour
comparer le Sacre à ce dernier, je dirais que, s'il y a également beaucoup
de moments inoubliables, notamment dans la première partie, la tension est
moins constante, d'où ma préférence pour l'Oiseau de Feu.
Stravinsky, Pulcinella *** : ah, un de mes petits chouchous de
cette sélection. J'avoue n'avoir aucune idée de ce à quoi ressemble la
partition originale de Pergolèse, mais après passage à la moulinette
Stravinski, c'est bluffant ! Le pari semblait intenable, et pourtant, on a
bien l'impression d'entendre la rigueur de construction de la musique
baroque combinée au meilleur de l'orchestration moderne de Stravinski,
sans que ça détone le moins du monde. J'avoue qu'après avoir entendu ça,
j'aurais été de voir ce qu'aurait donné un grand chef-doeuvre de Bach revu
et corrigé par Stravinski...
Tchaikovsky, Symphonie numéro 1 ** : une petit tranche de
Tchaikovsky pour continuer. Il faut dire que, dans le genre musique
sirupeuse que j'apprécie particulièrement, c'est un peu une référence.
Ceci dit, cette première symphonie est rarement considéré à sa juste
valeur au sein de l'oeuvre de Tchaikovsky. Les mélodies y sont très
belles, dans une construction certes très classique, mais avec une belle
orchestration plus énergique que sirupeuse. Une oeuvre qui mériterait
d'être reclassée au rang des grandes symphonies romantiques.
Tchaikovsky, Symphonie numéro 4 ** : on entre maintenant dans le
domaine des oeuvres de maturité de Tchaikovsy, et son obsession pour le
destion devient inévitable. Si le premier mouvement est de ce fait assez
pesant (à ne pas prendre dans un sens dépréciatif) bien
qu'indiscutablement efficace par la répétition martelée du motif initial,
la mélodie aérienne de mouvement lent et la légéreté de l'excellent
scherzo forment un parfait contrepoint (non, l'usage de ce mot n'est pas
destiné à faire écouter cette symphonie aux baroqueux), pour former une
oeuvre finalement riche et contrastée.
Tchaikovsky, Symphonie numéro 5 * : cette cinquième est dans la
lignée de la précédente, mais je la juge inférieure, dans la mesure où on
a beaucoup moins de contrastes. Certes, l'orchestre s'en donne à coeur
joie pendant trois quarts d'heures, et l'auditeur qui aime le style de
Tchaikovsky se régale), mais on n'a pas non plus envie de l'écouter tous
les jours, elle est presque épuisante...
Tchaikovsky, Symphonie numéro 6 « Pathétique » *** : j'ai presque
envie de dire que cette symphonie est mal connue dans la mesure où son
titre porte l'attention sur le dernier mouvement, qui est tchaikovskien
presque à l'accès, et certainement pas le plus intéressant des quatre.
Retournons plutôt écouter le premier mouvement, parfaitement équilibré
entre sa section lente et le dynamisme du thème qui suit, et les deux
mouvements centraux, où on retrouve Tchaikovsky au top de sa forme
mélodique et de son utilisation de l'orchestre. L'apothéose de l'oeuvre de
Tchaikovsky.
Tchaikovsky, Ouverture-Fantaisie Roméo et Juliette *** : une de mes
oeuvres favorites. C'est atrocement romantique (l'utilisation caricaturale
de la harpe, le thème de valse dégoulinant opposé à l'énrgie du thème
principal), mais la construction est parfaite ; et puis de toute façon, je
ne chercherai même pas à me justifier, c'est une des rares oeuvres de
musique classique que je connaissais avant de commencer à en écouter de
façon assidue, ça a bercé mes rêves d'adolescent, bref, un incontournable
pour moi.
Tchaikovsky, Le Lac des cygnes ** : la musique de ballet de
Tchaikovsky est sûrement la part de sa production où son caractère «
facile » passe le mieux. Comme par ailleurs il ne perd rien de son
efficacité mélodique, ça donne des oeuvres très agréables à écouter
globalement, avec quelques passages vraiment magistraux (dans ce Lac des
cygnes, la scène « Lindt » et la grande valse méritent leur popularité).
Tchaikovsky, La Belle au bois dormant ** : moins connu que le
précédent, mais tout aussi bon, voire légèrement supérieur à mes yeux.
L'introduction, absolument excellente, met tout de suite dans le bain, et
c'est ensuite deux heures et demie de morceaux tous plus jolis les uns que
les autres. Pourquoi diable vouloir ajouter des danseurs alors que la
musique se suffit largement à elle-même :-) ?
Tchaikovsky, Casse-Noisettes *** : certains discutement le fait de
mettre celui-ci au-dessus des deux autres, mais bon, pour moi,
Casse-Noisettes est vraiment une réussite extraordinaire. Plus courte que
les deux autres grands ballets, et pourtant plus riche en moments
grandioses (ce n'est pas compliqué, la deuxième partie est une succession
ininterrompue de morceaux inoubliables), cette oeuvre réussit surtout
l'exploit de combiner parfaitement une musique exquise avec la magie
inhérente au sujet. Un peu comme si Petit papa Noël, en plus de faire
rêver les gamins, était de la bonne musique.
Villa-Lobos, Bachiana Brasileira numéro 5 *** : que ceux qui ne
connaissent pas encore cette merveille foncent l'écouter. Bon, déjà,
l'effectif utilisé, une soprano et huit violoncelles, est à la fois
surprenant et formidablement utilisé, et en plus la mélodie du premier
mouvement est l'une des plus belles que je connaisse. Et pouêt au premier
qui prétend que mon jugement n'est pas objectif :-P.
Villa-Lobos, Bachiana Brasileira numéro 1 * : si l'oeuvre
précédente est encore relativement connue chez les classiqueux, celle-ci
ne doit avoir sa place qu'au panthéon des plus violoncellistes d'entre
nous :-). Mais bon, justement, je la place ici aussi pour la faire
découvrir à tous ceux qui aiment le violoncelle, et aussi aux autres parce
que c'est quand même très beau, surtout le mouvement lent (et ne vous
inquiétez pas, malgré le titre, ça ne ressemble pas à du Bach ;-) ).
Beethoven, Concerto pour piano numéro 4 * : une oeuvre audacieuse
(le mouvement lent assez invraisemblable !) mais très attachante, avec
comme souvent dans les concertos de Beethoven un finale au thème quireste
dans la tête un certain temps. Et puis c'est l'occasion de retrouver le
rythme de trois croches et une noire chère à Ludwig.
Beethoven, Concerto pour piano numéro 5 ** : le classique,
parfaitement proportionné et majestueux malgré ses dimensions imposantes.
Si je devais émettre quelques réserves, ce serait sur le mouvement lent,
qui me semble un peu plus faible que les deux autres, mais ça reste du bon
et solide Beethoven.
Beethoven, Concerto pour violon *** : un classique archirebattu,
mais on ne se lasse pas d'écouter la premier mouvement, admirable de
fluidité dans la simplicité de ses mélodies, l'adagio fait toujours son
effet, et on ne résiste jamais à l'entêtant finale. Un chef-d'oeuvre
indémodable.
Beethoven, Triple concerto ** : j'ai personnellement un petit
faible pour ce concerto, un peu moins connu que les classiques que je
viens de citer, et pourtant également très réussi. La répartition des
rôles entre les solistes est judicieuse, et le premier mouvement est une
très belle mécanique, comme Beethoven semblait pouvoir en produire presque
à l'infini.
Brahms, Concerto pour piano numéro 1 *** : toute la fougue de la
jeunesse de Brahms dans ce premier concerto, particulièrement violent dans
le premier mouvement (mais qu'est-ce que c'est bon !), mais avec également
de superbes moments apaisés. C'est le bousculement d'émotions typique du
romantisme, canalisé par la rigueur toujours impressionnante de Brahms.
Brahms, Concerto pour piano numéro 2 * : beaucoup plus tardif et
représentatif de la deuxième période de Brahms, ce concerto m'a longtemps
laissé le souvenir d'une oeuvre un peu décevante, chose fort rare chez
Brahms. Ce n'est que rarement que j'ai redécouvert que, même lorsqu'il
n'est pas au sommet de sa forme, Brahms est toujours dans le domaine du
chef-d'oeuvre.
Brahms, Concerto pour violon * : très séduisant au premier abord
(certainement une bonne façon de se mettre à Brahms pour ceux qui le
trouvent austère), mais peut-être un peu moins profond que la moyenne de
ses oeuvres. Mais on continue à l'apprécier une fois de temps en temps.
Brahms, Double concerto ** : plus intéressant à mon goût que le
précédent. Une très belle utilisation des deux instruments solistes, un
premier mouvement surprenant par son intensité alors qu'il repose sur une
structure et des thèmes fort simples, et le finale est, euh, je ne trouve
pas de meilleur mot que rigolo :-).
Chopin, Concerto pour piano numéro 1 * : mon ami Yann Michel
continue à râler que c'est un scandale que ce concerto, selon lui le
sommet du genre, n'ait reçu qu'une étoile, mais je ne reviendrai pas sur
ma décision. Oui, il est beau, il est bien, mais c'est juste un beau
concerto, quand Chopin a fait nettement plus génial par ailleurs.
Chostakovitch, Concerto pour violoncelle numéro 1 ** : les
concertos pour violoncelle de Chosta sont un régal. L'orchestre pimpant
est au niveau de celui des meilleures symphonies, et la partie de solistes
est originale et enthousiasmante (mais pas facile !). Ce premier concerto
en particulier est très réussi, notamment son excellent premier mouvement.
Chostakovitch, Concerto pour violoncelle numéro 2 * : toujours du
très bon Chostakovitch, même s'il a tendance à un peu plus se laisser
aller à certaines facilités et longueurs que dans le premier concerto (le
quart d'heure du dernier mouvement est un peu long).
Chostakovitch, Concerto pour violon * : j'aime moins les autres
concertos que nous a laissés Chostakovitch (et en particulier, quoi que
certains veuillent bien en dire, je ne suis pas fan du concerto pour piano
et trompette), mais je tiens à sauver aussi de l'oubli le concerto pour
violon, un peu dans le même style que ses homologues pour violoncelle,
donc assez génial.
Dvorak, Concerto pour violoncelle ** : un monument du répertoire
pour violoncelle. Que dire si ce n'est que c'est dans le plus pur style
Dvorak, influence Nouveau Monde comprise, que c'est techniquement
impressionnant, que parfois on se demande si Dvorak n'en fait pas un peu
trop, mais qu'on écoute et réécoute l'oeuvre avec jubilation ?
Elgar, Concerto pour violoncelle * : encore un classique du
violoncelle (qui a dit qu'il n'y avait que des concertos pour violoncelle
dans cette sélection ?). Si le thème du premier mouvement mérite
indiscutablement sa célébrité, le reste de l'oeuvre est peut-être un peu
plus anecdotique, quoique fort agréable à écouter.
De Falla, Nuits dans les jardins d'Espagne * : un autre très belle
exemple de musique au caractère profondément espagnol de De Falla. Au sein
d'une oeuvre de facture pourtant très classique (plus que l'Amour sorcier,
par exemple), il réussit à insuffler une émotion et à créer une atmosphère
uniques.
Gershwin, Rhapsody in Blue ** : je ne suis pas un fan de Gershwin
en règle générale (un peu trop jazz pour moi ;-) ), mais comme il faut
toujours faire des exceptions, je ne peux pas ignorer ce chef-d'oeuvre
universellement reconnu. Des idées partout, et tout simplement une musique
tellement entraînante qu'on ne peut pas résister.
Grieg, Concerto pour piano ** : un des grand concertos pour piano
du répertoire, et un de mes préférés. C'est du Grieg tout craché, avec des
effets un peu faciles et prévisibles à tous les coins de mesure, mais bon,
quand c'est bien maîtrisé, beau et prenant comme l'est le premier
mouvement (et son fameux roulement de timbale introductif), je ne vois pas
de raison de ne pas se laisser faire.
Lalo, Concerto pour violoncelle * : oui, bon, encore un concerto
pour violoncelle, et ce n'est certainement pas l'oeuvre le plus
inoubliable de cette liste, mais il est quand même pas mal du tout, ce
concerto, et puis je trouve qu'on entend beaucoup plus parler de la
Symphonie Espagnole, alors que finalement les deux oeuvres sont un peu
dans le même style, et ce concerto, même si moins réussi que l'autre,
n'en est pas qu'un simple faire-valoir.
Lalo, Symphonie espagnole ** : bon, à cause de ce zouave de Lalo,
j'ai une symphonie dans ma catégorie musique concertante :-). J'aurais
certes pu décider de ne pas l'inclure dans cette liste en représailles,
mais ce serait vraiment peu honnête, dans la mesure où j'aime beaucoup
cette oeuvre et en particulier le mouvement central que je trouve
absolument génial.
Mendelssohn, Concerto pour violon *** : un classique certes, mais
bon, c'est sûrement l'oeuvre la plus inspirée de Mendelssohn. C'est un des
rares concertos pour violon où je trouve la partie de soliste parfaite de
bout en bout, ne tombant jamais dans la virtuosité facile et magnifiant
des thèmes adaptés à l'instrument (ben oui, à la base, il y a peu de
choses dont je trouve qu'elles ne sonneraient pas mieux si on remplaçait
le violon par autre chose), en particulier naturellement celui du début de
l'oeuvre.
Mozart, Concerto pour piano numéro 20 ** : les concertos de Mozart
représentent selon moi un extraordinaire exemple de conctance du génie sur
une vingtaine d'oeuvres (en supprimant les premiers). Certes, certains
rétorqueront que ces concertos se ressemblent, et alors ? Quand on tient
une formule aussi bonne, pourquoi en changer ? Du coup, difficile de faire
un choix, mais je ne peux pas oublier ce vingtième concerto, sûrement le
plus célèbre, mais aussi l'un des plus intéressants par le contraste entre
son premier mouvement tourmenté et l'archiconnue romance du mouvement
lent.
Mozart, Concerto pour piano numéro 21 * : comme une sorte
d'antithèse du très "romantique" vingtième, le suivant est un parfait
exemple du Mozart toujours joyeux et apparement insouciant. Léger et
rafraichissant, mais pourtant loin d'être une oeuvre mineure...
Mozart, Concerto pour piano numéro 24 * : bon, je l'avoue, je l'ai
mis pour la superbe mélodie du mouvement lent. Mais le premier mouvement
est également excellent ... comme celui de tous les derniers concertos !
Mozart, Concerto pour piano numéro 27 *** : le dernier concerto
pour piano de Mozart, et mon préféré. Je trouve qu'il mêle à merveille la
simplicité des thèmes (qui n'en sont pas moins géniaux pour autant), la
clarté de la construction, le dialogue entre soliste et orchestre, avec
cette légère tension sous-jacente aux oeuvres des derniers mois de la vie
de Mozart, parmi lesquelles on ne compte même plus les chefs-d'oeuvre
impérissables.
Mozart, Concerto pour clarinette * : encore une oeuvre très
tardive, mais même si celle-ci est plus connue que la précédente, je ne la
trouve pas aussi extraordinaire que ce qu'en dit la sagesse populaire.
Oui, c'est beau, oui, j'adore le son de la clarinette, oui, c'est du
Mozart qu'on écoute religieusement, mais bon, ça n'a pas la force des plus
grands chefs-d'oeuvre à mon avis.
Mozart, Concerto pour hautbois ** : on est un peu plus hors des
sentiers battus avec ce concerto pour hautbois. Un Mozart plus jeune, mais
déjà pleinement mature, une oeuvre allègre et sautillante ; si un jour
vous sentez le blues vous submerger, tentez donc ce concerto, il y a de
bonnes chances qu'il vous remette le sourire aux lèvres.
Poulenc, Concerto pour orgue ** : peut-être mon oeuvre préférée de
Poulenc. C'est sérieux, alternant le majestueux et le bondissant, avec une
utilisation de l'orgue absolument géniale. Que tous ceux qui ne voient
l'orgue que via les chorals de Bach écoutent d'urgence ce concerto pour
changer d'avis.
Poulenc, Aubade * : une oeuvre concertante pour piano, assez libre
dans le fond comme dans la forme. Une ouverture très violente, mais la
légèreté a sa place ensuite, dans un bel ensemble assez typique de
l'oeuvre de Poulenc : ça part parfois dans tous le sens, mais c'est tout
de même fort séduisant.
Prokoviev, Concerto pour violon numéro 1 ** : je suis un peu embêté
avec les concertos de Prokoviev, parce que je les trouve tous bien, mais
il y en a peu que j'ai vraiment envie de faire ressortir du lot. Tout de
même, comme souvent, je préfère les concertos pour cordes à ceux piano,
qui me semblent globalement un peu surfaits. Et en particulier ce premier
concerto, à mon goût la meilleure oeuvre concertante de son auteur.
Prokoviev, Concerto pour violon numéro 2 * : très intéressant
aussi, mais plus inégal que le premier. J'aime beaucoup le début, et puis
ça se disperese un peu par la suite. Mais c'est tout de même une oeuvre à
écouter.
Prokoviev, Concerto pour piano numéro 3 * : parmi les concertos
pour piano, je ne ferai pas preuve de grande originalité en sélectionnant
le troisième, mais il me semble être le seul qui garde un intérêt à peu
près soutenu sur toute la durée de l'oeuvre. Quelques moments intéressants
dans les autres concertos pour piano, mais trop rares à mon goût.
Rachmaninov, Concerto pour piano numéro 2 ** : un incontournable de
la musique dégoulinante ! Introduction géniale, deuxième mouvement
guimauvesque à souhait (mais toujours efficace bien qu'archi-rebattu), et
un piano virtuose qui force l'admiration. Rachmaninov, dernier défenseur
du romantisme, peut-être, mais certainement pas son représentant le mois
doué !
Rachmaninov, Concerto pour piano numéro 3 ** : le jumeau du
précédent. C'est toujours aussi fin et subtil, et c'est toujours un pur
bonheur. Je le préfère même légèrement au deuxième concerto, rien que pour
le superbe thème du premier mouvement.
Rodrigo, Concierto de Aranjuez *** : dans la catégorie des
compositeurs immortalisés par une seule oeuvre, Rodrigo occupe une place
de choix. Mais il faut dire que, même si elle est un peu facile, la
musique de ce concerto accompagne longtemps l'auditeur qui a la chance de
croiser sa route. Une demi-heure de bonheur mélodique, au son d'une
guitare enchanteuse.
Saint-Saëns, Concerto pour piano numéro 4 * : ce qui est bien avec
Saint-Saëns, c'est qu'on passe rarement un mauvais moment (à condition
d'aimer le style, bien sûr) car il a de l'imagination à revendre. Le
problème ensuite, c'est que ça ne s'élève pas très souvent au-delà d'une
oeuvre simplement sympathique et agréable à écouter. Ce concerto y
parvient, notamment grâce à un beau mouvement central.
Schumann, Concerto pour piano *** : j'ai beau avoir souvent du mal
avec la simplicité des oeuvres de Schumann (qui selon moi se réduit
souvent à de la vacuité), je ne peux que m'incliner devant ce miracle
qu'est le concerto pour piano. Rien que le rpemier mouvement suffirait à
le placer parmi les deux ou trois plus grands concertos pour piano jamais
écrits...
Schumann, Concerto pour violoncelle ** : il faut croire que
Schumann était inspiré par le genre concertant, car ce concerto pour
violoncelle est également de très bonne facture. Très belles mélodies
particulièrement adaptées à l'instrument, orchestration efficace (quel est
l'abruti qui a prétendu que Schumann ne savait pas écrire pour l'orchestre
?), une fort belle oeuvre.
Sibelius, Concerto pour violon *** : s'il est une oeuvre dans tout
le répertoire dont elle semble avoir été composée par un extraterrestre
tellement elle est à la fois géniale et différente de tout le reste, c'est
sûrement celle-ci. Atmosphère incroyablement prenante, idées géniales
toutes les dix secondes, un pour bonheur.
Tchaikovsky, Concerto pour piano numéro 1 * : bon, les concertos de
Tchaikovski font peut-être partie de ses oeuvres les moins subtiles, ce
qui n'est pas peu dire le concernant. Mais malgré tout, quelle efficacité
dans ces martelements d'accords du premier mouvement ou dans ce thème du
finale. Je ne peux pas m'empêcher d'aimer ça :-).
Tchaikovsky, Concerto pour violon * : dans un style différent du
précédent (là, on est carrément dans le sirupeux écoeurant), tout aussi
insupportable pour les uns et excellent pour les autres ; je vais me
défiler en mettant une étoile également à celui-là :-).
Vivaldi, Les Quatre saisons ** : bon, on a beau les avoir entendues
à toutes les sauces, et ça a beau être plein d'effets faciles, c'est quand
même de la musique qui fait plaisir aux oreilles, surtout jouée à trois
cent à l'heure par des musiciens enthousiastes. Et ça reste très nettement
au-dessus du niveau moyen des concertos de Vivaldi...
Beethoven, Quatuor à cordes numéro 11 *** : pour commencer la liste
de musique de chambre, un coup de coeur assez personnel. Certes, ce
onzième quatuor n'a pas l'ampleur des dernières oeuvres de musique de
chambre de Beethoven, mais quelle efficacité dans la concision de cette
oeuvre courte à l'impact impressionnant. Je ne suis d'ailleurs pas le seul
à l'apprécier puisque mon compositeur préféré en a fait une amusante
transcription pour orchestre.
Beethoven, Quatuor à cordes numéro 13 * : s'il y a un monument
parmi les quatuors de Beethoven, ce devait être logiquement celui-ci :
complètement déstructuré, une cohérence globale a priori peu évidente et
pourtant, c'est du grand Beethoven, au même titre que le dernières sonates
pour piano. Malgré tout, il y a des choses qui me gênent dans ce quatuor :
pour faire court, disons une cetaine irrégularité dans l'inspiration, à
commencer par la Grande Fugue à laquelle, désolé, je préfère toujours le
dernier mouvement plus classique.
Beethoven, Quatuor à cordes numéro 14 ** : un peu le cousin du
treizième et je le préfère car je trouve qu'il conserve mieux son intérêt
tout au long de l'oeuvre. Le finale est ma page préférée dans la musique
de chambre de Beethoven. Je ne cite pas les autres quatuors, mais beaucoup
le mériteraient : les trois derniers sont presque au niveau des
précédents, et, dans un autre style, les quatuors Rasumovsky sont très
réussis aussi.
Beethoven, Sonate pour violon et piano numéro 9 « À Kreutzer » ***
: beaucoup plus facile d'isoler les chefs-d'oeuvre parmi les sonates pour
violon et piano. Si Le Printemps ne m'a jamais totalement convaincu, cette
Sonate à Kreutzer est assez impressionnante. Une musique aussi expressive
avec seulement deux instruments, c'est un tour de force.
Brahms, Sextuor à cordes numéro 1 ** : concernant Brahms, c'est
presque la musique de chambre toute entière qu'il faudrait mettre dans
cette liste, tellement le niveau d'intérêt global est élevé. Va pour un
petit découpage quand même. Au rang des classiques (merci Kubrick), ce
sextuor reste un très beau témoignage de l'oeuvre « de jeunesse » de
Brahms, et c'est un grand compliment chez moi.
Brahms, Quintette pour piano et cordes *** : l'Everest de
l'Himalaya qu'est la musique de chambre brahmsienne. Encore un exemple
d'oeuvre où Brahms restait très incisif, très "romantique", mais où la
perfection d'écriture a déjà atteint son plus haut niveau. À noter que la
version pour deux pianos est presque aussi belle que celle pour quintette.
Brahms, Quintette à cordes op.88 * : il fait presque pâle figure
comparé comparé au précédent, mais ça reste une très belle oeuvre. Le
mouvement lent constitue à juste titre l'une des mélodies les plus
célèbres de Brahms.
Brahms, Quintette à cordes op.111 * : c'est un Brahms un peu
différent auquel nous avons affaire ici, plus joyeux et rafraichissant (je
rapprocherais volontiers ce quintette de la deuxième symphonie, par
exemple). J'avoue que ce n'est pas la partie de l'oeuvre de ce compositeur
que je préfère, mais dans ce style, c'est tout de même une réussite.
Brahms, Quintette avec clarinette * : des oeuvres pour clarinette
que Brahms a composées à la fin de sa vie, c'est certainement la plus
inspirée. Peut-être pas au niveau des grandes oeuvres de la pleine
maturité, mais le plaisir d'entendre le son de la clarinette se marier
habilement à celui des cordes compense.
Brahms, Quatuors pour piano et cordes numéros 1, 2 et 3 ** : je les
mets tous les trois ensemble car je les confonds toujours... Preuve s'il
en était encore besoin de l'homogéinité de la musique de Brahms (citez-moi
une seule oeuvre à jeter chez lui...). C'est peut-être les meilleurs
oeuvres pour aborder cet auteur : belles mélodies, rythme entrainant dans
les finales. Curieusement, je ne retrouve pas ces qualités dans les
quatuors à cordes de Brahms. Peut-être avait-il raison de se méfier de
l'héritage beethovenien...
Brahms, Trios pour piano, violon et violoncelle numéros 1, 2 et 3 *
: comme pour le précédent, une ensemble de trois oeuvres très réussies,
même si je les place légèrement en-dessous des quatuors.
Brahms, Sonates pour violon et piano numéros 1, 2 et 3 * :
peut-être plus caractéristiques d'un Brahms plus mûr que les oeuvres
précédentes. Dans la catégorie de la sonate pour instrument et piano, dont
je ne suis pas fan (il n'y à qu'à regarder cette liste), elles font partie
de mes oeuvres préférées.
Brahms, Sonate pour violoncelle et piano numéro 1 ** : sans
conteste la plus belle sonate pour violoncelle du répertoire. Le premier
thème est l'un des plus beaux que Brahms ait jamais écrits, et en plus,
même moi j'arrive à jouer ça pas trop mal :-).
Chostakovitch, Quatuor à cordes numéro 8 * : je suis beaucoup moins
fan de la musique pour quatuor de Chostakovitch que de ses symphonies.
Mais je fais tout de même une exception pour ce quatuor, qui porte une
émotion presque aussi forte que les grandes symphonies de guerre.
Dvorak, Quintette pour piano et cordes *** : Dvorak perd pas mal
d'intérêt dans le passage de l'orchestre à des effectifs plus réduits,
dans la mesure où ses fabuleuses couleurs orchestrales, focément,
disparaissent. Une exception : ce magnifique quintette, avec son superbe
thème à l'adagio et le mouvement permanent qui conquiert l'auditeur.
Franck, Quintette pour piano et cordes *** : on va m'accuser de
fanatisme pour l'effectif du quintette avec piano, mais ce n'est pas de ma
faute si tous les compositeurs romantiques se sont surpassés précisément
dans ces quintettes. Pour Franck, c'est flagrant, c'est de loin son plus
grand chef-d'oeuvre, prenant au premier mouvement, aérien au deuxième, et
emballant dans le finale.
Grieg, Sonate pour violoncelle et piano * : j'aime bien la musique
de chambre de Grieg, c'est un peu caricaturalement romantique, mais
l'inspiration mélodique y est très présente. Sa sonate pour violoncelle
est sûrement l'une de celles que j'aurais le plus envie de jouer un jour.
Grieg, Sonate pour violon et piano numéro 3 ** : d'assez loin la
plus belle des trois sonates pour violon de Grieg. Derrière la facture
très classique de l'oeuvre, on sent une sorte d'inspiration nordique
difficilement descriptible, mais qui lui ajoute un charme certain.
Janacek, Quatuors à cordes numéro 1 et 2 *** : un incontournable de
la musique de chambre du vingtième siècle. Un style très heurté, une
atmosphère assez sombre, bref du Janacek pur sucre, mais qu'est-ce que
c'est beau ! L'écriture pour cordes et la construction sont parfaitement
maîtrisées, et c'est d'une intensité que je ne retrouve personnellement
que dans très peu d'oeuvres de cette liste.
Mendelssohn, Trio op.66 ** : si Mendelssohn est rarement décevant
dans sa musique de chambre (la beauté des thèmes et la simplicité de la
construction font toujours mouche), on n'y trouve assez peu de
chefs-d'oeuvre impérissables. Ce célèbre trio est sans doute le sommet de
cet ensemble, l'émotion peut-être plus sincère que dans d'autres oeuvres
se transmettant immédiatement à l'auditeur.
Mendelssohn, Quatuor à cordes numéro 6 * : des six quatuors à
cordes qu'a écrits Mendelssohn, le dernier se détache assez facilement du
lot. Inspiration plus incisive, on a tout simplement l'impression que
Mendelssohn ne se contente pas de se laisser guider par sa facilité
d'écriture, et on entre tout de suite dans le domaine du chef-d'oeuvre.
Prokofiev, Sonate pour flûte et piano ** : une très belle oeuvre de
Prokofiev, un peu isolée entre les monuments symphoniques et
l'intéressante production pianistique. La musique de chambre n'avait
peut-être pas les faveurs du compositeur russe, mais cette sonate n'en est
pas moins fort maîtrisée et convaincante. À noter une version pour violon
et piano, qui ne trahit en rien l'original.
Ravel, Quatuor à cordes * : n'étant pas par nature un ravelophile
très convaincu, il m'a fallu un certain temps avant de saisir toutes les
subtilités de ses oeuvres orchestrales ou pianistiques. Seul compartiment
à me rester assez hermétique, la musique de chambre. Mais ce quatuor, où
Ravel évite les la complexité propre à beaucoup de ses oeuvres, aura été
le premier à être admis dans mon panthéon musical.
Rimsky-Korsakov, Quintette pour piano et vents * : formation pour
le moins inhabituelle pour ce petit amusement qui gagnerait vraiment à
être plus connu. Sans suprise, l'orchestrateur génial qu'était Rimsky fait
des miracles au niveau des timbres, et c'est d'une fraicheur et d'une
légèreté à toute épreuve. Les esprits chagrins trouveront l'ensemble un
peu répétitif, mais pour briller en bonne société, bon plan que de faire
découvrir ce bijou mineur.
Saint-Saëns, Le Carnaval des animaux * : oui, c'est de la musique
facile et peu profonde, et alors ? Ça n'empêche pas que Saint-Saëns soit
un génie d'avoir réussi une galerie de portraits tous plus réussis et
originaux les uns que les autres. Bien sûr, le charme opère moins à
dixième écoute, mais ça reste un petit plaisir de réentendre la marche du
lion ou les fossiles. Ah, et puis je tiens à préciser, en tant que
violoncelliste : non, je n'aime pas énormément le cygne :-).
Schönberg, La Nuit transfigurée *** : un extraordinaire
chef-d'oeuvre précoce de Schönberg. Quand on pense qu'avant d'inventer le
dodécaphonisme, il avait assimilé et transcendé dans ce sextuor toute la
musique qui le précédait, Brahms et Mahler en tête ! Une oeuvre
bouleversante, qui reste comme un joyau isolé dans la production de
Schönberg, et je ne peux m'empêcher d'ajouter (même si j'ai aujourd'hui
admis un certain intérêt à ce qu'il a pu faire par la suite) : quel
dommage !
Schubert, Quintette à 2 violoncelles * : c'est un peu une étoile de
principe, non pas que je pensais ne pas récompenser du tout ce quintette,
mais au contraire parce qu'il en mériterait peut-être quand même deux.
Mais on l'entend tellement encenser de toutes parts alors alors que ça ne
fait à mon avis définitivement pas partie des plus grand chefs-d'oeuvre de
Schuberrt, que je me sens obligé de tempérer la « doxa ».
Schubert, Quatuor à cordes numéro 13 ** : du Schubert tout craché.
L'inspiration mélodique est inégalable, et en particulier la mélodie
initiale est à mon sens une des plus belles de l'histoire de la musique.
Tout le premier mouvement est de toute façon prodigieux. Je suis un peu
moins convaincu par les variations du mouvement lent, d'où une note un peu
moins bonne que l'oeuvre suivante :-).
Schubert, Quatuor à cordes numéro 14 *** : le chef-d'oeuvre ultime
de toute la musique de chambre. Premier mouvement hallucinant de violence
pour un pauvre quatuor à cordes, variations absolument sublimes au
deuxième mouvement sur le déjà très beau thème de la Jeune fille et la
Mort, un scherzo qui décape et un finale haletant, tout est génial dans ce
quatuor, du début à la fin, un peu plus d'une demi-heure de pur bonheur.
Schubert, Trio numéro 1 ** : autres incontournables de la musique
de chambre schubertienne, les deux trios. Je ne vais pas paraphraser la
très belle analyse de Schumann sur ces deux oeuvres, mais c'est vrai
qu'ils sont à la fois jumeaux et complémentaires car d'ambiances très
différentes. Celui-ci, le moins connu, n'est pas moins réussi que l'autre.
Schubert, Trio numéro 2 ** : encore une oeuvre de musique classique
qui doit en partie sa célébrité à Kubrick et en l'occurence l'utilisation
(anachronique) de son très beau mouvement lent dans Barry Lyndon.
Outre ce détail, une très belle oeuvre, même si je ne suis pas fan de la
réutilisation des trois premiers mouvements dans le finale, ce qui ote à
ce trio sa troisième étoile ;-).
Schubert, Fantaisie pour violon et piano ** : beaucoup moins connue
que les oeuvres pour formations "classiques", cette fantaisie mériterait
pourtant une attention beaucoup plus soutenue. Ses deuxième et quatrième
mouvements (si je me souviens bien...) en particulier sont des modèles de
la verve mélodique intarissable de Schubert.
Schumann, Quintette pour piano et cordes ** : pour finir, un
dernier petit quintette avec piano :-). Encore une fois, c'est l'oeuvre
qui ressort très nettement de l'oeuvre de chambre de Schumann, qui n'a par
ailleurs rien de très inoubliable. Mais là, inspiration mélodique
(souvent, je trouve que ça manque terriblement de jolis airs dans
Schumann) et concision de la construction se marient habilement.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 8 « Pathétique » *** : je me
rends compte que la partie piano de ma discothèque idéale est peut-être la
plus déséquilibrée, dans la mesure où Beethoven et Chopin prennent à eux
deux la moitié de la place. Mais bon, il faut dire aussi que l'ensemble
des 32 sonates de Beethoven est un des plus fascinants monuments de
l'histoire de la musique, sûrement plus représentatif de l'évolution de
Beethov que ses symphonies. Bref, je m'égare, revenons à cette Pathétique,
qui est un modèle d'efficacité dans le cadre de la sonate classique. Intro
géniale, dernier mouvement emballant, un classique indémodable.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 13 « Quasi una fantasia » * :
certes beaucoup moins connue que son homologue de l'op.27, elle mérite
pourtant d'être dégagé de l'ensemble des sonates de cette époque. J'aurais
aussi pu citer la précédente pour sa marche funèbre, mais celle-ci me
semble plus équilibrée.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 14 « Clair de lune » *** :
comment ça, je ne mets trois étoiles qu'aux oeuvres immortelles, c'est
même pas drôle :-) ? Ben oui, j'ai déjà dit ça de quelques oeuvres dans
cette liste, mais la Clair de Lune est le genre de musique dont je ne me
lasse pas. Parce que le premier mouvement est Trop Beau (TM), et le
troisième complètement fou...
Beethoven, Sonate pour piano numéro 17 « La Tempête » *** : ma
sonate de Beethoven préférée. Comme souvent, c'est le mouvement du milieu
que j'aime le moins, mais les deux extrêmes font plus que compenser, ce
sont des modèles d'expression pianistique comme il en existe peu même au
sein du cycle beethovenien.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 21 « Waldstein » * : souvent
présentée comme un sommet du cycle, mais je vais pour une fois me
démarquer de l'opinion majoritaire. Certes, c'est une grande et belle
sonate (sinon, elle ne serait pas dans cette liste), mais je trouve qu'en
perdant en concision par rapport aux oeuvre précédemment citées, Beethoven
a également perdu en intensité, et que parmi les grandes sonates, les
dernières sont meilleures que celle-ci.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 23 « Appassionata » * : je
pourrais calquer ce commentaire sur celui de la Waldstein. J'ai presque
envie de dire que cette sonate, bien qu'étant un sommet de la sonate
classique, est justement trop parfaite pour être totalement
enthousiasmante. Ça manque un peu d'originalité, de panache, de la
différence qui marque les grands chefs-d'oeuvre.
Beethoven, Sonate pour piano numéro 29 « Hammerklavier » ** : je
parlais de panahce juste avant, voilà une oeuvre qui n'en manque pas ! À
croire que Beethoven a voulu faire le maximum pour clouer sur place les
auditeurs de l'époque. C'est certes moins efficace aujourd'hui, mais le
premier mouvement fait quand même mal, et l'adagio est hallucinant. Par
contre, même moi, j'avoue que les fugues de Beethoven ne valent pas celles
de Bach...
Beethoven, Sonate pour piano numéro 32 ** : un autre style
d'extrémisme beethovenien à la fin de sa vie, la structure complètement
négligée. En même temps, qu'importe qu'il n'y ait que deux mouvements
quand le second est aussi surprenant (le thème est quand même, euh, disons
très minimal) et réussi.
Chopin, Sonate pour piano numéro 2 ** : les sonates de Chopin ne
sont peut-être pas ce qu'il a fait de mieux (le manque d'unité est assez
flagrant), mais celle-ci reste incontournable pour la qualité intrinsèque
de ses trois premiers mouvements. Bon, par contre, le quatrième, même à la
trentième écoute, je continue à ne pas comprendre ce qu'a voulu faire
Chopin.
Chopin, Sonate pour piano numéro 3 * : encore une fois, une sonate
un peu bancale, mais certains moments très réussis font qu'on s'attache à
l'oeuvre malgré tout. En particulier, le dernier mouvement, dans un style
assez peu chopinien (même mon colloc aime, c'est dire ;-) ), est génial.
Chopin, Scherzo numéro 1 ** : dans les (environ) trente-six
catégories d'oeuvre courtes pour piano, les scherzos sont globalement mes
préférés, certainement en raison de l'énergie qu'ils dégagent. Le remier
par exemple, typique de l'inspiration chopinienne, quelques minutes
seulement mais une densité inégalable, et une utilisation unique du piano.
Chopin, Scherzo numéro 2 *** : peut-être mon oeuvre préférée de
tout Chopin. Le début est impressionnant d'efficacité à partir d'un
matériau musical pour le moins basique, et le thème qui iontervient
ensuite est l'un des plus beaux jamais écrits par Chopin.
Chopin, Scherzo numéro 3 * : un troisième et dernier pour la
route. Un peu moins réussi que les deux premiers, mais tout de même très
attachant. Par contre, je n'inclus pas ici le quatrième scherzo, où Chopin
a à mon humble avis échoué dans sa tentative de retrouver la géniale
efficacité des trois premiers.
Chopin, Fantaisie-Impromptu * : il y a des tas de "classiques" de
Chopin que tout le monde a entendu une fois dans sa vie et qui
mériteraient leur place ici (au hasard, la grande valse brillante, la
valse minute, la polonaise héroïque, ou le quinzième prélude). Ah ben
tiens, je m'aperçois que je les ai mis dans la section fourre-tout, donc
oubliez ce que j'allais dire :-). Bon, du coup, je ne sais pas trop ce qui
vaut à la Fantaisie-Impromptu de se retrouver là et pas ailleurs, mais en
tout cas, c'est du bon Chopin !
Chopin, Nocturnes ** : oui, bon, d'accord c'est un peu facile de
mettre les Nocturnes comme ça en vrac. Mais d'une part je les écoute
toujours en bloc et du coup j'oublie lesquels sont les plus géniaux, et
d'autre part c'est sûrement l'ensemble qui a le plus de tenue dans tout ce
qu'a écrit Chopin, donc vous pouvez bien faire l'effort de vous taper
l'intégrale, d'abord !
Chopin, Ballade numéro 1 ** : encore un grand classique, qui
surprend par ce que Chopin est capable de sortir d'un pauvre piano. Là où
beaucoup auraient eu besoin de tout un orchestre pour atteindre un tel
pouvoir d'évocation, Chopin se contente de ses dix doigts, et c'est très
fort, très beau, ça donne envie de se mettre au piano.
Debussy, Children's corner * : il y a beaucoup de choses très
intéressantes dans la musique pour piano de Debussy, mais qui demandent
souvent un tel effort d'attention que j'ai pour l'instant laissé ce pan de
son oeuvre de côté. Après tout, pourquoi faire compliqué alors que Debussy
est capable d'être génial dans une oeuvre aussi simple mais aussi mordante
et réjouissante que ce Childrenn's Corner ?
Ligeti, Musica ricercata *** : la plus grande blague de l'histoire
de la musique. Sur une idée complètement stupide, une sorte de pari
musical comme l'avant-garde musicale de l'époque en raffolait (en
l'occurence, construire une suite de pièces sur deux, puis trois, quatre
etc... notes), Ligeti construit une musique absolument géniale, à la fois
belle et innovante. Et ce ne sont pas les premiers morceaux les moins
réussis, le troisième par exemple (sur quatre notes) est absolument
excellent.
Liszt, Sonate en si mineur *** : un impressionnant monolithe,
climax de l'abondante oeuvre pour piano de Liszt. Il semble ici avoir
concentré tout son talent dans cette demi-heure de virtuosité pianistique,
un peu bancale tellement elle croule sous les idées, mais d'une force
herculéenne.
Mozart, Sonate pour piano numéro 11 « Alla turca » ** : une petite
madeleine après ces chefs-d'oeuvre, avec ce classique de la musique facile
(oui, je sais, la Sonate facile, c'est pas celle-là, mais celle qui vient
juste après) mais horriblement addictive. Les variations du mouvement
lent, malgré leur simplicité, et bien sûr le finale restent en tête un bon
moment après l'écoute.
Mozart, Sonate pour piano numéro 16 « Sonate facile » * : qui donc
disait qu'on devrait interdire aux enfants de jouer Mozart au piano, car
c'est trop facile pour eux ? S'il est bien une oeuvre qui correspond à
cette critique, c'est celle-ci. Musique affreusement basique, et pourtant
quel délice...
Ravel, Tombeau de Couperin * : pas mal de morceaux intéressants
dans l'oeuvre pour piano de Ravel, et pourtant j'ai du mal à en isoler
précisément un. Ayant déjà casé la Rhapsodie espagnole sous sa
forme orchestrale, je choisis donc ce Tombeau, qui est tout de même fort
réussi et très ravélien sous ses airs archaïsants.
Schubert, Sonate pour piano numéro 18 * : ce n'est pas encore le
Schubert des dernières sonates, ça part un peu dans tous les sens, mais il
y a tellement de choses intéressantes qu'on accroche, et puis la tonalité
de la mineur a toujours réussi à Schubert.
Schubert, Sonate pour piano numéro 20 ** : cette sonate me pose
toujours problème quand je l'écoute, car je trouve le scherzo assez
pénible, mais le reste nettement meilleur, et surtout le mouvement lent
extraordinaire. C'est pourtant pas le morceau le plus recherché du
répertoire, mais c'est tout simplement à glacer le sang de beauté.
Schubert, Sonate pour piano numéro 21 * : la dernière et la plus
aboutie des sonates de Schubert ... mais pas la meilleure selon moi. Il
faut dire que le bon vieux Franz a un peu abusé avec ses "célestes
longueurs", le premier mouvement en particulier, bien que très beau, ne
mérite pas ses vingt minutes et 10 reprises du thème principal. Dommage...
Schubert, Impromptus *** : Schubert à son meilleur, ce qui n'est
pas peu dire. Mélodies bien évidemment géniales, utilisation certes assez
classique du piano, mais que c'est beau. Le premier impromptu de l'opus 90
me donne des frissons à chaque fois que je l'écoute, c'est à mon sens le
plus beau morceau de tout le répertoire pianistique, une oeuvre qui
justifierait presque quelques années d'investissement rien que pour avoir
le plaisir de la jouer.
Schubert, Fantaisie pour piano à quatre mains *** : encore un
immense sommet de l'oeuvre schubertienne. En se débarassant du cadre
formel de la sonate et en passant à quatre mains (deux fois plus de piano
pour le même prix !), il réussit une merveille absolue, un bloc de vingt
minutes d'éblouissement avec des thèmes tous plus géniaux les uns que les
autres.
Schubert, Allegro pour piano à quatre mains « Lebenstürme » ** : un
autre très bel exemple du talent de Schubert pour l'écriture à quatre
mains. C'est assez caricatural d'un certain romantisme "tragique", mais
bon, personnellement, j'adore ça, et on peut quand même difficilement
rester de marbre face à l'énergie déployée.
Schumann, Sonate pour piano numéro 2 * : juste pour la plaisir de
l'anticonformisme, je vais encenser cette petite sonate au lieu des
classiques du piano de Schumann. Non, ce n'est pas que pour le plaisir,
bien sûr, je trouve cette oeuvre, certes pas la plus ambitieuse de son
auteur, vraiment emballante avec ses tempi déchaînés dans les mouvemenst
rapides.
Schumann, Kreisleriana * : et pour prouver que je ne suis pas
totalement allergique à Schumann (même si, par exemple, je ne comprends
toujours pas comment on peut placer la Fantaisie opus 17 au sommet du
piano romantique), j'ajoute ces Kreisleriana, une de ses rares oeuvres
pour piano que je trouve effectivement fort intéressantes.
Albéniz, Asturias *** : le prototype de l'oeuvre à classer dans ce
fourre-tout, puisque j'ai acheté un CD rien que pour l'avoir dans ma
discothèque (bon, j'exagère un poil, mais pas tellement). D'ailleurs, je
n'ai presque rien à en dire, c'est juste très bon, le plus génial morceau
pour guitare du répertoire.
Bach, Toccata et fugue en ré mineur BWV 565 *** : j'avoue que
l'orgue de Bach a une fâcheuse tendance, au mieux à m'endormir, au pire à
m'exaspérer, mais bon, je ne peux pas non plus snober cette toccata (un
des dix morceaux les plus célèbres de toute la musique classique ?), et
surtout la fugue qui suit, la meilleure écrite par Bach, n'en déplaise aux
spécialistes ;-). Et pour les autres, écoutez aussi la version Stokowski,
c'est grandiose (à tous les sens du terme...).
Barber, Adagio pour cordes * : une oeuvre curieusement passée au
travers des mailles de l'oubli. Non pas qu'elle soit mauvaise (très beau
tapis de cordes, mélodie à l'avenant), mais elle ne mérite peut-être pas
non plus la célébrité qu'elle a acquise depuis (au point d'apparaitre en
musique de fond dans Amélie Poulain, tout de même).
Beethoven, Ouverture de Fidelio * : les ouvertures de Beethoven
sont une sorte de condensé de ses symphonies. Autant dire que, si ce n'est
pas long, ça n'en est que plus marquant. Celle de Fidelio, par exemple,
débute pour le moins violemment, mais c'est ça qu'on aime chez Beethoven
:-).
Beethoven, Ouverture d'Egmont *** : de loin la meilleure ouverture
de Beethoven, et peut-être même sa page symphonique la plus géniale. De
vrais beaux thèmes et une énergie à décoiffer les plus sourds d'entre
nous, à mettre en boucle pour compenser la déception quand la musique
s'arrête.
Beethoven, Lettre à Elise ** : bah ouais, c'est quand même beau, la
lettre à Élise. C'est nunuche, surtout quand c'est mal joué, ça a du être
repris au moins 3000 fois au cinéma, mais c'est beau quand même.
Brahms, Ouverture tragique *** : un petit Brahms pas très connu, et
pourtant ! Il retrouve dans cette ouverture bien nommée toute la fougue de
sa jeunesse, alliée à une structure parfaite. Tout simplement le sommet
de sa musique symphonique pour moi.
Chabrier, Bourrée fantasque * : quand il ne se contentait pas de
faire de la parodie de Wagner (certes amusant, mais d'un intérêt musical
tout de même assez limité), Chabrier a composé quelques petits trucs
sympathiques, dont le meilleur exemple reste sûrement cette célèbre
Bourrée.
Chopin, Prélude numéro 15 « La goutte d'eau » *** : au milieu des
préludes de Chopin, oeuvrettes très réussies au vu de leur durée, mais que
je rechigne à classer parmi les chefs-d'oeuvre de leur auteur, se cache un
miracle, cette goutte d'eau et ses notes répétées jusqu'à faire imploser
l'auditeur. Le plus romantique de tous les morceaux de Chopin.
Chopin, Étude numéro 12 op.10 * : les études ont rarement été ma
tasse de thé (notamment celles de Debussy, que je trouve fort peu
intéressantes), mais s'il faut faire une exception, je retiendrai
"bêtement" la Révolutionnaire de Chopin, qui déménage quand même
agréablement :-).
Chopin, Valse numéro 1 ** : même pour moi, les valses de Chopin
sont parfois trop chopinesques pour me satisfaire. Mais quand il s'éloigne
du ploum-plim-plim, Chopin réussit aussi à faire de la vraie musique,
témoin cette très belle Valse brillante.
Chopin, Polonaise numéro 6 * : oui, je sais, je ne fais pas
franchement dans l'originalité avec cette sélection de morceaux de Chopin,
mais il faut croire que, de temps à autre, la doxa a un goût respectable,
et de fait, cette polonaise me semble un ton au-dessus des autres.
Debussy, Tarantelle styrienne * : un petit pied de nez avec ces
deux oeuvres pour piano de Debussy, qui ne comptent sûrement comme les
plus importantes de leur auteur pour les spécialistes. Ben je m'en fiche,
moi je préfère cette tarentelle bondissante aux préludes endormissants.
Debussy, Le Petit nègre * : un morceau tellement « bête » qu'il
ferait presque tâche à côté de partitions beaucoup plus sérieuses du même
auteur. Mais cette petite pièce, avec son rythme généreux, fait depuis
quelques générations le bonheur des apprentis pianistes, mais aussi de
l'auditeur à la recherche de musique simple et rafraîchissante
Dukas, l'Apprenti sorcier *** : c'est un peu triste pour Dukas (qui
a écrit d'autres partitions appréciables, même si loin du génie de
celle-ci) que seul ce morceau lui ai survécu, mais il faut bien avouer que
l'illustration du poème de Goethe (et du dessin animé Disney...) est
extraordinaire, avec son thème bondissant répété des dizaines de fois sans
qu'on se lasse.
Fauré, Élégie ** : un classique de violoncelliste, et un parfait
exemple du talent de Fauré. Mélodie ample et généreuse, vibrato jusqu'à la
limite de l'écoeurement, il n'en faudrait pas beaucoup pour que ça
devienne de la guimauve, mais ici, on reste dans le domaine de
l'émerveillement.
Fauré, Pavane ** : un autre grand classique de Fauré (pas réservé
aux violoncellistes, celui-là ;-) ), dont je pourrais dire sensiblement la
même chose que pour le précédent, puisque la construction en est très
proche. À noter que je suis incorrigible et que je préfère la version
purement orchestrale à celle avec choeur...
Franck, Le Chasseur maudit ** : le poème symphonique à la
française, genre assez abondamment illustré à la fin de la période
romantique, est complètement passé à la trappe depuis. Il serait grand
temps d'en ressortir ce petit chef-d'oeuvre de Franck, qui montre
parfaitement que musique illustrative ne signifie pas musique sans âme.
Gershwin, Summertime ** : je n'aime pas trop Gershwin (je l'ai déjà
dit ?), mais cet air-là a un charme auquel je ne saurais résister. Allez,
pour être complètement honnête, il y a d'autres passages de Porgy and Bess
que je pourrais citer aussi, comme l'air "I got plenty o' nuttin'", même
si je n'y mettrais pas l'opéra dans son intégralité.
Glass, Facades *** : un petit coup de coeur roupoilesque. C'est en
achetant presque par hasard un CD de musique minimaliste que j'ai
découvert ce morceau de Philip Glass, et j'ai du l'écouter dix fois de
suite tellement il m'a frappé. Depuis, je suis un peu revenu de cet
enthousiasme pour la musique minimaliste, mais je garde une grade estime
pour ce morceau précis.
Ketelbey, L'Egypte mystique * : ok, j'admets, c'est un peu une
blague de mettre ce morceau ici. Ketelbey, c'est un peu l'équivalent
musical d'un nanar au ciné qui a fait du douzième degré sans s'en rendre
compte. D'une naïveté invraisemblable, mêlant l'orientalisme de bazar et
les choeurs d'une façon pour le moins décalée (mais sûrement
involontairement...), c'est un grand moment de kitsch qui, n'en doutons
pas, vous fera bien rigoler.
Khatchaturian, Valse (extraite de Masquerade) * : mais si, mais si,
vous connaissez cette petite valse de Khatchaturian, qui n'a pas écrit
dans sa vie que la Danse du sabre. D'ailleurs, si vous arrivez à mettre la
main dessus, je suis sûr que vous conviendrez que c'est un morceau
charmant, d'où sa place dans cette liste.
Lully, Marche des Turcs * : au fond, je ne peux pas ne pas
apprécier Lully, au moins parce qu'il est une sorte de précurseur de la
bourrinitude en musique :-). Cette marche en est un exemple, c'est pas
fin, mais c'est tout de même très efficace...
Mahler, Um Mitternacht ** : à mon goût le sommet de la musique
vocale de Mahler, et un des plus beaux lieder avec orchestre du répertoire
(avec les Quatre derniers lieder de Strauss). Très belle mélodie,
orchestration transparente, on se laisse emporter avec délice.
Mendelssohn, Ouverture Les Hebrides *** : allez, une petite
affirmation hautement personnelle de plus, je considère tout simplement
cette ouverture comme le chef-d'oeuvre de Mendelssohn. Ce n'est pas de la
musique extrêmement recherchée, mais qu'est-ce que le début est beau (et
la tension ne retombe pas ensuite !).
Moussorgski, Une nuit sur le Mont-Chauve ** : l'introduction de ce
morceau a été l'un de mes plus grands chocs musicaux quand je l'ai
entendue pour la première fois. Un orchestre frénétique, emplyé de façon
hautement non-conventionnelle, mais également géniale par Moussorgky (oui,
la version Rimsky est peut-être plus éclatante, mais je préfère quand même
l'original). Ça perd légèrement en intérêt ensuite, mais ça reste de la
très bonne musique.
Offenbach, air "L'époux de la reine" ** : en général, Offenbach
provoque chez moi au mieux un léger amusement (et le plus souvent un
profond manque d'intérêt), mais comme souvent chez les auteurs que je
n'aime pas, j'ai quelques pages à sauver : outre la classique Barcarolle
ou l'inévitable cancan, il y a ce petit bijou d'humour qu'est cet air,
dont je ne sais pas si le nom que je lui ai donné est tout à officiel,
mais les amateurs verront de quoi je veux parler.
Prokofiev, Ouverture sur des thèmes hébreux * : la musique de
chambre n'est pas la partie la plus passionnante de l'oeuvre de Prokoviev,
toutefois, cette petite ouverture (dont il existe aussi une version pour
orchestre) a tout à la fois le charme et le côté légèrement décalé
d'autres oeuvres plus importantes de son auteur.
Rachmaninov, Vocalise * : il ne faut pas trop se fier au titre qui
sonne presque comme une provocation, cette célèbre mélodie reste de la
musique, certes pas la plus recherchée qui soit, mais c'est joli, surtout
joué au violoncelle naturellement (hum, quoique, en fait, à la
réflexion...)
Rachmaninov, Prélude op.3 numéro 2 ** : comment, à partir d'un
non-thème de trois notes martelées et d'un simple piano, réussir à
composer une oeuvre de quelques minutes seulement, et pourtant d'une
richesse et d'une tension stupéfiante ? Demandez à Rachmaninov, le dernier
grand poète du piano, et peut-être celui qui l'a poussé le plus loin dans
ses retranchements.
Rachmaninov, Prélude op.23 numéro 5 *** : si je n'ai mis « que »
deux étoiles au précédent, je l'avoue, c'est un peu parce que j'aime
encore plus celui-là :-). Le matériau de base est peut-être moins réduit à
l'essentiel, mais quel feu d'artifice !
Ravel, Boléro * : je n'irais pas jusqu'à prétendre que le Boléro
faitpartie des morceaux que j'ai envie d'écouter tous les jours, mais je
reste assez impressionné par cet exercice de style qui réussit à nous
faire écouter quinze fois la même chose sans qu'on se lasse. Ravel avait
sûrement raison de se vêxer qu'on retienne de sa production cette seule
oeuvre, mais on ne peut pas lui nier une certaine réussite à l'intérieur
d'un concept casse-gueule.
Ravel, Pavane pour une infante défunte ** : un de mes morceaux
préférés de Ravel, parce que je trouve le thème vraiment très beau. Quant
à son développement, on peut faire confiance à Ravel pour le mener avec
une parfaite maîtrise technique.
Rossini, Ouverture du Barbier de Seville *** : de Rossini, vous
n'aurez droit qu'à des ouvertures, mais ça n'étonnera pas ceux qui savent
ce que je pense en règle générale de l'opéra italien au dix-neuvième
siècle (Verdi excepté). Du coup, le nombre d'étoiles accordé à chacune des
trois ouvertures choisies sert un peu à faire un classement interne. En
tout cas, sans aucune hésitation, je mets celle du Barbier de Séville en
tête. Bondissante, des thèmes géniaux à foison, un Rossini en pleine forme
!
Rossini, Ouverture de la Pie voleuse * : je n'ai pas fait très
originale, puisque je pense avoir choisi les trois ouvertures les plus
connues de Rossini. Sur les trois, celle-ci me semble la moins
intéressante, se contentant de faire son office, avec certesune redoutable
efficacité.
Rossini, Ouverture de Guillaume Tell ** : pour me détacher un peu
de l'opinion générale, je tiens à préciser que ce n'est pas pour sa
célèbre cavalcade (de toute façon, j'en ai une vision faussée, puisque je
pense à Orange Mécanique à chaque fois que je l'entends...) que
j'apprécie le plus cette ouverture, mais bien pour la très belle
introduction au violoncelle (comment ça, vu ?).
Saint-Saëns, Introduction et rondo capriccioso *** : un
chefd-oeuvre trop peu souvent cité quand on évoque Camille Saint-Saëns !
La superbe introduction tout comme le rondo, formidablement virtuose mais
abolument pas creux, sont des moments d'anthologie de la littérature pour
violon. À écouter de toute urgence si vous ne le connaissez pas encore.
Schubert, Allegretto D.915 * : un tout petit morceau, mais qui
prouve une fois de plus (comme si c'était encore nécessaire) le génie de
Schubert pour les formes brèves et sa capacité à inventer des mélodies qui
vous hantent des jours durant.
Schumann, Concertstück ** : le petit frère du concerto pour piano,
peut-être pas aussi fabuleux que ce dernier (mais bon, c'est pas facile)
mais tout de même très enthousiasmant. Il faudra quand même qu'un jour
j'essaie de comprendre pouruqoi je trouve le piano de Schumann beaucoup
plus beau quand il y a un orchestre derrière...
Sibelius, Valse triste * : évidemment, c'est le Sibelius popualire,
moins recherché que dans d'autres oeuvres, mais finalement, un peu
d'accessibilité ne fait pas de mal (j'ai du mal avec pas mal d'oeuvres
plus expérimentales du même auteur), et ce n'est pas non plus Finlandia...
Smetana, La Moldau ** : un classique insubmersible (arf, arf).
L'intro est bien sûr génialissime, et le thème principal, bien qu'un poil
pompeux, manié avec dextérité. Mais quelqu'un pourrait-il m'expliquer
comment ce morceau a fini hymne national israëlien ?
J.Strauss I, Marche de Radetsky *** : ne reculant devant aucun
sacrifice, je pousse le mauvais goût jusqu'à inclure un peu de Strauss
dans cette liste. Et vace trois étoiles qui plus est ! Ben ouais, j'y peux
rien, mais moi, la marche de Radetsky, j'adore, c'est plus fort que moi.
Par contre, je vous rassure, je trouve Lara Fabian insupportable.
J.Strauss II, Beau Danube bleu ** : bon, voilà, les valses de
Strauss, c'est toujours un peu la même chose, mais c'est tout de même
assez agréable à écouter. Et celle-ci, bien que la plus célèbre, n'est pas
la plus basique du lot.
R.Strauss, Prélude d'Ainsi parlait Zarathoustra *** : je ne sais
pas comment qualifier ce morceau, à la célébrité amplement méritée.
Peut-être l'introduction la plus majestueuse de toute l'histoire de la
musique (et c'est d'autant plus dommage que le reste du poème symphonique
soit un peu inégal ;-) ).
R.Strauss, Danse des sept voiles ** : un mélange parfaitement
maîtrisé d'orientalisme et de sauvagerie brute, qui retranscrit
parfaitement l'atmosphère de la scène (Salomé qui danse devant Hérode en
guise de paiement pour la tête de Jean-Baptiste, pour ceux qui auraient
oublié). D'ailleurs, maintenant que je connais un peu mieux l'opéra tout
entier, faudrait que je pense à le mettre dans cette liste :-).
Tchaikovsky, Marche slave * : un exemple typique de l'art de
Tchaikovsky. Ça donnera des boutons à certains tellement c'est caricatural
(et ce n'est sûrement pas ce qu'il a fait de mieux, d'ailleurs), mais pour
peu qu'on aime le genre, on pourrait en écouter pendant des heures sans se
lasser.
Verdi, Ouverture de la Force du destin *** : autant de musique
condendée en quelques minutes, c'est un tour de force (non, non, ce n'est
pas un jeu de mots avec le titre de l'opéra). Profitez-en pour expliquer
la vie aux gens la prochaine fois qu'on remarquera, devant une nième
rediffusion de Manon des sources à la télé "Tiens, elle est jolie, la
musique".
Verdi, Ouverture de Nabucco * : oui, bon, c'est pas exactement le
même niveau que la précédente, mais bon, ce choeur des esclaves, quand
même, il fait du bruit ! Enfin, pas du bruit, justement, de la musique, de
la belle. Pas très subtil, mais c'était la fougue de la jeunesse de Verdi.
Weber, Ouverture du Freischütz * : je n'aime pas énormément Weber
(et un euphémisme, un), dont je trouve les concertos pour clarinette
plus chiants qu'autre chose, mais cette ouverture est quand même assez
bien ficelée, et il faut admettre que Weber n'a pas totalement usurpé sa
réputation de précurseur de l'opéra romantique allemand.